GÉOTOURISME

Le site de la Géographie touristique en France et dans le Monde

Le Tourisme en France

  Le Tourisme dans le Monde

 La bibliographie

Le dictionnaire

 

Les lexiques

Les annales

Les cours en ligne

Le référentiel  

L'examen

La méthodologie

La vie scolaire

Le sujet de la session 2015  

   
Des faits et des chiffres
  Définition du touriste
  Les vacances des français
 

Approche thématique

  Le Tourisme littoral
  Le Tourisme montagnard
  Le Tourisme urbain
  Le Tourisme culturel
  Le Tourisme religieux
  Le Tourisme de Santé
 Le tourisme de santé en France...
  Le Tourisme rural
  Le Tourisme fluvial
   
   
 
 

 Plan du site
 Index
 Dictionnaire
 Lexiques
 Méthodologie
 Thèmes
 Destinations
 Référentiel
  Bibliographies


Le tourisme de santé
Thermalisme et thalassothérapie en France et dans le Monde

   COURS
 

1ère partie : LE THERMALISME

1-Quelques définitions … :

Initialement les eaux thermales sont des eaux chaudes qui sont utilisées à des fins thérapeutiques , d'où le nom de thermalisme donné à cette pratique. C'est aussi la raison pour laquelle les établissements où sont dispensés les soins sont appelés établissements thermaux ou thermes. Les eaux utilisées sont couramment nommées : "minérales" ou "thermo minérales ". Ces deux termes regroupent cependant des eaux très différentes. Par exemple certaines eaux sont riches en sels minéraux et d'autres en sont presque dépourvues ( 300 g/l à Salies de Salat contre 0,1 g/l à Volvic ). Par ailleurs certaines eaux sont chaudes (83°C à Chaudes-Aigues ) alors que d'autres ont une température analogue à celle de la nappe phréatique (11° C à Enghien) . Selon la législation en vigueur une eau minérale, thermale ou thermo minérale se différencie des autres eaux par des propriétés favorables à la Santé constatées par l'Académie nationale de Médecine et dont la thérapeutique thermale peut tirer profit . La température de l'eau et la nature des sels dissous n'entent pas en ligne de compte dans cette définition qui est essentiellement qualitative. Dans la définition anglo-saxonne une minéralisation de l'eau supérieure à 1 g/l suffit à lui conférer l'appellation d'eau thermale. Les eaux conditionnées (improprement appelées eaux minérales dans le grand public) peuvent être des eaux minérales (ou thermales) mais aussi des " eaux de source " ou des " eaux rendus potables par traitement ". Selon l'article 13 du décret du 6 juin 1989 une eau de source est une eau souterraine rendue microbiologiquement saine et protégée contre les risques de pollution, apte à la consommation humaine sans traitement ni adjonction autre que décantation, filtration et adjonction de CO2. Les eaux minérales embouteillées le sont comme simples boissons et non pour des propriétés particulières .

 2- Aspects réglementaires

Toute exploitation d'eau thermale doit faire l'objet d'une autorisation délivrée par le Ministre chargé de la santé après avis de l'Académie nationale de Médecine (décret du 28 mars 1957). L'eau thermale telle qu'elle se présente à l'émergence ne peut faire l'objet d'aucun traitement autres que ceux autorisés par l'arrêté ministériel et relatifs à : - la séparation des éléments instables par décantation ou filtration sans modification de la composition de l'eau dan ses constituants essentiels, - l'élimination ou l'incorporation de CO 2.

Les autorisations d'exploitation étaient données sans limitation de durée jusque vers 1900. Puis elles sont devenues trentenaires . Beaucoup de sources prestigieuses possèdent des déclarations d'intérêt public et des autorisations sans limitation de durée ( ex. - : Les Célestins, Grande Grille, Hôpital et Chomel à Vichy ou grande Source et Hépar à Vittel ) .

Chaque captage d'eau minérale se fait sous la surveillance étroite et conjointe de la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement et de la Direction départementale des Affaires sanitaires et Sociales (D.D.A.S.S) (arrêté du 14 octobre 1937 ).

Une surveillance réglementaire est effectuée par des laboratoires agréés pour le contrôle des eaux minérales par le Ministère de la santé.

Pour qu ' une eau minérale soit embouteillée une autorisation est délivrée par le ministère chargé de la santé ( décret du 11 décembre 1964 ).

 3 - La composition des eaux minérales

La composition chimique est un des critères sur lesquels repose la notion d'eau minérale .Elles se distinguent des eaux de distribution publique par la quantité et la qualité de leurs composants.

Les différents éléments de cette minéralisation appartiennent à deux catégories :- des composés présents dans toutes les eaux mais dont la concentration est plus élevée dans les eaux minérales. Ce sont les éléments majeurs .,- des composés inconnus dans les eaux banales et présents dans les eaux minérales en quantités infinitésimales. Selon leur concentration ce sont des éléments - mineurs ou des éléments - traces .

Les éléments majeurs

Les substances minérales sont des sels appartenant aux acides dérivés des éléments carbone , soufre et chlore. Les bicarbonates sont présents dans toutes les eaux . Ils sont issu de la décomposition des roches calcaires ou du dégazage du magma profond. Les sulfates sont les principaux représentants des dérivés oxygénés du soufre .Leur concentration est élevée si le trajet souterrain de l'eau s'est soldé par un lessivage de gîtes salifères sulfatés .L'ion chlorure est aussi très répandu dans les eaux minérales. Il peut être d'origine sédimentaire ou magmatique .Les chlorures d'origine sédimentaire proviennent du lessivage d'anciens dépôts évaporitiques ( sel gemme ). Dans les régions volcaniques les chlorures peuvent avoir des origines plus profondes .

Parmi les gaz le CO2 est le plus fréquent et il peut atteindre des concentrations élevées . La plupart du temps il est d'origine magmatique, mais il est aussi présent dans les minéralisations riches en bicarbonates.

Les éléments mineurs ou les éléments traces

Leur concentration des éléments mineurs est de l'ordre du mg/l et celle des éléments traces est 100 à 1000 fois moins importante . Dans le groupe des sels on trouve des bromures , des iodures et des fluorures. On rencontre aussi des substances alcalines comme le lithium, le strontium, le baryum et le béryllium ainsi que des dérivés du soufre comme les sulfhydrates et l'hydrogène sulfuré. Les oligo-éléments ne sont pas rares : fer, manganèse et cuivre mais aussi des éléments plus rares comme le vanadium, l'arsenic et le sélénium. On peut enfin rencontrer des éléments radioactifs.

Les boues

La composition et la température des eaux thermales sont favorables à la vie des bactéries et des algues. L'ensemble complexe minéraux/algues/bactéries donnent des boues qui sont parties intégrantes du patrimoine des stations.

4 - La classification des eaux

La classification chimique est la plus utilisée. On distingue cinq grands groupes d'eau qui se distinguent par la présence d'un élément remarquable : - eaux sulfurées ( présence de sulfures et d'hydrogène sulfuré), - eaux sulfatées , chlorurées et bicarbonatées, - eaux oligo- minérales ( faiblement minéralisées , moins de 1g/l ). La température des eaux peut aussi être un élément de classification. Elle es très variable (100°C à Soffioni en Toscane, 83° C à Chaudes- Aigues, 62 / 71°C à Plombières, 52°C à Plombières, 45° C à Aix- les- Bains, 43° C à Vichy , 37° C à Gréoux , 11° C à Evian et Contrexéville ).

5 - Les origines des eaux minérales

Il faut considérer les trois phases qui les constituent : sels dissous, gaz et eau.

Les sels dissous

Certains sels proviennent du lessivage des terrains traversés : sulfates, chlorures carbonates des eaux qui ont percolé dans diverses roches : des dolomies, des calcaires, des sels gemmes ou des gypses. D'autres éléments proviennent d'eaux retenues dans les roches depuis leur formation ( eaux connées ) .C'est par exemple le brome et l'iode liés aux gisements de pétrole comme celui de Pechelbronn en Alsace. Enfin d'autres éléments proviennent des couches profondes de l'écorce où ils se sont formés à la suite de phénomènes magmatiques (chlore et fluor des eaux minérales du Massif Central ( La Bourboule, Royat, Saint Nectaire ).

Les gaz

Les principaux gaz associés aux eaux sont le CO2, l'azote, l'hélium et le radon. Ce sont généralement des gaz volcaniques d'origine profonde surtout dans les terrains disloqués.

L'eau

Elle peut avoir trois origines : - volcanique (elle sera dite juvénile), - météorique ( elle sera dite vadose ), ce sont des résurgences d'eaux issues de précipitations infiltrées dans le sous-sol, - fossile. L'origine météorique est la principale provenance de la plupart des eaux minérales. Les eaux de pluie descendent par gravité soit dans des terrains perméables ( sables , grès ) soit dans des roches formées ( granites ) soit dans des roches comportant des vides importants ( grottes et avens ). La descente des eaux de pluie est généralement stoppée par une couche imperméable ( argile ou roche non fissurée ) . Ces eaux sont appelées vadoses. L'origine juvénile . Dans les profondeurs de l'écorce sous l'effet de la pression et de la température les roches se transforment , c'est le métamophisme qui provoque l'expulsion de l'eau constitutive de certains minéraux. On la désigne par l'appellation " eau juvénile" car contrairement aux eaux météoriques elle apparaît pour la première fois à la surface de la terre. Enfin l'eau peut avoir une origine fossile, ce sont des eaux et des sels piégés dans des sédiments marins ou lacustres. On les désignera par l'appellation " eaux connées " .

les hypothèses actuelles sur la formation des eaux minérales

On utilise des méthodes consistant à doser dans ces eaux les isotopes de plusieurs éléments comme l'O18, le deutérium (D ou 2H ), le Carbone (14C ) et le tritium ( 3H ).On constate ainsi que la teneur en O18 des eaux minérales est comparable à celle des eaux de pluie. La datation des eaux est basée sur le dosage en tritium , le plus lourd des isotopes de l'hydrogène. Depuis 1952 la teneur des eaux thermales en tritium est passée de 1 atome par tritium pour 10 puissance 8 atomes d'hydrogène à 2500 atomes de tritium pour 10 puissance 8 atomes d'hydrogène. Or beaucoup d'eau minérale ont été marquées par le tritium preuves qu'elles contiennent des eaux infiltrées depuis 1952. Aujourd'hui les spécialistes admettent que la quasi-totalité des eaux minérales provient d'eau d'infiltration cheminant pendant plusieurs années dans le sous-sol.

6 - Quelques notions d'Hydrogéologie …

Pour qu'un terrain soit aquifère il faut qu'il comporte de vides où l'eau peut s'accumuler. On distingue les aquifères de porosité ( sables, grès, graviers, … ) , ce sont des ensembles meubles formés d'éléments libres les uns par rapport aux autres et les aquifères de fissure dans des roches massives ne comportant pas de cavité mais fracturées ou dissoutes (karstifiées ) .

Il existe des roches très poreuses qui ne peuvent pas constituer d'aquifères parce que les cavités de ces roches de communiquent pas entre elles, donc le liquide ne peut s'écouler de la roche et être extrait (ex.- les argiles ) .

A -La circulation des eaux dans le sous-sol

La circulation des eaux dans le sous- sol est essentiellement soumise aux lois de la gravité .Les eaux de pluie descendent vers le bas tant qu'elles ne rencontrent pas de roches imperméables. La couche imperméable une fois atteinte elles s'écoulent comme elles le feraient en surface dans le sens de la pente . Le cheminement se poursuit jusqu'à ce qu'elles rencontrent un exutoire qui peut être une fissure ou un ouvrage de captage .

b-Comment les eaux parviennent-elles en surface?

La gravité joue un rôle essentiel pour les parcours brefs ou les eaux n'ont pas suivi de périple profond. Dans certains cas l'eau chaude plus légère que l'eau froide peut remonter vers la surface en repoussant des masses d'eau froide (c'est le principe du thermosiphon). La remontée des eaux peut aussi être favorisé par un dégagement de gaz provenant des couches profondes de l'écorce .Ce cas est fréquent dans les régions volcaniques. Dans ce cas ce n'est plus la pression qui fait remonter l'eau mais un phénomène de gravité. L'eau chargée en CO2 forme une émulsion plus légère que l'eau normale et qui remonte facilement en surface. Dans la plupart des cas les venues d'eau en surface sont liées à des failles. On appelle griffon l'émergence naturelle d'une eau minérale. Les émergences se font à la faveur de zones fissurées ou faillées ou parcourues de vides de dissolution. Elles peuvent être contraintes à l'émergence quand elles rencontrent un terrain imperméable.

c- Comment trouver de l'eau thermale ?

L'étude de l'environnement géologique et le préalable indispensable. Les photographies aériennes et la télédétection fournissent des données sur les failles , les fractures et les diaclases. On utilise aussi les infrarouges thermiques pour vérifier les variations de température dans les zones couvertes de végétation .Ce type de prospection peut s'effectuer à partir de prises de vue satellitaires. On peut aussi utiliser la détection géochimique ( prospection par détection de radon dans le sous-sol), la détection géophysique ( la gravimétrie qui peut déceler les vides dans le calcaire ou les méthodes électriques et électromagnétiques qui définissent des zones de circulation des eaux minérales qui sont plus conductrices que les eaux non minérales ).

d- Comment capter l'eau thermale ?

Quand le griffon est franc et accessible le point d'émergence doit être dégagé et coiffé d'un puis étanche au centre duquel l'eau peut se rassembler. Quand les venues sont multiples et diffuses et se mélangent à des eaux superficielles et non minéralisées on amène l'eau à sourdre là où l'on désire en lui appliquant une surcharge qui l'oblige à jaillir dans une zone de moindre résistance .Cette surcharge peut être un barrage et une chape en béton ( ex. - : Plombières ) ou une surcharge hydraulique d'eau douce pour créer un barrage hydraulique comme à Ussat dans l'Ariège . Si l'aquifère est profond et captif des sondages peuvent être entrepris .L'eau jaillit ou elle est pompée à l'intérieur du sondage .

e- Protection et contrôle de la source

Elle a pour but essentiel d'éviter la pollution dans tout le bassin d'alimentation, là où toute goutte d'eau de pluie qui s'infiltre dans le sous-sol rejoint le stock d'eau minérale. Toutes les activités humaines sont sources de nuisances (habitats (égouts et fosses septiques), activités agricoles ( production de lisier et utilisation massive d'engrais azotés), activités industrielles (stockages dangereux ).

Deux textes en France régissent la protection des gisements : - la loi de 1856 définit les conditions requises pour l'attribution d'un périmètre de protection , - une circulaire ministérielle de 1937 qui institue des périmètres sanitaires d'émergence. A l'intérieur de ce périmètre tout travail souterrain est soumis à une autorisation préalable. Il est prévu pour le pétitionnaire ( qui demande l'autorisation ) l'obligation de possède les terrains dans un certain rayon autour de la source ou d'acquérir sur eux des droits lui permettant d'interdire l'épandage des eaux usées, des engrais et des ordures .Quant au contrôle de la qualité de l'eau il est assuré en France par les arrêtés du 21 décembre 1964 et du 16 mai 1989.Il est placé sous l'égide de la Direction départementale à l' Action sanitaire et Sociale assistée par la Direction départementale de l' Industrie et de la recherche.

-Les applications thérapeutiques du Thermalisme

La Crénothérapie est complémentaire du médicament pharmaceutique. Au cours de l'évolution d'un certain nombre d'affections chroniques il est courant que le recours aux médicaments chimiques soit de plus en plus difficilement supporté. La cure thermale représente lors une thérapeutique relais permettant de diminuer, d'espacer voire de supprimer la chimiothérapie. C'est le cas par exemple des affections anti- inflammatoires et anti-algiques dans les formes douloureuses des rhumatismes chroniques ,des antibiotiques dans les infections respiratoires chroniques. A l'inverse la cure thermale peut redonner toute son efficacité à une chimiothérapie devenue moins active ou permettre d'éliminer les conséquences d'un traitement prolongé. La crénothérapie agit à plusieurs stades des maladies . Outre son action curative au cours ou au décours des maladies constituées , elle est aussi préventive au stade pré- clinique de certaines affections et elle est surtout préventive des rechutes et des aggravation au cours de certaines maladies chroniques. Elle contribue aussi à l'adaptation ou à la réadaptation du sujet en vue de lui permettre de maintenir une vie normale compte tenu de son handicap.

Dans ces démarches la spécialisation des stations est un des principaux critères de la médecine thermale française. La richesse et la variété du potentiel thermal français permet d'utiliser chacune des sources dans les indications où elle a fait la preuve de son efficacité la meilleure. Par ailleurs la spécialisation des stations permet d'équiper les thermes avec les techniques de cure appropriées et de les aménager en fonction des maladies traitées. La spécialisation a pour corollaire la présence de médecins eux-mêmes spécialisés. La spécialisation des stations françaises porte sur plusieurs orientations thérapeutiques : -rhumatologie, - neurologie, -affections psycho- somatiques, -maladies cardio-artérielles, -phlébologie, -gynécologie, - maladies des voies respiratoires, - dermatologie et stomatologie .

Par exemple en Rhumatologie l'action de la cure sur les organes profonds est surtout le fait de l'hydrothérapie externe . Aussi les caractères physiques de l'eau ont - ils une importance majeure : températures , débit , boues naturelles , radio - activité . Les sources utilisées sont : - des sources sulfurées ( Aix -les- Bains, Gréoux, Amélie, Ax- les- Thermes , … ), - des sources chlorurées sodiques radio- actives ( Bourbonne - les - Bains , Bourbon l ' Archambault , …) , - des sources oligo-métalliques radioactives ( Lamalou, Néris, Evaux, … ),- des sources bicarbonatées ( Vichy, Le Mont- Dore … ).

8 - Historique du Thermalisme

a-l'Antiquité

Dès la plus haute antiquité le fait hydrothermal se confond avec le fait religieux. Les dieux , déesses et demi-dieux sont les premiers protecteurs des sources et leurs prêtres les premiers hydrologues. Chez les grecs de nombreux auteurs s'intéressent à la nature et aux vertus thérapeutiques des eaux thermales. Aristote proclame la vertu des vapeurs émanées des sources thermales. Plutarque discute de l'origine des eaux thermales. Galien (grec venu d'Asie ) proclame sa confiance dans les eaux thermales et les bains de boue. La vie thermale s'organise avec les romains . Hérodote pose les principes de la crénothérapie ( durée des cures , choix de la saison , technique des bains , etc… ). Il est imité par Antyllus, Aetius , Paul d'Egine, …A l'époque romaine les thermes publics sont un des lieux majeurs de la cité . Les thermes de Caracalla sur l'Aventin à Rome couvrent 12 ha et forment un bloc de 350 mètres de côté ; ils pouvaient accueillir plus de 1600 personnes . Quant aux thermes de Dioclétien sur le Quirinal, leurs dimensions imposantes (420 X 380 mètres ) leur permettaient de recevoir plus de 3000 personnes . Les thérapeutiques utilisées sont diverses : immersions en piscines, bains individuels et applications locales . Pour connaître les maladies soignées il suffit souvent de se reporter aux offrandes et aux ex-voto découverts près des points d'émergence. Certains des ex-voto sont des fragments d'organes sculptés ( bras, mains, yeux, organes génitaux ) et des diagnostic "a posteriori" des pathologies sont parfois possibles. C'est ainsi que la source des Roches à Chamalières a livré à partir de 19689 1500 sculptures et 8500 fragments d'ex- voto du I er siècle après J.C .

Parmi les stations thermales romaines importantes on peut citer : Aix-en-Provence ( Aquae Sextiae) , Aix-les-Bains ( Aquae Gratianae) , Bourbon-Lancy ( Aquis Nisincii), Dax ( Aquae Tarbellicae), etc…Les romains n'apportèrent pas le Thermalisme en Gaule. Cette pratique était déjà connue des populations celtiques qui s'intéressaient aux vertus thérapeutique des nombreuses sources bien avant l'arrivée des romains. Le thermalisme gaulois connaît un développement décisif sous la période gallo- romaine. Borvo est le protecteur des sources , dieu thermal par excellence car son nom signifie celte "Berw " signifie "le bouillonnant". Au fil du temps l'appellation se transforme en Bormo ou Bormanus, deux termes qui seront à l'origine du nom de plusieurs localités thermales : Bourbon- Lancy, Bourbon l 'Archambault, La Bourboule , etc…

 b-Le Moyen Age

La période médiévale est celle d'un long déclin du thermalisme .Trois phénomènes se conjuguent pour expliquer cette phase de décadence relative : - le déclin moral et politique de la société romaine, - les Grandes Invasions , - les préjugés anti-thermaux des chrétiens qui s'accompagne de la christianisation de nombreuses divinités païennes des sources . Ainsi en différents points de la Gaule on substitue au culte des Nymphae et des déesses -mères celui de la Vierge. Le Christianisme triomphant s'implante sur les lieux de sources pour mieux les contrôler et les assimiler. Il faut cependant noter une timide renaissance du thermalisme sous le règne de Charlemagne, époque durant laquelle Aix-la-Chapelle devient une grande ville thermale . Par ailleurs d'autres stations vont bénéficier indirectement des grandes migrations européens des XIIe-XIIIe siècles en raison des maladies importées d'Orient par les Croisées ( 1100 -1270). Des maladreries sont crées à Cauterets, Luchon, Vernet.

 c-La Renaissance

La Renaissance marque un nouveau recul dans l'usage des étuves et des bains car la Réforme n'y est pas plus favorable que l' Eglise mais les guerres d'Italie et surtout les Guerres de Religion vont favoriser le redémarrage du traitement thermal des blessures de guerre. Par ailleurs des personnages célèbres mettent le thermalisme à la mode dans les couches aristocratiques de la société . Montaigne à l'âge de 45 ans est atteint de la Gravelle. Il ne se fie pas à la Médecine et il confie son corps aux eaux thermales. Henri IV créé le 26 mars 1605 la Surintendance Générale des bains et des Fontaines du Royaume et en confie la direction à son premier médecin : La Rivière. Le rôle de cet organisme est de découvrir les sources , les analyser , les entretenir et les faire connaître . C'est le point de départ de l'hydrologie scientifique . Des savants commencent en effet à s'intéresser aux stations : Jean Pidoux, Nicolas de Nicolay, Paracelse (qui écrit un " Discours sur les eaux thermales ") et Amboise Paré , ardent défenseur du thermalisme. On voit grossir la foule des curistes et parmi eux des personnages connus : Marguerite d'Angoulême , François Ier , Catherine de Médicis, Henri II, Henri III et Henri IV .

d-Les XVIIe - XVIIIe siècles

A vogue des stations thermales s'accentue surtout celle de Vichy et de Bourbon l' Archambault fréquentées par Louis XIII, Anne d'Autriche, Richelieu, Louis XIV, Madame de Montespan, Le Grand Condé, Fouquet, etc…Parmi les curistes on notera la présence de la marquise de Sévigné qui se rend en 1687 à Vichy et à Bourbon l'Archambault et qui laissera de ses séjours de cure des relations détaillées dans sa célèbre correspondance épistolaire. En 1772 une Commission Royale de Médecine composée d'inspecteurs généraux des eaux Minérales est créée dans le but de contrôler et de délivrer des permis d'exploitation des sources . La Faculté de Médecine et l'Académie des Sciences s'intéressent aussi aux eaux , elles chargent le médecin Carrère de publier un catalogue raisonné accompagné d'une notice sur les eaux minérales du Royaume. La connaissance chimique des eaux thermales fait aussi des progrès notables avec les travaux de Geoffroy L ' Ainé, Claude Perrault et surtout ceux de Lavoisier. Ce développement du thermalisme sera compromis par le déclenchement de la révolution française, beaucoup de stations seront appauvries par les troubles et les guerres et par le départ de leur clientèle riche réfugiée à l' Etranger.

e-L' essor du Thermalisme au XIX e siècle

Les causes de cet essor sont multiples : - création de stations nouvelles , - progrès notables réalisés dans la découverte du mode d'action des eaux minérales, - essor du Romantisme et naissance du Tourisme , - développement des moyens de communication. Le courant littéraire romantique met à la mode de nombreuse stations. Les Rêveries d 'un promeneur solitaire de J. J Rousseau ont réconcilié l ' Homme avec la Nature . Les écrits de Byron , Shelley, … restaureront définitivement ce goût de la Nature chez l' Homme occidental. Or beaucoup de stations sont entourées d'un jardin romantique qui s'est développé autour du griffon . Chateaubriand séjourne à Cauterets en 1829 . Il est imité par Georges Sand , A. De Vigny et V. Hugo . Lamartine séjourne en 1816 à Aix-les - Bains pour y soigner une insuffisance hépatique. Il y rencontre Madame Charles qui mourra en 1817. Par ailleurs on assiste à un essor du Tourisme dans les stations qui se trouvent au cœur de régions pittoresques . Ce développement touristique est renforcé et amplifié par l'arrivée du chemin de fer ( Dax est atteint en 1854, Vichy en 1860, Amélie les Bains en 1870 , …) . Sous le Second Empire c'est aussi la personnalité du couple impérial qui assure le renouveau du thermalisme français . L'empereur se fait le défenseur des petites stations thermales. C'est Vichy , modeste village de 3000 habitants sur les berges de l'Allier , qui doit le plus à Napoléon III. En 1861 Larrey, Conneaud et Alquier, les trois médecins de la Cour, conseillent une cure à l'empereur. Morny l'incite à aller à Vichy. Napoléon III y arrive le 4 juillet 1861.Il y reviendra en 1864 , 1865 et 1866. La présence de napoléon III à Vichy incite toute une couche sociale à y séjourner pour y prendre les eaux. La ville s'équipe de boulevards , d'avenues et d'hôtels de classe internationale. D'autres stations se développement sous le Second Empire : Eaux- Bonnes, Luchon, Royat, Plombières , …

f-La première moitié du XX e siècle

Sous la Troisième République beaucoup de stations anciennes s'agrandissent ( Vichy , Aix-les-Bains , Dax, Bourbon l ' Archambault , Le Mont Dore , Enghien , … ). De nouvelles villes thermales apparaissent ou d'anciennes stations connaissent une période de renouveau : Vittel, Evian, la Bourboule, Chatelguyon, … L'importance des blessés consécutifs à la première Guerre Mondiale développe le thermalisme. Dans les stations françaises des années 20 nombreux parmi les curistes sont les blessés et les pensionnés de guerre.

Durant l'Entre Deux Guerres l'usage du Thermalisme se répand dans les classes moyennes ..Après une période de sommeil liée à la Seconde Guerre Mondiale le thermalisme social est créé en France en 1947 par la Sécurité Sociale. Cette dernière reçoit 50722 demandes de cure pour la seule année 1948 et 80194 en 1951. Tout français quelque soit sa condition sociale a le droit de bénéficier d'une cure thermale si son état de santé l ' exige. Cet apport de curistes sociaux compense la disparition de la riche clientèle provenant de l'empire colonial et traitée pour des maladies tropicales ( amibiases, colites amibiennes, hépatites, … ) à Chatelguyon, Vichy, Vals, etc…

g-La station thermale aujourd'hui

La thérapeutique thermale ne peut être mise en œuvre qu'à proximité des sources. Elle nécessite donc le séjour du malade dans un lieu différent de son domicile habituel durant un temps limité (fixé empiriquement à trois semaines ). Pendant ce séjour le curiste doit trouver toutes les conditions nécessaires au rétablissement de sa santé .A la notion désuète de " ville d'eau " on a substitué celle plus moderne de station thermale ( "haut lieu de santé intégrale ", P. DELORE ) où tout est organisé et mis en œuvre en fonction d'une même finalité : la guérison du curiste, ce qui doit "obliger les stations thermales à évoluer vers une plus haute technologie et une plus haute intelligence des problèmes médicaux " (P. ROYER). Ainsi s'explique l'obligation de classement des stations créée par la loi du 21 septembre 1919.Tel est aussi le but de la Charte de la Fédération Internationale de Thermalisme et de Climatisme (1973  qui définit les principes modernes de traitement dans les stations thermales et climatiques et les conditions minimales de leur classement au plan international.

L'établissement thermal et les buvettes constituent le pôle d'attraction de la station. Les installations varient en fonction de la spécialisation médicale depuis la simple buvette jusqu'aux aménagements techniques les plus élaborés. L'établissement thermal doit répondre à diverses exigences ( hygiène rigoureuse , appareillage et équipements adaptés, personnel de soins en nombre suffisant, qualité de l'accueil, confort, présence d'un parc thermal donnant accès à la Nature environnante, etc… ). L'hébergement offre un éventail de possibilités selon l'âge et la santé du curiste. L'hôtellerie constitue la structure d'hébergement de base .Outre l'agrément et le confort, elle doit tenir compte de la spécificité sanitaire et thermale. Le meublé (villa, appartement, studio) représente un mode d'hébergement recherché par un pourcentage notable de la clientèle thermale. Lorsque le curiste vient en famille, c'est pour lui un mode d'hébergement plus économique , offrant une plus grande souplesse dans les horaires et offrant la possibilité d'une poursuite de la diététique familiale. Une charte nationale des meublés a été acceptée par les pouvoirs publics et adoptée par la fédération Française de location en meublés . Elle impose des conditions définies pour chaque catégorie de meublés et offre de sérieuses garanties aux curistes. Parmi les autres formes d'hébergement offertes on peut citer : le Thermotel ou motel thermal ( service d'hébergement intéressant permettant la mise à la disposition du curiste d'une ou plusieurs chambres avec kitchenette. L'ensemble des locataires pouvant bénéficier de services communs : restaurant diététique , jeux , télévision , etc… ), l'hébergement en ferme-hôtel, le camping caravaning, les maisons familiales, etc… Le secteur de l'hébergement est affecté par une triple évolution : a- la rénovation de l'hôtellerie ( fréquent regroupement sous un label) . Celui-ci peut être propre aux stations thermales quand la société qui possède des hôtels participe aussi à une structure comme la Chaîne Thermale du Soleil, Promothermes , etc… Il peut être aussi non spécifique et développé ailleurs ( Logis et Auberges de France ), b-la rationalisation et la modernisation de l'offre en meublés avec l'intervention de promoteurs privés au moyen de propositions de logements en nouvelle propriété (Pierre et Vacances par ex. -) , c- le développement d'hébergements légers (un secteur jusque la assez marginal dans les stations thermales mais adapté à la fréquentation estivale et à des clientèles aux motivations diverses mais qui ont en commun le désir d'autonomie ( caravanes, parcs résidentiels de loisirs, … ).

Sur stations affiliées en 1992 au Syndicat national des Etablissements Thermaux , 50 se situent dans une ville ( définition INSEE ) et 12 sont proches du seuil minimum ou le dépassent si l'on inclut dans le volume de la population d'accueil l'équivalent annuel de la fréquentation (nombre de curistes X 21 jours/365 ).Cette constatation confirme l'affirmation de JAMOT : " … Le thermalisme a la chance d'être un tourisme en milieu urbain … La ville offre un cadre de vie essentiel , d'un intérêt touristique sans cesse renouvelé, et cet attrait est évident et direct…Il procède du même type que celui qui s'exprime dans les grandes villes ..En plus pour une clientèle âgée le fait urbain est un caractère indéniable de sécurité" ( p. 25 ).

On distingue plusieurs types de stations thermales. La classification la plus souvent évoquée est celle de JAMOT :

-Les " villes thermales mono-fonctionnelles "qui petites, " constituent par leur unité un modèle pur de ville touristique ". Elles sont 19 dans ce cas en France.

-Les " villes pluri-fonctionnelles au thermalisme dominant ". La fonction thermale a joué un rôle d'entraînement pour des activités secondaires ( embouteillage en particulier) et surtout des services. Ce type regroupe 16 stations.

-26 sont " des villes pluri-fonctionnelles ou le thermalisme n'est qu'un élément secondaire ", voire mineur.

-Il faudrait ajouter les stations villages où le centre thermal prend place dans une collectivité réduite et diffuse. Le centre thermal y fonctionne sans effet d'animation sur l'environnement.

 8-Le thermalisme français aujourd'hui

Avec plus de 6 milliards de francs de chiffres d'affaires, près de 700000 curistes, 106 stations et une expansion relativement continue au rythme variable de 1 à 5% par an , le thermalisme français en apparence se porte bien. Mais son évolution qualitative très particulière à la France se fait selon un axe de plus en plus étroit et peu porteur d'avenir : celui d'un thermalisme uniquement médical et social, très étroitement accroché aux remboursements de la Sécurité Sociale.

 L'essentiel des cures se prend en été et généralement sur le temps des vacances ( la fréquentation des stations thermales est concentrée sur 5 mois , de mai à septembre. Mais les mois de juin, juillet et août attirent 64,7% des curistes. Les villes d'eau et la belle clientèle qui ont fait depuis le Second Empire et pendant des décennies le renom du thermalisme français ont rapidement décliné après la Seconde Guerre Mondiale et ont pratiquement disparu au seuil des années 60. Le nombre des curistes est passé de 633546 en 1989 à 608887 en 1994 soit une baisse de 3,9% au cours des cinq dernières années ( 358000 en 1965 , 493000 en 1975 , 620000 en 1985).Le nombre d'accompagnants a tendance à diminuer . La plupart des curistes français ne peuvent être considérés comme de simples malades ( ils ne sont ni grabataires ni impotents ) mais victimes de maladies chroniques ou de troubles altérant leur genre de vie sans le rendre, pour autant, impossible. Ces curistes choisissent librement le lieu de leur cure. Souvent le curiste potentiel propose lui-même à son médecin traitant d'effectuer une cure dans une station dont il a entendu vanter les bienfaits ( ouie - dire ou publicité ). La Sécurité Sociale ( qui dispose théoriquement du droit d'imposer la station la plus proche du domicile ) entérine généralement ce choix ce qui place les stations en état de forte concurrence et en situation d'émulation réciproque pour attirer le maximum de clientèle . La concurrence entre stations est rude pour atteindre un seuil de rentabilité en se partageant une clientèle au total assez limitée .En 1992 l'ensemble des établissements dacquois enregistre 56203 curistes, Aix - les- Bains 45321 mais au total 19 stations en ont reçu plus de 10000 , 15 entre 5000 et 10000 contre 43 de 1000 à 5000 et 17 au dessous … Les choix individuels se déterminent aussi par des différences d'environnement médical : la prise en charge psychologique et matérielle du patient, l'architecture et la fonctionnalité des lieux, la qualité des services annexes, l'animation interne …Cela est encore plus vrai lorsque la même ville recense plusieurs établissements thermaux dotés de la même fonction. Ainsi à Dax 17 établissements se font concurrence en rhumatologie alors que seule la compagnie thermale dispose d'un créneau annexe ( en gynécologie ).Ce sont les à - cotés, les activités annexes offertes au curiste qui vont déterminer et pérenniser le choix du curiste .

Les flux de touristes se concentrent dans les stations thermales les plus importantes (ou du moins celles capables de consentir l'investissement marketing le plus performant) . En 1993 les quinze premières stations françaises concentraient plus de 53% du total des curistes . Traditionnellement la cure dure 21 jours ( 15 jours en Italie et 4 semaines en Allemagne ) pour les 9 / 10 des curistes français .Pour les stations c'est un avantage énorme ( en station de sports d'hiver la durée moyenne de séjour est d'1 semaine et en station balnéaire elle ne dépasse pas 15 jours !! ). Aujourd'hui à l'exception des stations pour enfants ( la population enfantine diminue, 15 % en 1968 et 11, 6 % en 1990 )) , 60 % des curistes ont plus de 60 ans ( la clientèle des plus de 65 ans représentent plus de 25 % des curistes alors que ces derniers ne constituent que 16 % de la population totale ), 80 % sont constitués de retraités , les 2 / 3 sont des femmes Les femmes du 3ème Age représentent 15 % du total des curistes ) , 95 % sont assurés sociaux dont un tiers est dispensé du ticket modérateur. Il en résulte quasi- automatiquement que les stations sont pour la plupart des villes tristes, peu animées , désertes hors - saison et fortement typées 3ème âge/faibles ressources. La longueur du séjour incite la clientèle à rechercher un confort maximum mais la relative faiblesse de ses revenus explique que l'hôtellerie dépasse rarement les deux étoiles et que l'essentiel des curistes vit en meublé ou chez l'habitant n'utilisant que peu les restaurants et les lieux distractifs possibles (les meublés représentent 41 % de l'hébergement en stations thermales ( 34 % pour la France entière tous secteurs touristiques confondus ) et les hôtels 31 % ( contre 25 % pour la France entière ).

Enfin les espoirs fondés sur la clientèle de remise en forme ont été largement déçus, moins de 50000 forfaits annuels vendus au cours des dix dernières années. Dans les années 70-80 parallèlement au recentrage de la crénothérapie, de nouveaux produits avaient émergé qui ne s'apparentaient plus à la cure de trois semaines remboursée par la Sécurité Sociale: c'étaient les produits " remise en forme". Les facteurs de départ reposaient sur une triple constatation : - les français face à la maladie avaient de plus en plus recours à des modes de traitement multiples (34% utilisent la phytothérapie , l'homéopathie et les médecines douces ), - Au niveau des mentalités collectives on notait un refus de l'érosion du corps, - Enfin sous des influences diverses les français recherchaient de plus en plus des vacances moins longues et pas très onéreuses .

 Le séjour de remise en forme dure de 1 à 2 semaines. Plusieurs options sont possibles : - une remise en forme globale de l'organisme physique et psychique, - une action plus spécialisée qui favorise la régénération de l'individu (soins de beauté , lutte efficace contre l'obésité ou l'embonpoint ), - certains clients associent aussi l'action purificatrice de l'eau d'une cure à la pratique d'un sport afin de restaurer leur équilibre . La déconnection de la Sécurité Sociale oblige à un calcul sérieux des coûts et à un ciblage précis de la clientèle. Ces nouvelles approches se sont développées autour de plusieurs thèmes : forfait ligne à Contrexéville , passeport pour la forme à Vittel , cure anti-tabac à Marlioz …Ce sont toujours des produits complets, variés, vendus en package et incluant l ' hébergement. Ils permettent d'allonger la saison , de valoriser l'environnement (climat , paysages et équipements ) et ils peuvent complètement changer l'image de la station comme le " club Méd " l'a fait pour Vittel . Ils obligent aussi à changer certaines mentalités ou attitudes : la clientèle ne vient plus envoyée par le corps médical , elle doit être prospectée et attirée … Cependant au terme de deux décennies il semble que le marché de la "Remise en Forme " connaisse , sinon une phase de récession, durant une période durable de stagnation marqué par un essoufflement certain . Une partie de ces difficultés étant liée à la concurrence exercée dans le domaine de la "Remise en Forme" par la Thalassothérapie.

 cet appauvrissement de la clientèle correspond celui du champ médical. L ' effort de promotion et de modernisation technologique portant essentiellement sur les médicaments soutenu par les laboratoires, l'appareil hospitalier et le corps médical, le thermalisme souffre en retour d'une discrédit croissant : le nombre d'orientations thérapeutiques porteuses d'avenir diminue, tandis qu'augmentent les modes de traitement concurrents. Des sondages récents sont révélateurs du manque de crédibilité du thermalisme français, ou plutôt de la connaissance imparfaite que peuvent en avoir aussi bien le corps médical que le public. 90% des médecins sont persuadés de l'efficacité des cures thermales mais seulement 25% en prescrivent régulièrement à leurs patients. Cette situation ne pourrait être améliorée que par un développement de l'enseignement de la crénothérapie dans les facultés de médecine. Quant au monde scientifique il se caractérise par une attitude d'attentisme ou de prudent scepticisme. Pour certains scientifiques la crénothérapie n'est pas adaptée aux progrès récents de la médecine. Ils estiment , probablement à raison, d'établir de nouvelles bases à cette discipline et donc de multiplier les expérimentations de manière à pouvoir juger de l'efficacité du traitement thermal sur des preuves objectives . Quant au public il est , en général, peu informé même si sa faveur spontanée se porte vers les thérapeutiques naturelles . Cette tendance, renforcée par la vogue écologique, demeure très insuffisante .

Le Thermalisme soit devient alors le " traitement de la dernière chance " soit s'engouffre dans la voie royale de la rhumatologie quelles que soient d'ailleurs les qualités initiales de l'eau. Les médecins spécialistes ont quitté les stations et l'enseignement proprement thermal a quasiment disparu des facultés.

Contrastant avec ce tableau la plupart des établissements ne sont pas vétustes, mais ont procédé au contraire à d'importants travaux de modernisation voire d'extension. Cet effort d'investissement qui semble du à la concurrence pour capter la clientèle et aux exigences nouvelles des règles d'hygiène, se traduit pour les établissements par des bilans extrêmement chargés en amortissements. L'insuffisance des tarifs a abouti, pour la plupart d'entre eux, à un lourd endettement .

 L 'Etat propose son aide technique et financière par les contrats de plan. Les offres ont porté sur la restructuration des établissements thermaux afin de les rendre plus fonctionnels, plus animés et plus conviviaux, sur la modernisation des soins et des pratiques médicales et paramédicales, sur la réorganisation du cadre urbain , sur l'animation, etc … 38 stations ont bénéficié pour le IXe Plan d'une aide globale de 102,2 MF, trois autres ont émargé au Xe Plan : Bagnols de l'Orne, Luxeuil et le bassin thermal de l'Est. La situation financière délicate de beaucoup de stations a conduit également à une implication financière croissante des collectivités locales qui prêtent, subventionnent, voire prennent en charge les établissements. Cela créé d'ailleurs une inégalité grave parmi les établissements entre ceux qui sont obligés de se limiter aux circuits privés de financement et ceux qui peuvent recourir à des deniers public.

9-Les entreprises françaises de thermalisme et leur positionnement sur le marché

France compte six chaînes thermales : La chaîne thermale du Soleil, Eurothermes, Promothermes, Thermafrance, La Compagnie Européenne des Bains et Thermalliance.

Ce concept de chaîne thermale recouvre des réalités juridiques, financières et commerciales très diverses .Dans certains cas il s'agit de groupes intégrés possédant tout ou partie de leurs établissements en pleine propriété et dans d'autres il s'agit de concessions, de mandats de gestion ou encore de labels professionnels ou commerciaux.

Les deux principaux groupes thermaux français : la Chaîne Thermale du Soleil et Eurothermes ont accueilli 182300 curistes en 1994 dans 22 stations et réalisés un chiffre d'affaires de l'ordre de 400 MF. Premier groupe français la Chaîne Thermale du Soleil (107000 curistes en 1994) a tout juste réussi à retenir ses parts de marché depuis le début des années 90. Ce groupe est confronté à de fortes turbulences liées à une série d'accidents ( Barbotan-les-Thermes , Gréoux-les-Bains ) et à une politique mal maîtrisée de surinvestissement qui a bouleversé son équilibre financier .

La station de Gréoux-les-Bains 26424 curistes en 1994) n'a jamais pu retrouver sa fréquentation antérieure à l'accident de 1988 ( soit 36393 en 1983 ). L'autre station phare du groupe Amélie-les-Bains dans les Pyrénées - Orientales est confrontée à une stagnation de sa fréquentation depuis plusieurs années ( 31265 curistes en 1994 ).

L'autre géant du thermalisme français le groupe Eurothermes qui a accueilli 75400 curistes dans 9 stations en 1994 a enregistré une chute de sa fréquentation de 12,3% depuis 5 ans et cela malgré la reprise de nouvelles stations : Bagnères-de-Bigorre ( Hautes-Pyrénées ), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône ) et Digne-les-Bains ( Alpes de haute Provence ). Ce groupe a du se retirer récemment de la station thermale d'Aix-en-Provence en raison de la capacité insuffisante du gisement thermal.

Les groupes Promothermes et Thermafrance ont enregistré sur la période 1990-1995 une chute significative de leur fréquentation respectivement de - 12,2% et - 5,2% .

Seule la Compagnie Européenne des Bains connaît une croissance très forte de sa fréquentation , soit + 20 % de 1989 à 1995 avec un nouveau concept de développement de stations petites et moyennes orientées vers le marché de la remise en forme.

En conclusion on peut affirmer qu'en 1997 le thermalisme français présente de nombreux atouts mais souffre aussi de nombreux handicaps structurels.

1-Des atouts indéniables :

-Un potentiel hydrothermal important : 106 stations en 1995, -un système de prise en charge et de remboursement de cures encore relativement attractif, -une clientèle fidèle plutôt relativement satisfaite de l'offre actuelle, -l'existence de perspectives d'élargissement du marché au niveau curatif mis aussi préventif , -une dynamique créée par l'émergence grands opérateurs thermaux, -le succès du partenariat public/privé au niveau de certaines régions thermales (Thermauvergne par exemple), -un potentiel touristique encore insuffisamment exploité

2-Mais aussi des handicaps multiples :

-une inadéquation de l'offre et de la demande qui créé u problème de crédibilité et de positionnement ,-une offre de soins et d'hébergements qui ne permettra que difficilement une ouverture vers d'autres clientèles,-une forte dépendance vis à vis de la Sécurité Sociale , -une clientèle âgée trop fidèle qui se renouvelle difficilement , -une image négative , souvent désuète et trop proche de l'hôpital, -un corps médical prescripteur mais toujours insuffisamment informé, -un professionnalisme inégal, -une profession trop éclatée et mal organisée .

L'environnement du thermalisme social est assez paradoxal, il rend particulièrement ardue une prévision objective de l'avenir de ce secteur . Divers éléments doivent être pris en compte : - la progression des dépenses de santé des ménages malgré les incitations à la modération des pouvoirs publics en direction des médecins en particulier le récent plan de réforme de la Sécurité Sociale, - la stagnation du pouvoir d'achat des ménages , - l ' évolution prévisible de la santé publique à l'horizon des années 2006 - 2016, - le développement des préventions et du " business prévention ", - la transformation des mentalités et des modes de vie (avec une importance accrue accordée au corps, à la forme, à l'apparence ; l'allongement de la durée de la vie et le vieillissement de la population et la sortie de plus en plus précoce de la vie professionnelle ) .

Il existe encore des possibilités de développement du marché thermal, la preuve en est la faible internationalisation actuelle du thermalisme français ( 1 % de curistes étrangers contre 20% en Italie), l'existence d'un potentiel important de rhumatisants représentant près de 15 millions de personnes . Il importe donc : - de faire partir plus ceux qui partent déjà par exemple dans le cadre de séjours d'entretien et de prévention, de mini-cures .Ces nouvelles cures seraient soit financées totalement par le consommateur soit partiellement par de nouvelles formules de prise en charge publiques ou privées (par exemple sur le modèle allemand, (voir ci-dessous : le Thermalisme à l' Etranger ) , - conquérir des clientèles sur des cures libres plus courtes et sur des cures de qualité ( selon des enquêtes récentes 70% de la clientèle exige des cures de 12 à 14 jours ) , - accueillir de nouvelles clientèles étrangères . A terme , à l'horizon du premier quart du XXIe siècle , on envisage un remodelage de la physionomie du thermalisme français : 70% de curistes assurés sociaux, 20% de curistes libres et 10% de curistes étrangers .

 Dans ce contexte il est indispensable d'envisager une transformation des produits thermaux : -développement de stations thermales péri-urbaines, - renforcement du dynamisme des stations "sudistes " ( Dax dans les Landes et Balaruc dans l'Hérault connaissent un fort développement depuis quelques années … ) , - spécialisation des stations sur des créneaux porteurs ( ex. - : rhumatologie ) qui pourraient représenter 80% de la clientèle d'ici l'an 2000.

10 - Thermalisme et Tourisme pur

Les stations thermales sont souvent des plaques tournantes, centres de diffusion des touristes vers les sites touristiques proches et vers d'autres lieux de séjour. Elles prennent souvent la direction de l'aménagement touristique régional, contrôlant les investissements (hôtels et équipements divers ) ainsi que le commerce de gros et proposant leurs services . Aucune forme de tourisme n'échappe aux stations thermales

Chronologiquement le tourisme lacustre s'est développé le premier sous forme " spontanée " à Aix - les- Bains ou Evian sur les rives du lac du Bourget ou du Léman . Parfois la station s'équipe volontairement dans ce domaine . C'est le cas de Vichy avec son lac sur l'Allier. A la fin du XIX e siècle le tourisme lacustre généré par le thermalisme avait donné naissance à de grands aménagements à une époque où le capitalisme conquérant cherchait à étendre son action à tous les domaines du Tourisme. Des quais - promenades furent aménagés ( quai Baron de Blonay à Evian-les-Bains), des ports furent construits à Aix-les-Bains et Evian-les-Bains. Ces structures furent confrontées à une phase de vieillissement dans les années 30 sous l'effet de la concurrence des stations balnéaires . Ces stations thermales lacustres connurent une phase de relance dans les années 60. De nouveaux complexes de loisirs fondés sur des équipements lourds se développèrent ( ports de plaisance, plages et campings ) ( ex.- : aménagement des rives du lac du Bourget à Aix-les-Bains ). Ce mouvement d'urbanisation en " front de lac " s'inscrit dans la stratégie de diversification des activités touristiques adoptée par beaucoup de stations thermales . Il s'est traduit par de nombreux aménagements : base du lac de l ' Uby à Barbotan-les-Thermes, plan d'eau de Divonne-les-Bains, petits lacs équipés à Forges-les-Eaux et Enghien-les-Bains , prise en compte des plans d'eau du Verdon dans la stratégie de développement touristique de Gréoux-les- Bains .

Le thermalisme est indirectement à l'origine de la découverte de la haute - montagne ( au début du XX e siècle et dans l ' Entre- Deux- Guerres ) et de l'essor concomitant de l'alpinisme en particulier dans les Pyrénées où dans beaucoup de stations le lien historique thermalisme / " pyrénéisme " est évident ( Barèges , Luchon , Cauterets ) . Ces mêmes stations thermales peuvent être à l'origine de la création d'équipements pour la pratique des sports d'hiver .Beaucoup de stations thermales sont aussi des stations de sports d'hiver dites de première génération. Après 1945 les stations thermales ont relancé la pratique des sports d'eau ( ex. : Barbotan ). D'autres se sont tournées vers le tourisme vert développé quasi - spontanément au contact du Monde rural ( Chaudes Aigues et Saint Nectaire ) . Aujourd'hui la plupart des stations ont adopté une stratégie de développement touristique polyvalente ( tourisme sportif (golf ) ) , tourisme de congrès , tourisme culturel ( festival et opéras ) , tourisme de jeux ( casinos ) , tourisme en milieu urbain ( visites de monuments et de musées ) .

- Les conceptions thermales à l ' Etranger

La pratique des eaux thermales n'est pas uniforme et on accorde plus ou moins de crédit à ces techniques selon les pays.

A -Le Thermalisme en Europe occidentale

1-Un exemple à méditer : la mort du thermalisme britannique

En 1990 le Royaume-Uni ne disposait que d 'une seule station thermale en activité : Leamington ( 5500 curistes ). Bath, ville thermale modèle du XVII e / XVIII e siècles avait fermé les portes de son établissements de bains en 1976. Cette situation est d'autant plus aberrante que le pays dispose de ressources thermales importantes et que les eaux ont été largement valorisées aux siècles passés.

Jusqu'en 1914 le pays comptait une trentaine de stations thermales dont certaines avaient une renommée internationale. En 1885 Bath recevait 80000 curistes . En 1890/1900 Llandrindod Wells ( Pays de Galles ) accueillait 80000 curistes par an. Une stagnation est survenue à partir des années 20.Harrogate assurait 100000 traitements en 1900, 120000 en 1927 et seulement 90000 en 1938. La crise fatale est intervenue après 1945. La cause principale est probablement l'engouement des médecins anglais pour la chimiothérapie et leur combat contre les techniques curatives anciennes à caractère jugé trop manichéen. L'établissement thermal était dès lors considéré comme une simple annexe de l'hôpital.

2 -Les conceptions étendues germaniques et italiennes

L'Allemagne

Les pays de civilisation germanique (Allemagne, Autriche et Suisse) forment un bloc homogène sur le plan de la conception du thermalisme .

 La protection sociale a été précoce en Allemagne . La Sécurité Sociale existait depuis la fin du XIXe siècle. Les différentes caisses admettaient la cure thermale comme une cure climatique . Le thermalisme entre dans un vaste système de santé qui reconnaît la validité et l'efficacité de ses méthodes. Cependant la cure thermale y est en concurrence avec divers autres types de cures hydriques : les cures par boues non minéralisées, les cures par tourbes , les cures par sable, les cures d'air et jamais une formule de soins n'est exclusive dans une station.

En 1952 100 000 cures étaient prises en charge en Allemagne . Les curistes sociaux représentaient 60 à 80 % de la clientèle et le potentiel d'accueil des stations allemandes dépassait 185 000 lits. La prise en charge des cures est plus éclatée qu'en France . Différentes caisses soutiennent le thermalisme. En France les cures sont remboursées au titre de l'assurance - maladie alors qu ' en Allemagne elles le sont au titre de l'assurance sociale invalidité, l'assistance aux infirmes de guerre, l 'assurance accidents. Il existe aussi des caisses maladies de syndicats et des caisses gérées par les corps de métiers. Les organismes sociaux germaniques ont une action supérieure à celle de l'assurance - maladie française . Ils assignent au thermalisme un champ large : comme en France les maladies chroniques et allergiques mais aussi la prévention de certaines maladies, l'accueil des personnes en post-cure , les cures de repos et de détente. Dans ces conditions la contingence saisonnière s'estompe .

 Le séjour combine la cure classique et des activités intégrées en France au para thermalisme : entretien complet du corps ( massage à sec, natation, sauna, bains aux essences de plantes, etc … ) . On accorde aussi beaucoup d'attention aux bienfaits procurés par l'environnement .Ils sont considérés comme des facteurs curatifs réels . C'est ainsi que l'on a conservé le cadre urbain qui faisait la grandeur de stations du XIX e siècle : kiosque à musique , concours hippiques, opéras, festivals musicaux, etc… On prend aussi en compte l'environnement naturel : la beauté des paysages, la gastronomie locale, le folklore, … Au niveau de l'hébergement l'accueil est de type para- hospitalier : on rencontre des hôpitaux thermaux et surtout des maisons de cure appartenant souvent aux organismes sociaux . Elles leur permettent de contrôler les prises en charge accordées. L'inconvénient majeur de ce type d'hébergement réside dans la création de ghettos thermaux, spatialement isolés , tristes et sans vie. Le quartier thermal étant souvent une annexe marginale de la ville.

L'Italie

En Italie les conditions de développement du Thermalisme sont classiques. Avant 1939 la situation de ce secteur est brillante. En 1938 on compte 37 stations affiliées au Syndicat Autonome de Cure et de Séjour .Elles enregistrent 320000 arrivées 4 millions de nuitées. En 1945 une vigoureuse politique sociale draine une nouvelle clientèle vers le Thermalisme. Le système social italien reconnaît la valeur du thermalisme comme thérapeutique. Le bénéfice de l'assurance sociale lui est étendu ( les 2/3 de la clientèle bénéficient d'une assistance ). Pour le curiste la charge la plus élevée est l'hébergement , d'où le rôle important tenu dans ce domaine par les pensions de familles au détriment des hôtels classés. La conception italienne du thermalisme est proche de celle de l'Allemagne. Le Thermalisme a trois buts reconnus par le corps médical : - la prévention, - la cure de certaines conditions pathologiques, - le traitement en cours de convalescence. La cure comporte une partie importante de para- thermalisme ( massages et gymnastique ) .

b-L'Europe de l'est : le tourisme social de santé

L'Europe de l'est possède un potentiel thermal impressionnant et en croissance surtout l'ex-URSS. Ce thermalisme dispose de moyens importants . La clé de voûte est l'importance donnée à la recherche. La crénothérapie fait partie intégrante de la recherche scientifique. Ainsi en Russie l'Institut central de Recherches Médicales en Balnéothérapie et Physiothérapie regroupe plus de 600 chercheurs. Il forme les cadres des stations et assure le recyclage des personnes médicaux.

Par ailleurs l' ex-URSS avait développée une grosse infrastructure de dépistage et de prescription thermale. Le thermalisme y était enseigné dans les facultés de médecine ( 9000 médecins et 25000 auxiliaires médicaux spécialisés dans ce domaine en 1990 ).Un système d' hôpitaux thermaux très complet avait été mis en place par les autorités soviétiques dans l'ex-URSS et ses états satellites . Le rôle assigné au thermalisme en Europe de l'Est est multiple : - soigner les maladies chroniques, - suppléer les médicaments sophistiqués qui font souvent défaut, - le thermalisme est utilisé systématiquement pour la prévention de nombreuses pathologies, - le thermalisme sert de cadre à de nombreuses convalescences. Les stations sont polyvalentes mais la cure elle-même reste très traditionnelle. Il existe peu de techniques sophistiquées comme en Occident ( pulvérisations micronisées , instillation , etc …). L'essentiel reste l'utilisation des bains, les applications de boues, l'ingestion de boissons. On assiste cependant à un fort développement du para - thermalisme : massages , gymnastique , solarium , piscine , etc … En Russie ( et dans l'ex- URSS ) ce n'est pas l' Etat qui gère le secteur de la santé mais les syndicats. L'adhésion des travailleurs y est massive et presque obligatoire ( du moins sous le système soviétique !! ). Concernant les structures thermales l'état finance le 1/3 , le reste est à la charge des syndicats . La prise en charge est aussi l'œuvre des syndicats .Ils assument les frais de cure ( soins et hébergements dans une proportion de 80% ), le reste est à la charge du salarié. ce sont les syndicats qui trient les demandes de cure. Dans l'ex- URSS la sélection se faisait sur deux critères : - les mal-portants, - les travailleurs méritants. Aucun problème de saisonnalité ne se posait dans les stations thermales car la demande étant supérieure à l'offre les syndicats proposaient des cures étalées sur l'année entière. Les stations ne connaissaient donc aucun problème de remplissage (cœfficient de remplissage : 80 à 90% ) . Les conditions de déroulement sont (et étaient) assez tristes. Les distractions sont médiocres (minimum de commerces , amusements limités , pas de casinos , peu de cinémas . Seules les activités sportives et les promenades sont bien développées.

c- Ailleurs … : Rétro-thermalisme et Néo-thermalisme

Le rétro- thermalisme américain

Aux Etats - Unis se sont développés une vingtaine de centres thermaux (1/3 dans les Appalaches et 1/3 dans les Rocheuses , le tiers restant se répartissant à peu près également entre la Floride et le Texas ). Il demeure beaucoup de ressources thermales inexploitées . Le développement des stations est récent et pour l'essentiel s'est effectué entre les deux guerres. La conception de la cure est une concrétisation de l'image littéraire du thermalisme des années 20- 30. Les soins occupent peu de place dans la journée du curiste. L'essentiel c'est la détente dans l'environnement qu'apporte la station. Le logement se fait dans de grands palaces rétro et le confort y est à l' américaine. Des complexes de loisirs très complets sont associés à l'hébergement ( golf , tennis , équitation , … ). La clientèle y est aisée et les prix sont souvent fort élevés. L'image donnée par ce thermalisme est celle de clubs de luxe plutôt que celle de centres de soins. Parmi les stations les plus connues : Arlington ( Texas ), Palm Springs ( Californie ) , Saratago-Springs et Homestead dans les Appalaches .

Le néo-thermalisme

C'est une forme de thermalisme qui s ' apparente au tourisme pur. Il est l' apanage des pays neufs et des P.V.D cherchant des devises . On le rencontre surtout dans le bassin méditerranéen : Israël, Maroc, Algérie mais aussi en Afrique tropicale ( Gabon ) . Trois centres de cure existent en Israël : - Arad, - Mer Morte (on y pratique le soin du psoriasis par exposition aux rayons solaires et les soins aux rhumatismes par immersion ), - Tibériade . Le système d'accueil est très réduit. En général on y trouve un très bon hôtel thermal ultra- moderne qui assure aussi l'animation. La clientèle recherchée est toujours aisée .Elle recherche le dépaysement et l'exotisme à bon compte et sa démarche est avant tout dictée par la recherche de la remise en forme. C' est un système qui exclut tout malade handicapé

 

2ème PARTIE : LA THALASSOTHERAPIE


C'est à la fin du XIXe siècle que l'utilisation de l'eau de mer fraîchement prélevée et chauffée a donné naissance à une discipline nouvelle: la Thalassothérapie terme créé par le Dr. DE LA BONNARDIERE à Arcachon à la fin du XIXe siècle. La Thalassothérapie moderne est l'utilisation thérapeutique des bains de mer ( balnéothérapie ) en association avec l'influence bénéfique des conditions bioclimatiques créées elles-mêmes par les relations entre les milieux marins et terrestres environnants. Il n ' y a de Thalassothérapie qu'au bord de la mer. Pour la Cour d'Appel de Paris : "la Thalassothérapie est l'exploitation à des fins curatives des propriétés combinées de l'eau de mer, de l'air et du climat marin , cette thérapeutique exige des installations au bord de la mer , spécialement équipées pour recueillir cette eau fraîchement puisée, protégée de toute pollution, et édifiées en des lieux réputés pour leur microclimat ". La Fédération Mer et santé a donné de la Thalassothérapie une définition récente ( 1986 ) : "Dans un site marin privilégié la thalassothérapie est l'utilisation simultanée , sous surveillance médicale, dans un but préventif ou curatif , des bienfaits du milieu marin qui comprend le climat marin , l'eau de mer , les boues marines, les algues, les sables et autres substances extraites de la Mer ."

La Thalassothérapie n'est pas de la balnéothérapie. Il n'y a pas de Thalassothérapie possible en Montagne ou en milieu urbain car l'eau de mer , milieu très vivant, n'a qu'une durée de vie de 24 heures et ne peut être reconstituée. En Ville ou à la Montagne la balnéothérapie dans des baignoires bouillonnantes n'a rien à voir avec la Thalassothérapie.

La Thalassothérapie n'est pas du Thermalisme. Il y a souvent confusion entre ces deux thérapies car elles fonctionnent avec des soins d'eau souvent similaires : douches à jets, bains bouillonnants, cataplasmes, boues, etc…Mais à la différence de l'eau thermale, l'eau de mer est une eau vivante.

1- HISTORIQUE

De tout temps la mer a été considérée comme bénéfique pour l'homme. Déjà Homère affirmait que ses héros puisaient leur énergie dans les fonds marins . En 484 av .J.C selon Hérodote : " la cure de soleil et la cure de mer s'imposent dans la plupart des maladies et surtout dans les affections de la femme" .En 480 av. J.C Euripide dans Iphigénie en Tauride : " la mer lave les maux de tous les hommes". En 420 av. J.C Hippocrate dans " les affections prurigineuses et mordicantes " conseillait l'eau de mer chaude en bains ou en fomentations .Il avait remarqué que les plaies des mains des pêcheurs ne suppuraient jamais si elles restaient en contact avec l'eau de mer sans qu'on y touche. Les propriétés du milieu marin furent acceptées par de nombreux autres auteurs grecs : Galien, Platon et Aristote.

Les romains ( Caton l'Ancien, Cicéron, Pline Le Jeune ) furent de fervents utilisateurs de l'eau de mer comme médecine. Un médecin romain Quintus Samonicus exaltait les propriétés curatives de l'eau de mer dans le traitement des affections articulaires .

En 1000 on retrouve des idées identiques à celles des gréco - romains chez divers auteurs parmi lesquels Avicenne . Au XVI e siècle Amboise Paré recommande les bains d'eau de mer pour leurs propriétés à la fois réchauffantes , astringentes, résolutives , dessicantes et anti-ecchymotiques . Henri III prenait des bains de mer à Dieppe pour guérir de certaines " galles " dont il était atteint.

Au XVII e siècle le médecin anglais Floyer tente les premiers essais thérapeutiques par l'eau de mer. Au XVIIIe siècle un autre anglais Russel écrit et publie son ouvrage : " de table glandularium sine de usu aquae marinae in morbis glandularium ", ouvrage qui eut un fort retentissement: " Il faut boire d e l 'eau de mer , il faut s'y baigner et manger toutes les choses marines où la vertu s'est concentrée" . En 1778 Lepec de La Cloture ouvre le premier centre marin sur la plage de Dieppe.

En 1800 est ouvert à Boulogne un centre pour soigner les rhumatismes et les affections dépressives ; En 1812 un médecin de Dieppe publie une thèse : " Les effets de la mer prises par l'intérieur et par l'extérieur sur les organes cutanés " .En 1847 est créé à Sète le premier établissement associant le traitement par l'eau de mer à la cure hélio- marine par Mlle Hisrch (la " Maison Kruger ") . En 1859 est fondé à Luc sur Mer un établissement marin. Le 2 juillet 1861 est fondé à Berck-sur-mer le premier hôpital marin par les Drs.Lhoste et Perrauchaud . la période du second Empire connaît un véritable engouement pour la mer et ses bienfaits . C'est en 1869 que le Dr. De La Bonnardière créé le terme de " thalassothérapie " .Dès cette époque naissent un peu partout des centres ou des hôpitaux ( Nice, Hendaye, Zuidcoot en Belgique ). En 1899 le Dr. Bagot fonde à Roscoff le premier vrai centre de Thalassothérapie.

En 1904 René Quinton publie son œuvre magistrale : " l'eau de mer , milieu organique " et établit l'hypothèse que du milieu marin est sorti la première cellule vivante. Il est le premier à comparer le plasma sanguin à l'eau de mer. Au XIIIe congrès international de Médecine Quinton expose sa théorie médicale par absorption d'eau de mer, soit par voie buccale soit par injection intra - musculaire : c'est le plasma Quinton qui sera utilisé par de multiples générations de médecins . En 1913 est fondée ne France la première association internationale de Thalassothérapie dont le 1er congrès se tient à cannes en 1914. Le 6 juin 1959 est fondée l'association française de thalassothérapie et en 1959 le premier syndicat des établissements français de Thalassothérapie qui réunit les centres répondant aux normes et aux obligations de cette nouvelle thérapie.

Les années 60 marquent le deuxième départ de la thalassothérapie . En 1961 Louison Bobet , champion cycliste a un accident de voiture qui lui occasionne une mauvaise fracture du fémur. Durant 1 mois il séjourne à Roscoff dans un centre de rééducation fonctionnelle en milieu marin. Envisageant sa reconversion professionnelle Louison Bobet élabore durant son séjour un grand projet d'institut de Thalassothérapie qui verra le jour en 1964 à Quiberon . Ce centre est devenu la référence en matière de thalassothérapie moderne . La thérapie marine n'y vise plus des grands accidentés mais tout un chacun qui a le souci de préserver son capital - santé ou se remettre en forme.

2- L ' EAU DE MER : ELEMENT ESSENTIEL DE LA THALASSOTHERAPIE

 La Composition

La mer est le plus grand réservoir d'eau minérale de la Terre. Riche en éléments chimiques et biologiques c'est un milieu vivant . L'eau de mer est très fortement minéralisée : elle est chlorurée sodique mais également chlorurée et sulfatée magnésienne. Comme l'on montré les travaux du Dr . Quinton l'eau de mer est un véritable plasma sanguin naturel dont on aurait retiré les albumines et les corps figurés . Quinton au cours de ses travaux dans son laboratoire du collège de France fut le premier à transfuser des chiens à l'eau de mer isotonique. En quelques jours les chine avaient reconstitué leur patrimoine sanguin propre ( hémoglobine et éléments figurés ) et en peu de temps leur rétablissement fut complet. De cette expérience est né le " plasma Quinton " , véritable soluté d'eau de mer pure qui peut être utilisé par voie buccale ou en injection.

Tous les gaz atmosphériques se retrouvent dans l'eau de mer : azote, oxygène, gaz carbonique y compris les gaz rares .

On trouve aussi dans l'eau de mer du plancton ( terme dérivé du grec " planctos" : " errant " (Hensen , 1886 ) ) qui désigne l'ensemble des organismes qui flottent dans l'eau de mer. On distingue généralement le phytoplancton qui se nourrit de végétaux et le zooplancton qui se nourrit de proies animales. Les deux variétés de plancton les plus connues sont les diatomées et les périnidiens. Le phytoplancton surtout est la plus grande réserve alimentaire de la planète . Le Dr.Bombard ,lors de sa traversée de l'Atlantique , l'avait utilisé comme moyen de survie . Pour être de consommation inoffensive il doit être cependant traité .

Enfin le milieu marin contient une grande variété d'algues. Ce sont des êtres vivants appartenant au règne des Plantes , classe des Cryptogames, sous-classe des Thallophytes . Leur caractéristique principale est d'emprunter à l'eau de mer tous les éléments nécessaires à leur synthèse qu'elles stockent sous forme ionique: iode, soufre, potassium etc…Par ailleurs les cellules superficielles de certaines algues ont la propriété de décomposer par leurs thalles leurs propres iodures pour émettre de l'iode volatil. Ce phénomène connu sous le nom de iodo - volatilisation est utilisé en thalassothérapie.

Les boues marines sont aussi utilisées en thalassothérapie . On utilise non pas des boues naturelles ( peloses) mais des boues artificielles : les péloïdes. C'est un mélange artificiel d'eau de mer avec des matières organiques et inorganiques résultant de processus biologiques et géologiques . Les péloïdes utilisés en Thalassothérapie résultent du contact prolongés avec des sédiments marins ( boues , vases , limons ) plastiques et dépourvus de pollution . Le contact de maturation dure 6 mois . Les péloïdes sont utilisés pour leur qualité de grande minéralisation.

b- Propriétés

L'eau de mer présente diverses propriétés physico-chimiques. Elle possède d'abord une densité assez élevée.De fait elle s'échauffe moins vite au contact d'un corps humain immergé qui lui-même refroidit moins vite que dans l' eau douce.

L'eau de mer a un pouvoir antibiotique envers les bactéries pathogènes dont elle bloque et arrête le développement. Les ions contenus dans l'eau de mer ont un pouvoir de pénétration dans l'organisme Diverses expériences ont démontré que la peau humaine fonctionnerait comme une membrane chargée négativement qui absorbe plus ou moins les anions et en moindre quantité les cations. " Nous pensons que les téguments laissent passer un certain nombre de corps chimiques , mais en faible quantité " ( DUBARRY, 1966 ). Dans certains centres de thalassothérapie il est conseillé de ne pas prendre de bains ou de douches d'eau douce après les bains de mer et au contraire de laisser se déposer et sécher sur la peau les dépôts de sel, voire de prendre deux ou trois bains de mer par jour suivis chaque fois par un exposition au soleil. Cette méthode favoriserait a pénétration cutanée des ions.

La Thalassothérapie est un traitement qui repose sur des soins en eau de mer non traitée mais réchauffées. L'eau de la mer est chimiquement intéressante pour l'organisme car elle contient de nombreux minéraux et oligo-éléments nécessaires au métabolisme humain. Pour être agissante il faut qu'elle arrive à la douche en ayant conservé le maximum de ses qualités originelles. De plus elle doit être réchauffée et atteindre au moins 34° C car c'est au delà de cette température que les ions présents dans l'eau traversent les parois cutanées et pénètrent dans le corps humain. La durée du bain chauffée ne doit pas excéder 15 à 20 minutes. L'eau de mer présente aussi un intérêt du point de vue physique. Dans l'eau on se sent léger et dans l'eau de mer encore plus. C'est l'application du principe d ' Archimède qui veut que tout corps plongé dans un fluide subisse une poussée verticale, dirigée de bas en haut et égale au poids du fluide déplacé. De plus la portance spécifique de l'eau de mer est beaucoup plus importante que celle de l'eau douce. Le poids d'une personne plongée dans l'eau de mer est 2,5 fois plus faible qu'en eau douce. Le poids d'un individu moyen immergé jusqu'à la tête est ramené dans l'eau de mer à 10% de son poids réel ( 60 kg sur terre et 6 dans l'eau de mer ). Ces conséquences sont importantes pour l'accidenté en fracture récente , pour la personne âgée atteinte d'arthrose, pour la femme trop forte, etc…

3 - LE CLIMAT MARIN : AUTRE ELEMENT INDISPENSABLE DE LA THALASSOTHERAPIE

La Climatothérapie a été découverte au XIXe siècle . Elle consistait à exposer des malades atteints de tuberculose ou de rachitisme au climat marin. Les premières études et expérimentations eurent lieu dans le centre hélio - marin de Berck .

Les spécificités du Climat marin

Les spécificités du climat marin sont limités dans l'espace à quelques centaines de mètres du rivage . Ses bienfaits découlent de plusieurs facteurs :

La pression barométrique : au niveau de la mer elle est stable et très élevée .Cette forte pression en oxygène favorise la respiration.

-La température : elle est stable en bord de mer.

-L'humidité : elle est très importante .Le degré d'hygrométrie est très élevé et stable.

-L'ensoleillement : les rayons occasionnent de multiples bienfaits surtout pour le rachitisme (manque de vitamines D) et pour les troubles de l'humeur .Certains pathologies psycho - somatiques ( dépression nerveuse par exemple) sont traitées par photothérapie ( exposition des patients aux ultra- violets ).

-L'ionisation: l'air de la mer est très riche en ions négatifs. Ils sont présents dans les aérosols ( gouttelettes minuscules issues de la surface de la mer ) d'où l'importance pour le patient de s' oxygéner en bord de mer (promenades de santé quotidiennes ).

-Les vents : ils renforce les qualités cardio-respiratoires.

Chaque littoral a ses spécificités marines et climatiques. Les rivages de la Manche sont riches en ions négatifs et en iode car les vagues y sont déferlantes. Le climat y est froid et vivifiant. Les rivages atlantiques ont un climat plus tonique. L'air marin y est bien chargé en ions négatifs et en iode mais moins que sur la Manche. Le climat est moins excitant. Quant aux rivages méditerranéens, le climat y est sédatif c'est à dire plus calmant qu'énergique surtout en avril/mai ou en automne.

 Les différents impératifs évoqués ( qualité de l'eau et spécificités du climat) expliquent que le choix du site soit soumis à des règles d'implantation rigoureuses concernant aussi bien la qualité de l'eau de mer que les caractéristiques climatiques . Ces règles ont été définies par le professeur D. LEROY de la Faculté de Médecine de Rennes en 1976. Ce dernier préconise une série d'études préliminaires à la création du centre :-étude géomorphologique du littoral, étude écologique, étude de l'orientation géographique, étude de l'orientation des vents dominants, étude de l'insolation, étude des courants de marée .

Un centre de Thalassothérapie est un mini - usine d'eau de mer. Il nécessite une infrastructure complexe. Il doit puiser et utiliser de l'eau de mer bactériologiquement saine et ne pas la stocker plus de 24 heures. Un contrôle permanent de la salubrité de l'eau est indispensable. L'eau de mer est pompée hors des courants de pollution. Ce sont les Affaires maritimes et la D.D.A.S.S qui donnent les autorisations de pompage. La distance du point de pompage varie de 15 à 1000 mètres. La profondeur minimale de pompage est de 1 m. 50 pour éviter les pollutions; généralement le pompage s'effectue à une profondeur moyenne de 4 -5 mètres. Il est effectué avec une tuyauterie souple et mobile qui peut être aisément déplacée en cas de pollution. L'eau est ensuite amenée vers un puits de décantation pour éliminer le sable et les éléments impurs, puis elle est acheminée vers des cuves de stockage. Une fois utilisée cette eau est rejetée ( à 32°C ) dans un autre circuit où elle est rafraîchie à une température de 13°C avant d'être rejetée en mer. Les calories sont récupérées et elles servent à réchauffer la nouvelle eau. La quantité d'eau de mer utilisée est considérable : en moyenne 1 m3 d'eau de mer chaude par curiste et par jour. Le centre nécessite de nombreux équipements : baignoires, douches ,piscines adéquates ainsi qu'un personnel médical ( 1 médecin au moins est présent en permanence dans le centre ). On y trouve aussi une équipe de kinésithérapeutes et d ' hydrothérapeutes et suivant les dimensions du centre des spécialistes divers (en rhumatologie, en médecine du sport, en rééducation fonctionnelle, en nutrition, … ). L'entretien est permanent car l'eau de mer est extrêmement corrosive et la maintenance du centre s'accompagne souvent d'une fermeture annuelle d'une durée de 1 mois. Concernant la qualité de l'eau il n'y a pas de règlement spécifique à la thalassothérapie, la D.D.A.S.S effectue simplement des contrôles sur la qualité bactériologique de l'eau comme pour les piscines.

 4- Quelle prise en charge pour le curiste ?

Les centres de rééducation fonctionnelle en milieu marin sont des centres conventionnés. Il suffit au patient de demander une prise en charge pour un certain nombre de jours d'hospitalisation. Les instituts de thalassothérapie au sens moderne du mot ne sont pas reconnus par le Ministère de la santé comme pratiquant une thérapie à part entière. Ils ne sont donc pas conventionnés par la Sécurité Sociale. Certains centres , les plus anciens, sont agréés . On peut sur prescription médicale et après entente préalable se faire rembourser des actes de kinésithérapie (soin sur 4 est effectué par un kinésithérapeute ce qui représente 30 % du prix de la journée soit environ 150 F). 40% des curistes obtiennent un remboursement.

5 - Les indications majeures de la Thalassothérapie

a -Les traumatismes et séquelles d'accidents: la thalassothérapie peut gérer des rééducations sur de mauvaises fractures ou prévenir des troubles liés à l'immobilisation ( décalcification , œdème et affaiblissement général).

b-Les rhumatismes: les rhumatisants forment le gros des troupes de la thalassothérapie. Cette pathologie se traduit par des affections douloureuses au niveau des articulations. Les rhumatismes peuvent être dégénératifs quand ils sont liés à l'âge. Les soins prodigués permettent de remobiliser les articulations ou les membres défaillants par un travail en piscine et l'apport d'oligo-éléments aux cartilages usés.

c-Les problèmes circulatoires : ils sont souvent héréditaires et aggravés par la sédentarité. Les soins contribuent à mobilier le système lymphatique .

d-La cellulite :une cure peut améliorer la circulation et par là- même la ligne et la qualité de la peau. On utilise des techniques diverses : le sauna combiné à la douche sous-marine et au massage sous-marin, le bain bouillonnant, les applications d'algues ( 300 g d'une " purée" (concentré d'algues) chauffé à 38° C appliqué sur le corps qui est ensuite recouvert d'une couverture chauffante ).

e-La fatigue : son traitement donne lieu à des forfaits spécifiques : cures " nouvelles mères " (cures post- natales ) , "cures femmes de 50 ans" ( cure ménopause ou cure " nouvelle vague " à Oléron ) , cures destinés à des sportifs , cures destinées à des insomniaques .Pour la fatigue/surmenage la cure créé une rupture avec le quotidien. L'immersion dans les baignoire et la passivité des soins marins créé un état de bien-être absolu. Pour le traitement de la fatigue des 50-60 ans on redonne du tonus à des personnes qui , par leur comportement , anticipe leur vieillesse .On privilégie des techniques en piscine qui permettent au patient de redécouvrir la légèreté de son corps. Pour le traitement des fatigues post-natales , la patiente peut emmener son bébé. Des solutions type nursery, baby-sitter personnelle ou gratuité pour l'accompagnant ont été imaginés par divers centres.

-Les soins marins

Ils sont donnés par des hydrothérapeutes. Les techniques utilisées sont extrêmement variées . Les bains bouillonnants par immersion sont pratiqués dans des baignoires individuelles où l'eau a été mélangée a de la poudre de concentré d'algues. Les mouvements de l'eau son occasionnés par les bulles d'air sortant de trous percés sur le fond et le long de la baignoire. Ce bain chaud entraîne la vasodilatation d'ou une activation de la circulation générale . La douche- sous-marine est aussi très utilisée .Elle consiste en un massage manuel sous l'eau avec un jet très puissant dans une baignoire individuelle. Ce massage profond et complet provoque une détente musculaire totale. On utilise aussi la douche au jet . On masse le patient à distance ( 4-5 mètres ) en utilisant un jet très puissant d'eau de mer. Ce soin très tonique libère les tensions et masse fortement toutes les articulations. Le jet sous marin est un soin collectif en piscine d'eau de mer. Devant chaque curiste immergé à une profondeur de 1m30 se trouve un jet orientable dont la direction et l'intensité sont réglés. Ce massage assouplit la musculature et libère les articulations .On utilise aussi les douches à affusion , les pédiluves, les manuluves  etc … La technique des enveloppements d'algues est propre à la thalassothérapie. Les algues marines sont chargées en minéraux , oligo-éléments et en vitamines. Ce sont de véritables concentrés d'eau de mer en particulier les algues brunes ( fucus et laminaires ) . Après déshydratation et/ou broyage on obtient une poudre à laquelle on ajoute de l'eau de mer. On réchauffe le tout. L' hydrothérapeute applique sur le cors du patient, allongé sur une table, un cataplasme d'algues à 40°C avec une spatule. Le patient est ensuite enveloppé dans une couverture chauffante. La sudation élimine les toxines et favorise l'apport d'iode et d'oligo-éléments. D'autres prestations sont plus axées sur la remise en Forme . Ce sont les massages, les drainages lymphatiques, la pressothérapie mais aussi le sauna, le hammam ainsi que le parcours marin . Les premiers centres à lancer cette formule ont été Hélianthal à Saint Jean de Luz et Saint Malo. Dans la formule " grand couloir ", le curiste s'avance le long de deux rives assez étroites et s'arrête régulièrement pour se faire masser telle ou telle zone de son corps. Dans la formule " parcours bassin " , le patient peut nager librement entre différentes secteurs de la piscine et aller des buses de massage aux bains bouillonnants et aux geysers. Les centres dispensent aussi des soins esthétiques : des soins traditionnels ( épilation, soins , corps-visage, massages, etc… ) mais aussi des forfaits-beauté. Les soins esthétiques sont donnés sous contrôle médical. Beaucoup de centres dispensent aussi des stages de relaxation e utilisant la sophrologie, le shiatsu ou le Yoga.

6- L'offre actuelle

Il existe actuellement 43 centres de thalassothérapie en France ( compte non tenu des CRRF ( Centres de rééducation et de Réadaptation Fonctionnelle ) . Ils représentent une capacité totale de 8000 personnes-jour.

Les principales caractéristiques d'implantation de ces centres sont les suivantes:

a- Une implantation nettement atlantique avec une prédominance de la région Bretagne ( 10 centres et une capacité de près de 3000 touristes-jour ) suivie de l'Aquitaine ( 6 centres ) , des Pays de Loire ( 5 centres ), Poitou-Charentes ( 4 centres ). Au total la façade atlantique représente 60% des centres ( 25 sur 43 ) et près de 70% de la capacité d'accueil touristes ( 5275 / 7750 ).La présence de la thalassothérapie est moins affirmée dans les régions Nord pas de calais et Normandie ( 7 centres pour une capacité d'accueil de 800) et sur la façade méditerranéenne ( 9 centres pour une capacité d'accueil de 960 ).

b- Un parc récent car 50% de sites ont moins de 5 ans .Peu nombreux jusque dans les années 80 (une dizaine de centres et une capacité d'accueil touristes de l'ordre de 3000) , les équipements se sont multipliés à la fin des années 80 et au début des années 90 ( plus de 20 centres de 1988 à 1990). En 7 ans le parc a été X 4 et la capacité d'accueil X 2,5. Le mouvement de création semble désormais arrêté.

c- Des équipements de taille moyenne permettant l'accueil de 185 touristes- jour en moyenne. Peu de centres ont une capacité supérieure à 300 ( Saint Malo : 450, Quiberon : 580, Biarritz : 300 et 350).On peut noter une tendance vers la création de centres de plus petite capacité au début des années 1990.

d- Une intégration centre de thalassothérapie/équipement hôtelier systématique pour les centres récents. La quasi-totalité des centres dispose d'un hébergement relié ou intégré, il s'agit en majorité d'hôtels haut de gamme ( 3 ou 4 étoiles ) avec une évolution ces dernières années vers une hôtellerie plus modeste ( 2 et 3 étoiles ).

 e- Des prestations qui comprennent dans tous les centres de soins de base mais aussi un éventail de prestations de plus en plus diversifié et spécialisé ( cures anti-tabac , anti-stress, diététique , … ) .

f- Des prix contrastés en fonction des différents niveaux de prestations hôtelières avec notamment la présence d'une hôtellerie de luxe ( le Normandy et le Royal ( 4 étoiles ) à Deauville, Le Miramar ( 4 étoiles ) au Crouesty, le Sofitel ( 4 étoiles ) à Quiberon, etc… ). Certains centres très haut de gamme proposent des prestations six jours cure / hébergement à partir de 7000 / 7500 F. Mais une évolution vers des propositions de prix plus resserrés se dessine depuis quelques années ( avec un tarif moyen de journée cure de 450/550 F et des tarifs forfait six jours avec hébergement de l'ordre de 5000 à 6000 f ).

7 - La demande

Globalement on constate un fort accroissement de la clientèle depuis 10 ans, période au cours de laquelle le nombre de curistes a été multiplié par 10 pour atteindre 200000 curistes en 1993. On observe cependant après la forte croissance des années 80 (plus de 6% par an ), un tendance à un certain tassement notamment entre 1992 et 1995 , années où plusieurs centres ont rencontré des difficultés.Toutefois les chiffres récents semblent indiquer une évolution positive et une conjoncture favorable.

La clientèle de la thalassothérapie se caractérise par des revenus élevés et une structure d'âge présentant une majorité de curistes de plus de 40/50 ans avec une prédominance de femmes. Toutefois on note une diversification avec le rajeunissement des curistes (plus de 10% ont moins de 40 ans) et une augmentation de la clientèle masculine ( 30-35% ).

Malgré le rôle leader de la France dans ce secteur la clientèle étrangère reste peu importante ( de l'ordre de 10%) avec la présence de curistes belges , suisses et allemands.

Le taux de fidélisation de la clientèle est élevé et malgré une pointe estivale ( août ) le taux de fréquentation est important toute l'année ( plus de 60% ) dans ces établissements qui fonctionnent pour la plupart 9 mois sur 12. On note cependant une tendance au raccourcissement des séjours dont la durée moyenne s'établit désormais autour de 9 jours.

La demande semble s'orienter vers des produits plus "flexibles" , des séjours plus courts dans le cadre de forfaits "remise en forme" ( cours de gymnastique, relaxation, aquagym , diététique, etc… ).

Malgré sa croissance récente la thalassothérapie demeure un micro - marché dont les marges de progression sont à examiner avec soin en sachant que les gains de clientèle ne sont que de l'ordre actuellement de 8000 curistes par an.

8- Investissements

Sur le plan des investissements le centre de thalassothérapie requiert des fonds importants. Les contraintes sont fortes : exigences médicales, installations chères ( pompes, piscines, douches, cabines ), travaux importants ( lutte contre la corrosion et l'ensablement ) . Les coûts sont de l'ordre de 80 MF pour un centre de 200-220 curistes avec équipement hôtelier intégré (90 MF pour le centre de Saint-Jean- de-Luz : 250 curistes  3500 m et hôtel de 100 chambres ). Les investisseurs sont pour une partie importante des investisseurs opérateurs isolés , souvent des médecins, promoteurs de leur propre projet .Mais on note parfois la présence d'opérateurs plus importants tel que le groupe ACCOR qui avec Thalassa International est présent dans 7 sites avec hôtellerie intégrée : Le Touquet, Dinard, Quiberon, Les sables d'Olonne, Oléron , Hyères, Porticcio et le Pyla sur le bassin d'Arcachon ouverte en 1996. Le groupe Royal Monceau qui a racheté la marque Louison Bobet, est présent dans le haut de gamme à Biarritz et à Port Crouesty . Thalacap filiale du groupe Symbiose exploite les instituts du Cap-d'Agde , Des Saintes-Maries-de-la-Mer et de Banyuls-sur-Mer représentant une capacité d'accueil de plus de 600 curistes par jour et plus de 100 lits de résidents et d'hôtels. Thalacap est uniquement implanté en Méditerranée. Enfin de nouveaux investisseurs comme des mutuelles (telle que la MACIF à Hendaye ) semblent s'intéresser au marché ainsi que des investisseurs connus dans le domaine de la cosmétique : Yves Rochet qui a créé Océanthal à Pornichet en 1991 en y associant les produits Daniel Jouvance, L'Oréal qui a créé Biotherm-Deauville.

9- Organisation , commercialisation et promotion

Secteur jeune et en développement le monde de la thalassothérapie est encore à la recherche de son organisation. Deux organismes à vocation nationale interviennent dans ce secteur :

-Le plus ancien, la Fédération Mer et Santé, réunit une vingtaine de centres dont une partie des centres de rééducation et de réadaptation fonctionnelle. La fédération s'inscrit résolument dans le champ médical et assure avec vigilance un rôle de surveillance au niveau de la qualité des prestations médicales.

-De création plus récente (1990) le Syndicat Professionnel de la Thalassothérapie réunit 26 centres , des établissements de thalassothérapie exclusivement. Son action se place dans une perspective professionnelle de reconnaissance de la thalassothérapie dans sa double vocation médicale et touristique .

Si le bouche à oreille reste le meilleur vecteur marketing d'où l'obligation de proposer un produit sans faille , les centres de thalassothérapie utilisent aussi beaucoup le marketing direct. La plupart prospectent les comités d'entreprise et commercialisent leurs séjours par l'intermédiaire de catalogues tel celui d' Havas Remise en Forme. Les centres proposent de nombreuses remises importantes avec des tarifs préférentiels soit à l'occasion d'événements, type salons ou de périodes de faible fréquentation. Au point de vue commercial la Maison de la Thalassothérapie, société commerciale indépendante, qui édite un guide destiné au grand public , assume un rôle d'antenne commerciale à Paris pour les 28 centres adhérents pour lesquels elle assure l'accueil du public et effectue gratuitement les réservations.

Au niveau régional un certain nombre de centres se sont réunis en vue d'actions de promotion souvent avec l'aide ou à l'initiative des Comités régionaux du Tourisme. A titre d'exemple l'association Thalasso-Bretagne réunit les 10 centres bretons (+ La Baule ) pour les actions de promotion à l' Etranger .

L'offre française en matière de Thalassothérapie constitue un produit de qualité qui bénéficie du rôle leader de notre pays tant au niveau de l'avance technologique qu'au niveau de la variété de ses propositions. Outres des destinations variées la thalassothérapie française constitue également une offre récente (ou modernisée) au niveau de sa gamme d'hébergements hôteliers qui s'étend du très haut de gamme à des propositions plus adaptées à une clientèle plus modeste .Quant aux équipements médicaux et d'hydrothérapie ils sont très souvent innovants et manipulé par un personnel médical de très haute technicité. L'enjeu important de ce secteur reste de conquérir une partie de la clientèle actuelle et potentielle, notamment étrangère du marché de la remise en forme, tout en conservant sa spécificité et ses atouts.

CONCLUSION

Le thermalisme proprement dit se situe dans une phase de vieillissement prononcé qui a pour conséquence un appauvrissement générale du produit et des mentalités .La crispation de ses acteurs autour du seul aspect médical, alors qu'au même moment le monde médical ne semble plus accorder une grande valeur curative au thermalisme, créé un malaise et une perte de crédibilité de cette pratique en tant que thérapie curative. Par ailleurs la volonté de "socialisation" extrême et quasi- exclusive du thermalisme l'a amené à pratiquer des tarifications qui ont eu pour effet de paupériser l'économie thermale notamment au niveau de toutes les prestations environnantes , réduisant ainsi les marges et par le fait même leur capacité à renouveler et moderniser leurs équipements. Enfin la durée de la cure, soit 21 jours , rend le thermalisme inaccessible à la clientèle active. Il en résulte une forte marginalisation de la clientèle et une perte d'image et ce malgré les efforts de nombreux centres pour faire évoluer le produit dans le bon sens. Le thermalisme comporte cependant des potentialités touristiques fortes . Il s'agit moins du thermalisme médical à la française que des autres aspects du thermalisme au titre de son environnement culturel, ludique et patrimonial. Les valeurs portées par le thermalisme correspondent en très grande partie aux attentes de la clientèle touristique actuelle mais "Il importe de le réhabiliter au même titre que l'on réhabilite un vieux quartier historique … " P. MONTBRISON-FOUCHERE, 1993, Cahiers Espaces, 43 : 16 ). Ces dernières années et sous la menace permanente du " déremboursement " de la Sécurité Sociale le thermalisme n'avait fait que de timides tentatives en matière de remise en forme. On craignait trop en sortant du cadre strictement médical de brouiller les images et de perdre toute crédibilité en matière médicale et de s'attirer les foudres du Ministre de la Santé.

La Thalassothérapie, pour sa part, a partiellement cannibalisé l'ancienne clientèle du thermalisme. En revanche elle a acquise une image de produit de luxe qui éloigne une bonne partie de la clientèle dite moyen de gamme .Là aussi malgré de réels efforts de tarification pour rendre cette pratique plus accessible. Il reste à la thalassothérapie a devenir un produit majeur ayant la capacité de se décliner en plusieurs sous-produits correspondant à une meilleure segmentation de son marché. La Thalassothérapie constitue également un savoir-faire français capable de s'exporter.

Il est encore temps de créer en France un véritable secteur du Tourisme de santé alliant thermalisme et thalassothérapie avec "… une continuité totale entre le thermalisme curatif , les traitements rééducatifs, la prévention, la remise en forme et même les plaisirs de l'eau … " ( extr . Rapport de la Mission Thermalisme, 1994, dit " Rapport Ebrard "). Le Tourisme de Santé à la française est un concept qui demande qu ' à émerger …

 

 

Page en plein écran
( appuyez sur Alt + F4 pour sortir de la fenêtre  ) 

 

 


 

Accueil  |  Pourquoi un site ?  |  Le Tourisme en France  |  Le Tourisme dans le Monde | Le dictionnaire du Tourisme   | La bibliographie | L'examen


 


 
 
         Cette page a été mise à jour le 13/08/15

      Copyright © 2007 by KEROURIO