Le Maghreb
Le terme arabe de Maghreb (El Maghrib) signifie "Le
Couchant" par opposition à Machrek ( El Machrek : "
Le Levant " ). C'est un ensemble géographique délimité par
des frontières naturelles : au nord la mer Méditerranéen ,
au sud le Sahara , à l'est le désert libyen, à l'ouest
l'Atlantique. Cette situation d'enfermement par des
barrières géographiques difficilement franchissables a
conduit les géographes arabes à qualifier le Maghreb de "Jaziret
El Maghreb " : "L'île du Maghreb". Le Maghreb inclut le
Maroc, l'Algérie et la Tunisie. La question de savoir si la
Libye et la Mauritanie font aussi partie de cet ensemble
géographique est sujette à discussions.
Algérie, Maroc et Tunisie ont un point commun : l'Islam.
Cette religion dans son rite malékite est pratiquée par 95 %
de la population. Un autre point commun à ces trois pays est
l'adoption de la langue arabe, même s'il existe au Maroc et
en Algérie de fortes minorités berbérophones. Enfin la
langue française est d'un usage très répandu dans ces trois
états. Paradoxalement le Maghreb est une des régions du
Monde où la coopération politique et économique est la moins
développée. Maroc, Algérie et Tunisie ont la tête tournée
vers l'Europe, mais ces trois pays s'ignorent quand ils ne
s'affrontent pas ou ne cherchent pas à se déstabiliser
réciproquement (crise du Sahara, Guerre des sables,
évènements de Gafsa ).
Avec une population de 100 millions de personnes vers l'an
2010, des réserves de pétrole et de gaz (Algérie), des
richesses minérales considérables (Algérie, Maroc), une
quasi auto- suffisance alimentaire (60 %), une émigration
qui transfère jusqu'à près de 2 milliards de dollars par an, un savoir faire industriel certain et des capacités de
production indéniables, le Maghreb pourrait constituer un "dragon" du début du XXIe siècle à la condition de réaliser
une union politique et économique .
Destinations touristiques de plus en plus privilégiées des
touristes européens, la Tunisie et le Maroc tirent des
revenus substantiels en devises étrangères du Tourisme. Avec
plus de 5 millions de touristes en 2000 (3,8 millions en
1995 et 4,7 millions en 1998 ), la Tunisie engrange près de
1,5 milliards d'euros de recettes (Le secteur touristique
contribuant à environ 7 % du P.I.B et employant 4% environ
de la population active). Les premiers visiteurs du pays
sont les européens ( millions en 1998, essentiellement des
allemands et des français). Les africains représentent une
part non négligeable des arrivées du Tourisme international
: 750 000 touristes en 1998, pour l'essentiel des algériens.
Après avoir connu des années difficiles au moment de la
Guerre du Golfe, le tourisme tunisien semble avoir renoué
avec la croissance. Quant au Maroc il enregistre près de 1,
6 milliards d'euros de recettes avec 4,1 millions de
touristes en 2000 (3,5 millions en 1994 et 3,4 millions en
1998 ). Le Tourisme y est cependant un secteur en crise
(123000 lits seulement (116000 en 1994)). Après avoir ciblé
une clientèle occidentale haut de gamme, les opérateurs
marocains ont du changer de stratégie et affronter la
concurrence des pays visités par des touristes à moyen
pouvoir d'achat. Le sur- endettement des opérateurs locaux
pose problème car il alimente a réticence des banques
quant il s'agit de financer de nouveaux projets .Quant à
l'Algérie, confrontée à une quasi guerre civile , elle st
loin de figurer comme destination touristique idéale (28000
touristes en 1994 , 56000 en 1996 et 28000 en 1998).
Pourtant des circuits continuent d'être organisés dans le
grand sud algérien. Les recettes générés par le tourisme
international reste modeste : 58 millions d'euros en 1994 ,
77 millions d'euros en 1996 et 54 millions d'euros en 1998
).

Le Maroc

Le tourisme ne se développe au Maroc qu’à partir de la
période du protectorat français. Les premiers plans de
développement touristique sont dus au général Lyautey et
ils visent «à offrir un endroit de repos pour les Français et les
touristes fortunés. C’est ainsi que les investissements
[étaient] orientés vers la construction d’hôtels de luxe
afin de mieux répondre aux exigences des voyageurs »
(Stafford, 1996, p.34). Les autorités du Protectorat
créèrent en 1918 un Comité central du Tourisme dont la
mission consistait à «étudier toutes les questions se
rapportant au tourisme, tant à l’intérieur du Maroc,
qu’entre le Maroc et l’extérieur, de rechercher tous les
moyens propres à le développer, de suggérer toutes les
mesures tendant à améliorer les conditions de transport, de
circulation et de séjour des touristes» (Stafford, 1996,
p.34). En 1937 ce comité fut remplacé par le Comité
chérifien du Tourisme « chargé principalement de la
création, de la gestion et du contrôle des organismes
d’accueil et de renseignements touristiques et de la
préservation des monuments historiques [...]
» (Stafford, op.cit.).
En 1955 le Maroc possédait 256 hôtels pour un total de 7677
chambres. Quand au nombre de touristes il passa de 150000 en
1949 à 253000 en 1953. A cette époque le type de tourisme le
plus pratiqué était « un tourisme itinérant et basé sur des
circuits privés qui étaient soit préparés par des agences de
voyages locales, soit le fait des agences de la métropole,
soit le plus souvent réalisés individuellement par des
voyageurs. Les voyages pénétraient loin dans le Sud vers le
Tafilalet, le long des oasis du Dra avec en plus visites aux
anciennes capitales Fès, Mekhnès et Marrakech et la montagne
n'était pas absente dans les affiches publicitaires. À cela
il faut ajouter les croisières qui, à partir des villes
côtières, effectuaient parfois des incursions dans
l'intérieur.Le tourisme de séjour se limitait à une
clientèle aisée et peu nombreuse, constituée par des hommes
d'affaires et des croisiéristes aux séjours très courts à
Casablanca, Mohammedia, Marrakech et Tanger» (Berriane,
2002). Le tourisme balnéaire apparaît aussi à cette époque
mais il demeura limité à quelques petites stations
limitrophes des plaines occupées par les colons (Moulay Bouselham et Oualidia) ou à proximité des grandes capitales
(les plages au sud de Rabat ou au Nord de Mohammedia et qui
gardent encore des noms héritées de l'époque : Sable d'or,
Val d'or, Manesmann, etc). Ces stations très simples
dans leurs aménagements (cabanons en bois) répondaient à un
besoin interne et non à celui du tourisme international .
Après l’indépendance, il faut attendre 1965 pour que le
Maroc fasse son entrée sur le marché du tourisme
international à travers une politique d’investissements
massifs de l’état dans ce secteur (plan triennal 1965-1967
). Le Ministère du Tourisme, mis en place par le régime,
développe des zones d’aménagement prioritaires ( ZAP) qui
font l’objet de plans d’aménagement touristique de grande
ampleur .Outre la station balnéaire d’Agadir, les ZAP
concernent aussi les villes impériales : Marrakech, Rabat,
Fès et Mekhnès . Le plan quinquennal de 1968-1972 conserva
les mêmes priorités de développement touristique tout en
développant des équipements hôteliers de catégorie moyenne
de façon à répondre à la diffusion du tourisme de masse. Les
investissements étatiques dans le domaine du tourisme
enregistrèrent une baisse sensible dans le domaine du
Tourisme durant la période 1970-1990. Ils furent, en partie,
relayés par les investissements du secteur privé. Le plan
quinquennal de 1988-1992 tenta de diversifier les produits
touristiques à partir de nouveaux pôles de développement
correspondant à des types de tourisme jusqu’alors
marginalisés tourisme familial, tourisme de montagne et de
sports d’hiver, tourisme rural, tourisme de nature, etc…
En 2003 le tourisme représentait 7% du PIB, générait 608
000 emplois directs et indirects, soit 5,8% de la population
active occupée et fournissait 16,5 milliards de recettes en
devises.
L’objectif du
Maroc est d’atteindre 10 millions de touristes
internationaux en 2010 avec la création de six stations
littorales (Mazagan, Taghazout, Mogador, Lixus et
Plage-Blanche pour l'océan Atlantique, Saidia pour la
Méditerranée, qui verront le jour d'ici à 2010, sont au cœur
du dispositif ), la rénovation des villes existantes et la
libéralisation du transport aérien. En 2004 le Maroc a reçu
5476713 touristes, dont 2769132 marocains revenant au pays.
L’effectif des touristes internationaux, hormis cette
dernière catégorie s ‘élevait donc à 2707581 dont 1 167088
français. En 2006 le Royaume a reçu 6558333 touristes, dont
2986372 marocains revenant au pays, soit 3571961 touristes
internationaux dont 1480610 français, 467956 espagnols et
265536 anglais.
En 2003,
malgré les attentats du 16 mai à Casablanca, le rythme de
croissance des arrivées avait atteint 4761271 de
touristes, avant de faire un bond, passant à 5476713 l’année suivante, puis 5843377 en 2005, 6558333 en 2006
et, finalement, 7407617 en 2007. Entre 2005 et 2006, le
rythme d’accroissement des arrivées était de 12% alors que,
selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la moyenne
des destinations comparables du bassin méditerranéen, y
compris le Maroc, s’est établie à 3,6%. Sans la performance
du Maroc, cette moyenne retombait à 1,6%.
En 2006 la
capacité d'hébergement du Maroc s'élevait à 133230
lits (97001 en 2001).Entre 2001 et 2007 les nuitées dans les
établissements classés sont passées de 12695227 à 16893803.
Pour ce qui est des Marocains résidant à l’étranger, qui
étaient, d’après les chiffres du ministère marocain du
Tourisme, 2986372 en 2006, la motivation du voyage reste
principalement familiale. Ils arrivent en masse à l’occasion
des vacances d’été, surtout au mois d’août. les vacances
scolaires sont aussi l’occasion de faire venir visiter les
proches, bien que l’affluence soit alors moins importante.
En 2006 6,6 millions d’arrivées ont été comptabilisées et,
pour la première fois, le nombre de touristes étrangers
dépasse largement celui des MRE (Marocains résidents à
l’étranger) avec, respectivement, 3,6 et 2,9 millions. 4
millions de touristes proviennent de deux pays seulement: la
France avec 2,6 millions et l’Espagne avec 1,5 million. Ces
deux marchés représentent ainsi 61% du total des visiteurs
contre 57% en 2001. En gros, la part des autres marchés
européens tourne autour de 4 à 6 %. En termes de nuitées, ce
sont les Français qui arrivent en tête avec 6,4 millions,
soit 39 % du total, suivis des Britanniques (1,2 million) et
des Allemands (1 million). Les touristes de ces deux
dernières nationalités effectuent par conséquent des séjours
moyens plus longs. Les recettes touristiques ont atteint 6,2
milliards de dollars en 2006, soit plus de 48,5 milliards de
DH, pour une part de marché de 19,2% dépassant l’Egypte, la
Turquie et la Tunisie. Au cours de l'année 2006, 8.5
millions passagers internationaux ont transité par les
aéroports internationaux du Royaume, soit presque 1.330.000
passagers supplémentaires par rapport à l'année précédente.
Près de la moitié des passagers (49%) sont passés par le Hub
de Mohamed V. Les aéroports des deux principaux pôles
touristiques du Royaume, en l'occurrence Marrakech Ménara et
Agadir Al Massira, drainent des parts respectives de 27% et
12%. Ces trois aéroports affichent des performances à deux
chiffres : +18% pour Mohamed V, +26% pour Marrakech Ménara
et +11% pour Agadir Al Massira. Côté destinations, et comme
de coutume, ce sont Marrakech et Agadir qui arrivent en tête
avec respectivement 5,6 millions de touristes et 5 millions
de nuitées, en augmentation respectivement de 7% et 11% par
rapport à 2005. Casablanca arrive en troisième position avec
1,2 million de nuitées. La capitale économique a marqué pour
sa part une croissance de 10 % par rapport à 2006. Ce qui
dénote d’une bonne évolution.
Marrakech, la ville marocaine, enregistre des
records en terme de destination touristique et de nuitées.
Marrakech est la première destination touristique marocaine
avec 1,6 million de touristes et presque 6 millions de
nuitées en 2006. Et pour 2007, la ville affiche de sérieux
taux de croissance de +14% pour le mois de janvier. Ce qui
se traduit par une hausse de 36% du volume des nuitées
globales réalisées ces deux derniers mois au Maroc dans
l'hébergement touristique classé. Des petits établissements
hôteliers existaient à Marrakech dès l’époque du
Protectorat. Les grands établissements ne se généralisèrent
que dans les années 1965-1972. La première zone hôtelière, un
quartier de villas luxueuses vit le jour dans l’Hivernage.
Un deuxième noyau hôtelier se développa dans le quartier de Semlalia. Au milieu des années 1980 est aménagé le complexe
« Jardins de la Palmeraie », un nouveau concept associant à
l’espace résidentiel un club de golf et un centre équestre.
Dans les années 1986-1992 Marrakech accueillit trois
villages vacances.
Le
développement touristique du Maroc a favorisé l’émergence de
nombreux problèmes environnementaux. Un des problèmes
majeurs posé par le tourisme est celui de la pression
exercée sur les ressources d’eau. Car n’oublions pas que le
pays est souvent frappé de sécheresses. Sur le littoral de
la Méditerranée, «un touriste vivant à l'hôtel consomme
trois fois plus d’eau par jour qu’un habitant local. Il
engloutit entre 300 et 850 litres d'eau par jour pendant
l'été... Sans compter ce qu'on appelle les " facilités
touristiques " : piscines, pelouses verdoyantes et, dans le
pire des cas, terrains de golf. Un green, entre 50 et 150
hectares, a besoin de 1 million de m3 d'eau par an. Soit
l'équivalent de la consommation d'eau d'une ville de 12 000
habitants» (Marsaud, 2004 ) .
L’un des plus gros problèmes relié au tourisme est
certainement le phénomène de «westernization »(!!!). Les
touristes occidentaux viennent en grand nombre avec leurs
coutumes, leurs besoins et leurs demandes, ce qui demande
une certaine infrastructure qui n’a pas nécessairement de
liens avec le pays d’accueil. Ces structures tendent à
devenir des enclaves et se coupent du pays d’accueil.
Certains complexes hôteliers reçoivent des appellations
anglo-saxonnes tel la cité balnéaire «Palm Beach», située
entre Mohammedia et Bouznikaou le quartier nommé «
Californie» à Casablanca .
En
matière de tourisme le Maroc se fixe les objectifs chiffrés
suivants à l’horizon 2010:
-En matière d'arrivées touristiques, il est prévu
d'atteindre 10 millions de touristes, dont 7 millions de
touristes internationaux (contre 6,5M en 2006) ;
-En matière de capacité hôtelière, 160.000 lits seront créés
(dont 130.000 lits balnéaires et 30.000 lits dans les
destinations culturelles du pays) portant la capacité
nationale à 230.000 lits;
-En matière d'investissements: le volume devrait atteindre 8
à 9 milliards €, (aménagement des nouvelles stations
balnéaires, infrastructures, hôtellerie et animation) ;
-En matière de recettes: le montant prévu est de 48
milliards € de recettes en devises;
-En matière d'emploi: 600.000 emplois nouveaux doivent être
créés;
-En matière de contribution du tourisme au PIB: elle
devrait progresser en moyenne annuelle de 8.5%, ce qui la
porterait à près de 20% à l'horizon 2010.

|
1-La place du Maroc dans le classement des
dix premières destinations africaines en 1997 et
en 2001
|
|
Pays |
Classement en 1997 |
Effectifs des touristes internationaux, |
...dont agrément et loisirs |
Classement en 2001 |
Effectifs des touristes internationaux, |
...dont agrément et loisirs |
|
1997... |
2001... |
|
Afrique du sud |
1 |
4944 |
3938 |
1 |
5908 |
4962 |
|
Tunisie |
2 |
4263 |
2558 |
2 |
5663 |
- |
|
Egypte |
3 |
3528 |
- |
3 |
4648 |
4198 |
|
Maroc |
4 |
3072 |
1690 |
4 |
4431 |
2302 |
|
Zimbabwe |
5 |
1549 |
1075 |
5 |
2217 |
1781 |
|
Botswana |
6 |
1083 |
120 |
6 |
1520 |
183 |
|
Kenya |
7 |
1001 |
805 |
7 |
994 |
729 |
|
Algérie |
8 |
635 |
- |
8 |
901 |
- |
|
Nigeria |
9 |
632 |
- |
9 |
831 |
277 |
|
Maurice |
10 |
558 |
503 |
10 |
675 |
607 |

|
2-Population résidente et Tourisme dans
les pays du " Grand Moyen-Orient",
1996-2001
|
|
|
Population résidente |
1996 |
Rang |
2001 |
Rang |
Rapport Touristes /Population
résidente |
|
Turquie |
68529 |
7966 |
1 |
10783 |
1 |
0,15 |
|
Tunisie |
9673 |
3885 |
2 |
5387 |
3 |
0,5 |
|
Égypte |
65176 |
3528 |
3 |
4357 |
4 |
0,06 |
|
Arabie saoudite |
21408 |
3458 |
4 |
6296* |
2 |
0,2 |
|
Maroc |
29170 |
2693 |
5 |
4223 |
5 |
0,14 |
|
Chypre |
730 |
1950 |
7 |
2697 |
7 |
3,6 |
|
Israel |
6362 |
2100 |
6 |
1196 |
11 |
0,18 |
|
Bahrayn |
651 |
1757 |
9 |
2420* |
8 |
|
|
Dubaï |
2976 |
1768 |
8 |
4134 |
6 |
1,3 |
|
Jordanie |
5030 |
1103 |
10 |
1478 |
9 |
2,7 |
|
Syrie |
16593 |
830 |
11 |
1318 |
10 |
0,002 |
|
Algérie |
30835 |
605 |
12 |
901** |
12 |
0,02 |
|
Liban |
4384 |
424 |
13 |
837 |
13 |
0,19 |
|
Qatar |
597 |
327 |
14 |
76 |
18 |
0,12 |
|
Oman |
2478 |
349 |
15 |
562 |
14 |
0,1 |
|
Irak |
23750 |
345 |
16 |
127 |
16 |
0,005 |
|
Libye |
5410 |
| |