
"L'Islam est idéologie et foi, patrie et nationalité ,
religion et état, esprit et action, livre et épée" (
Hassan Al-Banna )

ABBASSIDES
C’est la deuxième dynastie califienne l’Islam qui régna de
750 ( chute des Umayyades ) à 1258 ( prise de Bagdad par les
mongols ) .Les califes abbassides résidèrent toujours en
Irak, dont ils avaient fait la province centrale de leur
empire .Il résidèrent à Bagdad , fondé en 762 .Au fil des
années les califes perdirent leur autorité sur de nombreuses
provinces et furent contraints de reconnaître à certains
gouverneurs investis par eux une certaine indépendance (Aghlabides,
Tâhirides, Saffârides , Samanides, Toulounides , etc… ) et
parfois , d’assister, impuissants, à la sécession de
certaines provinces : Andalus , Maghreb, Égypte des
Fatimides , …
ABRAHAM
Le prophète de l’Ancien Testament est mentionné par le Coran
sous le nom d’ « Ibrahim al-Khalil » ( « L’ami de Dieu »
).Il est considéré comme l’ancêtre des Arabes par son fils
Ismaël et le constructeur de la Ka’ba. Il est considéré
comme le représentant le plus parfait de la religion
monothéiste avant que celle-ci ne soit dénaturée par les
juifs et les chrétiens et rétablie dans son intégrité
première par le prophète Muhammad.

AGHLABIDES
Dynastie de gouverneurs relativement autonomes qui dirigea
l'Ifriqiya au IXe siècle au nom des Abbassides. Elle
installa sa capitale à Kairouan et fit construire
successivement deux autres capitales : al-Abâssiyya et
Ruqâda .

ALCAZAR
Mot espagnol issu de l'arabe "al-qasar " qui signifie
"maison", "palais fortifié" et qui vient lui-même du latin
" castrum " .
ALI
Cousin et gendre du Prophète , il avait épousé sa fille
Fatima , il fut un des compagnons de la première heure et le
quatrième des califes Rashidun. Il fut à l’origine de
l’éclatement de l’ « umma » et de la naissance du
Chiisme .

ALLAH
C'est le nom du dieu unique prêché par Muhammad et dans
lequel on peut reconnaître une forme contractée de "
al-ilâh " (en hébreu : " Elohim ") , " le dieu "
. Dans l'Arabie préislamique ce nom était déjà en usage .
Il y représentait moins un dieu particulier que la divinité
en général incarnée dans une multitude dieux locaux et/ou
tribaux . L'objectif de la prédication muhammadienne a été
de faire accepter l'unicité d'Allah et une des premières
sourates du Coran ( sourate CXIII ) appelle le prophète à
proclamer qu'Allah est unique : " Il n'engendre pas et il
n'est pas engendré " . Le Dieu de l'Islam, du fait qu'il est
unique , est tout naturellement pourvu de toutes les
perfections imaginables .Ces perfections sont exprimées dans
le Coran par les qualificatifs que Dieu se donne : le "Très
Saint " , le "Très Haut " , le "Protecteur " , le " Donateur
" , ... Dieu est vivant et éternel ( " Le vivant qui ne
meurt point " ( XXV, 58 ) ).Il est tout-puissant et les
cieux et la terre lui sont soumis ( "Le Roi " , " Le
Seigneur des Mondes " , "le Vainqueur " , etc... ).Il est
omniscient (" le Bien- Informé " , " le Témoin " , " le
Vigilant " , ... ). Dieu est juste ce qu'il signifie qu'il
agit conformément à ce que la raison du croyant lui dit être
la justice. Cette justice est censé se manifester au dernier
Jour lorsqu'il récompensera ceux qui auront cru en lui et
agi en son nom. Dieu est bon et sa bonté se manifeste dans
l'aide qu'il apporte aux hommes relativement à leur salut
dans l'Au-Delà , autrement dit sa grâce. Il est aussi "
Celui qui pardonne" . Par ailleurs Dieu n'est pas un corps
et il n'as pas de forme .De fait il ne saurait ressembler à
rien de ce qui existe .De ce fait l'Islam a , dès l'origine
, prohibé toute forme de représentation figurée de Dieu
.Dieu est créateur et il a créé tout ce qui existe .cette
création étant conçu comme ex nihilo. Tout au long de
l'histoire de l'Humanité Dieu n'a cessé de susciter des
prophètes au sein de l'Humanité pour rappeler cette dernière
à la vraie religion. Parmi ces prophètes il y a
naturellement Moise , l'homme de la Tora et le prophète le
plus souvent cité dans le Coran, mais aussi Jésus , Noé ,
Aaron , Abraham ( que le Coran présente comme le premier "
soumis " (" muslim " , autrement dit " musulman " ),
Ismaël, Isaac, Jacob, Joseph , David , Salomon , ...

AMIR
AL-MU'MININ
"Commandeur des croyants " ( terme d'origine arabe ). C'est
depuis Umar ( 2e calife ) un titre honorifique réservé au
Calife .

ANDALUS
Le terme, d’origine obscure , désignait dans le monde
médiéval la partie musulmane de la péninsule ibérique .Sa
population en était fort diverse incluant des autochtones
convertis ou non à l’Islam , des arabes musulmans , des
berbères , des esclaves noirs et slaves . Andalus fut le
siège de diverse dynasties locales dont celle des Umayyades
d’Occident .

ANICONISME
( 'adm tajoid al-Lah )
Proscription de la fabrication de toute «forme » ou «image »
(en arabe « surâ ») d’être vivant. Le Coran lui même
n'y fait pas allusion, même si les violentes diatribes qu'il
contient contre la religion arabe païenne impliquent bien
entendu la destruction des idoles Ce sont en fait les dires
et les instructions édictées par le prophète Muhammad, les
« hadiths » qui en ont fait état, et ont suscité la
jurisprudence dans ce domaine. Le prophète a en effet
déconseillé l'utilisation de tout objet décoré d'un
quelconque motif figuratif. La tradition rapporte qu'il
demanda à l'une de ses femmes d'enlever une étoffe décorée
de la pièce où il s'apprêtait à accomplir la prière, afin de
ne pas risquer d'être distrait. Ailleurs, Muhammad affirme
que l'Ange de la Révélation refusait de s'approcher de sa
demeure si elle abritait une quelconque image. Enfin, il
menaça les artistes d'avoir à comparaître devant Dieu au
Jour du Jugement, d'être mis en demeure de donner vie à
leurs oeuvres et, devant leur incapacité à le faire, d'être
confondus et précipités dans les tourments de l'enfer. Ces
quelques traditions, et d'autres encore, ont amené les
musulmans dès les générations les plus anciennes, à
considérer la reproduction figurative comme condamnable et à
préférer les motifs stylisés, du moins s'agissant d'art
religieux. Cette répugnance à représenter Allah sous quelque
forme que ce soit trouve très probablement son origine dans
la volonté de l'Islam naissant de se démarquer du
polythéisme idolâtre pré-islamique. Cette méfiance envers
l'anthropomorphisme divin s'est ensuite tout naturellement
étendue à la personne du Prophète elle-même. Il faut
cependant relativiser le caractère absolue de
cette interdiction. Cette dernière fut en effet transgressée
à de nombreuses reprises dans l'iconographie soufi,
dans les enluminures persanes et turques ainsi que dans les
écrits des grands exégètes du Coran comme Tabari ou Ghazali.

ARABESQUE
Type d’ornementation spécifiquement islamique, apparu dans
l’art abbasside , consistant en stylisations d’origine
végétale animées d’un mouvement rythmique et visant à
recouvrir entièrement la surface à orner .

ASIE
MINEURE
C'est d'abord le nom que les Anciens donnaient à la partie
occidentale de l'Asie , au sud de la Mer Noire.
Géographiquement " Asie Mineure " correspond à l'Anatolie .
C'est un pont terrestre entre l'Asie et l'Europe .C'est un
monde intermédiaire qui a connu une infinie diversité de
civilisations, de peuplements , de migrations , de religions
.

«ASSASSINS» (« NIZARITES», «HASHASHINES»)
Les Nizârites,Hashâchines, ou Assassins, étaient une
secte militante musulmane (shii’te ismaélite) active du
VIIIe siècle au
XIVe siècle. Mais c'est surtout à partir du
XIe siècle
(en 1094, à la suite d'une scission importante dans le
courant ismaélite) et pendant tout le Moyen Âge, en Perse et
en Syrie, que se firent le plus remarquer les Hashâchines
(ou H'ashashines », nommés ainsi par les Croisés),
sous l'influence de leur chef Hassan al Sabah' (aussi appelé
le « Vieux de la Montagne », ou le « Vieil Homme
de la Montagne »), à partir du fort Alamut, au Sud-ouest
de la mer Caspienne. À la fin du Moyen-Âge, leur
quasi-disparition a coïncidé avec l'essor de la branche
principale (quinze millions de fidèles de nos jours) de
l'ismaélisme ; leurs descendants actuels sont les
Ismaélites, avec à leur tête l'Aga Khan.

BARAKA
Le terme signifie bénédiction, chance, destin favorable.
Cette force bénéfique est d'origine divine. Le terme peut
aussi désigner la force dont sont pourvues les saints hommes
et qu'ils peuvent transmettre. Enfin cette force peut
imprégner des lieux ou des objets considérés comme
sacrés. Le
musulman peut obtenir ce charisme en se rendant en
pèlerinage dans un lieu saint.

BASMALA (ou "BISMILLAH")
C’est une formule empruntée à la sourate liminaire du Coran
qu’il est recommandé aux musulmans de répéter en de
nombreuses circonstances de la vie et par laquelle
débutaient généralement tous les textes et les documents
écrits. Cette formule qui figure au début de chaque sourate
du Coran : " Biçmi-Llêh Er-Rahmêne Er-Rahîm " (بسم
الله الرحمن الرحيم), signifie littéralement : " Au
nom de Dieu , l’Origine , l’Arrangeant ", traduite par : «
Au nom de Dieu , el Clément , le Miséricordieux ».La
raison d'être de cette ouverture appelée « basmala »
(بسملة) est de
rappeler que toute chose commence et se fait " Au Nom de
Dieu ". C'est d'ailleurs pour cette raison que les Musulmans
ont pour habitude de faire précéder leurs faits et gestes
par " Biçmi-Llêh " : "Au nom de Dieu
" (بسم
الله)

BAZAR
C'est un marché marqué par une forte spécialisation
professionnelle et une forte concentration spatiale .Le
bazar ottoman n'est pas seulement un lieu spécialisé dans
l'échange de marchandises , il concentre aussi un certain
nombre d'activités artisanales et industrielles .C'est aussi
le centre névralgique autour duquel s'organise la cité
turque : on y trouve souvent une mosquée , ainsi que des
bains. Il peut aussi se réduire à un simple alignement de
boutiques de part et d'autre d'une rue .Pour protéger les
chalands contre les rigueurs du soleil , certaines rues
pouvaient être couvertes .Dans les grands cités chaque
métier , chaque type de commerce , occupait une rue
particulière et certaines rues pouvaient être fermées la
nuit et placées sous la surveillance de gardiens .Une ville
disposait généralement de plusieurs bazars mais le principal
se trouvait à proximité du bédesten , la partie la
plus active du centre commercial .


Bédesten , Edirne , Turquie
BEDESTEN
Le terme original est "bezistan ".C'est la partie du
bazar où étaient vendus les textiles ( le mot "Bez "
désigne encore aujourd'hui une fabrique de lin ou de coton
et "Bezzar " désigne le vendeur de textile).

BERBERES :
Ce sont des ethnies regroupées en tribus indépendantes et
localisées pour l’essentiel dans les zones montagneuses du
Maghreb. Les berbères furent islamisés dès le VIIIe siècle
mais ils restèrent rebelles vis-à-vis du pouvoir. Ces
populations ne se désignent pas comme «berbères », terme
qu’elles ignorent, mais comme «Imazhigen » («Hommes
libres ») .Leur langue est le tamazghit qui se
subdivise en trois ensembles distincts : -le riftain
(«tarifit »), le braber («tamazghit») et le chleuh (« tachelhit »).

CALIFAT
Le terme "Calife" est issu de l’arabe «Khalifa »
(«successeur » et par extension "vicaire", "lieutenant"
). Le terme désigne les successeurs de Muhammad à la tête de
l’état musulman. C'est une institution musulmane née au
lendemain de la mort du Prophète (632) pour désigner la
charge assurée par Abu Bakr , le premier successeur de
Mahomet et chef temporel de la Communauté des Croyants.

|
Califes Abbassides en Irak |
Califes Abbassides du Caire |
|
al-Saffâh |
749-754 |
al-Mustansir |
1261 |
|
al-Mansûr |
754-775 |
al-Hakîm Ier |
1261-1302 |
|
al-Mahdi |
775-785 |
al-Mustakfi Ier |
1302-1340 |
|
al-Hâdi |
785-786 |
al-Wâthiq Ier |
1340-1341 |
|
Haroun al-Rachid |
786-809 |
al-Hakim II |
1341-1352 |
|
al-Amîn |
809-813 |
al-Mu`tadid |
1352-1362 |
|
al-Ma'mûn |
813-833 |
al-Mutawakkil Ier |
1362-1377 |
|
al-Mu'tasim |
833-842 |
al-Mu`tasim |
1377 |
|
al-Wâthiq |
842-847 |
al-Mutawakkil Ier |
1377-1383 |
|
al-Mutawakkil |
847-861 |
al-Wâthiq II |
1383-1386 |
|
al-Muntasir |
861-862 |
al-Mu`tasim |
1386-1389 |
|
al-Mustaìn |
862-866 |
al-Mutawakkil Ier |
1389-1406 |
|
al-Mu`tazz |
866-869 |
al-Musta`in |
1406-1414 |
|
al-Muhtadi |
869-870 |
al-Mu`tadid II |
1414-1441 |
|
al-Mu`tamid |
970-892 |
al-Mustakfi II |
1441-1451 |
|
al-Mu`tadid |
892-902 |
al-Qâ'im |
1451-1455 |
|
al-Muktafi |
902-908 |
al-Mustanjid |
1455-1479 |
|
al-Muqtadir |
908-932 |
al-Mutawakkil II |
1479-1497 |
|
al-Qâhir |
932-934 |
al-Mustamsik |
1497-1508 |
|
al-Râdi |
934-940 |
al-Mutawakkil III |
1508-1516 |
|
al-Muttaqi |
940-944 |
al-Mustamsik |
1516-1517 |
|
al-Mustakfi |
944-946 |
al-Mutawakkil III |
1517 |
|
al-Mutï` |
946-974 |
- |
- |
|
al-Tâ'i` |
974-991 |
- |
- |
|
al-Qâdir |
991-1031 |
- |
- |
|
al-Qâ'im |
1031-1075 |
- |
- |
|
al-Muqtadi |
1075-1094 |
- |
- |
|
al-Mustazhir |
1094-1118 |
- |
- |
|
al-Mustarshid |
1118-1135 |
- |
- |
|
al-Râshid |
1135-1136 |
- |
- |
|
al-Muqtafi |
1136-1160 |
- |
- |
|
al-Mustanjid |
1160-1170 |
- |
- |
|
al-Mustadi |
1170-1180 |
- |
- |
|
al-Nâsir |
1180-1225 |
- |
- |
|
al-Zâhir |
1225-1226 |
- |
- |
|
al-Mustansir |
1226-1242 |
- |
- |
|
al-Musta`sim |
1242-1258 |
- |
- |
CHARI'A
C'est la " Voie à suivre " ( "Loi de l'Islam") .C'est un
ensemble de prescriptions auxquelles le musulman doit se
soumettre dans les domaines de la religion, des relations
sociales et des questions juridiques. La Chari'a est
fondée sur trois éléments : - Le Coran ( 114 sourates ou
chapitres et 6226 versets ). C'est la parole de Dieu (
Allah ) révélée en arabe par l'archange Gabriel (Jebril
) au Prophète de Dieu Mahomet (Mohammed en arabe), La Sunna ( "Tradition du Prophète " ) qui est
composée de hadiths ("courts récits ") rapportant ses
paroles, conseils, gestes, comportements , -Le Fiqh
(racine signifiant " connaître ", "examiner"), c'est à
dire le Droit musulman élaboré par les fuquahû (singulier : "Fiqh ") " jurisconsultes-théologiens" qui interprètent la façon dont il convient d'appliquer la
Loi .

CHIISME
En arabe "shî'a " , c'est-à-dire "shî'a Ali
" ou "parti de Ali" .C'est un mouvement politico-religieux
largement répandu aujourd'hui dans le monde musulman. La
naissance du chiisme résulte du refus de certains
musulmans d'admettre la légitimité des dynasties Omeyyades
et Abbassides et de la volonté de réserver le califat,
c'est-à-dire la direction de la communauté ("Ummâ ") à Ali et à ses descendants. C'est à partir de cette
opinion divergente sur le choix de l'imam que
s'individualisa le chiisme.

CORAN
Le terme "Coran", en arabe "qur'ân", signifie
"récitation ". Le terme arabe , emprunté au syriaque,
signifie : "récitation à voix haute ".C'est vers la fin de
la prédication de Mahomet que le terme prit le sens d' "Écriture" (alternant souvent avec le terme " Kitab" ("texte écrit, lire"). Le terme fut malencontreusement
transcrit jusqu'au XVIIIe siècle en : "Alcoran",
"Alkoran", "El Koran ", etc... d'où , en
français , l'orthographie de "Coran" encore usitée de nos
jours. Il désigne l'ensemble des révélations transmises par
le prophète Muhammad et mises par écrit après sa mort,
constituant ainsi une des bases fondamentales de la doctrine
musulmane. Le terme "quara'â " ( "lire", "réciter") apparaît souvent dans le texte du Coran et, en
particulier, dans un verste considéré comme le plus ancien
(Coran , XCVI, 1) où le Prophète reçoit de Dieu l'ordre
suivant : " Récite au nom du Seigneur qui créa" .Les
premières révélations se situeraient vers 612. Elles durèrent
vingt ans ,avec des interruptions plus ou moins longues,
pour s'achever à la mort du Prophète le 13 rabî I de l'an
11 de l'Hégire (8 juin 632). Le Coran comprend des
chapitres appelés "sourates" (de l'arabe "sura")
composés de versets ("aya"). Du vivant de Mahomet
les messages révélés étaient transmis par le bouche à
oreille. Après l'installation de Mahomet à Médine , on
commença à les noter, de manière très épisodique, sur des
supports variés (omoplates de chameaux, morceaux de cuir, ...). Selon la tradition le premier exemplaire du Coran (un "corpus" des notes prises et conservées par les
premiers adeptes ) aurait vu le jour vers la fin du califat
d'Abu Bakr , aux environs de 634 .L'ancien secrétaire du
Prophète, Zayd Ibn Thabit aurait procédé à une compilation
des paroles de Muhammad. L'établissement d'une version
officielle ( "Vulgate" ) survint sous le califat de
Uthman (644-656). Le Coran comprend 114 sourates de
longueur variable, divisées en versets dont le nombre
varie de 3 à 287. Les sourates les plus longues se trouvent
au début du livre et les plus brèves à la fin. Le classement
ne correspond pas à l'ordre chronologique supposé de la
prédication. Aussi certains exégètes musulmans ont cherché
à reconstituer l'ordre chronologique des sourates en
distinguant les sourates mekkoises et les sourates
médinoises.

DAR
EL-ISLAM
Le terme signifie "territoire de l'Islam" .On utilise aussi
le terme "Dar es-Salam " ( «Le territoire de la Paix"
) .C'est celui de la Umma ( "La Communauté des
croyants " ) qui s'oppose au " Dar el-Kufr " ( "Le
territoire de l'impiété " ) ou " Dar el-Harb "
("Territoire de la Guerre ") .Ce terme fréquent chez les
premiers musulmans fut repris par des contemporains comme
Hassan El Banna , fondateur en 1928 des Frères musulmans (Égypte)
, et par l'Ayatollah Khomeiny . Il inspire l'action de
l'Arabie Saoudite et de la Ligue Islamique mondiale qu'elle
a constitué en 1961.

DERVICHE
Ce terme désigne dans le monde musulman le membre d'une
communauté religieuse (Tarika) se rattachant au
Soufisme et dirigée par un Cheik. Le rite religieux,
commun à toutes les confréries , le Dikr (
Commémoration d'Allah) provoque une forte excitation
religieuse , soit à l'aide d'excitants, soit par un état de
transe obtenu par les cris, la musique, la danse
éventuellement tournante .En Turquie les communautés de
derviches ont été dissoutes par Atatürk dans le cadre de sa
campagne pour la laïcisation de la République. Elles
subsistent cependant sous la forme d'associations plus ou
moins tolérées.

ÉMIR
En arabe «amir » : «Celui qui est revêtu de
l’autorité » («amr »), « commandant ». Le
terme désigne les chefs militaires et les gouverneurs de
province chargés du commandement des troupes et de la
direction de la prière.

FATIMIDES
Dynastie califienne qui régna d’abord en Ifriqiya, puis en
Égypte de 909 à 1171 ; elle prétendait descendre de Ali et
Fatima et fut soutenue par un mouvement chiite extrémiste,
l’Ismaïlisme .Au début du Xe siècle un émissaire du
mouvement chiite ismaélien Abû Abd Allah s’installe dans le
Maghreb et parvient, avec l’appui des berbères, à battre
en brèche l’autorité des gouverneurs aghlabides d’Ifriqiya
et à s’emparer de leur capitale Rakkada. Il y fait proclamer
calife un syrien Ubayd Allah. Il se prétendait descendant d’Ismaël
lui-même, lui-même descendant d’al-Husayn, fils d’Ali et
Fatima, d’où le nom de Fatimides que se donnèrent les
membres de la dynastie. La dynastie régna quelques temps sur
l’Ifriqiya avant de se lancer dans la conquête de l’Égypte
en 969 par le général fatimide Djawhar, fondateur du Caire. La fondation de la ville s’accompagna de la création de la
mosquée Al-Azhar qui fut pendant des siècles un ventre
actif de propagande fatimide ismaélien avant de de venir un
des centres majeurs d’enseignement de la doctrine sunnite .

FEMME
Dans l'Islam
le doit religieux ( Fiqh) considère sur plusieurs points que
la femme n'est pas l'égale de l'homme. Le mariage place la
femme dans une totale soumission vis-à-vis de son mari qui
peut la répudier unilatéralement. Dans le domaine juridique
le témoignage d'une femme équivaut à la moitié seulement du
témoignage d'un homme. Par ailleurs la fille ne peut
percevoir, en héritage, que la moitié de la part qui revient
à son frère. Enfin les règles de préséance interdisent à la
femme de se montrer sans voile à un homme qui n'est ni son
mari ni un membre de la famille (cf.-"voile").

FONDAMENTALISME
C'est la volonté d'un retour aux textes fondateurs de
l'Islam (Coran et hadiths ).Le Fondamentalisme peut
fusionner avec l'Islamisme quand il manifeste la volonté
d'imposer à la société et à l'état le modèle théocratique
qui caractérisait l'Islam des origines. Ce modèle originel
est d'autant plus rigoureux qu'il se réfère à un Islam
idéalisé et largement réinterprété en fonction des
présupposés politiques de ses auteurs.

HADITH /
HADIT
(pluriel Ahadith / Ahadît )
Le
terme, qui signifie "dit", "propos", "récit", désigne les paroles et les
faits du Prophète transmis oralement par ses compagnons
avant d’être fixés par écrit, bien longtemps après sa mort.
Un "isnad", témoin auditif, l'aurait transmis à un
autre auditeur, lequel aurait fait de même
jusqu'au " collecteur" (mouhaddit) qui l'a recueilli et
consignée dans un livre.
Les recueils de hadiths forment la tradition
musulmane ou «Sunna». En règle générale les
traditionalistes devaient citer leurs sources d’où
l’indication de «chaînes » («hisnad ») d’informateurs
dignes de foi («je le tiens d’un tel qui le tient d’un
tel») qui doivent remonter jusqu’à un contemporain
et/ou un proche du Prophète. Cependant beaucoup de
traditions sont apocryphes et beaucoup de chaînes de
garants ont été inventées. Seuls ont été retenus par l’Islam
orthodoxe les «hadiths » dont la chaîne de garants a été
jugée fiable et authentique. Le hadith est dit "qodsî"
(hadith divin) quand il émane directement de Dieu lui-même.
Les ahadith sont classés en fonction de leur exactitude. Un
hadith authentique est dit "sahih" (digne de
foi). On distingue aussi le hadith " bon" (hassan) et le
hadith "faible", généralement apocryphe . On compte six
grands recueils de ahadith (les sonnan) appelés chacun
shahih ( l'authentique).

HAMMAM
Bain à étuve présent dans le monde musulman dès les époques
les plus reculées. En Turquie le hammam atteint une
perfection technique qui, est restée inégalée .

HAN
Terme turc issu du persan "Khan " désignant , d'une
part un gîte d'étape sur les grandes voies de communication
, d'autre part un entrepôt , puis une hôtellerie , dans les
grandes agglomérations .On distingue généralement le han
urbain et le han routier .Le han routier est fréquemment
désigné par le terme de "Kervansaray " .Il est né du
besoin d'assurer le repos et la protection des marchands
contre le pillage dans les régions peu sûres .C'est une
construction quadrangulaire , souvent à deux étages ,
pourvue de tours massives .Il a l'apparence d'un fortin dont
il se distingue par un portail monumental plus ou moins
décoré .A partir d'une cour centrale s'ordonnent un
rez-de-chaussée avec des dépôts , des magasins , des écuries
.A l'étage des chambres et des bureaux s'ouvrent sur une
galerie entourant la cour .Quant au han urbain c'est un
entrepôt , un lieu de transactions commerciales situé au
centre la zone commerçante de la cité et dont l'ordonnance
n'est pas sans évoquer l'agora grecque .Le han est parfois
une fondation pieuse et constitue alors une source de
revenus au profit d'une médressé ou pour l'entretien
d'une mosquée .

HARAM
Salle de prières des mosquées

HAREM
Ce terme d'origine arabe renvoie à la notion abstraite de ce
qui est interdit : ce n'est pas forcément une idée
d'enfermement mais plutôt d'inviolabilité .Par extension il
désigne dans le monde musulman les appartements des femmes
, des enfants , des concubines et des servantes , à
l'arrière-plan des parties de la demeure consacrées à la vie
publique du chef de famille. Dans les palais ottomans le
terme désigne la partie où habitent la famille et les
esclaves du Sultan. Le Harem ottoman comportait des esclaves
( originaires d'Europe , d'Asie et d'Afrique ) sous
l'autorité de la Sultane - valide ( sultane mère ) et de
l'Agha noir ( "Agha de la demeure de Félicité " ) et sous
la protection des eunuques blancs du Caucase et des
eunuques noirs du Soudan .

« HIJRA »
( + Calendrier musulman
)
En français «Hégire » («expatriation»).Le terme
désigne l’exil de Muhammad et des premiers musulmans,
chassés de la Mekke , à Yathrib (Médine (« Madinat
al-Nabî » ("ville du prophète") ).La date de cet
événement fondateur fut fixée au 16 juillet 622 par le
calife Abu Bakr . Cette date marque le début de l’ère
musulmane et de son calendrier . Cette date fut choisi en
637 par le Calife Omar qui préféra cette date plutôt que
l'année de naissance du prophète Muhammad (570 ou 571).Le
calendrier musulman a été adopté, sous sa forme actuelle,
vers 632 après J.-C. Il définit l'ère musulmane dont
l'origine, 1er jour de l'an 1 (Hégire), correspond au
vendredi 16 juillet 622 julien. C'est un calendrier de type
lunaire. Les années sont de 12 mois. Le cycle lunaire des
musulmans est de 30 ans. Il comporte 19 années communes de
354 jours et 11 années abondantes de 355 jours. D'une année
à l'autre le début de l'année musulmane se décale donc de 10
à 12 jours par rapport aux saisons (en moyenne de
10.875523... jours par an). A l'intérieur d'un cycle les
années abondantes sont les années numérotées 2, 5, 7, 10,
13, 16, 18, 21, 24, 26, 29.Le cycle actuel a commencé le 1
Muharram de l'an 1411 de l'ère musulmane qui
correspond au mardi 24 juillet 1990. Les mois sont d'une
durée de 30 et 29 jours alternativement, le premier mois de
l'année étant de 30 jours et le dernier de 29 jours (année
commune) ou 30 jours (année abondante). La durée moyenne du
mois (29,530556 jours) est voisine de celle de la lunaison.
Pour obtenir une date d’après une date donnée en année de
l’Hégire on doit multiplier cette dernière par 0,97 et
ajouter 62,5 au résultat obtenu .On peut aussi multiplier
l’année de l’Hégire par 2,977, puis diviser ce résultat par
100 et soustraire ce quotient de l’année de l’Hégire. Pour
trouver une date universelle d’après une année de l’Hégire
il faut soustraire de celle-ci le nombre 622, multiplier le
résultat par 1,0307 et ajouter 0,46. Quand il reste des
décimales on ajoute 1.

IFRIQIYA
Mot arabe ( du latin " Africa " ) désignant la partie
orientale du Maghreb. Ses frontières géographiques sont
assez floues . A l'origine cette appellation faisait
référence à la région comprise entre Tripoli et Tanger .

IMAM
Dans le
sunnisme l'imam , qui est un laïc et non un clerc , condit
la prière à la mosquée et prononce le prêche. Dans le
chiisme l'imam est dépositaire de l'autorité religieuse .

ISLAM
Religion monothéiste à révélation scripturaire apparue en
Arabie au VIIe siècle .Dans le Coran c’est le nom attribué à
la religion prêchée par le Prophète Mahomet ( «La
religion , aux yeux de Dieu , est l’Islâm » ( Coran ,
III , 17 ) ) .En Occident , et par extension , le terme en
est venu à désigner le monde auquel cette religion s’est
étendue au fil des siècles .Le terme arabe signifie
étymologiquement « soumission à Dieu » et le terme «
muslim » (au pluriel : «muslimûn ») , nom d’agent
correspondant au terme « islam » était appliqué à
ceux qui avaient adhéré à cette religion .On a souvent
tendance à considérer l'Islam comme un tout monolithique et
immuable .Il n'en est rien et l'Islam a connu des schismes ,
des périodes de grandeur et de décadence .Par ailleurs tous
les musulmans (1,3 à 1,5 milliards) ne sont pas arabes (300
millions seulement) et tous les arabes ne sont pas
musulmans (il existe 10% de chrétiens arabes ) .
Il se répartit entre plusieurs "familles d'esprit" .
Les sunnites rassemblent l'écrasante majorité des musulmans
(95% en Afrique du Nord et au Proche-Orient ). Ce sont les
"orthodoxes" de l'Islam fondant leurs pratiques
religieuse sur le Coran complété par la Sunna.
Ils ont reconnu l'autorité du calife ( "Le commandeur des
croyants ") qui dirige la communauté ( "l'Umma " )
.Le Calife est le successeur et le représentant du Prophète
et il est le dépositaire de la Shari'A. Il n'y a plus
de dirigeant officiel de l'Islam sunnite depuis la
disparition du califat le 4 mars 1924. Les sunnites sont
subdivisés en quatre écoles : hanbalite, malékite,
chaféite, hanafite. Ce sont des écoles juridiques et elles
ne diffèrent pas dans la pratique religieuse d'où
l'inexistence de conflits.
Les chiites forment un groupe hétérodoxe séparé de la
Communauté au VIIe siècle ( "grande rupture" ou Fitna).Ils contestent les conditions dans lesquelles a été
assurée la succession de Mahomet. Ils soutiennent que les
successeurs du Prophète doivent être choisis parmi les
membres de sa famille . La succession légitime revient à Ali, son gendre, 4e calife et 1er imam de la communauté
chiite. Les partisans d'Ali reconnaissent l'autorité de sa
famille, ses deux fils Hassan (2e imam) et Hussein ( 3e
imam), puis les descendants de Hussein. Le conflit entre
sunnites et chiites repose sur la question de l'imamat
c'est à dire de l'autorité légitime dans l'Islam. La lignée
des imams descendants de Hussein ne s'est pas maintenue
jusqu'à nos jours. Le dernier imam a été " occulté " et ne
reviendra qu'à " la fin des temps" , c'est le Mahdi qui
inaugurera le règne de Dieu sur Terre. Les chiites sont
environ 70 millions, dont 20 - 25 millions dans le monde
arabe . Les plus nombreux sont les Duodécimains ou
imâmites
qui reconnaissent 12 imams (Irak, Liban, Bahreïn , Émirats
arabes unis). On rencontre aussi les zaydites (Yémen), les
ismaéliens , les alaouites ( Syrie), les druzes (Liban)
.
Les Kharijites forment un groupe à part. Ce sont les
partisans d'Ali " déçus".Ils se sont séparés lors de la
bataille de Siffin avec les sunnites en 657.Ils reprochent à
Ali d'avoir, par faiblesse, accepté un arbitrage. Les
Kharijites forment de petites communautés en Algérie (Mzab), en Libye (Jbel Nefoussa ) et à Oman ( Jbel Akhdar )
.

ISLAMISME
C'est un concept qui désigne l'utilisation politique de
l'Islam. Au XIXe siècle le terme d'islamisme , plutôt que
celui d'Islam, était couramment employé par analogie avec
le Judaïsme et le Christianisme. Depuis la victoire de
l'ayatollah Khomeiny en Iran (1979) Islamisme désigne
l'Islam politique ou radical dont les partisans sont
désignés comme islamistes. Ils se désignent eux-mêmes par le
néologisme "islamiyoun" pour se distinguer des
simples musulmans.
Ce n’est pas une
théologie mais une idéologie politico-sociale prônant le
retour aux valeurs traditionnelles de l’Islam et faisant son
lit du discrédit qui affecte les idéologies occidentales. La
« nouveauté» de l’islamisme repose sur une lecture politique
de l’Islam. L’objectif des islamistes est d’établir, à
partir de l’Islam, une idéologie capable de constituer une
alternative crédible aux idéologies occidentales. Il s’agit
d’une tentative de reprise en main d’une société en cours
d’acculturation et d’occidentalisation. L’islamisme repose
d’abord sur le constat de la décadence des sociétés
musulmanes .Il ne s’agit cependant pas d’un combat contre la
modernité, mais du rejet d’une modernité imposée de
l’extérieur. Contrairement à une idée assez largement
répandue en Occident le recrutement des islamistes
s’effectue dans les classes aisées et moyennes, en milieu
urbain et , fréquemment , sur les campus des universités.
L’islamisme ne doit pas être considérée comme la renaissance
d’un archaïsme rétrograde, mais une revendication
anticolonialiste, anti impérialiste et antioccidentale qui
utilise l’Islam comme tremplin d’une émancipation
culturelle. L’islamisme peut être défini comme un
néo-fondamentalisme violemment anti-occidental. Cette
dernière particularité explique sa violente opposition à la
laïcité .A l’heure actuelle rares sont les états vraiment
islamistes (Iran, Arabie saoudite), mais la visibilité de
l’extension islamiste dans les sociétés musulmanes est de
plus en plus visible ( port de la barbe pour les hommes,
port du voile pour les femmes, …). Les ailes extrémistes de
l’islamisme, au premier rang desquelles figure Al-Qaida ,
n’hésitent pas à recourir à la violence et à l’action armée.

JIHAD
( ou DJIHAD )
Le terme signifie " effort " en arabe. Au sens premier il
est interprété comme l' "effort ou lutte contre soi-même
pour devenir meilleur ". C'est par extension que ce terme a
finit par désigner "la Guerre Sainte". Certaines
dynasties, comme celle des Almohades (1147-1205), ont
prétendu en faire le sixième pilier de l'Islam.


La
mosquée de Kairouan
KA'BA
C’est le cœur religieux de l’Islam, la partie la plus sacrée
du grand sanctuaire de la Mekke, vers lequel tous les
musulmans se tournent pour la prière. Ce sanctuaire, fondé
par Abraham à l’époque préislamique, devint un temple
polythéiste encombré d’idoles avant de retrouver sa fonction
monothéiste à l’avènement de l’Islam. La Ka'ba affecte la
forme d'un cube maçonné de 15 mètres de hauteur
comportant deux faces de 12 mètres et deux faces de 15
mètres. La Ka’ba fut l’objet
de diverses reconstructions et restaurations qui cherchèrent
toutes à conserver sa configuration initiale. La Ka’ba,
depuis l’époque médiévale est recouverte d’un voile de soie
(«Kisw») sur lequel est brodée une inscription
reproduisant la « Profession de Foi». La Ka'ba est l'écrin
contenant la "pierre noire" (Al Hadjar Al-Aswad) appelée
aussi " la main droite d'Allah" (Yamin Allah).La légende
prétend qu'à l'origine cette pierre, tombée du ciel,
était de couleur blanche. Les péchés des pèlerins l'avaient
chargée de leurs noirceurs.

KAIROUAN
L"appellation vient de l'arabe "Qayrawan ", terme
signifiant "place d'armes". Ville fondée en 670 par Sidi Uqba ibn Nafî. C'était une place militaire qui devait servir
de base pour lutter contre les Berbères. Le fondateur de la
ville y fit édifier une des plus grandes moquées du monde
musulman. Ce premier édifice fut remplacé par un nouveau
bâtiment en 695 , agrandi en 623 aux frais de Hisham, le
calife omeyyade de Damas qui lui donna les dimensions de la
mosquée actuelle. La cour et l'oratoire atteignent 80 mètres
de large pour 135 mètres de profondeur .Un peu plus du tiers
est occupé par la salle de prières. Celle-ci comprend 17
nefs à toit plat orientées perpendiculairement au mur de la
qibla, avec une nef centrale plus haute et plus large. A
l'intérieur 414 colonnes monolithes supportent le toit. Le
minaret carré remonte au VIIIe siècle. Construit en briques
du côté nord, dans l'axe du mihrab , il a 30 mètres de
haut pour environ 10 mètres à la base .

KSAR
(pluriel : « KSOUR ») :
village fortifié , fréquent dans les zones montagneuses du
Maghreb et aménagé pour protéger les populations des razzias
des nomades. Ces villages sont appelés «igherm » ou «irherm »
en berbère , un terme qui est aussi utilisé pour désigner
des greniers fortifiés .

KULILLIE
C'est le complexe des bâtiments que forment la mosquée
turque et les édifices d'utilité publique attenants .

«LABBAYKA»
En Français : «Me voici ô mon Dieu » .C’est la formule
récitée par le pèlerin à la Mekke : « LABBAYKA LAHOMMA
LABAYK, LABBAYKA LACHARIKA LAKA LABAYK, INNALE- HAMDA WA
NI’MATA LAKA WALE MOLK, LA CHARIKA LAK » cela
signifie :« Me voici Seigneur, me voici pour accomplir le
pèlerinage, Tu n’a point d’associés, La Louange et Le
Bienfait T’appartiennent ainsi que la loyauté, Tu n’a point
d’associés ».

LEVANT
Le terme désigne
les pays de la côte orientale de la méditerranée :
Liban et Syrie .

MADRASA (en arabe) (MEDRESE, dénomination turque ).
Le terme signifie en arabe: «lieu d’étude» En turc «medrese »
et dans le Maghreb :«médersa ». Dans le monde
islamique la madrasa est une institution d’enseignement
réservée à ceux qui étudiaient les sciences religieuses et
juridiques, c’est à dire le «fiqh ». Établissement
musulman d'enseignement secondaire et supérieur rattaché à
une mosquée. L'étude du Coran et des hadiths étant le point
de départ de l'initiation à l'Islam, l'enseignement est
inséparable du centre religieux. Même après l'apparition d'u
bâtiment spécifique, les mosquées ordinaires continuèrent
d'accueillir l'enseignement, parfois donné par les savants
des madrasas eux-mêmes. C’est surtout à partir du XIIe
siècle que la madrasa en s’officialisant devint un
élément majeur du paysage urbain et un lieu essentiel pour
l’élaboration et la diffusion des sciences islamiques. Il
n’existe pas dans le monde musulman un modèle unique de
madrasa. En Syrie les madrasas sont demeurées très
discrètes: façade basse, taille moyenne, étroits
portails, …En Égypte de somptueuses madrasas furent
construites sous le sultanat seldjoukide de Roum. Les
bâtiments sont d’une ampleur architecturale et décorative
exceptionnelle. La Madrasa (Médresé ) comportait les
logements des maîtres, des savants et des étudiants
étrangers, des salles des cours, des bibliothèques,
parfois un bain, un hôpital et une cuisine. Ce sont souvent
des fondations pieuses qui assurent l'entretien des maîtres
et des étudiants .A côté d'une vocation philanthropique
évidente, l'institution de la madrasa permettait au
donateur d'exercer un certain contrôle sur le contenu de
l'enseignement qui y était dispensé .

MAGHREB
En arabe «al-Maghrib» ou «Occident». C’est le
nom donné par les géographes arabes aux pays de l’Afrique
du Nord. Sa partie orientale, dépassant les frontières de
l’actuelle Tunisie, était appelée «Ifriqiya» et sa
partie occidentale «Maghrib al-Aqsa » («Maghreb
lointain») correspondait à l’actuel royaume marocain et à
la partie centrale de l’Algérie. Dans le langage
géographique contemporain, le terme désigne l’ensemble
formé par le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Il est devenu
d’usage courant en France en remplacement de l’expression
«Afrique du Nord » dans une acceptation restrictive puisque
la Libye et l’Égypte sont aussi des éléments constitutifs de
l’Afrique du Nord. L’ensemble de ces territoires forme une
véritable entité géographique caractérisée par un climat
aride , des unités paysagères montagneuses et morcelées
ainsi que par un peuplement resté longtemps hétérogène et
faisant coexister berbères autochtones et envahisseurs
arabes musulmans

MAHOMET
En arabe : «Muhammad », «Mohammed » ou «Abu
Ibrahim Muhammad ibn ‘Abd Allah ibn ‘ Abd Al-Muttalib Ibn
Hashim » ( 570-632 ) C’est le fondateur historique de
l’Islam. Il naquit à La Mekke dans la tribu de Qoreich. Sa
prédication commença vers 615 et son contenu nous est connu
par le texte du Coran, du moins si l’on admet que texte tel
que nous le connaissons correspond bien au texte originel. C’est vers 610 que Mahomet aurait reçu ses premières
révélations transmise par une voix qui lui ordonné de
réciter ce qu’il entendait et qui aurait été la voix de
l’archange Gabriel. Au début de sa prédication le Prophète
se heurta à une large incompréhension des mekkois et ne
réussit à rassembler autour de lui qu 'un petit groupe de
fidèles. Il annonçait l’imminence du Jugement dernier,
prêchait le retour à la foi en un dieu unique et condamnait
le polythéisme pratiqué jusque là à la Mekke . En 622 cette
première communauté fut contrainte de s’exiler (l’Hégire )
à Yathrib (Médine) .La date de cet exil (24 septembre 622)
correspond au début de l’ère musulmane. A Médine, le
Prophète devint aussi chef politique et chef de guerre,
créant les institutions du futur état musulman
(«Constitution de Médine ») A partir de 624 il entra en
conflit avec La Mekke remportant, non sans difficultés, la
batille de Badr (624) et la bataille dite « du fossé » au
pied du Mont Ohod (627).Poursuivant son avantage Mahomet
s’empara de la Mekke, désignant la Ka’ba comme «qibla ». Dans les années qui suivirent Mahomet renforça son audience
en obtenant le ralliement des tribus de nomades arabes de la
péninsule arabique. Il mourut en juin 632
MAQSURA
C'est la place réservée au Calife près du Mihrab dans la
salle de prière des mosquées .

MEVLANA
C'est un titre signifiant "Notre Maître " donné en
Turquie à Cela al-Din (1207-1273), maître soufi qui vécut
à Konya au XIIIe siècle. On ajoute souvent à son nom le mot
de " Rumi " parce qu"il passa la plus grande partie
de sa vie en Anatolie. Fils d'un théologien et prédicateur
célèbre de Balkh au Khorassan (Afghanistan), il émigra
avec sa famille en Anatolie. A la mort de son père il prit
sa succession. La rencontre avec un derviche errant, Shams
al-Din de Tabriz , modifia radicalement sa vie. Délaissant
l'étude livresque, il orienta le soufisme vers la poésie, la
musique et la danse (sema) . Il fut l'auteur d'une
oeuvre poétique considérable, dont un long poème didactique
de 45000 vers, le célèbre " Mathnawi " dicté et
écrit en persan et qui a fortement marqué l'Islam parce
qu'il développe une voie de la réalisation spirituelle dans
la charité, l'humilité et l'amour. Ses disciples se
rassemblèrent en une confrérie (" tarikat ") que son
fils, Sultan Veled , organisa en ordre, celui des Mevlevis
("derviches tourneurs ").


Le
Mihrab
MIHRAB
C'est un élément architectural ou décoratif , généralement
une niche de la salle de prières indiquant la direction de
La Mekke et marquant ainsi l'orientation à utiliser pour la
" salat " ( " prière " ) . . Le mirhab n'apparaît
qu'à l'époque Umayyade , vers le début du VIIIe siècle ,
sous forme de niches concaves , et devient rapidement
l'endroit le plus orné de la salle de prières .


Minarets : Mosquée Bleue à Istanbul - Mosquée à
Samarkand
MINARET
En arabe : "manara", "manar" ("tour-vigie "), "sawma'a " ("cellule d'ermite") ou "ma'dhana", "mi'dhana" ("lieu d'où est lancé l'appel à
la prière "). Le mot français est issu d'un terme turc
tardif, lui-même dérivé de "manara " . C'est une tour
d'où se fait l'appel à la prière .L'origine et l'évolution
de ces tours est mal connue. Leur origine est peut être à
rechercher dans les phares pré- islamiques (en arabe : "mânar
" ("point de lumière ")).Les premières moquées ne
comportaient pas de minaret et l'appel à la prière se
faisait depuis le toit du bâtiment. Le minaret est devenu un
véritable symbole de l'Islam.


Minbar
de la mosquée de Kutubiya au Maroc
MINBAR
C"est la chaire à degrés (souvent un escalier de plusieurs
marches ) où se tient l'imam pour délivrer le prône (sermon) du vendredi dans les grandes mosquées. C'était
initialement un symbole de souveraineté (trône réservé au
Prophète et à ses successeurs), puis le minbar est devenu
la chaire où l'imam ("khatib") parlait debout sur
une des marches sans jamais accéder à la plate-forme
supérieure .

MI’RAJ
En arabe « al-Mi’raj ». Le terme fait allusion à
l’ascension céleste du prophète Mahomet au terme du voyage
nocturne («Isrâ ») qui l’aurait conduit de la Mekke à
Jérusalem sur un cheval ailé à tête humaine nommé «al-Burâq »
.Mahomet aurait rencontré les prophètes, puis serait monté
par une « échelle » à travers les sept cieux .Il aurait
alors rencontré Dieu en personne et aurait discuté avec lui
sur le nombre de prières quotidiennes à exiger des fidèles
.C’est la tradition du « Mi’raj » qui contribue
depuis le XIIIe siècle à susciter la vénération de la
coupole du Rocher sur le Mont du temple à Jérusalem.

MOSQUEE
Le terme est la forme francisée de l'arabe "masjid "
( "lieu de prosternation" ), par l'intermédiaire de
l'espagnol "mesquita " . Etymologiquement " masjid
" signifie : " Le lieu où l'on se prosterne " ,
c'est-à-dire le lieu où s'accomplit la prière rituelle .La
première mosquée fut aménagée par le Prophète lui-même , à
Médine , dans sa propre demeure .Le terme "masjid "
est connu dans le Coran ( XVII,1) où il désigne le "haram
" de La Mekke ( "Al masjid - al haram " ( " Mosquée
sacrée " ) et "Al masjid al-aqsa " ( Mosquée
lointaine " ) , l'esplanade de l'ancien temple de Jérusalem
.Il n'existe pas un type universel de mosquée islamique mais
de nombreuses variantes régionales, car l'architecte de la
mosquée s'est souvent inspiré des architectures
traditionnelles locales .Le modèle de la mosquée arabe est
la maison urbaine traditionnelle en brique crue A côté du
simple oratoire , existent aussi la " grande mosquée " ( ou
" Mosquée -cathédrale ") ( "Al masjid _al-jani " ou
" Al-jani " ).c'est le lieu où l'on doit célébrer
officiellement la prière du vendredi à midi , suivie de la
« khutba " (" harangue ") prononcée par l'imam.
D'autres particularités architecturales caractérisent la "
grande mosquée " : le " mihrab " , la "maksura"
, le minaret , les bassins des ablutions , etc...


Mosquée ottomane , Edirne
MOSQUEE OTTOMANE
Le type de base de la mosquée ottomane est un cube surmonté
d'une coupole , et jusqu'au XVIII e siècle , la salle unique
est restée la formule prédominante .A la fin du XIV e siècle
apparaît à Brousse le plan en "T " renversé composé de deux
salles carrées communicantes et couvertes en coupoles ,
flanquées latéralement d'autres salles plus basses également
couverts de coupoles .Le troisième type de mosquée est celui
de la salle hypostyle à petits nombre de travées identiques
à coupoles

MOUJAHID ou MOUDJAHID ( pluriel : Moudjahidin )
Le terme signifie " combattant " .Ils recouvrent des
situations très diverses . En Afghanistan il désigne les
membres de l' Alliance du Nord qui ont combattu les Talibans
.Les islamistes ont donné à ce terme une connotation
religieuse: " Combattants de la Foi " .

MUHARRAM
Fête
religieuse des musulmans chiites au cours de laquelle est
commémorée la mort de Husayn, gendre du Prophète en 680. La
fête dure 10 jours et se clôt par la procession dite du
Tubut (ou Taziya) et de Burak.

MOZARABES
Terme issu de l'arabe "Must' aribûn " .ce sont des
chrétiens " arabisés "qui ont un statut de "dhimmî "
. Ce mot est surtout utilisé pour désigner à l'époque
médiévale les commerçants chrétiens vivant en Espagne .

MUSALA
C'est un lieu de prières , un oratoire , comportant un
mihrab .

PÈLERINAGE
L’islam distingue le «grand pèlerinage » (en arabe : «hajj ») et le « petit pèlerinage « (en arabe : «umra »)
.Le « grand pèlerinage» est un des cinq piliers de l’Islam
et, de ce fait , une des obligations fondamentales de tout
croyant. On distingue aussi les pèlerinages «
extra canoniques » qui sont considérés, surtout chez les
sunnites , comme des marques de piété («ziyara »)
d’importance secondaire. Le « grand» et le « petit »
pèlerinage ont pour cadre le sanctuaire de la « Ka’ba »
à La Mekke. Il est aujourd’hui acquis que ce site était un
lieu de pèlerinage à l’époque anté-islamique et que la
prescription du pèlerinage par le prophète se situe au
moment de la rupture avec la communauté judaïque de Médine
.Dans le discours du prophète , Abraham est alors évoqué
comme le fondateur de la Ka’ba qu’il aurait construite avec
l’aide de son fils Ismail. «Faites entièrement le Grand
et le Petit pèlerinages pour Dieu ! si vous êtes empêchés
libérez-vous par ce qui vous sera aisé de sacrifier comme
offrande. Ne vous rasez point la tête avant que l’offrande
n’ait atteint le lieu de son immolation ! A quiconque parmi
vous sera malade ou atteint d’un mal affectant la tête,
incombera le rachat par un jeûne ,une aumône ou un sacrifice
rituel ! Quand vous serez en sécurité , à quiconque fera
usage de la «umra » jusqu’au Pèlerinage, incombera ce
qu’il lui sera aisé de sacrifier comme offrande. Mais
quiconque ne trouvera pas à sacrifier se libérera par un
jeûne de trois jours lors de son retour, soit dix jours
entiers ! Cela vaut seulement pour celui dont la famille
n’est point présente dans la mosquée sacrée .Soyez pieux
envers Dieu et sachez que Dieu est terrible en son
Châtiment ! » «Le pèlerinage a lieu en des mois connus.Pour qui s’acquitte du pèlerinage nulle galanterie, nul
libertinage, nulle discussion au cours du pèlerinage.
Quelque bien que vous fassiez Dieu le sait. Prenez un
viatique ! Car le meilleur viatique est la piété .Soyez
pieux envers moi , ô vous doués d’esprit ! » » Nul grief à
vous faire si vous recherchez une faveur de votre Seigneur
(durant les cérémonies du pèlerinage). Quand vous déferlez
depuis Arafa, invoquez Dieu au sanctuaire sacré. Invoquez-le pour prix qu’Il vous a dirigés, quoique avant
cela en vérité, vous ayez certes été parmi les égarés »
( Coran, II , 192-194 ).
Une fois parvenu sur le territoire de la Mekke, le musulman
qui veut accomplir le pèlerinage , doit se sacraliser
(en arabe: « se mettre en situation d ' «ihram ») .Il
revêt pour cela un costume spécial composé de deux bandes
d’étoffe blanches («izar» et «ridâ ») ,
se chausse de sandales, demeure tête nue, se coupe cheveux
et poils , procède à une ablution générale et s’abstient de
toute relation sexuelle. Le pèlerin se rend devant la
Ka’ba où il entreprend autour de l’édifice une
circumambulation par sept fois et dans le sens contraire des
aiguilles d’une montre. Ce périple le conduit devant la
pierre noire qu’il doit baiser. Il entreprend ensuite une
course ( « sa’i » en arabe ) entre les deux
monticules de al-Safâ et al-Marwâ par sept fois, afin de
commémorer le souvenir d’Aggar, servante d’Abraham ,
cherchant de l’eau dans le désert pour son fils Ismaël. Le
pèlerinage se poursuit par un périple dans les régions
montagneuses voisines de la Mekke marqué par des étapes
précises : halte dans la vallée de Minâ, « wuquf » (« station debout» ) sur le site de Arafat , halte à Mozdalifâ pour y célébrer les prières du soir et de la nuit, retour à Mina avec la lapidation des trois «Jamarat »
(«tas de pierre » = stèles ) et sacrifice d’un mouton que
le pèlerin consomme ensuite partiellement. Le pèlerin se
fait ensuite raser la tête en signe de désacralisation et
retourne à la Ka’ba pour y effectuer une dernière
circumambulation.
Les effectifs exacts de pèlerins participant au «Hajj »
sont difficiles à évaluer. En 1983 un effectif record de 2,5
millions de pèlerins participant au « Hajj » fut
atteint ( «Travel and Tourism Analyst », 1996,
p.28) mais de tels effectifs ne furent plus atteints par la
suite car les autorités saoudiennes, gardiennes des lieux
saints, décidèrent de limiter le nombre de visiteurs en
imposant des quotas Ainsi en 2000, les autorités
égyptiennes autorisèrent 60000 égyptiens à effectuer le «Hajj »). Pour la période 1988-1998 les autorités saoudiennes que
les effectifs de pèlerins participant au «Hajj »
avoisinaient 1 million de personnes ( 1988-89 : 774600,
1989-1990 : 827200 , 1990-1991 : 720100, 1991-1992 :
1015000, 1992-1993 : 992800, 1993-1994 : 997400,
1994-1995 : 1046307, 1995-1996 : 1080365, 1996-1997 :
1168600, 1997-1998 : 1132300 , …).malgré les quotas la
concentration d’une telle masse de pèlerins à La Mekke et
dans ses environs sur une durée de quatre jours, constitue
un véritable défi logistique pour les autorités saoudiennes
contraintes de dépenser chaque année près de 500 millions de
US dollars pour l’organisation de la manifestation .Pour les
tours-opérateurs et les agences de voyages le pèlerinage est
une affaire lucrative et beaucoup propose des « packages »
incluant incluant le séjour dans des tentes pourvues de
l’air conditionné et prenant charge l’ensemble du séjour .

PRIÈRE
Salât , dou'a (appel), nâmez / namaz
(Turquie,Asie centrale, Inde)
En arabe «Salat ». Cet acte religieux compte au
nombre des cinq piliers de l’Islam. («Glorifie la
louange de ton seigneur quand tu te lèves ! Vers la nuit
glorifie-Le ainsi que lors du déclin des étoiles »
(Coran , LII, 48-49 ) « Invoque le nom de ton Seigneur à
l’aube et au crépuscule ! Une partie de la nuit, prosterne
toi devant Lui !Glorifie Le de nuit , longuement ! »
(Coran, LXXVI, 25-26). Elle doit être exécutée par les
musulmans, individuellement ou collectivement, cinq fois
par jour. Une fois par semaine, le vendredi à midi, la
communauté se réunit et effectue une prière collective comme
le préconise le Coran . Avant chaque prière le musulman est
convié par un appel (en arabe: «adhân »). Pour
prier le fidèle doit se trouver en état de pureté rituelle
c’est-à-dire s’être acquitté des ablutions mineures ou
majeures selon le cas . Il peut se rendre dans une mosquée,
mais il peut aussi utiliser un espace privatif, qu’il doit
délimiter, que personne ne doit traverser et qui est,
généralement, marqué par un tapis de prière («sajjâda »). Il doit se tourner en direction de La Mekke. Dans la
mosquée la direction de la prière est indiquée par le mur de
«qibla » qui doit se trouver devant lui. Les
cinq prières quotidiennes sont :- As-Souh (al-Fadjr au
Maghreb): prière de l'aube,- Ad-Dhouhr : prière de la
mi-journée, - Al 'Açr: prière de l'après-midi ( à égale
distance horaire du zénith et du coucher du soleil ),-
Al-Maghrib: prière du couchant, - Al-'Icha: prière du soir
(aux environs de 20 heures ).La prière suit un rituel très
précis et codifié dès les origines de l'Islam. Elle débute
par l'énoncé du nom d'Allah, suivi de la récitation de la "Fatiha",
elle-même suivie d'un enchaînement de positions : roukou'
(inclinaison du buste), soujoud (prosternation), joulous (ou
qu'oud) (en assise sur les talons ). Chacune de ces
positions est reliée aux autres par la récitation de
sourâtes ( C'est la rak'a : " unité de prière" ).Parvenu au
quart final de la prière le croyant prononce le tachahoud
par lequel il dit ne reconnaître qu'un seul dieu et que
Mohamed est son prophète. La prière se clôt sur le taslîm (
salut final ).

PROCHE
ORIENT
Expression
créée par l'école géographique française et désignant
l'ensemble occupé par l' Égypte et les pays du "croissant
fertile" : Irak , Syrie, Liban, Israël, les territoires
palestiniens et la Jordanie .

QIBLA
C'est la direction vers laquelle le fidèle doit se tourner
pour la prière .C'était à l'origine Jérusalem puis, à
partir de 624 (2 ans après l'Hégire ), la Ka'aba de
la Mekke . Dans les mosquées le mur qîbla est celui
dans lequel est aménagé le mihrab qui indique cette
direction aux fidèles . Ces derniers doivent lui faire face
.

REPRÉSENTATION FIGUREE (
DANS L'ART MUSULMAN )
Aucune condamnation explicite n'existe dans le Coran
concernant l'art figuratif , mais les réticences à son
endroit peuvent cependant s'expliquer par certains passages
du Coran. La lecture des sourates V, 92 et VI, 74 laisse
supposer que Mahomet assimilait les statures aux idoles. Au
VIIIe siècle les hadiths développèrent cette pensée en
affirmant que, le jour du Jugement Dernier, l'artiste qui
aurait, par orgueil, aura façonné des images, sera mis en
demeure de les animer et son échec le vouera aux gémonies. Au XIVe siècle on représenta de saints personnages (Le
Prophète et les personnages bibliques) dans les manuscrits
à peintures.



Le
Ribat de Monastir en Tunisie ( fortifications et cour
intérieure )
RIBAT
Le terme vient de la racine arabe " RBT " signifiant
: " lier ", " attacher " .A l'origine c'est une fondation
fortifiée, souvent installée dans une région frontalière
du monde islamique et qui rappelle les monastères chrétiens. Elle servait de camp de base pour les expéditions de la
Guerre Sainte, ainsi que de point d'appui à la protection
d'un territoire et , parfois , de lieu de retraite
religieuse. De fait le terme a aussi été utilisé pour
désigner un couvent habité par des adeptes du soufisme. Il
est aussi utilisé pour désigner un caravansérail fortifié et
situé hors des villes . Ces trois appellations ont pu être
utilisées conjointement ou successivement , selon les cas et
les régions du monde musulman. Les occupants d'un ribat
étaient qualifiés de "murabit" (pluriel : "
murabitun ") ( "Combattants aux frontières " ) d'où est
issu le terme français de " marabout " ou de "ghazi "
.

SOUFISME
Le terme semble issu de l’arabe « sûf »
s’appliquant à la robe de laine que portaient les premiers
représentants de ce mouvement C’est un courant de l’Islam se
caractérisant par une vision du Monde et une manière de
vivre tendant à rapprocher de Dieu. Le but ultime étant
l’union avec la divinité .Dans le cadre de cette définition
très générale le soufisme a tendu à se présenter comme la
mystique musulmane par excellence. Le soufisme se situait en
dehors de toute doctrine définie par les théologiens
sunnites et, de ce fait, il fut âprement combattu par ces
derniers. Les premiers mystiques musulmans semblent être
apparus dès l’époque des Omeyyades, le plus connu est Al-Hasan al-Basri un prédicateur irakien dont les aphorismes
sont restés célèbres. Les soufistes prônaient le
renoncement aux biens de ce monde afin d’établir une
communication personnelle avec Dieu et d’accéder, au
Paradis, au rang des «proches de Dieu » (ou «al-mûqqarabun »).les soufistes s’organisèrent en « ordres » ou «
confréries » bien qu’il existât toujours des soufis «indépendants » .Beaucoup cependant adoptèrent la vie
cénobitique dans des demeures spécialement aménagées à cet
effet et appelées de noms divers : «ribât, zawiya, khâniqât » poussés par le désir de trouver un maître
expérimenté qui pu les guider dans cette voie.
« Frère ! Le sage fait le bien sans nul désir et évite le
mal sans nul jugement. Il fréquente tout le monde sans nul
attachement, reste séparé de tous sans aucune pensée de
fuite et voit Dieu à travers tout sans qu’il y ait nul
dualisme (…). Il désire Dieu sans nul imploration et il
L’oublie parfois sans distinguer la réalité de l’oubli de
celle du rappel .Il est présent dans l’oubli et oublieux
dans la présence.(…) Le sage est en même temps Dieu et
créature .Il trouve le seigneur dans l’état de servitude et
trouve cet état identique à l’état seigneurial. Il n’a que
faire de ces états car sa réalité dépasse la seigneurie et
la servitude (…) Il est à lui-même sans lui-même (…) Le
sage est celui qui connaît mais cela n’est qu’une
expression, il est identique à l’objet de sa connaissance
.L’objet de connaissance n’est qu’une expression , il est
identique à celui qui connaît .Connaissant et connu ne sont
que deux mots illusoires , il n’y a ni connaissant ni connu
.Voici la réalité sans réalité et voici l’ultime limite de
la connaissance qui n’est que perplexité et ignorance ( … )
le sage est au-delà de l’espace et du temps , ce Monde çi et
l’autre lui sont indifférents , le paradis et l’enfer lui
sont indifférents .Ecoute bien il n’y a pas lieu d’être
prolixe .rappelle toi de Dieu sans en faire une idole.
Abandonne ton moi sans t’oublier .respecte la Loi sans
aucune intention ni aucune prétention et évite ce que la Loi
t’interdit sans jugement ni crainte .Sois bon sans
t’attacher à tes actes et sois satisfait de ce qui t’arrive
sans t’y attarder .profite du plaisir licite sans oublier la
réalité qui s’y cache et ne t’enorgueillis pas de la
découverte de cette réalité .Ne sois ni présent , ni absent
, ni serviteur , ni seigneur , Sois et ne sois pas .Suis les
directives du plus parfait des envoyés .Ne distingue pas
Muhammad de la vérité mais ne limite pas la vérité à
Muhammad .Voici la perfection de la perfection de la
perfection. Dieu connaît mieux la réalité des choses. Il est
la réalité des choses. Paix .( « L’épître sur le sage (
Resâle-Ye ‘aref ) du maître de l’itlâq Khâje Khord ,
originaire de la région de Kaboul et qui vécut au XVIIIe
siècle ).

SOUK
Le terme est issu de l'arabe "sûq" qui signifie "
marché " . Le mot désigne d'abord le centre économique
traditionnel de la ville musulmane, mais c'est aussi un
terme général désignant tous les lieux d'échanges
commerciaux et de production artisanale .

SULTAN
Terme d'origine arabe et qui renvoie , dès le Coran , à une
autorité morale (parfois à Dieu lui-même ) ou donne le droit
de faire une assertion religieuse. Par la suite le terme
évoque une autorité gouvernementale , la souveraineté. Chez
les arabes il désigne de façon impersonnelle le pouvoir
plutôt que le détenteur du pouvoir lui-même . A partir du
XIe siècle il désigne un prince puissant et indépendant .
Les Seljukides en firent le titre personnel du souverain.
Après la chute du califat de Bagdad , le titre de sultan fut
adopté par divers souverains musulmans , notamment par les
Mamluks d'Égypte . Le titre ne fut porté que par des
souverains sunnites, les chiites utilisant eux le terme de
Shah.

SUNNA
:
Le substantif " sunna " signifie " Coutume
ancestrale et consacrée ". Appliqué à Mahomet : "
L'ensemble des dicts , des comportements , des façons de
manger et de boire, de se vêtir, de s'acquitter de ses
devoirs religieux, de traiter les croyants et les infidèles
. "
Ce sont des récits colportés oralement ( "hadith " )
et formant une sorte d' " Imitation du Prophète ". Avec le
Coran , la Sunna forme l'un des deux fondements du dogme et
de la Loi de l'Islam.

SUNNISME
C'est la doctrine de ceux qui se présentent comme les "
Ahl al-sunna wa-l-jammâ'a " , c'est-à-dire " les
partisans de la Sunna et de l'union communautaire " ou ,
plus simplement , " Les partisans de la Sunna "
.Majoritaires dans le monde musulman , les sunnites se
définissent comme orthodoxes et s'opposent aux autres
courants par le rôle qu'ils accordent à la Communauté ( "
Ummâ " ) et à sa tradition à laquelle ils recourent pour
compléter l'enseignement du Coran .Ils considèrent le "
hâdith " comme base de la Loi. Sur le plan doctrinal, les
sunnites s'en tiennent à la lettre du texte de la
Révélation. Dans le domaine politique , ils sont partisans
d'un califat électif basé sur le libre choix ("ikhitiya
" ) plutôt que sur la désignation testamentaire ( "nass
" ) adoptée par les chiites .

TURBE
Ce terme désigne chez les turcs le mausolée. Théoriquement
l'Islam interdit les tombes ornées et le culte funéraire
.Les turcs n'ont jamais respecté cette interdiction et chez
eux le culte des morts est demeuré très vivace .En Iran ,
comme en Anatolie les mausolées occupent une place
importante dans l'architecture .Les turbés sont édifiés au
carrefour des routes , sur les places publiques ou près des
médresés. Ces édifices ont un plan polygonal ou
circulaire .Ils sont surmontés d'une coupole et ils
comprennent deux étages : le sous-sol contient le caveau
funéraire et la partie supérieur constitue un oratoire
auquel on accède par un escalier extérieur .Réalisés en
pierre de taille , ces mausolées sont pourvus d'une
décoration exubérante base sur des motifs floraux ou
géométriques.

UMAYYADES
C'est la première dynastie califale qui régna de 660 à 750.
Les Umayyades étaient des arabes descendant des
Qurayshites , comme Mahomet , mais ils appartenaient à
un famille riche .Les Umayyades d’Orient sont les créateurs
de la première dynastie califienne de l’Islam qui régna de
660 ( prise du pouvoir par Mu’awiya ) ) 750 ( date de la
révolution abbasside ).Sa capitale était Damas .Elle fut
renversée brutalement sous l’effet conjuguée des
difficultés économiques et sociales .Un de ses membres ,
échappé au massacre , devait fonder plus tard la dynastie
Umayyade d’Occident .Les Umayyades d’Occident sont une
dynastie d’émirs indépendants , puis de califes , qui régna
en Espagne de 756 à 1031 .Ca capitale fut Cordoue et elle
connut son apogée sous le règne de Abd Al-Rhaman III qui se
proclama calife en 929 .

VOILE
Le terme hijab (حِجَاب, hijâb) est issu de la racine
hajaba, « dérober au regard, cacher », et désigne
« tout voile placé devant un être ou un objet pour le
soustraire à la vue ou l'isoler ». Il prend donc également
le sens de « rideau », « écran ». Le champ sémantique
correspondant à ce mot est donc plus large que pour notre
équivalent français « voile » qui couvre pour protéger ou
pour cacher, mais ne sépare pas. le mot « hijab » est
utilisé sept fois dans le Coran. Dans aucun cas il ne fait
référence au vêtement féminin, pour lequel d'autres formules
sont utilisées. En revanche, le mot hijab à le sens de
« rideau » pour désigner l'isolement imposé aux épouses du
prophète Mahomet, sourate 33, 53 :«Quand vous demandez un
objet aux épouses du prophète, demandez-le de derrière un
voile ! Cela est plus décent pour vos cœurs et leurs cœurs. »
Cette séparation, d'abord réservée aux femmes du prophète
Mahomet, se seraient ensuite étendue aux femmes musulmanes
libres.
Il est toutefois important de préciser que le voile n'est
pas une pratique spécifiquement musulmane, mais plutôt arabe
et antérieure à l'Islam. Il est d'ailleurs pratiqué dans
d'autres aires culturelles et religieuses. Il a pour premier
but de marquer les différences sociales, la respectabilité,
le sacré. Le terme « voile » en français, celui que l’on
porte sur la tête est abordé deux fois dans le
Coran :Sourate 24, versets 30,31 : «Dis aux croyants de
baisser leur regards, d’être chastes, ce sera plus pur pour
eux. Dieu est bien informé de ce qu’ils font. Dis aux
croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne
montrer l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs
« voiles sur leurs poitrines », de ne montrer leurs atours
qu’à leurs époux ou à leur pères, ou aux pères de leurs
époux, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs époux, ou à
leurs frères, ou au fils de leurs frères, ou aux fils de
leurs sœurs ».
Le texte sacré invite donc les femmes à ne pas montrer leurs
seins et rabattre leurs amples vêtements sur leurs poitrines
à se dévoiler que devant les leurs ; à ne pas avoir de
comportement provocateur, aussi bien les hommes que les
femmes. Le Coran vise d’abord à la préservation sociale, il
invite plus à la bienséance qu’à la pudeur avec la
connotation sexuelle, du moins lorsqu’il traite des habits.
Les injonctions qui visent à la bienséance vestimentaire des
deux sexes :La sourate 32, verset 59, le Coran donne une
liste précise de ce qu’il faut faire et à qui cela
s’adresse : « ô Prophète, dis à tes épouses, à tes filles
et aux femmes des croyants, de se couvrir de leurs “voile” :
c’est pour elle le meilleur moyen pour se faire connaître et
de ne pas être offensée. Dieu est celui qui pardon, Il est
miséricordieux ». Le mot traduit par le voile dans
beaucoup de traductions de qualité est en réalité, en arabe
« jalbibihenna », qui est un possessif féminin
pluriel de « djellaba » (galabeyya en
égyptien).L’objet de cette sourate n’est pas de
« camoufler » d’éventuels charmes féminins mais de permettre
aux femmes, anciennement objet de convoitises réductrices de
leurs libertés, d’affirmer qu’elles sont libres.

ZIYADA
Cour entourant une mosquée sur des quatre côtés .



|
LE MONDE ISLAMIQUE SUR LE NET
|
Le
Monde arabe
http://www.imarabe.org/perm/mondearabe/theme/
Convertisseur bi-directionnel d'une date du
calendrier
Julien-Grégorien en date du calendrier Hégire Arabe
(calendrier lunaire)
http://www.aly-abbara.com/utilitaires/calendrier/calendrier_hijir.html
Alphabet arabe
http://www.aly-abbara.com/litterature/Alphabet_arabe/Alphabet_arabe_image.html
Calligraphie arabe (les différents styles de
l'écriture arabe)
http://www.aly-abbara.com/litterature/Alphabet_arabe/calligraphie_arabe/calligraphie_arabe.html
Textes
sur l’Islam et la conquête arabe ( Cliotexte )
http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliotexte/html/islam.conquete.html
La
culture arabo-andalouse
http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/9900/bin08/welcome.htm
Le
Terrorisme ( «Les 100 clés du Proche-Orient » de A.Gresh &
D.Vidal )
http://www.monde-diplomatique.fr/livre/centcles/terrorisme
Le
Chiisme ( « Les 100 clés du Proche-Orient » de A.Gresh &
D.Vidal )
http://www.monde-diplomatique.fr/livre/centcles/chiisme
Moyen-Age en pays d’Islam (site B.N.F )
http://classes.bnf.fr/dossitsm/islam.htm
La
Mosquée Ibn Tulun au Caire ( fiche avec plan )
http://membres.lycos.fr/coll3/cinquieme/mosquee/mosquee.html
Les
bases de l’Islam
http://home.nordnet.fr/~fhespel/bases.htm
Cours
du Professeur G.Mutin sur le Monde arabe
http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Enseignements/Cours/AgregGeo/sommaire.html
The three phases of arab history
http://www.cin.org/bushra/mag1196/0896saad.html
Islam and islamic history in Arabia and the Middle East
http://www.islam.org/mosque/ihame/Sec1.htm
Cartes
de l’histoire et du monde musulman
http://arabesques.ifrance.com/arabesques/cartes/index.html


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