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  Le Tourisme en Indonésie

             
 

Superficie : 1904570 km2
Décalage horaire : +6 à +8 h
Capitale : Djakarta
Langues parlées : Indonésien, bahasa, javanais, sundanais, balinais, bugis, minang et plusieurs centaines de dialectes
Population : 208981100
Densité : 115 hab./km2
Population urbaine : 41,9%
Constitution : République. Régime contrôlé par l’armée
Monnaie : rupiah (= 100 sen)
Nombre de touristes : 5153000 (2001)
Recettes touristiques : 5,4 mds$ (chiffres de 2001, 4,7 mds$ en 1999)

 

Données générales

 

L’Indonésie (1 904 345 km2), près de 208 981100 d’habitants , est un état entièrement insulaire .En effet le territoire indonésien est un archipel composé de 17500 îles et îlots (leur nombre officiel était jusqu’à récemment estimé à 13000) dont 3000 habitées, mais dont cinq grandes îles forment l’essentiel.

 

L’Indonésie s’allonge sur près de 5000 kilomètres .C’est le plus vaste pays de l’Asie du sud-est. Étendu en longitude  sur 40 degrés  (entre 135° et 95°est ), il s’étale sur trois fuseaux horaires. En latitude il doit son originalité  à sa situation équatoriale, entre 6°N et 11°S, l’équateur passe approximativement au milieu du territoire. La discontinuité territoriale est une caractéristique majeure de l’espace indonésien. De grandes îles y constituent des ensembles massifs de dimensions quasi-continentales, même si elles sont toutes largement sous-peuplées .L’île la plus importante est Kalimantan, la partie indonésienne de Bornéo (539000km2 pour 10 millions d’habitants) et l’Irian Jaya  (422000km2 et moins de 2 millions d’habitants) .Sumatra (473000km2 et 41 millions de km2 ) est l’île la plus occidentale de l’archipel et une des mieux pourvues en ressources naturelles .Il faut aussi citer une île de dimensions moyennes mais qui occupe une position particulière, c’est Java  (132000 km2, 6% de la superficie du pays et 202 millions d’habitants).

 

Le relief, les paysages, le climat  et les hommes

Par son architecture d’ensemble, son climat, ses caractères biologiques, le territoire indonésien constitue une unité relativement homogène. Dans tout l’archipel les paysages se partagent entre des plaines basses, humides et marécageuses et des régions montagneuses .Les plaines couvrent de vastes  étendues dans les plus grandes îles  Sumatra, Bornéo (Kalimantan) et Nouvelle-Guinée (Irian); mais elles se fragmentent en étroits compartiments à partir de Java et des Célèbes. Les hautes terres n’ont une extension notable qu’à Sumatra , où elles prennent l’aspect de plateaux .Les édifices volcaniques sont présents d’une extrémité à l’autre de l’archipel qui constitue la plus importante zone volcanique du globe. Une végétation équatoriale permanente et dense caractérise la plus grande partie de l’Indonésie, seules les petites îles de la Sonde se distinguent par un climat plus sec et une végétation plus dégradée . 

En raison de sa situation en latitude , l’Indonésie  est caractérisée par un climat chaud et humide. L’archipel est affecté par les courants atmosphériques de mousson qui déterminent des phénomènes saisonniers. Ce climat est surtout remarquable par l’uniformité des températures qui sont généralement supérieures à 24°C et ne s’abaissent pas au dessous de 20°C, sauf en montagne .Les variations annuelles sont si faibles qu’il n’y a pas de saisons thermiques .Le mois le plus chaud et le mois le plus froid accusent  les moyennes suivantes : à Pontianak (Bornéo) 27,2°C et 26,1°C , à Djakarta  26,1°C et 25,5°C , à Kupang (Timor) 27,7°C et 25°C. Les différences de température entre le jour et la nuit peuvent être considérables , quoique les nuits restent toujours chaudes .C’est le régime des précipitations qui accusent les variations les plus nettes et qui donnent au climat indonésien des aspects saisonniers .L’alternance s’explique par le mécanisme de mousson qui perturbe la régularité équatoriale. Les flux de mousson sont toujours humides car ils traversent de vastes étendues océaniques .Pendant l’hiver boréal  un flux sec venu de l’Asie se charge d’humidité pour provoquer de grandes pluies ( pluies d’été austral ) sur l’arc de l’archipel malais : dans ces régions le maximum de pluies se situe  généralement en janvier .Pendant l’été boréal le flux sud nord apporte aussi de l’humidité , mais inégalement car la partie orientale de l’arc indonésien subit l’influence de l’Australie désertique : toute cette région a une saison sèche d’hiver austral ( de mai à octobre ).Cette influence continentale s’atténue au fur et à mesure que l’on s ‘éloigne de l’Australie .Le relief est un élément qui intervient de manière décisive dans les mécanismes de circulation atmosphérique : comme la plupart des îles sont montagneuses, les versants exposés aux vents humides sont les plus arrosés et les versants abrités peuvent avoir une saison sèche .C’est pourquoi on peut observer d’importants contrastes entre les deux versants opposés d’une même montagne .Le climat de l’Indonésie offre donc beaucoup de particularités locales, mais on peut ramener ces particularités régionales à deux principaux types : un climat très humide, l’autre à saison sèche, auquel il faut rajouter les climats d’altitude . 

Le climat équatorial détermine la distribution des espèces vivantes en Indonésie mais d’autres facteurs sont intervenus : les migrations floristiques favorisées à différentes époques par l’existence de ponts terrestres reliant les îles, les nuances de climat qui opposent l’est et l’ouest et l’intervention de l’Homme. Dans la plus grande partie de l’Indonésie la formation dominante est la forêt équatoriale humide. Cette forêt est remarquable par la puissance de sa végétation que dominent les dipterocarpus ,arbres dont la hauteur atteint couramment 30 à 55 mètres .L’apparente monotonie de ce paysage toujours vert n’exclut pas une grande diversité floristique : au moins huit mille espèces de fleurs  dont deux mille cinq cents sont des arbres. Un acre de forêt contient deux cents arbres de cents espèces différentes auxquels s’ajoute une grande variété de buissons, de lianes , d’épiphytes et d’herbes .Dans ce paysage l’intervention humaine se traduit par un système d’agriculture itinérante, le ladang, dans lequel la forêt est détruite par le feu. L'Indonésie possède près de 80% des dernières forêts tropicales primaires d'Asie du Sud-est qui se trouvent sur les îles de Bornéo, de Sumatra et en Irian Jaya. Les forêts primaires couvrent environ 48 millions d'hectares mais leur superficie a diminué de près de 70% par rapport à 1950. L'équivalent d'un terrain de football de forêts disparaît en Indonésie toutes les dix secondes, soit deux millions d'hectares tous les ans. 90% des forêts indonésiennes ont été rasées.

L’exubérance de la végétation est une des caractéristiques des îles de l’archipel indonésien. La fleur de la rafflesia, plante parasite de Sumatra, mesure 1 mère de diamètre et pèse 8kg. Les tiges fleuries de l’orchidée du Tigre d’Irian Jaya peuvent atteindre jusqu’à trois mètres de long. Le fruit du jacquier pèse couramment une dizaine de kilogrammes, le haricot vert mesure 50 centimètres. On y dénombre plus de 30000 variétés d’orchidées . 

 

 La richesse de la faune indonésienne tient à ce qu’elle se rattache pour partie à la faune asiatique  et pour partie à la faune australienne. Une ligne de démarcation, la ligne Wallace (« Wallacea Linea »)  a été définie a siècle dernier par un naturaliste anglais, Sir Alfred Russel Wallace  qui constata la présence d’une faune de type asiatique  dans les îles situées à l’ouest de Bali  et de Kalimantan et la présence d’une faune de type australien dans les îles situées à l’est .Sulawesi échappent à cette classification car on y constate la coexistence des deux faunes. A l’ouest de cette ligne on trouve des tigres , des éléphants , des rhinocéros , des ours , des orangs-outangs, … tandis qu’à l’est dominent les marsupiaux ( kangourous ), des oiseaux de paradis, des perroquets, des tortues  géantes, des varans  (dont ceux de l’île de Komodo ), …La déforestation intensive de l'archipel menace l'existence de nombreuses espèces animales. Les populations sauvages d'orangs-outans, espèces menacées, vivent aujourd'hui dans les derniers massifs de forêts tropicales au cœur des îles de Bornéo et de Sumatra. Il ne resterait plus aujourd'hui qu'entre 45.000 et 69.000 orangs-outans sur Bornéo et environ 7.300 sur Sumatra. Chaque année, 5.000 orangs-outans disparaissent. D'après le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), les forêts de Sumatra et de Bornéo auront disparu à 98% en 2022 si des actions urgentes de préservation ne sont pas entreprises.


 En 2003 on estimait à 208, 9 millions la population de l’archipel (202 millions en 1998) ce qui en fait le quatrième pays le plus peuplé du Monde. Le peuplement est disparate et se caractérise par les densités exceptionnellement élevées relevées sur l’île de Java .Sur 6% du territoire, cette île abrite 60% de la population, soit plus de 130 millions d’habitants. Les îles extérieures sont moins densément peuplées en raison de leur moindre aptitude à la riziculture.  

La population de l’archipel indonésien se caractérise par son extrême diversité  à la fois par des traits physiques ( javanais à teint clair et à cheveux plats, chinois, papous à peau noire et cheveux crépus, …), par la religion (musulmans de Sumatra et de Java, animistes des tribus primitives,  hindouistes de Bali, chrétiens , …), par la culture et e degré de civilisation ( Dayaks jadis coupeurs de têtes, javanais  de culture raffinée,…), par la langue ( plus de 700 dialectes  dénombrés dans la seule Nouvelle–Guinée occidentale). Cette population est, par ailleurs très inégalement répartie : tandis que le Kalimantan et l’Irian Barat sont quasiment déserts  (respectivement 9,1 et 2 habitants /km2 ), Java et Bali sont surpeuplés  (570 et 380 habitants/km2).L’Indonésie fut peuplée par des vagues migratoires successives dès la Préhistoire  (protomalais vers le début du IIe millénaire avant J.C, Deutéro-malais entre 200 et 150  avant J.C, etc…Dès le début de notre ère des colonies de marchands et d’aristocrates indiens  s’établirent en différents points de l’archipel. Cette expansion indienne fut essentiellement  pacifique et culturelle et leur empreinte transparaît dans l’adoption de l’alphabet sanskrit dans les textes officiels .Plus tard à partir du VIIe siècle la montée du Bouddhisme imprègnera profondément l’art religieux ( cf.–Borobudur ) .Les relations avec le monde chinois sont elles aussi très anciennes et semblent remonter vers IIIe-IVe siècles. Il s’agissait de relations essentiellement commerciales, les chinois cherchant dans cette région des épices et des métaux précieux .Quant aux arabes, venus du Gujarat où ils étaient établis depuis le IXe siècle, ils se répandirent dans l’archipel indonésien dès le Xe siècle. A partir du nord de Sumatra (sultanat  d’Atjeh) ils  se lancèrent à la conquête de Malacca ( en Malaisie ) vers 1400; la ville devint le siège d’un puissant sultanat arabe. Les princes indonésiens, inquiets de la montée en puissance des européens, réclamèrent sa protection qui  leur fut accordée en échange de leur conversion à l’Islam. La conséquence en fut le recul de l’hindouisme et du bouddhisme. L’islam gagna Java, Bornéo, les Moluques et les îles Sulu et s’étendit jusqu’aux Philippines .Succédant aux arabes l’implantation européenne commence dès le XVIe siècle avec les portugais puis se poursuit avec les espagnols, les hollandais et les anglais .Cette phase n’a guère d’influence sur le peuplement car les colons ne se mêlent guère aux autochtones .Mais l’apport est sensible sur le plan religieux  (évangélisation portugaise et espagnole ). 

La situation religieuse de l’Indonésie est très particulière .L’archipel est le premier pays musulman du Monde mais l’Islam est loin d’être la seule religion et les croyances antérieures n’ont pas disparu. Le trait majeur de l’Indonésie est l’extrême religiosité de la population. En 1996   on dénombrait : 600000 mosquées, 31000 temples protestants, 14000 églises catholiques, 23700 temples hindouistes, 3900 temples bouddhistes. L’Islam indonésien se considère cependant comme majoritaire (87% de la population sont musulmans)  mais il estime être marginalisé sur le plan politique ce qui constitue un motif de tension permanent  et non résolu dans l’archipel. L’ État se veut le garant de la paix religieuse. Il protège les cinq religions officiellement reconnues: Islam, protestantisme, catholicisme, hindouisme et bouddhisme .L’athéisme y est hors la loi. L’état traite chaque religion reconnue proportionnellement à son importance numérique .

En 1945 au lendemain de l’Indépendance, l’Indonésie se dota d’une idéologie nationale, le Pancasila, professant le monothéisme sans privilégier l’Islam. Elle proclame : la souveraineté du peuple, la démocratie, la justice sociale, le nationalisme et la croyance  en un Dieu unique.

 

 

3000-1500 avant J.C : Migration malaise dans l’archipel indonésien 

IVe-VIIe siècles : formation des royaumes hindouisés  

VIIe-XIIIe siècles : Empire maritime de Shrivijaya à Sumatra  

722 : Sanjaya, prince de religion civaite , règne sur le centre de Java

778-870 : Les Cailendra–«rois de la Montagne »- règnent à Java .Construction du Borobudur 

870 : retour de la dynastie des Sanjaya  et construction des temples  hindouistes de Prambanan à la fin du IXe siècle. 

899-910 : Règne de Balitung qui réunit le centre et l’est de Java : royaume de Mataram 

1016 : Shrivijaya soumet Mataram 

1019-1049 : Règne de Airlangga  qui reconstitue le royaume de Mataram à java  et s’allie au roi  de Shrivijaya en épousant l’une de ses filles .  

1049 : Le royuyame de Mataram est partagé entre les deux fils d’Airlangga : l’un reçoit Djanggala et l’autre Kadiri . 

1222 : Fin du royaume de Kadiri à Java .Fondation de Singhasari par Ken Arok  

1268-1292 : Règne du dernier roi de Singhasari , Kertanagara qui fonde la ligue des états indonésiens contre Kubilay Khan . 

1293-1294 : L’invasion chinoise est repoussée par le prince Vijaya  qui fonde le royaume de Madjapahit . 

1350-1389 : Règne de Haram Wurok.Son premier ministre Gadjah Mada  fut l’expansion territoriale  du royaume de Madjapahit . 

1403 : Décadence de Madjapahit et fondation de Malacca par un prince javanais qui se convertit à l’Islam en 1414 . 

1419 : Malik Ibrahim prêche l’Islam à Java  

10 août 1511 : prise de Malacca par les portugais et début de l’ère européenne en Indonésie

1515-1530 : fondation du sultanat d’Atjeh  par Ali Muradjat  Shah 

1536 : Les portugais s’installent aux Moluques  

1583-1601 : Fondation du nouveau royaume de mataram  à Java par le sultan Senopati 

23 juin 1596 : Les premiers hillandais arrivent à Java  

1602 : fondation de la compagnie générale d’octroi des Indes orientales  

1618-1623 : Gouvernement de Jan Pieterszoon Coen 

1613-1643 : Règne du sultan Agung , susuhunan de Mataram qui étend son autorité sur la majeure partie de Java . 

1619 : Fondation de Batavia, capitale des possessions  orientales de la Compagnie hollandaise  

1641 : Conquête de Malacca par les hollandais  

1668 : l’amiral Speelman soumet  le sultan de Macassar 

1740 : massacre des chinois à Batavia  

1743-1750 : tentative de réformes du gouverneur général Van Imhoff 

1784 : Le traité de Paris  concède aux anglais la liberté de navigation dans les eaux indonésiennes . 

1799 : La compagnie des Indes orientales est dissoute  par le gouvernement de la république batave  

1808-1811 : Herman Willem Daendels, gouverneur général des Indes néerlandaises : réformes administratives à Java  et création de préfectures. 

1810 : Java devient colonie française après annexion de la Hollande . Napoléon y envoie le général Janssens 

1811-1816 : Raffles, lieutenant gouverneur de Java  

1824 : Traité de Londres : le mode malais est partagé entre l’Angleterre (Malaisie ) et les Pays-Bas ( Indonésie ) 

1830-1833 :  le gouverneur général Van den Bosch  instaure le «  Kultuurtelsel », système des cultures d’état. 

1873-1908 : Guerre d’Atjehg qui tourne à l’avantage des hollandais 

1906 : Reconquête définitive de Bali et autorité directe du gouvernement hollandais sur toute l’Indonésie  

1908 : création du premier gouvernement nationaliste : le « Budi Utomo »  

1916 : Sous la pression des nationalistes indonésiens  et de socialistes néerlandais, création du «Volksraad », conseil du peuple auprès du gouvernement général . 

1920 : fondation du parti communiste indonésien 

1927 : Création du parti nationaliste indonésien  dont la présidence est confiée à Soekarno 

1931 : Après l’échec du P.N.I  , fondation du «Partindo», parti indonésien .Sukarno est exilé à Florès  

1939 : Premier congrès du peuple organisé par les mouvements nationalistes indonésiens . 

1942 : les japonais occupent Java et ses dépendances  

1946 (25 mars) : accords de Lingaddjati  entre les partis indonésiens et le gouvernement hollandais  afin de créer les Etats-Unis d’Indonésie  

17 janvier 1948 : accords de Renville 

1948 ( septembre ) : insurrection communiste à Madiun 

1949 : conférence de la table ronde à la Haye  et transfert de souveraineté de la Hollande aux Etats-Unis d’Indonésie 

1950 (août) : proclamation de la république unitaire d’Indonésie

1955 (avril) : conférence de Bandung  

1959 : instauration de la «  démocratie dirigée » 

1963 : L’Irian Barat passe sous l’autorité indonésienne. Conflit avec la Malaisie  

1965 : L’Indonésie quitte l’ONU . Coup d’ état procommuniste de Untug.  Prise du pouvoir par l’armée. Massacre des communistes   

1966 ( 11 mars ) : Sukarno cède le pouvoir au général Suharto 

1968 ( 27 mars ) : Suharto devient président de la République
 
 

 

L’industrie touristique sous le signe de l’incertitude … 

La croissance du tourisme indonésien dans les années 1980-1990 semblait montrer que le pays était devenu une destinations majeures  du tourisme mondial en termes d’effectifs de touristes .En 1990 l’Indonésie recevait 0,8 % des flux touristiques mondiaux (26e rang ), en 1995 le pays recevait 1,4 % des touristes mondiaux  (19e rang).La croissance du tourisme indonésien se poursuivit dans les années 1980-1990 avec un taux de croissance annuel d’environ 20 % .Cette courbe de croissance ascendante fut brutalement interrompu en 1995-1997 à la suite des difficultés économiques du pays. En 1991 l’Indonésie attirait  2,5 millions de visiteurs soit 3 fois les effectifs de 1986 (825035).En 1995 et 1997 le taux de croissance des flux s’est considérablement ralenti passant en dessous de la barre des 1O% 

La proximité géographique et les facilités d’accès expliquent que les contingents de visiteurs les plus nombreux soient originaires des pays de l’ASEAN (30% des flux en 1998 ). En 1998 les dix premiers marchés nationaux fournissant des touristes à l’Indonésie étaient : Singapour (1376000), le japon (707000), L’Australie (539000), la Malaisie (482000), Taiwan (405000), La Corée du sud (246000 ), l’Allemagne ( 186000), Les États-unis (172000), Les Pays-Bas (145000) et le Royaume-Uni (142000). Le marché des longs séjours est essentiellement représenté par le Japon, Taiwan, l’Australie, les États-unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, alors que le marché des courts séjours est majoritairement asiatique : Singapour, Malaisie et Philippines  

75% des déplacements touristiques vers l’Indonésie répondent à des motivations de loisirs  le reste étant représenté par les déplacements d’affaires. En 1993 la durée moyenne d’un séjour était supérieure à 10 jours . Les trois destinations les plus populaires de l’Indonésie sont Bali, Jakarta et Yogyakarta Les itinéraires varient selon les pays d’origine des touristes : les marchés coréens et taiwanais choisissent Jakarta–Yogyakarta–Bali avec une durée moyenne de séjour de 7 journées , les japonais passent 4-5 jours à Bali et terminent leur séjour par Yoyakarta et Borobudur. Les européens et les australiens restent 13-14 jours avec des activités surtout centrées sur Bali en se déplaçant parfois sur Kalimantan pour pratiquer de l’écotourisme, … 

Cependant depuis 1998 l’Indonésie est un pays en crise. C’est d’abord la crise financière qui a gravement fragilisé l’économie du pays en portant le montant de la dette étrangère à plus de 110 billions $, beaucoup de banques et de grandes firmes ont fait faillite, la valeur de la monnaie nationale a diminué de plus  de ¼ par rapport à la période précédente. La crise économique a mis au chômage plus de 10 millions de personnes et les salaires ont été durement affectés par l’inflation galopante (plus de 10% par mois en 1998).A la fin de 1998 près de la moitié des 202 millions d’indonésiens vivaient en dessous du seuil de pauvreté .La faillite économique du pays a provoqué de vives tensions politiques en avivant les violences contre les minorités ethniques ainsi que les tensions entre le gouvernement et les régions provinciales. Les implications financières de la crise indonésienne ont eu des effets considérables sur les investissements dans les infrastructures à caractère touristique. Paradoxalement la crise a rendu le pays plus dépendant que jamais à l’égard du Tourisme. Cette activité pouvant permettre d’acquérir des devises étrangères, de rétablir l’équilibre de la balance des paiements, de combler une partie de la dette extérieure  et de régler partiellement le problème du sous-emploi. 

Par ailleurs le pays souffre d’une image de violence. La période post-Suharto a favorisé la réouverture  de nombreux cas de violation des droits de l’homme  dans les années 1980 et 1990. C’est ainsi que la commission indonésienne des droits de l’Homme  rapporta la survenue de massacres  de civils par les troupes indonésiennes  dans le nord de la province de Aceh à la fin des années 1980 et au début des années 1990.A la fin des années 1990 les médias occidentaux rapportèrent les violences commises par les troupes indonésiennes au Timor oriental et la répression féroce qui frappa les membres du « Free Irian Jaya movement » ( octobre et novembre 1998 )

Enfin dans un contexte de fin de crise économique, l’industrie touristique a été particulièrement affectée par l’attentat de Bali  (12 octobre 2002 ) qui a fait 192 victimes .Le pays se remettait à peine de difficultés  structurelles  ( surcapacité hôtelière dans certaines zones) et conjoncturelles  (baisse de fréquentation consécutive aux attentats du 11 septembre 2001 et conflits religieux et interethniques) au prix d’une politique de promotion volontariste impulsée par l’État en 2002. Malgré des restrictions budgétaires l’état indonésien avait consacré au tourisme des moyens six fois plus importants que l’année précédente. Dans les mois qui suivirent l’attentat, la fréquentation à Bali chuta de 30%, menaçant plus de 2 millions d’emplois et de nombreux investisseurs annulèrent ou reportèrent leurs projets d’aménagement d’infrastructures touristiques. Structurellement lié au tourisme le marché de l’artisanat local ( près de 150000 emplois) est aussi menacé .

En 2004, le tourisme a retrouvé une croissance impressionnante (19%). Cette année là, l'Indonésie a reçu 5,3 millions de visiteurs, un record historique. Puis le secteur a traversé une nouvelle crise  en 2005, année qui a suivi celle du tsunami et où l'Indonésie a subi diverses catastrophes (-6%).


Les types de Tourisme

L'Écotourisme

 

Les particularités biogéographiques de l’archipel indonésien constituent une opportunité majeure en matière d’écotourisme. A l’est de la ligne Wallace, les écotouristes peuvent observer l’Orang-Outang (Pongo pygmaeus) dans les forêts des basses terres de Kalimantan, le «great man-like ape of Bornéo » qui n’a cessé de fasciner les naturalistes depuis le début du XIXe siècle .En voyageant vers l’est dans le détroit de Makassar à Sulawesi, on peut observer  le Tarsier spectre ( Tarsius spectrum) un des plus petits primates  considérés par les paléontologistes comme un «fossile vivant». Dans le parc national de Komodo  vivent  les plus grands lézards du Monde, les Dragons de Komodo  (Varanus Komodoensis). Les primates constituent les animaux emblématiques de ces régions. Ils sont facilement visibles dans la Nature et particulièrement prisés des touristes. Ils jouent par ailleurs un rôle important dans le maintien des écosystèmes. L’archipel indonésien abrite une grande diversité de primates (28 espèces)  mais beaucoup d’entre elles ont ont été chassées de leurs habitats  par les agriculteurs et les chasseurs. 

La partie nord de Sulawesi dans l’île des Célèbes constitue un domaine privilégié pour le développement de l’écotourisme. Le gouvernement indonésien a pleinement pris conscience de l’importance des potentialités économiques de cette région. Le premier vol international de la compagnie « Silk Air », une filiale de «Singapore Airlines » atterrissait dans le nord de Sulawesi dès 1995 .En décembre 1996 un «  Novotel » et un hôtel Ibis étaient construits dans la ville principale de la région, Manado. Cette infrastructure a été complétée depuis par la construction du «Paradis resort », un complexe 5 étoiles ouvert en février 1996. En 1994 le nombre de visiteurs internationaux dans cette région s’élevait à 13000 personnes. En 2000 ce chiffre était passé à 50000 personnes, bien que les incertitudes politiques ont sensiblement freiné cette croissance. 

Avec ses récifs de coraux, ses forêts tropicales et ses communautés indigènes Sulawesi constitue un milieu fragile. La croissance économique s’est souvent accompagnée d’une réduction de la biodiversité selon un processus qui n’est pas sans évoquer les bouleversements survenus à Bali et consécutifs au développement du tourisme de masse . 

Le nord de la province de Sulawesi  offre de nombreuses opportunités aux touristes , à une distance raisonnable de la ville et de l’aéroport de Manado :  -le parc national de Bunaken, - a réserve naturelle de Tagkoko-Duasudara et le parc national de Bogani .Le parc national de Bunaken  est composé de cinq îles situées au large des cotes nord-ouest de Sulawesi. Il inclut des récifs coralliens qui sont devenus une destination prisée des plongeurs. Un nombre important d’établissements de plongée ont été aménagés dans cette région. La réserve de Tangkoko-Duasudara  consiste en un massif volcanique couvert d’une forêt tropicale dense. Cette région constitue l’habitat du Tarsius spectrum . En raison de la proximité de Manado (60 kilomètres) il est accessible par une route, impraticable cependant durant la saison des pluies. Durant l’année 1993 la réserve a reçu un millier de touristes internationaux .Le parc national de Bogani  (connu aussi sous l’appellation de « Dumoga–one ») couvre 300000 hectares de forêts tropicales dense  et il est réputé pour être l’habitat d’une riche diversité de papillons. Le parc fut créé en 1982 et sa naissance s’avéra particulièrement difficile, la déforestation fut interdite et plus de 400 agriculteurs furent expulsés .  

Le Tourisme artisanal : les arts plastiques à Bali

 

Jusqu’au début du XXe siècle l’iconographie hindo balinaise est le sujet d’inspiration privilégié des sculpteurs et des peintres. C’est la peinture Wayang (de «wayang»=marionnette).C’était pour l’essentiel un art de commande : les rois de  Bali entretenaient des communautés de peintres dont la fonction était  de décorer les murs des palais et des temples royaux. Cette peinture emprunte ces thèmes aux grandes épopées hindouistes du Ramayana et Mahabharata .Au Xxe siècle une peinture « moderne » s’est développée  sous l’impulsion d’artistes occidentaux  installés dans l’île à partir des années 1930 : Rudolf Bonnet, un peintre hollandais, Walter Spies un peintre allemand, Covarrubias peintre et écrivain américain, auteur de «Island of Bali», un ouvrage de référence sur l’île, Le Mayeur, un peintre belge. Cette peinture «moderne » n’emprunte cependant guère au monde contemporain. Ses thèmes traditionnels mêlent des motifs wayang traditionnels  à des scènes de la vie quotidienne balinaise : fêtes, offrandes, travail dans les rizières , etc…Avec ce nouveau style les peintres de Bali connurent un succès inattendu auprès des touristes étrangers. Différentes écoles virent le jour  nommées d’après le nom du village ayant imposé le style, mais jamais d’après un peintre particulièrement célèbre : l’école de batuan, l’école d’Ubud, l’école de Pengosekan,…


 

Documents annexes :
Le tourisme en Indonésie en chiffres
 

 


1-Le Tourisme international en Indonésie
(1985-2007)
 

 

Année

Arrivées

Taux de croissance

1985

749000

10,15

1986

825000

28,52

1987

1060000

22,7

1988

1301000

24,95

1989

1626000

33,92

1990

2178000

18,02

1991

2570000

19,22

1993

3064000

11,06

1994

3403000 

17,72

1995

4006000

7,9

1996

4324000

16,4

1997

5034000

3

1998

5185000

 _

1999

4728000

_

2000 5064217 _
2001 5153620 _
2002 5033400 _
2003 4467021 _
2004 5321165 _
2005 5002101 _
2006 4871351 _

2007

5505759

_

 


2-Le Tourisme international en Indonésie
(2000-2007)
 

 

Année Visiteurs internationaux Durée moyenne du séjour ( journée)
2000 5,064,217 12.26
2001 5,153,620 10.49
2002 5,033,400 9.79
2003 4,467,021 9.69
2004 5,321,165 9.47
2005 5,002,101 9.05
2006 4,871,351 9.09
2007 5,505,759 9.02

 

 

 
3-Le Tourisme international en Indonésie
( 1997-2001 )
 

 

 

1997

1999

2001

Touristes

5185

4728

5153

Régions d'origine 

Amériques

209

187

243

Europe 

820

688

862

Asie de l'est /Pacifique

4062

3747

3920

Asie du sud

40

35

51

Modes de transport 

Air

3138

2449

2766

Rail

_

_

_

Route

23

23