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« (…) Nous sommes le
grain de sable dans l’œil du Temps (… )» ( Chant de
Tendé , Aïr , années 1980 , cité par Claudot-Hawad H.,
2001.- Touaregs. Apprivoiser le désert, Paris, Gallimard
édit., coll. Découvertes Gallimard , 140 p.)
«La marche vers le
puits n’est pas le terme de
notre soif.
A peine étanchée, la soif s’enflamme
L’arrivée est le moment d’un autre départ
L’existence, quand elle existe seulement
S’anéantit.
Soif, soif, soif
Eaux de toutes les sources de l’univers
Mon cœur est le désert»
( HAWAD, 1985.- Caravane de
la soif, Aix-en-Provence, Edisud édit.)
Achaba
(de l'arabe, cf. ochb “ herbe ”)
Pâturage, terre réservée au pâturage.

Adoul, adhoul, odoul
(de l’arabe)
Auxiliaire de la justice islamique ( huissier ), chargé de
la procédure.

Adrar (pluriel: Idrâren et en
berbère: Tadrart)
Massif montagneux de forme
allongée

Aïd el fitr, id-il-fitr, Aïd El Fitr
(de l'arabe “ fête de rupture du jeûne ”)
Fête musulmane célébrant la rupture du jeûne à la fin du
mois de Ramadan.

Aïd el kébir, Aïd-el-kébir, laïd el Kébir, aïd-al-kebir, Aïd
El Kébir
(de l'arabe “ grande fête ”)
Fête qui commémore le sacrifice d'Ibrahim (Abraham) et donc
la soumission de ce dernier à Dieu lorsque le Patriarche
était prêt à sacrifier son fils Ismaël. Chaque famille, dans
la mesure de ses moyens, sacrifie un mouton en l’égorgeant.

Amazigh
(du tamazigh “ homme libre ”)
Berbère, nom que se donnent les membres d'un des peuples les
plus anciens de l'Afrique du Nord.
Ce terme, appliqué aux Berbères , désigne les «hommes
libres» («Imazighen »).Le terme désigne aussi la
langue de ces mêmes peuples. Différentes variétés de
l’amazigh sont parlées comme langues maternelles dans
l’Atlas, le Rif et les massifs de l’Oriental marocain, ainsi
qu’en Mauritanie, au Mali, dans l’Aurès, le Mzab, l’Atlas
saharien en Algérie, ainsi que, plus à l’est dans les
montagnes des Zouara en Tripolitaine et dans l’Oasis de
Siwah en Égypte. La plupart des locuteurs de l’amazigh sont
bilingues (amazigh/arabe), seuls 10% d’entre eux forment
une population strictement amazhigophone .

Arabe
Est considéré comme arabe celui qui parle la
langue arabe dans l’une ou l’autre de ses variantes. La
confusion la plus fréquente en Occident consiste à assimiler
l’arabe et le musulman. Bien que la grande majorité des
arabes soit de confession musulmane (70%), un pourcentage
significatif d’arabes appartient aux églises chrétiennes
d’Orient et, par ailleurs, les arabes sont loin d’être la
première communauté musulmane du Monde. Ils sont largement
devancés par les musulmans d’Asie. Bien que le Maghreb soit
quasi-totalement islamisé dès le VIIIe siècle, il n’est pas
pour autant arabe, car de nombreux isolats berbères ont
subsisté jusqu’à nos jours dans les régions montagneuses,
bien qu’il soit impossible d’établir une distinction entre
une race purement arabe et une race berbère dans les pays du
Maghreb .


Arabe ( langue )
Dans les pays du Maghreb l’arabe littéraire (
classique, standard, …) ( pratiqué par seulement 20% de la
population totale ) sert à l’écrit et dans le discours
officiel. Certaines activités ( justice, politique, culte,
…, mais aussi enseignement en Sciences humaines) se
pratiquent en arabe littéraire. Le français, sauf en Libye,
reste la langue de la Science et des techniques .L’arabe
parlé (arabe vernaculaire, pratiqué par 80% des maghrébins)
est cantonné aux usages oraux .La coexistence d’un arabe
écrit, strictement codifié, prestigieux ( langue sacré du
Coran) et d’un arabe dialectal (ou vernaculaire ) à usage
uniquement oral est définie comme une diglossie dans la
mesure où la langue standard et ses variétés vernaculaires
sont divergentes au point qu’il n’y ait plus
d’intercompréhension possible .Au lendemain des
indépendances, des tentatives furent effectuées pour
rapprocher l’arabe dialectal de l’arabe classique .Il en
résulta un arabe médian qui se réduit aujourd’hui au statut
de variété orale entre maghrébins instruits. De fait le
Maghreb se caractérise par sa triglossie arabe et ( sauf en
Libye ) par son trilinguisme .

Baba
(de l'arabe, littéralement : “ papa, père ”)
Terme utilisé pour exprimer l’affection et le respect envers
une personne d’un certain âge.

Bain maure appelé aussi « hammam »
(حمّام en arabe, hamam en turc)
C’est un bain de vapeur humide dont les origines sont à
rechercher dans les pratiques thermales romaines .Le terme
désigne aussi le bain public composé de plusieurs salles
chauffées à des degrés différents. La première est la plus
fraîche, et la dernière, la plus chaude, a pour but de faire
transpirer. Le bain maure (le hammam ) est un phénomène
social et toutes les catégories de la société fréquentent ce
lieu public.

Bakchich
(du turc)
Pot-de-vin.

Baladya
(de l'arabe maghrébin, cf. bled “ pays ”).
Hôtel de ville.

Baroud
(du chleuh, berbère du sud marocain)
Poudre à fusil ou à canon ; par extension le mot en est venu
à désigner un fusil. Le terme désigne aussi le
combat, fait d’armes.

Bédouin, ine
(de l'arabe badawi “ habitant du désert ”)
Arabe nomade du désert et, par extension, personne de la
campagne par opposition à citadin.

Bey
(du turc “ seigneur ”)
Pendant la Régence ottomane et le Protectorat français,
souverain régnant et vassal du sultan et/ou de la France .

Beylik
Territoire placé sous l’autorité du bey, souverain, vassal
du sultan ( cf.-supra )

Bis-millah, basmala, bism’illah
(de l'arabe)
interjection, Formule invoquant le nom de Dieu.

Bled
(de l'arabe classique bilâd, passé en arabe maghrébin)
Ville, village, pays , le terme désigne aussi le milieu
rural par opposition à la ville.

Bled makhzen
Au Maroc ce sont les
territoires soumis à l’autorité du pouvoir central.
Bled siba
Au Maroc ce sont les
territoires plus ou moins indépendants, voire rebelles .

Café chicha, café à chicha
Établissement où l'on peut fumer la chicha. Zaghouan, plein
centre-ville.

Café turc
Café fort servi avec le marc.

Carthage
Carthage (قرطاج)
est une ville de Tunisie située au nord-est de Tunis. Son
nom provient du phénicien Kart-Hadasht ou Qrthdst
qui signifie « Nouvelle ville ».Carthage fut fondé par des
colons phéniciens venus de Tyr en 814 avant J.C .La cité fut
à l’origine d’une thalassocratie qui domina la Méditerranée
au Ive siècle avant J.C. Une série de trois conflits (les
guerres puniques ; les romains nommaient les carthaginois
Poeni) opposa Carthage à Rome et se termina par la
destruction de Carthage en 146 avant J.C.Après une tentative
avortée des Gracques, Jules César fonda sur les ruines de la
cité punique la « Colonia Julia Carthago »; Au Ive siècle,
la cité, gagnée au Christianisme, devint l’une des grandes
capitales spirituelles de l’Occident. Conquise par les
Vandales en 439, elle fut reprise par les byzantins en 533
et devint le siège du diocèse d’Afrique .La ville déclina à
l’époque des conquêtes arabes , les nouveaux arrivants lui
préférant la ville de Tunis toute proche .Le site
archéologique a été inscrit sur la liste du patrimoine
mondial en 1979.

Chahada, chehada, chéhada, echahada, chehêda
(de l’arabe)
Profession de
foi musulmane : “ Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohamed est
son prophète ”. Cette proclamation fait office d’acte de foi
en l’Islam.

Cheikh, chaykh, shaykh, cheik
(de l'arabe)
Chef de tribu. À date ancienne, responsable d'un
quartier ou d'un village. Par extension le terme
désigne aussi le titre donné à un dirigeant, un notable en
général. « Cheikh » désigne aussi le chef de
confrérie, chef religieux

Chott, chatt
(de l'arabe)
C’est la zone entourant une dépression salée ( sebkha ),
souvent asséchée que l'on trouve dans les régions arides.
Par extension le mot en est venu à désigner la sebkha
elle-même .

Couscous
Le «kuskusu » est une
semoule de blé dur dont les grains ont été, au préalable,
enrobés de farine. C’est à la fois un plat de partage servi
tous les vendredis dans les familles et envoyé à la mosquée
pour être offert aux pauvres .Il est servi dans de grands
plats où la semoule forme un énorme cône au sommet duquel
sont posés légumes, raisins et oignons. Le couscous a connu
une notoriété planétaire, dépassant le bassin méditerranéen
(Espagne, Sicile, Toscane,Provence, …) pour atteindre le
Brésil où des esclaves déportés du Golfe de Guinée
importèrent un «cuzcuz » fait de semoule de maïs et
de lait de coco.

Dar
Maison. La maison
traditionnelle est un espace clos à ciel ouvert organisé
autour d’un patio-cour formant un puits d’air et de lumière.
Le patio est entouré de pièces oblongues. La maison comporte
un toit–terrasse permettant le séchage des produits
agricoles, des tapis, du linge. C’est par excellence le lieu
de la sociabilité féminine. Entre le rez-de-chaussée et le
toit vient parfois s’intercaler un étage formée d’une
galerie surplombant le patio et sur laquelle s’ouvrent
différentes pièces. Dans les villes les demeures
patriciennes possédant souvent un jardin intérieur ou «ryad »,
lieu d’agrément, mais aussi symbole du Paradis et orné, en
son milieu d’une vasque ou d’une fontaine .
Déglet nour, déglet-nour, deglet nour, déglat en-nour,
déglet ennour, degla, déglat
(de l’arabe, en français : « Doigt de lumière »
Variété de datte de haute qualité marchande produite dans le
Bas-Sahara algéro-tunisien.

Dey
(du turc)
Sous la Régence turque c’était le chef politique et
administratif chargé des affaires administratives, fiscales
et financières.

Dhimmi, dhimmî
(de l’arabe)
Le terme
dhimmi (arabe : ذمّي [Dimmī]), désigne un sujet non-musulman
dans un État régi par la Charia, la loi musulmane .

Djebel, jébel, jbell
(de l'arabe)
Mont, montagne, chaîne de montagnes , sommet d’une montagne

Djellaba, jellaba, jallabia
(de l’arabe)
Manteau léger, d’origine marocaine, à manche et à capuchon.
Le terme peut être utilisé improprement, pour désigner la
jebba tunisienne qui, elle, n'a pas de capuchon.

Djinn, jin, jîn, djin, jinn
(de l'arabe) (féminin jennia, jinnia ; pluriel djinns,
jounoun(s), jnoun(s), djenoun(s))
Entité, invisible mais présente, gravitant autour des
humains

Douar
Groupement de tentes disposé en cercle .Le terme désigne
par la suite un groupement de maisons, hameau, village ou
petite agglomération dépourvue de caractère véritablement
urbain.

Emir
(de l’arabe)
En arabe
أمير
amîr
est celui qui donne des ordres, mot lui-même dérivé du verbe
أَمَرَ
amara :
« commander » .Titre honorifique donné d’abord au chef du
monde musulman, puis à des chefs musulmans ( princes,
gouverneurs ou chefs locaux )

Erg
(de l’arabe)
Région saharienne couverte de dunes de sable .

Fantasia
Mot italien ou espagnol arabisé désignant un spectacle, une
démonstration, où des cavaliers arabes lancent au galop
leurs chevaux tout en tirant des coups de fusil.

Fatwa, fetwa
(de l'arabe) (pluriel fatawi, fatwas)
Jugement prononcé par une communauté de religieux, et plus
précisément un ouléma ou mufti, à propos d'une question
donnée, dans le cas où ni le Coran ni le Hadith n'apportent
de réponse. Contrairement à l'opinion répandue, une fatwa
n'est pas forcément une condamnation: il s'agit d'un avis
religieux pouvant porter sur des domaines variés: les règles
fiscales, les pratiques rituelles, l'alimentation.

Fellouke, felouque
(de l’arabe)
Bateau
à voile ou à aviron, long et étroit. La felouque peut avoir
une ou deux voiles latines. Le
mât est incliné sur l'avant du bateau. Le mot
felouque est attesté en français sous la forme de
falouque, et est issu du marocain feluka, lui
même de l'arabe faluwa (petit bateau)

Fès
Fès ou Fez (
فـاس
en arabe, פאס en hébreu) est la troisième plus grande ville
du Maroc, après Casablanca et Rabat avec une population de
1,4 million d'habitants. C'est l'une des quatre « villes
impériales » (avec Marrakech, Meknès et Rabat).La ville de
Fès ( Médina Fès ) fut fondée en 789 par Idriss Ier. En 809
Idriss II fonda «Ala Aliya » sur l’autre rive de l’oued de
Fès. La mosquée universitaire «Quaraouiyine» fondée au
IXe siècle devient
l'un des centres spirituels et culturels les plus importants
de l'époque. Son influence se fait ressentir jusque dans les
écoles de l'Espagne islamique et au-delà vers l'Europe et
elle est connue pour être la plus ancienne université au
monde. Ces dernières années le tourisme est devenu un
facteur majeur du développement économique de la ville (plus
de 1 million de touristes par an) grâce à des manifestations
culturelles d’ampleur internationale telles le Festival des
musiques sacrées du monde de Fès au courant de juin de
chaque année.

Fric, frik
(de l’arabe)
Semoule de blé vert ou d’orge concassée servant surtout à la
préparation de la soupe

Gandoura, gandourah
Terme issu de la langue berbère et désignant une longue
tunique.

Gazelle
Jolie jeune fille, jeune femme attirante.


Ghorfa
(de l'arabe ghurfa,
pièce)
Assez fréq. Type de construction en voûte qui servait, à
l'origine, de silo à grains et d'habitat éphémère pour les
nomades. En Tunisie méridionale, c’est une construction
formée d'étroites cellules voûtées, superposées sur
plusieurs étages, qui servent de grenier, parfois
d'habitation.La
ghorfa est l'élément de base d'un ksar. Chaque ksar peut
comporter de 1 à 6 étages de centaines de ghorfas, en
moyenne 200. Ksar Ouled Soltane détient un record avec 400
ghorfas. Les ghorfas sont des cellules voûtées ayant la
forme d'un demi-cylindre clos du côté extérieur du ksar et
muni d'une porte ouvrant sur la cour. A moins d'appartenir à
une même tribu, deux ghorfas voisines ne communiquent pas,
et l'espace parfois aménagé entre elles permet de dissimuler
les produits de valeur. Une ghorfa est une sorte de grenier
servant à emmagasiner des denrées, des céréales dans la
partie basse, des olives et des fromages dans la partie
haute. L'aération est assurée par 2 trous dans les murs
extérieur et intérieur créant un courant d'air

Ghourd
Dune dominante, plus ou moins
pyramidale, caractérisée par un réseau étoilé de crêtes
sinueuses .

Gourbi
Chaumière, habitation très sommaire.

Guelta (pluriel : Glât)
C’est un point d’eau naturel
pouvant atteindre les dimensions d’un étang. Il est
généralement situé dans une vallée, à l’abri des rochers,
dans une situation protégée de l’ardeur du soleil. C’est un
plan d’eau temporaire.

Ibn Khaldoun
Ibn Khaldoun,
ou Abou Zeid Abd ar-Rahman ibn Mohammed ibn Khaled
al-Hadhrami (عبد
الرحمن بن محمد بن خالد الحضرمي),
né en
1332
à Tunis et décédé en
1406
au
Caire,
est un
sociologue,
historien et
philosophe d'Afrique
du Nord.Ibn Khaldoun est le
descendant d'une famille de notables originaires du
Yémen,
établie en
Andalousie dès le
VIIIe siècle
puis émigrée en
Tunisie.
Il passe une partie de son existence à la cour
mérinide,
remplissant diverses fonctions politiques auprès des sultans
de Tunis et de
Fès
.Ibn Khaldoun a un impact mesuré sur la culture et la pensée
arabe. C'est toutefois le fondateur de la science de la
sociologie. Il expose dans sa célèbre oeuvre
Muqaddimat (Discours sur
l'histoire universelle, traduits au XIXe siècle en français
sous le titre de « Prolégomènes ») les bases de la
sociologie, ce qui en fait l'un des premiers théoriciens de
l'histoire des civilisations. Il introduit la notion d'histoire
cyclique fondée sur des facteurs profanes générés par
l'affaiblissement naturel des générations sédentarisées,
héritières des conquérants nomades, mais que la richesse et
le mode de vie urbain entraînent dans un cycle inexorable de
décadence. Ibn Khaldoun
fait du concept d’ «asabiya» un des concepts centraux du
modèle d’évolution des états maghrébins .Ces derniers sont
voués à la décadence au fur et à mesure que se disloque la
cohésion de l’appareil tribal qui constitue leur fondement
politique initial.
Arnold
Toynbee dit de lui qu'il a
« conçu et formulé une philosophie de l'Histoire qui est
sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par
aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays ».
«L'âme individuelle
s'accomplit dans et par les connaissances. L'invention et le
développement des sciences répondent d'abord à une nécessité
spirituelle.» ( Ibn Khaldoun )

Imam
(arabe : imām,
إمام,
persan : emām,
امام,
guide, celui qui est devant)
C'est une personne qui est instruite dans les connaissances
des rites de l’Islam.Chez les sunnites il est désigné par la
communauté elle-même et ne prétend à aucun lien privilégié
avec Dieu. Il peut être licencié s'il n'accomplit pas sa
mission .Il dirige la prière dans une mosquée .

Inchallah, incha Allah, Inch’Allah, in cha Allah, enchaâllah,
enchallah
(de l'arabe, littéralement : “si Dieu veut”) interjection, Formule utilisée pour exprimer sa soumission à la volonté
de Dieu en ce qui concerne les souhaits ou les faits à
venir.

Jellaba
Élément de costume,
masculin à l’origine , et qui fut choisi par les femmes dans
les années 1930 pour remplacer le « haik ». C’est un
vêtement de dessus à manches courtes ou longues,muni d’un
capuchon et fendu sur le bas, sur le devant et sur les
côtés. Confectionnée en laine, en drap ou en flanelle, la
jellaba est portée aujourd’hui indifféremment par les hommes
ou par les femmes .
Jihad, jihàd, jihed, djihad
(de l'arabe “ effort suprême ”)
Tout effort sur soi, toute peine accomplie pour se
transcender, s'élever moralement ( le « grand Jihad » ou
Jihad majeur); par extension le terme désigne aussi la
guerre sainte pour étendre et défendre l'Islam, combat pour
défendre, protéger ou élever une nation musulmane, c’est le
« Jihad mineur » établi par le Fiqh, le droit musulman ,
comme un effort et un devoir collectif.

Kairouan (القيروان).
Le nom de la ville signifie « campement ». Elle est
considérée comme la quatrième ville sainte de l’Islam. Elle
fut fondée en 670 par Oqba Ibn Nafaa afin de servir de poste
avancé dans la conquête de l’Afrique du nord. Sous les
Aghlabides, elle devint la capitale de l’Ifriqiya. C’est au
cours du Ixe siècle que la ville atteint son apogée et
devint la capitale politique et intellectuelle de tour le
Maghreb. Elle était renommée pour son école de droit
malékite ainsi que pour son école de médecine fondée par
Ishaq Ibn Imran. Située dans la médina, la Grande mosquée de
Kairouan (جامع
القيروان الأكبر)
ou mosquée Oqba Ibn Nafaa (جامع
عقبة بن نافع)est
l’un des monuments majeurs de l’Islam. Elle fut édifiée par
Oqba Ibn Nafaa en 670 ( an 50 de l’Hégire ). Dans sa
configuration actuelle la grande mosquée remonte à la
dynastie des Aghlabides.A l’exception du mirhab aucun
élément n’est antérieur au Ixe siècle.La grande mosquée est
un édifice massif aux allures de forteresse qui affecte la
forme d’un quadrilatère irrégulier de 138 mètres sur 77 dans
es plus grandes dimensions. Le minaret , servant pour
l’appel à la prière mais aussi de tour de guet, haut de
31,50 mètres , est formé de trois niveaux dégressifs .
Edifié par le gouverneur omeyyade Bishr Ibn Safouan vers 725
et achevé par les princes aghlabides au
IXe siècle, c'est le plus vieux minaret du
monde. Quinze bassins , construits par le gouverneur de
Kairouan , Obeid Allah Ibn El Habhab, sur les ordres du
calife Hicham ben Abd Al-Malk, servaient à alimenter la
ville en eau. Mais le bassin des Aghlabides,constitué de
deux grandes citernes circulaires, est le plus célèbre des
15 bassins. Il fut édifié par le souverain aghlabide Ibrahim
Ier ibn al-Aghlab entre 859 et 863.


Kasbah ( Maroc
)
Kasbah, qasba
(de l'arabe)
Citadelle imposante, située sur un point culminant d'une
ville. Vieux quartier aux ruelles étroites et sinueuses,
ensemble de maisons entourées par une enceinte fortifiée,
typique de l’urbanisme arabe.Le
terme regroupe des ensembles architecturaux très différents
selon l’histoire et la géographie des régions du Maghreb
.Dans les villes la kasbah ne représente que
l’élément fortifié clos par un mur d’enceinte. A partir du
XVIe siècle ces murailles furent fréquemment flanquées de
fortins («bordjs»).Par ailleurs le long des grands
itinéraires caravaniers les sultans établirent, à
intervalles réguliers , des « kasbah-étapes » ,
enclos abritant une petite mosquée et servant de campement
pour les commerçants nomades ( caravansérail ).

Khalifat, khalifa
(de l’arabe littéralement “ lieutenant ”, “ remplaçant ”)
Le Calife ( Khalifa )est à l’origine le chef de la
communauté musulmane .Pendant la période coloniale, le terme
désigne un fonctionnaire d’autorité musulman, adjoint d’un
responsable politique ou administratif .

Kif
(de l'arabe “ bien-être ”)
Mélange de tabac et de chanvre indien ( canabis ) prenant
l’apparence d’une poudre. La plante, cultivée dans le Rif
marocain , est utilisée comme stupéfiant.

Ksar
(du berbère) (pluriel ksour, qsour)
Enceinte fortifiée, village fortifié au Sahara, dans les
oasis ou les vallées arrosées. Les
ksour, pluriel de ksar, sont des villages fortifiés qui
servaient de refuges au berbères contre les attaques nomades
.Un ksar, se présente sous forme d’une agglomération très
serrée de maisons à cours intérieures, couleur terre. Le
mode d’organisation de ces maisons obéit à une triple
préoccupation :-préoccupation climatique :
un plan d’organisation compact pour un ombrage mutuel et une
protection contre les vents de sable, des matériaux et une
technique qui assurent une isolation thermique efficace ,-préoccupation
défensive : la présence d’un rempart enveloppant
l’ensemble des maisons témoigne du souci de défense, car
depuis les temps les plus reculés les ksourien étaient la
cible des razzias des nomades ,- préoccupation
d’ordre social et économique : Chaque Ksar
correspond à un groupe ethnique ou un « clan » qui vit
indépendamment des autres ksour, il dispose de structures
communautaires indépendantes

Loukoum, loukhoum, halquoum, ruh halqum rahat loukoum
(de l'arabe rahat halqoum “ repos de la gorge ”)
Cube gélatineux, à base d'amidon, et de miel, roulé dans du
sucre glace.

Makhzen
Le terme arabe
signifiait à l’origine « magasin » ( d’où vient le terme
français « magasin » ).Au Maroc surtout et par extension
« Makhzen » en est venu à définir le « trésor », celui étant
assimilé à l’avoir fiscal, symbole de la puissance
temporelle du Calife chérifien .Dès le XVIIIe siècle, par
extension, « Makhzen » désigne l’ensemble de l’appareil
d’état marocain à la fois le système de gouvernement ,
l’infrastructure étatique ainsi que les services et les
revenus qu’il dispense. Aujourd’hui «Makhzen »désigne
le pouvoir central et tout ce qui en émane .

Malékite (
rite malékite )
Le malékisme
est une des quatre écoles juridiques de l’Islam («
madhab », pluriel « madhabib »). Le rite
malékite prédomine au Maghreb .Il fut fondé par le médinois
Malk Ibn Anas ( mort en 795 ). C’est la plus ancienne des
quatre écoles. Elle considère que le jugement des
théologiens et des juristes peut intervenir dans une
recherche visant au bien commun.

Marabout
« wali »
ou « marbut » en arabe , marabout étant la forme
francisée de ce dernier terme. Le marabout est un saint
personnage considéré comme possédant un pouvoir spirituel.
Il jouit d’une bénédiction (« baraka ») attaché à sa
personne, puis à sa sépulture. Les tombeaux de ces saints,
lieux de pèlerinage réputés à vocation thaumaturge et
recouverts d’une coupole blanche («koubba » ) sont un
élément constant du paysage maghrébin .

Méchoui
(de l'arabe “ grillé ”)
Toute viande rôtie, grillade

Médersa, medersa, madersa
( traduction française de l'arabe «mdrassa») (pluriel
médrécés, madersas).
La
madrasa – "lieu d'études" en arabe, appelée medersa au
Maghreb – est à l'origine une université. Comme les mosquées
ou les bibliothèques, elle est un lieu de commentaire et de
vérification des textes. À partir du XIe
siècle, cette institution devient un centre de diffusion de
l'orthodoxie sunnite contre le chiisme. Elle ne gagne le
Maghreb et al-Andalus qu'au XIVe
siècle.
Aujourd’hui le terme désigne une école et,
plus rarement, une université musulmane. L’enseignement
dispensé y est de nature exclusivement religieuse.
L’architecture des medersa est variée. La medersa est, en
général, centrée sur un espace carré orné d’un bassin ou
d’une fontaine à ablutions. Autour de ce patio courent des
galeries sur lesquelles donnent les chambres des étudiants.

Méharée.
Voyage, expédition à dos de méhari , nom donné au dromadaire
en Afrique du nord .

Merguez
(de l’arabe) (pluriel merguezas, merguez)
Petite saucisse de mouton ou de boeuf que l'harissa rend
rouge.

Mokaddem, moqqadem, moqadem, mouqaddam, mukaddem, muqqadem
(de l’arabe)
Chef, personne placé à la tête (d'un douar, d'un village,
d'une confrérie, etc.). […]

Moussem, moussim
(de l’arabe)
Fête de commémoration d’un saint, pèlerinage à son tombeau.
Pèlerinage annuel sur la sépulture d’un saint. Par extension
le terme désigne aussi de grandes fêtes populaires qui, au
Maroc, rassemblent la population et sont l’occasion de
rencontres, de musiques, de danses, etc…L’un des moussem
les plus célèbres du Maroc est celui des fiancés d’Imilchil
, dans le Haut-Atlas, en septembre .C’est une grande foire
où les jeunes gens des Aït Haddidou se rencontrent et se
marient. Un autre moussem marocain connu est celui de
Moulay Idriss qui a lieu en août et en septembre sur la
tombe d’Idriss Ier, le saint le plus vénéré de tout le pays
.

Nouba, nûba, nawba
(de l'arabe “ tour ”) (pluriel noubas, noubet)
Composition musicale importante comportant une série de
pièces vocales et instrumentales qui, avec leurs différents
mouvements et rythmes, se succèdent selon un ordre bien
établi.

Omra
(de l’arabe)
Pèlerinage à la Mecque effectuée en dehors de la période
consacrée du hadj.

Oued ( wadi en Libye)
Cours d’eau dans lequel s’écoulent les eaux de
ruissellement ( et les crues ).

Raï
(de l'arabe “ pensée, raison, opinion ”, souvent par
opposition à la morale, aux moeurs, aux idées préétablies)
Musique moderne née en Algérie qui prend sa source dans la
musique andalouse et orientale mais s'inspire aussi des
musiques occidentales et négro-africaines. Ce genre musical
est devenu, dans les années 1980, la musique nationale
algérienne.

Ramadhan (faire -), (faire le -) (observer le -)
Jeûner. Le Ramadan est le 9ème mois lunaire sur
le calendrier islamique. C'est le mois par excellence, car
c’est durant ce mois de l'an 610 que Mahomet reçoit pour la
1ère fois le message de Allah, acte fondateur de
l’Islam.

Reg
(de l’arabe)
Désert rocheux en zone saharienne . Sa genèse résulte de la
désagrégation des roches par la déflation éolienne .

Ribat, rebatt, r'bat
(de l'arabe rabata “ lier ”, ce qui sous-entend une alliance
avec Dieu)
Forteresse où vivaient et enseignaient des religieux
(marabouts). Ce lieu de refuge se transformait, en temps de
paix, en véritable université, centre de rencontre et de
transmission culturelle et intellectuelle.
Ce Couvent-forteresse était occupé par des moines-soldats («
mrabitines » ) prêts à défendre l’Islam contres les
Infidèles. Souvent le ribat protégeait une zone littorale .
Dans les régions où les menaces extérieures s’atténuaient ou
disparaissaient , le ribat perdit progressivement son
caractère militaire pour devenir le siège de confréries
religieuses ( les « zaouias » ) animées d’un mysticisme
populaire et liées au maraboutisme .

Roumi, roum
(de l’arabe, littéralement “ les Romains ”, ceux qui
dépendent de Rome c'est-à-dire du Pape, donc les chrétiens
(féminin singulier roumia ; masculin pluriel roumis, rouamas
; féminin pluriel roumiettes).
Nom donné aux Chrétiens et aux Européens en général.

Salafiya
(de l'arabe)
Doctrine islamique sunnite fondée sur le retour aux valeurs
fondamentales de l’islam (tradition prophétique) mais
adaptées au monde moderne.

Saltation
Sous l’effet du vent les
particules de petites dimensions progressent, à la surface
du sol, par une série de sauts. Rares sont les particules
qui atteignent une altitude supérieure à 1 mètre et 90%
d’entre elles effectuent des sauts d’une amplitude
inférieure à 30 centimètres .

Sebkha, sabkha
(de l'arabe) (pluriel sebkhats, sebkhas)
Dépression fermée, siège d’une évaporation intense,
généralement asséchée et où les pluies peuvent créer des
lacs temporaires.

Sidi, sid
(de l'arabe “ mon seigneur ”)
Monsieur, monseigneur : titre précédant le nom ou le prénom
d’un homme qu’on respecte (saint, dignitaire, notable,
personne plus âgée, voire un parent (époux, oncle, père).

Sif
Édifice
dunaire allongé, étiré sur toute sa longueur (2 ou 3
kilomètres de long et 30 à 50 mètres de large) possédant
deux versants qui se rejoignent en une crête aigue .


Souk
(de l'arabe)
Marché forain hebdomadaire en milieu rural où sont vendus
des produits traditionnels.Le
terme recouvre deux réalités distinctes : le souk rural et
le souk urbain. Le souk rural est un lieu de commerce
hebdomadaire, désigné en fonction du jour de sa tenue et qui
donne fréquemment naissance à un toponyme. Le souk est un
lieu de transactions commerciales mais aussi un lieu de
rencontres, de règlements de litiges, de négociations
diverses, politiques parfois …malgré la connotation que
revêt el mot en français le « souk » n’est pas un lieu de
désordres car sa tenue et son bon déroulement sont régis par
des règlements coutumiers, contraignants et très stricts
.Quant au souk urbain, il se confond souvent avec la médina
dont il constitue le cœur marchand .Ce souk est permanent et
organisé selon des affiliations religieuses et/ou
professionnelles établies de longue date.Il peut être
complété par des marchés spécialisés qui se déroulent à
l’extérieur des portes de la ville.

Tajine, tajin, tagine
pourrait venir du grec taguênon ou têganon passé à l'arabe
puis en français) Récipient de terre cuite.

Tamâzîght
( terme berbère )
Terme désignant l’ensemble
des langues berbères parlées au nord du Sahara


Targui
Singulier de
touareg. C’est par commodité que la langue française a
adopté le terme de «touareg » pour désigner un individu
seul.
De
l’arabe « Tergab »: race. Ils constituent la
population emblématique du Sahara central.
La langue des Touareg, le tamachek, appartient au groupe de
langues afrasiennes et est celui des dialectes berbères,
qui est demeuré le plus imperméable aux éléments arabes. Ils
ont une écriture, le tifinrah ( tifinâgh ) (singulier
tafanek = lettre) qui se retrouve sur des
inscriptions rupestres et de nombreux monuments du Nord de
l'Afrique; on la rapproche des alphabets punique et
himyarite. Les Touareg descendent principalement de tribus
berbères refoulées dans le désert par la grande invasion
arabe hillalienne du XIe siècle; auparavant, les Targa
habitaient le Maghreb et la région de Sidjilmessa, au Sud de
l'Atlas marocain.

Tatouage
Ces origines sont lointaines
et remontent probablement à l’époque préhistorique. Sa
pratique est largement diffusée dans les régions de
peuplement berbère surtout. Les tatouages étaient jadis
exécutés sur diverses parties du corps .Ils sont aujourd’hui
souvent localisés au front, au mention, au cou , aux mains
et aux pieds. Ils sont réalisés à l’aide d’une aiguille et
par piqûres successives . Ils revêtent l’apparence de motifs
géométriques et/ou symboliques de couleur bleutée. Leur
signification ancienne faisait référence à l’appartenance
tribale ou matérialisait un signe de séduction, une fonction
prophylactique contre le mauvais sort ou la maladie ou un
rite de passage.Aujourd’hui ils sont souvent devenus un
simple ornement, parfois liés aux moments importants de la
vie : naissance, mariage, circoncision , etc…

Tchador
(du persan)
Long voile noir iranien.


Tifinâgh
( terme berbère )
Système d’écriture touarègue
attesté de la Tunisie aux Canaries. On estime que son
origine se situerait vers le VIIe-VIe siècles avant J.C

Ulémas, oulamas, ulamas, oulémas
(de l'arabe) (singulier alem)
Lettrés, docteurs en loi islamique, théologiens .

Umma, oumma, oummah
(de l'arabe oumm : "mère").
Ensemble des musulmans, communauté islamique.

Wilaya, willaya
(de l'arabe) (pluriel : wilayat, willayas)
Unité administrative territoriale correspondant à une
région.

Youyou, you-you
(onomatopée imitant le cri)
Cri strident poussé par les femmes et traduisant des
sentiments d’allégresse.

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