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Petit lexique de l'Islam et de la civilisation islamique

 

 

"L'Islam est idéologie et foi, patrie et nationalité , religion et état, esprit et action, livre et épée" ( Hassan Al-Banna )
 

 

 

 

 


ABBASSIDES

C’est la deuxième dynastie califienne l’Islam qui régna  de 750 ( chute des Umayyades ) à 1258 ( prise de Bagdad par les mongols ) .Les califes abbassides résidèrent toujours en Irak, dont ils avaient fait la province centrale de leur empire .Il résidèrent à Bagdad , fondé en 762 .Au fil des années les califes perdirent leur autorité sur de nombreuses provinces et furent contraints de reconnaître à certains gouverneurs investis par eux une certaine indépendance  (Aghlabides, Tâhirides, Saffârides , Samanides, Toulounides , etc… ) et parfois , d’assister, impuissants, à la sécession de certaines provinces : Andalus , Maghreb, Égypte des Fatimides , …

 


 
ABRAHAM

Le prophète de l’Ancien Testament est mentionné par le Coran sous le nom d’ « Ibrahim al-Khalil » ( « L’ami de Dieu » ).Il est considéré comme l’ancêtre des Arabes par son fils Ismaël et le constructeur de la Ka’ba. Il est considéré comme le représentant le plus parfait de la religion monothéiste avant que celle-ci ne soit dénaturée par les juifs et les chrétiens et rétablie dans son intégrité première par le prophète Muhammad.

 

AGHLABIDES

Dynastie de gouverneurs relativement autonomes qui dirigea l'Ifriqiya au IXe siècle  au nom des Abbassides. Elle installa sa capitale à Kairouan et fit construire successivement deux autres capitales : al-Abâssiyya et Ruqâda .

 

ALCAZAR

Mot espagnol issu de l'arabe "al-qasar " qui signifie "maison", "palais fortifié"  et qui vient lui-même du latin " castrum " .

 

 

ALI 

Cousin et gendre du Prophète , il avait épousé sa fille Fatima , il fut un des compagnons de la première heure et le quatrième des califes Rashidun. Il fut à l’origine de l’éclatement de l’ « umma » et de la naissance du Chiisme .

 

ALLAH

C'est le nom du dieu unique prêché par Muhammad  et dans lequel on peut reconnaître une forme contractée  de " al-ilâh " (en hébreu : " Elohim ") , " le dieu " . Dans l'Arabie préislamique ce  nom était déjà en usage . Il y représentait moins un dieu particulier que la divinité en général incarnée dans une multitude dieux locaux et/ou tribaux . L'objectif de la prédication muhammadienne a été de faire accepter l'unicité d'Allah et une des premières sourates du Coran  ( sourate CXIII ) appelle le prophète à proclamer qu'Allah est unique : " Il n'engendre pas et il n'est pas engendré " . Le Dieu de l'Islam, du fait qu'il est unique , est tout naturellement pourvu de toutes les perfections imaginables .Ces perfections sont exprimées dans le Coran par les qualificatifs que Dieu se donne : le "Très Saint " , le "Très Haut " , le "Protecteur " , le " Donateur " , ... Dieu est vivant et éternel ( " Le vivant qui ne meurt point " ( XXV, 58 ) ).Il est tout-puissant et les cieux et la terre lui sont soumis  ( "Le Roi " , " Le Seigneur des Mondes " , "le Vainqueur " , etc... ).Il est omniscient  (" le Bien- Informé " , " le Témoin " , " le Vigilant " , ... ). Dieu est juste ce qu'il signifie qu'il agit conformément à ce que la raison du croyant lui dit être la justice. Cette justice est censé se manifester au dernier Jour lorsqu'il récompensera ceux qui  auront cru  en lui et agi en son nom. Dieu est bon et sa bonté se manifeste dans l'aide qu'il apporte aux hommes relativement à leur salut dans l'Au-Delà , autrement dit sa grâce. Il est aussi " Celui qui pardonne" . Par ailleurs Dieu n'est pas un corps et il n'as pas de forme .De fait il ne saurait ressembler à rien de ce qui existe .De ce fait l'Islam a , dès l'origine , prohibé toute forme de représentation figurée de Dieu .Dieu est créateur et il a créé tout ce qui existe .cette création étant conçu comme ex nihilo. Tout au long de l'histoire de l'Humanité Dieu n'a cessé de susciter des prophètes au sein de l'Humanité pour rappeler cette dernière à la vraie religion. Parmi ces prophètes il y a naturellement Moise , l'homme de la Tora et le prophète le plus souvent cité dans le Coran, mais aussi Jésus , Noé , Aaron , Abraham ( que le Coran présente comme le premier  " soumis "  (" muslim " , autrement dit " musulman " ), Ismaël, Isaac, Jacob, Joseph , David , Salomon , ...

 

AMIR AL-MU'MININ

"Commandeur des croyants " ( terme d'origine arabe ). C'est depuis Umar ( 2e calife ) un titre honorifique réservé au Calife .

 

ANDALUS 

Le terme, d’origine obscure , désignait dans le monde médiéval la partie musulmane de la péninsule ibérique .Sa population en était fort diverse incluant des autochtones convertis ou non à l’Islam , des arabes musulmans , des berbères , des esclaves noirs et slaves . Andalus fut le siège de diverse dynasties locales dont celle des Umayyades d’Occident .

 

 

ANICONISME 
( 'adm tajoid al-Lah )

Proscription de la fabrication de toute «forme » ou «image » (en arabe « surâ ») d’être vivant. Le Coran lui même n'y fait pas allusion, même si les violentes diatribes qu'il contient contre la religion arabe païenne impliquent bien entendu la destruction des idoles Ce sont en fait les dires et les instructions édictées par le prophète Muhammad, les « hadiths » qui en ont fait état, et ont suscité la jurisprudence dans ce domaine. Le prophète a en effet déconseillé l'utilisation de tout objet décoré d'un quelconque motif figuratif. La tradition rapporte qu'il demanda à l'une de ses femmes d'enlever une étoffe décorée de la pièce où il s'apprêtait à accomplir la prière, afin de ne pas risquer d'être distrait. Ailleurs, Muhammad affirme que l'Ange de la Révélation refusait de s'approcher de sa demeure si elle abritait une quelconque image. Enfin, il menaça les artistes d'avoir à comparaître devant Dieu au Jour du Jugement, d'être mis en demeure de donner vie à leurs oeuvres et, devant leur incapacité à le faire, d'être confondus et précipités dans les tourments de l'enfer. Ces quelques traditions, et d'autres encore, ont amené les musulmans dès les générations les plus anciennes, à considérer la reproduction figurative comme condamnable et à préférer les motifs stylisés, du moins s'agissant d'art religieux. Cette répugnance à représenter Allah sous quelque forme que ce soit trouve très probablement son origine dans la volonté de l'Islam naissant de se démarquer du polythéisme idolâtre pré-islamique. Cette méfiance envers l'anthropomorphisme divin s'est ensuite tout naturellement étendue  à la personne du Prophète elle-même. Il faut cependant  relativiser le caractère  absolue de cette interdiction. Cette dernière fut en effet transgressée à de nombreuses reprises  dans l'iconographie soufi, dans les enluminures persanes et turques ainsi que dans les écrits des grands exégètes du Coran comme Tabari ou Ghazali.

 

ARABESQUE 

Type d’ornementation spécifiquement islamique, apparu dans l’art abbasside ,  consistant en stylisations d’origine végétale  animées d’un mouvement rythmique et visant à recouvrir entièrement la surface à orner .

 

ASIE MINEURE

C'est d'abord le nom que les Anciens donnaient à la partie occidentale de l'Asie , au sud de la Mer Noire. Géographiquement " Asie Mineure " correspond à l'Anatolie . C'est un pont terrestre entre l'Asie et l'Europe .C'est un monde intermédiaire qui a connu une infinie diversité de civilisations, de peuplements , de migrations , de religions .

 

 

«ASSASSINS» (« NIZARITES», «HASHASHINES») 

 

Les Nizârites,Hashâchines, ou Assassins, étaient une secte militante musulmane (shii’te ismaélite) active du VIIIe siècle au XIVe siècle. Mais c'est surtout à partir du XIe siècle (en 1094, à la suite d'une scission importante dans le courant ismaélite) et pendant tout le Moyen Âge, en Perse et en Syrie, que se firent le plus remarquer les Hashâchines (ou  H'ashashines », nommés ainsi par les Croisés), sous l'influence de leur chef Hassan al Sabah' (aussi appelé le « Vieux de la Montagne », ou le « Vieil Homme de la Montagne »), à partir du fort Alamut, au Sud-ouest de la mer Caspienne. À la fin du Moyen-Âge, leur quasi-disparition a coïncidé avec l'essor de la branche principale (quinze millions de fidèles de nos jours) de l'ismaélisme ; leurs descendants actuels sont les Ismaélites, avec à leur tête l'Aga Khan.

 

BARAKA  

Le terme signifie bénédiction, chance, destin favorable. Cette force bénéfique est d'origine divine. Le terme peut aussi désigner la force dont sont pourvues les saints hommes et qu'ils peuvent transmettre. Enfin cette force peut imprégner  des lieux ou des objets considérés comme sacrés. Le musulman peut obtenir ce charisme en se rendant en pèlerinage dans un lieu saint.

 

BASMALA (ou "BISMILLAH")

C’est une formule empruntée à la sourate liminaire du Coran qu’il est recommandé aux musulmans de répéter  en de nombreuses circonstances de la vie  et par laquelle débutaient généralement tous les textes et les documents écrits. Cette  formule qui figure au début de chaque sourate du Coran  : " Biçmi-Llêh Er-Rahmêne Er-Rahîm " (بسم الله الرحمن الرحيم), signifie littéralement : " Au nom de Dieu , l’Origine , l’Arrangeant ", traduite par : «  Au nom de Dieu , el Clément , le Miséricordieux ».La raison d'être de cette ouverture appelée « basmala » (بسملة) est de rappeler que toute chose commence et se fait " Au Nom de Dieu ". C'est d'ailleurs pour cette raison que les Musulmans ont pour habitude de faire précéder leurs faits et gestes par " Biçmi-Llêh " : "Au nom de Dieu " (بسم الله)

 

BAZAR

C'est un marché marqué par une forte spécialisation professionnelle et une forte concentration spatiale .Le bazar ottoman n'est pas seulement un lieu spécialisé dans l'échange de marchandises , il concentre aussi un certain nombre d'activités artisanales et industrielles .C'est aussi le centre névralgique autour duquel s'organise la cité turque : on y trouve souvent une mosquée , ainsi que des bains. Il peut aussi se réduire à un simple alignement de boutiques de part et d'autre d'une rue .Pour protéger les chalands contre les rigueurs du soleil , certaines rues pouvaient être couvertes .Dans les grands cités chaque métier , chaque type de commerce , occupait une rue particulière et certaines rues pouvaient être fermées la nuit et placées sous la surveillance de gardiens .Une ville disposait généralement de plusieurs bazars mais le principal se trouvait à proximité du bédesten , la partie la plus active du centre commercial .


 

Bédesten , Edirne , Turquie

 

BEDESTEN

Le terme original est "bezistan ".C'est la partie du bazar où étaient vendus les textiles ( le mot "Bez " désigne encore aujourd'hui une fabrique de lin ou de coton  et "Bezzar " désigne le vendeur de textile).

 

BERBERES : 

Ce sont des ethnies regroupées en tribus indépendantes et localisées pour l’essentiel dans les zones montagneuses du Maghreb. Les berbères furent islamisés dès le VIIIe siècle mais ils restèrent rebelles vis-à-vis du pouvoir. Ces populations ne se désignent pas comme «berbères », terme qu’elles ignorent, mais comme «Imazhigen » («Hommes libres ») .Leur langue est le tamazghit qui se subdivise en trois ensembles distincts : -le riftaintarifit »), le brabertamazghit») et le chleuh  (« tachelhit »).

 
 

CALIFAT

Le terme "Calife" est issu de l’arabe «Khalifa » («successeur » et par extension "vicaire", "lieutenant" ). Le terme désigne les successeurs de Muhammad à la tête de l’état musulman. C'est une institution musulmane née au lendemain de la mort du Prophète (632) pour désigner la charge assurée par Abu Bakr , le premier successeur de Mahomet  et chef temporel de la Communauté  des Croyants.
 

 

Califes Abbassides en Irak

Califes Abbassides du Caire

al-Saffâh

749-754

al-Mustansir

1261

al-Mansûr

754-775

al-Hakîm Ier

1261-1302

al-Mahdi

775-785

al-Mustakfi Ier

1302-1340

al-Hâdi

785-786

al-Wâthiq Ier

1340-1341

Haroun al-Rachid

786-809

al-Hakim II

1341-1352

al-Amîn

809-813

al-Mu`tadid

1352-1362

al-Ma'mûn

813-833

al-Mutawakkil Ier

1362-1377

al-Mu'tasim

833-842

al-Mu`tasim

1377

al-Wâthiq

842-847

al-Mutawakkil Ier

1377-1383

al-Mutawakkil

847-861

al-Wâthiq II

1383-1386

al-Muntasir

861-862

al-Mu`tasim

1386-1389

al-Mustaìn

862-866

al-Mutawakkil Ier

1389-1406

al-Mu`tazz

866-869

al-Musta`in

1406-1414

al-Muhtadi

869-870

al-Mu`tadid II

1414-1441

al-Mu`tamid

970-892

al-Mustakfi II

1441-1451

al-Mu`tadid

892-902

al-Qâ'im

1451-1455

al-Muktafi

902-908

al-Mustanjid

1455-1479

al-Muqtadir

908-932

al-Mutawakkil II

1479-1497

al-Qâhir

932-934

al-Mustamsik

1497-1508

al-Râdi

934-940

al-Mutawakkil III

1508-1516

al-Muttaqi

940-944

al-Mustamsik

1516-1517

al-Mustakfi

944-946

al-Mutawakkil III

1517

al-Mutï`

946-974

-

-

al-Tâ'i`

974-991

-

-

al-Qâdir

991-1031

-

-

al-Qâ'im

1031-1075

-

-

al-Muqtadi

1075-1094

-

-

al-Mustazhir

1094-1118

-

-

al-Mustarshid

1118-1135

-

-

al-Râshid

1135-1136

-

-

al-Muqtafi

1136-1160

-

-

al-Mustanjid

1160-1170

-

-

al-Mustadi

1170-1180

-

-

al-Nâsir

1180-1225

-

-

al-Zâhir

1225-1226

-

-

al-Mustansir

1226-1242

-

-

al-Musta`sim

1242-1258

-

-

 

CHARI'A
 

C'est la " Voie à suivre "  ( "Loi de l'Islam") .C'est un ensemble de prescriptions auxquelles le musulman doit se soumettre  dans les domaines  de la religion, des relations sociales et des questions juridiques. La Chari'a est fondée sur trois éléments  : - Le Coran ( 114 sourates  ou chapitres et 6226 versets ). C'est la parole de Dieu  ( Allah ) révélée en arabe  par l'archange Gabriel (Jebril ) au Prophète de Dieu  Mahomet (Mohammed en arabe),  La Sunna  ( "Tradition du Prophète " )  qui est composée de hadiths  ("courts récits ") rapportant ses paroles, conseils, gestes, comportements  , -Le Fiqh (racine signifiant  " connaître ", "examiner"), c'est à dire le Droit musulman élaboré par les fuquahû (singulier : "Fiqh ")  " jurisconsultes-théologiens"  qui interprètent la façon dont il convient d'appliquer la Loi .

 

CHIISME

En arabe  "shî'a " , c'est-à-dire  "shî'a Ali " ou "parti de Ali" .C'est un mouvement politico-religieux  largement répandu aujourd'hui dans le monde musulman. La naissance  du chiisme  résulte  du refus de certains musulmans  d'admettre la légitimité des dynasties Omeyyades et Abbassides et de la volonté de réserver le califat, c'est-à-dire la direction de la communauté ("Ummâ ") à Ali et à ses descendants. C'est à partir de cette opinion divergente sur le choix de l'imam que s'individualisa le chiisme.

 

CORAN

Le terme "Coran", en arabe "qur'ân", signifie "récitation ". Le terme arabe , emprunté au syriaque, signifie : "récitation à voix haute ".C'est vers la fin de la prédication de Mahomet que le terme prit le sens  d' "Écriture"  (alternant souvent avec le terme " Kitab"  ("texte écrit, lire"). Le terme fut malencontreusement transcrit  jusqu'au XVIIIe siècle en : "Alcoran", "Alkoran", "El Koran ", etc... d'où , en français , l'orthographie de "Coran" encore usitée de nos jours. Il désigne l'ensemble des révélations transmises par le prophète Muhammad et mises par écrit après sa mort, constituant ainsi une des bases fondamentales de la doctrine musulmane. Le terme "quara'â "  ( "lire", "réciter")  apparaît souvent dans le texte du Coran et, en particulier, dans un verste considéré comme le plus ancien  (Coran , XCVI, 1) où le Prophète reçoit de Dieu l'ordre suivant : " Récite au nom du Seigneur qui créa" .Les premières révélations se situeraient vers 612. Elles durèrent vingt ans  ,avec des interruptions plus ou moins longues, pour s'achever à la mort du Prophète  le 13 rabî I de l'an 11 de l'Hégire (8 juin 632). Le Coran comprend des chapitres appelés "sourates" (de l'arabe "sura") composés de versets ("aya"). Du vivant de Mahomet les messages révélés étaient transmis par le bouche à oreille. Après l'installation de Mahomet à Médine , on commença à les noter, de manière très épisodique, sur des supports variés  (omoplates de chameaux, morceaux de cuir, ...). Selon la tradition le premier exemplaire du Coran (un "corpus" des notes prises et conservées par les premiers adeptes ) aurait vu le jour vers la fin du califat d'Abu Bakr , aux environs de 634 .L'ancien secrétaire du Prophète, Zayd Ibn Thabit aurait procédé à une compilation des paroles de Muhammad. L'établissement d'une version officielle ( "Vulgate" ) survint sous le califat de Uthman (644-656). Le Coran comprend 114 sourates de longueur variable, divisées en versets  dont le nombre varie de 3 à 287. Les sourates les plus longues se trouvent au début du livre et les plus brèves à la fin. Le classement ne correspond pas à l'ordre chronologique supposé de la prédication. Aussi certains exégètes musulmans  ont cherché à reconstituer l'ordre chronologique des sourates en distinguant les sourates mekkoises et les sourates médinoises.

 

DAR EL-ISLAM

Le terme signifie "territoire de l'Islam" .On utilise aussi le terme "Dar es-Salam " ( «Le territoire de la Paix" ) .C'est celui de la Umma  ( "La Communauté des croyants " ) qui s'oppose au " Dar el-Kufr " ( "Le territoire de l'impiété " ) ou " Dar el-Harb "  ("Territoire de la Guerre ") .Ce terme fréquent chez les premiers musulmans fut repris par des contemporains comme Hassan El Banna , fondateur en 1928 des Frères musulmans  (Égypte) , et par l'Ayatollah Khomeiny . Il inspire l'action de l'Arabie Saoudite  et de la Ligue Islamique mondiale qu'elle a constitué en 1961.

 

DERVICHE

Ce terme désigne dans le monde musulman le membre d'une communauté religieuse  (Tarika) se rattachant au Soufisme et dirigée par un Cheik. Le rite religieux, commun à toutes les confréries , le Dikr ( Commémoration d'Allah) provoque une forte excitation religieuse , soit à l'aide d'excitants, soit par un état de transe obtenu par les cris, la musique, la danse  éventuellement tournante .En Turquie les communautés de derviches  ont été dissoutes par Atatürk dans le cadre de sa campagne pour la laïcisation de la République. Elles subsistent cependant sous la forme d'associations plus ou moins tolérées.

 

ÉMIR 

En arabe «amir » : «Celui qui est revêtu de l’autorité »  («amr »), « commandant ». Le terme désigne les chefs militaires et les gouverneurs de province chargés du commandement des troupes et de la direction de la prière.

 

FATIMIDES  

Dynastie califienne qui régna d’abord en Ifriqiya, puis en Égypte de 909 à 1171 ; elle prétendait descendre de Ali et Fatima  et fut soutenue par un mouvement chiite extrémiste, l’Ismaïlisme .Au début du Xe siècle un émissaire du mouvement chiite ismaélien Abû Abd Allah s’installe dans le Maghreb et parvient, avec l’appui des berbères, à battre en brèche l’autorité des gouverneurs aghlabides d’Ifriqiya et à s’emparer de leur capitale Rakkada. Il y fait proclamer calife un syrien Ubayd Allah. Il se prétendait descendant d’Ismaël lui-même, lui-même descendant d’al-Husayn, fils d’Ali et Fatima, d’où le nom de Fatimides que se donnèrent les membres de la dynastie. La dynastie régna quelques temps sur l’Ifriqiya avant de se lancer dans la conquête de l’Égypte en 969 par le général fatimide Djawhar, fondateur du Caire. La fondation de la ville s’accompagna de la création de la mosquée Al-Azhar  qui fut pendant des siècles un ventre actif de propagande  fatimide ismaélien avant de de venir un des centres majeurs d’enseignement de la doctrine sunnite .

 

FEMME

Dans l'Islam le doit religieux ( Fiqh) considère sur plusieurs points que la femme n'est pas l'égale de l'homme. Le mariage place la femme dans une totale soumission vis-à-vis de son mari qui peut la répudier unilatéralement. Dans le domaine juridique le témoignage d'une femme équivaut à la moitié seulement du témoignage d'un homme. Par ailleurs la fille ne peut percevoir, en héritage, que la moitié de la part qui revient à son frère. Enfin les règles de préséance interdisent à la femme de se montrer sans voile à un homme qui n'est ni son mari ni un membre de la famille (cf.-"voile").

 

 

FONDAMENTALISME

C'est la volonté d'un retour aux textes fondateurs de l'Islam (Coran et hadiths ).Le Fondamentalisme peut fusionner avec l'Islamisme  quand il manifeste la volonté d'imposer à la société et à l'état le modèle théocratique qui caractérisait l'Islam des origines. Ce modèle originel est d'autant plus rigoureux qu'il se réfère à un Islam idéalisé  et largement réinterprété en fonction des présupposés politiques de ses auteurs.

 

HADITH /  HADIT
(pluriel Ahadith / Ahadît ) 

Le terme, qui signifie "dit", "propos", "récit", désigne les paroles et les faits du Prophète transmis oralement par ses compagnons avant d’être fixés par écrit, bien longtemps après sa mort. Un "isnad", témoin auditif,  l'aurait transmis à un autre  auditeur, lequel aurait fait de même  jusqu'au " collecteur" (mouhaddit) qui l'a recueilli et consignée dans un livre. Les recueils de hadiths forment la tradition musulmane ou «Sunna». En règle générale les traditionalistes devaient citer leurs sources d’où l’indication de «chaînes » («hisnad ») d’informateurs dignes de foi («je le tiens d’un tel qui le tient d’un tel») qui doivent remonter jusqu’à un contemporain et/ou un proche du Prophète. Cependant beaucoup de traditions sont apocryphes et beaucoup de chaînes de garants ont été inventées. Seuls ont été retenus par l’Islam orthodoxe les «hadiths » dont la chaîne de garants a été jugée fiable et authentique. Le hadith est dit "qodsî" (hadith divin) quand il émane directement de Dieu lui-même. Les ahadith sont classés en fonction de leur exactitude. Un hadith authentique  est dit  "sahih" (digne de foi). On distingue aussi le hadith " bon" (hassan) et le hadith "faible", généralement apocryphe . On compte six grands recueils de ahadith (les sonnan) appelés chacun  shahih ( l'authentique).

 

HAMMAM
 

Bain à étuve présent dans le monde musulman dès les époques les plus reculées. En Turquie le hammam atteint une perfection technique qui, est restée inégalée .


 

HAN
 

Terme turc issu du persan "Khan " désignant , d'une part un gîte d'étape  sur les grandes voies de communication , d'autre part un entrepôt , puis une hôtellerie  , dans les grandes agglomérations .On distingue généralement le han urbain et le han routier .Le han routier est fréquemment désigné par le terme  de "Kervansaray " .Il est né du besoin d'assurer le repos et la protection des marchands contre le pillage dans les régions peu sûres .C'est une construction quadrangulaire , souvent à deux étages , pourvue de tours massives .Il a l'apparence d'un fortin dont il se distingue par un portail monumental plus ou moins décoré .A partir d'une cour centrale s'ordonnent  un rez-de-chaussée avec des dépôts , des magasins , des écuries .A l'étage des chambres et des bureaux s'ouvrent sur une galerie entourant la cour .Quant au han urbain c'est un entrepôt , un lieu de transactions commerciales situé au centre la zone commerçante de la cité et dont l'ordonnance n'est pas sans évoquer l'agora grecque .Le han est parfois une fondation pieuse et constitue alors une source de revenus au profit d'une médressé  ou pour l'entretien d'une mosquée .

 

HARAM
 

Salle de prières des mosquées

 

HAREM

Ce terme d'origine arabe renvoie à la notion abstraite de ce qui est interdit : ce n'est pas forcément une idée d'enfermement mais plutôt d'inviolabilité .Par extension il désigne dans le monde musulman les appartements des femmes  , des enfants , des concubines et des servantes , à l'arrière-plan des parties de la demeure consacrées à la vie publique du chef de famille. Dans les palais ottomans le terme désigne la partie où habitent la famille et les esclaves du Sultan. Le Harem ottoman comportait des esclaves ( originaires d'Europe , d'Asie et d'Afrique ) sous l'autorité de la Sultane - valide  ( sultane mère )  et de l'Agha noir  ( "Agha de la demeure de Félicité " ) et sous la protection des eunuques blancs du Caucase  et des eunuques noirs du Soudan .

 

«  HIJRA »

( +  Calendrier musulman )

En français «Hégire » («expatriation»).Le terme désigne l’exil de Muhammad et des premiers musulmans, chassés de la Mekke ,  à Yathrib  (Médine («  Madinat al-Nabî » ("ville du prophète") ).La date de cet événement fondateur fut fixée au 16 juillet 622 par le calife Abu Bakr . Cette date marque le début de l’ère musulmane et de son calendrier . Cette date fut choisi en 637 par le Calife Omar qui préféra cette date plutôt que l'année de naissance du prophète Muhammad (570 ou 571).Le calendrier musulman a été adopté, sous sa forme actuelle, vers 632 après J.-C. Il définit l'ère musulmane dont l'origine, 1er jour de l'an 1 (Hégire), correspond au vendredi 16 juillet 622 julien. C'est un calendrier de type lunaire. Les années sont de 12 mois. Le cycle lunaire des musulmans est de 30 ans. Il comporte 19 années communes de 354 jours et 11 années abondantes de 355 jours. D'une année à l'autre le début de l'année musulmane se décale donc de 10 à 12 jours par rapport aux saisons (en moyenne de 10.875523... jours par an). A l'intérieur d'un cycle les années abondantes sont les années numérotées 2, 5, 7, 10, 13, 16, 18, 21, 24, 26, 29.Le cycle actuel a commencé le 1 Muharram de l'an 1411 de l'ère musulmane qui correspond au mardi 24 juillet 1990. Les mois sont d'une durée de 30 et 29 jours alternativement, le premier mois de l'année étant de 30 jours et le dernier de 29 jours (année commune) ou 30 jours (année abondante). La durée moyenne du mois (29,530556 jours) est voisine de celle de la lunaison.

Pour obtenir une date d’après une date donnée en année de l’Hégire on doit multiplier  cette dernière par 0,97 et ajouter  62,5 au résultat obtenu .On peut aussi multiplier l’année de l’Hégire par 2,977, puis diviser  ce résultat par 100 et soustraire ce quotient de l’année de l’Hégire. Pour trouver une date universelle d’après une année de l’Hégire il faut soustraire de celle-ci le nombre 622, multiplier le résultat par 1,0307 et ajouter 0,46. Quand il reste des décimales on ajoute 1.

 
 

IFRIQIYA

Mot arabe ( du latin " Africa " ) désignant la partie orientale du Maghreb. Ses frontières géographiques sont assez floues . A l'origine cette appellation faisait référence à la région comprise entre Tripoli et Tanger .


 

IMAM

Dans le sunnisme l'imam , qui est un laïc et non un clerc , condit la prière à la mosquée et prononce le prêche. Dans le chiisme l'imam est dépositaire de l'autorité religieuse .

 
 

ISLAM

Religion monothéiste à révélation scripturaire apparue en Arabie au VIIe siècle .Dans le Coran c’est le nom attribué à la religion prêchée par le Prophète Mahomet ( «La religion , aux yeux de Dieu , est l’Islâm » ( Coran , III , 17 ) ) .En Occident , et par extension , le terme en est venu à désigner le monde auquel cette religion s’est étendue au fil des siècles .Le terme arabe signifie étymologiquement «  soumission à Dieu » et le terme « muslim » (au pluriel : «muslimûn ») , nom d’agent correspondant au terme « islam » était appliqué à ceux  qui avaient adhéré à cette religion .On a souvent tendance à considérer l'Islam comme un tout monolithique  et immuable .Il n'en est rien et l'Islam a connu des schismes , des périodes de grandeur et de décadence .Par ailleurs tous les musulmans (1,3 à 1,5 milliards) ne sont pas arabes (300 millions seulement) et tous les arabes ne sont pas musulmans  (il existe 10% de chrétiens arabes ) .

Il se répartit entre plusieurs  "familles d'esprit" .

Les sunnites rassemblent l'écrasante majorité des musulmans  (95% en Afrique du Nord et au Proche-Orient ). Ce sont les "orthodoxes" de l'Islam fondant leurs pratiques  religieuse sur le Coran complété par la Sunna. Ils ont reconnu l'autorité du calife  ( "Le commandeur des croyants ")  qui dirige la communauté ( "l'Umma " ) .Le Calife est le successeur et le représentant du Prophète  et il est le dépositaire de la Shari'A. Il n'y a plus de dirigeant officiel de l'Islam sunnite  depuis la disparition du califat le 4 mars 1924. Les sunnites sont subdivisés en quatre écoles : hanbalite, malékite, chaféite, hanafite. Ce sont des écoles juridiques et elles ne diffèrent pas dans la pratique religieuse d'où l'inexistence de conflits.

Les chiites forment un groupe hétérodoxe séparé de la Communauté au VIIe siècle ( "grande rupture" ou Fitna).Ils contestent les conditions dans lesquelles a été assurée la succession de Mahomet. Ils soutiennent que les successeurs du Prophète doivent être choisis parmi les membres de sa famille . La succession légitime revient à Ali, son gendre, 4e calife  et 1er imam de la communauté  chiite. Les partisans d'Ali reconnaissent l'autorité de sa famille, ses deux fils  Hassan (2e imam) et Hussein ( 3e imam), puis les descendants de Hussein. Le conflit entre sunnites et chiites repose sur la question de l'imamat  c'est à dire de l'autorité légitime dans l'Islam. La lignée des imams descendants de Hussein ne s'est pas maintenue  jusqu'à nos jours. Le dernier imam a été " occulté "  et ne reviendra qu'à " la fin des temps" , c'est le Mahdi qui inaugurera le règne de Dieu sur Terre. Les chiites sont environ 70 millions, dont 20 - 25 millions dans le monde arabe . Les plus nombreux sont les Duodécimains  ou imâmites qui reconnaissent 12 imams (Irak, Liban, Bahreïn , Émirats arabes unis). On rencontre aussi les zaydites (Yémen), les ismaéliens , les alaouites ( Syrie), les druzes (Liban) .

Les Kharijites forment un groupe à part. Ce sont les partisans d'Ali " déçus".Ils se sont séparés lors de la bataille de Siffin avec les sunnites en 657.Ils reprochent à Ali d'avoir, par faiblesse, accepté un arbitrage. Les Kharijites  forment de petites communautés  en Algérie (Mzab), en Libye (Jbel Nefoussa ) et à Oman ( Jbel Akhdar ) .

 

ISLAMISME

C'est un concept qui désigne l'utilisation politique de l'Islam. Au XIXe siècle le terme d'islamisme , plutôt que celui d'Islam, était couramment employé par analogie avec le Judaïsme et le Christianisme. Depuis la victoire de l'ayatollah Khomeiny en Iran (1979) Islamisme désigne l'Islam politique ou radical dont les partisans sont désignés comme islamistes. Ils se désignent eux-mêmes par le néologisme "islamiyoun" pour se distinguer  des simples musulmans. Ce n’est pas une théologie mais une idéologie politico-sociale prônant le retour aux valeurs traditionnelles de l’Islam et faisant son lit du discrédit qui affecte les idéologies occidentales. La « nouveauté» de l’islamisme repose sur une lecture politique de l’Islam. L’objectif des islamistes  est d’établir, à partir de l’Islam, une idéologie capable de constituer une alternative crédible  aux idéologies occidentales. Il s’agit d’une tentative de reprise en main  d’une société en cours d’acculturation et d’occidentalisation. L’islamisme repose d’abord sur le constat de la décadence  des sociétés musulmanes .Il ne s’agit cependant pas d’un combat contre la modernité, mais du rejet d’une modernité imposée de l’extérieur. Contrairement à une idée assez largement répandue en Occident  le recrutement des islamistes  s’effectue dans les classes aisées et moyennes, en milieu urbain et , fréquemment , sur les campus des universités. L’islamisme ne doit pas être considérée comme la renaissance d’un archaïsme rétrograde, mais une revendication anticolonialiste, anti impérialiste et antioccidentale qui utilise l’Islam comme tremplin d’une émancipation culturelle. L’islamisme peut être défini comme un néo-fondamentalisme violemment anti-occidental. Cette dernière particularité explique sa violente opposition à la laïcité .A l’heure actuelle rares sont les états  vraiment islamistes  (Iran, Arabie saoudite), mais la visibilité de l’extension islamiste dans les sociétés musulmanes est de plus en plus visible ( port de la barbe pour les hommes, port du voile pour les femmes, …). Les ailes extrémistes de l’islamisme, au premier rang desquelles figure Al-Qaida , n’hésitent pas à recourir à la violence et à l’action armée.


 

 

JIHAD  ( ou DJIHAD )

Le terme signifie " effort " en arabe. Au sens premier il est interprété comme l' "effort ou lutte contre soi-même pour devenir meilleur ". C'est par extension que ce terme a finit par désigner  "la Guerre Sainte". Certaines dynasties, comme celle des Almohades  (1147-1205), ont prétendu en faire le sixième pilier de l'Islam.


 

La mosquée de Kairouan

 

KA'BA 

C’est le cœur religieux de l’Islam, la partie la plus sacrée du grand sanctuaire de la Mekke, vers lequel tous les musulmans se tournent pour la prière. Ce sanctuaire, fondé par Abraham à l’époque préislamique, devint un temple polythéiste encombré d’idoles avant de retrouver sa fonction monothéiste à l’avènement de l’Islam. La Ka'ba affecte la forme d'un cube maçonné de 15 mètres de hauteur  comportant deux faces de 12 mètres et deux faces de 15 mètres. La Ka’ba fut l’objet de diverses reconstructions et restaurations qui cherchèrent toutes à conserver sa configuration initiale. La Ka’ba, depuis l’époque médiévale est recouverte d’un voile de soie («Kisw») sur lequel est brodée une inscription reproduisant la « Profession de Foi». La Ka'ba est l'écrin contenant la "pierre noire" (Al Hadjar Al-Aswad) appelée aussi " la main droite d'Allah" (Yamin Allah).La légende prétend qu'à l'origine  cette pierre, tombée du ciel, était de couleur blanche. Les péchés des pèlerins l'avaient chargée  de leurs noirceurs.

 

KAIROUAN

L"appellation vient de l'arabe "Qayrawan ", terme signifiant "place d'armes". Ville fondée en 670 par Sidi Uqba ibn Nafî. C'était une place militaire qui devait servir de base pour lutter contre les Berbères. Le fondateur de la ville y fit édifier une des plus grandes moquées du monde musulman. Ce premier édifice fut remplacé par un nouveau bâtiment en 695 , agrandi en 623 aux frais de Hisham, le calife omeyyade de Damas qui lui donna les dimensions de la mosquée actuelle. La cour et l'oratoire atteignent 80 mètres de large pour 135 mètres de profondeur .Un peu plus du tiers est occupé par la salle de prières. Celle-ci comprend 17 nefs à toit plat orientées perpendiculairement au mur de la qibla, avec une nef centrale plus haute et plus large. A l'intérieur 414 colonnes monolithes  supportent le toit. Le minaret carré remonte au VIIIe siècle. Construit en briques du côté nord, dans l'axe du mihrab , il a 30 mètres de haut pour environ 10 mètres à la base .

 

KSAR  (pluriel : « KSOUR ») : 

village fortifié , fréquent dans les zones montagneuses du Maghreb et aménagé pour protéger les populations des razzias des nomades. Ces villages sont appelés «igherm » ou «irherm » en berbère , un terme qui est aussi utilisé pour désigner des greniers fortifiés .

 

KULILLIE

C'est le complexe des bâtiments que forment la mosquée turque et les édifices d'utilité publique attenants .


 

 

«LABBAYKA» 

En Français : «Me voici ô mon Dieu » .C’est la formule récitée par le pèlerin à la Mekke : « LABBAYKA LAHOMMA LABAYK, LABBAYKA LACHARIKA LAKA LABAYK, INNALE- HAMDA WA NI’MATA LAKA WALE MOLK, LA CHARIKA LAK » cela signifie :« Me voici Seigneur, me voici pour accomplir le pèlerinage, Tu n’a point d’associés, La Louange et Le Bienfait T’appartiennent ainsi que la loyauté, Tu n’a point d’associés ».



 

LEVANT

Le terme désigne les pays de la côte orientale de la méditerranée  : Liban et Syrie . 

 

MADRASA (en arabe) (MEDRESE, dénomination turque ).

Le terme signifie en arabe: «lieu d’étude» En turc «medrese » et dans le Maghreb :«médersa ». Dans le monde islamique la madrasa est une institution d’enseignement réservée à ceux qui étudiaient les sciences religieuses et juridiques, c’est à dire le «fiqh ». Établissement musulman d'enseignement secondaire et supérieur rattaché à une mosquée. L'étude du Coran et des hadiths étant le point de départ de l'initiation à l'Islam, l'enseignement est inséparable du centre religieux. Même après l'apparition d'u bâtiment spécifique, les mosquées ordinaires continuèrent d'accueillir  l'enseignement, parfois donné par les savants des madrasas eux-mêmes. C’est surtout à partir du XIIe siècle que la madrasa en s’officialisant devint un élément majeur du paysage urbain et un lieu essentiel pour l’élaboration et la diffusion des sciences islamiques. Il n’existe pas dans le monde musulman un modèle unique de madrasa. En Syrie les madrasas sont demeurées très discrètes: façade basse, taille moyenne, étroits portails, …En Égypte de somptueuses madrasas furent construites sous le sultanat seldjoukide de Roum. Les bâtiments sont d’une ampleur architecturale et décorative exceptionnelle. La Madrasa (Médresé ) comportait les logements des maîtres, des savants et des étudiants étrangers, des salles des cours, des bibliothèques, parfois un bain, un hôpital et une cuisine. Ce sont souvent des fondations pieuses qui assurent l'entretien des maîtres et des étudiants .A côté d'une vocation philanthropique évidente, l'institution de la madrasa permettait au donateur d'exercer un certain contrôle sur le contenu de l'enseignement qui y était dispensé .


 

 

MAGHREB 

En arabe  «al-Maghrib»  ou «Occident». C’est le nom donné par les géographes arabes  aux pays de l’Afrique du Nord. Sa partie orientale, dépassant les frontières de l’actuelle Tunisie, était appelée «Ifriqiya» et sa partie occidentale «Maghrib al-Aqsa » («Maghreb lointain») correspondait à l’actuel royaume marocain et à la partie centrale de l’Algérie. Dans le langage géographique contemporain, le  terme désigne l’ensemble formé par le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Il est devenu d’usage courant en France  en remplacement de l’expression «Afrique du Nord » dans une acceptation restrictive  puisque la Libye et l’Égypte sont aussi des éléments constitutifs de l’Afrique du Nord. L’ensemble de ces territoires forme une véritable entité géographique  caractérisée par un climat aride , des unités paysagères montagneuses et morcelées ainsi que par un peuplement resté longtemps hétérogène et faisant coexister berbères autochtones et envahisseurs arabes musulmans

 

MAHOMET

En arabe : «Muhammad », «Mohammed » ou «Abu Ibrahim Muhammad ibn ‘Abd Allah ibn ‘ Abd Al-Muttalib  Ibn  Hashim » ( 570-632 ) C’est le fondateur historique de l’Islam. Il naquit à La Mekke dans la tribu de Qoreich. Sa prédication commença vers 615 et son contenu nous est connu par le texte du Coran, du moins si l’on admet que texte tel que nous le connaissons correspond bien au texte originel. C’est vers 610 que Mahomet aurait reçu ses premières révélations transmise par une voix qui lui ordonné de réciter ce qu’il entendait et qui aurait été la voix de l’archange Gabriel. Au début de sa prédication le Prophète se heurta à une large incompréhension des mekkois et ne réussit à rassembler autour de lui qu 'un petit groupe de fidèles. Il annonçait l’imminence du Jugement dernier, prêchait le retour à la foi en un dieu unique et condamnait le polythéisme pratiqué jusque là à la Mekke . En 622 cette première communauté fut contrainte de s’exiler  (l’Hégire ) à Yathrib (Médine) .La date de cet exil (24 septembre 622) correspond au début de l’ère musulmane. A Médine, le Prophète devint aussi chef politique et chef de guerre, créant les institutions du futur état musulman  («Constitution de Médine »)  A partir de 624 il entra en conflit avec La Mekke remportant, non sans difficultés, la batille de Badr (624) et la bataille dite « du fossé » au pied du Mont Ohod (627).Poursuivant son avantage Mahomet s’empara de la Mekke, désignant la Ka’ba comme «qibla ». Dans les années qui suivirent Mahomet renforça son audience en obtenant le ralliement des tribus de nomades arabes de la péninsule arabique. Il mourut en juin 632 

 
 

MAQSURA
 

C'est la place réservée au Calife près du Mihrab dans la salle de prière des mosquées .


 

 

MEVLANA
 

C'est un titre signifiant "Notre Maître "  donné en Turquie à Cela al-Din (1207-1273), maître soufi qui vécut à Konya  au XIIIe siècle. On ajoute souvent à son nom le mot de " Rumi " parce qu"il passa la plus grande partie de sa vie en Anatolie. Fils d'un théologien et prédicateur célèbre  de Balkh au Khorassan (Afghanistan), il émigra avec sa famille en Anatolie. A la mort de son père il prit sa succession. La rencontre avec un derviche errant, Shams al-Din de Tabriz , modifia radicalement sa vie. Délaissant l'étude livresque, il orienta le soufisme vers la poésie, la musique et la danse (sema) . Il fut l'auteur d'une oeuvre poétique considérable, dont un long poème didactique de 45000 vers, le célèbre " Mathnawi " dicté et écrit en persan et qui a fortement marqué l'Islam parce qu'il développe une voie de la réalisation spirituelle dans la charité, l'humilité et l'amour. Ses disciples se rassemblèrent en une confrérie (" tarikat ")  que son fils, Sultan Veled , organisa en ordre, celui des Mevlevis ("derviches tourneurs ").


 


 

Le Mihrab

 

MIHRAB

C'est un élément architectural ou décoratif , généralement une  niche de la salle de prières indiquant la direction de La Mekke et marquant ainsi l'orientation à utiliser pour la " salat " ( " prière " ) . . Le mirhab n'apparaît qu'à l'époque Umayyade , vers le début du VIIIe siècle , sous forme de niches concaves , et devient rapidement l'endroit le plus orné de la salle de prières .

 

 

                

Minarets  :  Mosquée Bleue à Istanbul   -  Mosquée à  Samarkand

 

MINARET
 

En arabe : "manara", "manar" ("tour-vigie "), "sawma'a " ("cellule d'ermite") ou "ma'dhana", "mi'dhana"  ("lieu d'où est lancé l'appel à la prière "). Le mot français est issu d'un terme turc tardif, lui-même dérivé de "manara " . C'est une tour d'où se fait l'appel à la prière .L'origine et l'évolution de ces tours est mal connue. Leur origine est peut être à rechercher dans les phares pré- islamiques (en arabe : "mânar " ("point de lumière ")).Les premières moquées ne comportaient pas de minaret  et l'appel à la prière se faisait depuis le toit du bâtiment. Le minaret est devenu un véritable symbole de l'Islam.

 

 



Minbar de la mosquée de Kutubiya au Maroc

 

MINBAR
 

C"est la chaire à degrés (souvent un escalier de plusieurs marches ) où se tient l'imam pour délivrer le prône  (sermon) du vendredi dans les grandes mosquées. C'était initialement un symbole de souveraineté (trône réservé au Prophète et à ses successeurs), puis le minbar est devenu la chaire où l'imam ("khatib") parlait debout sur une des marches sans jamais accéder à la plate-forme supérieure .


 

 

MI’RAJ

En arabe « al-Mi’raj ». Le terme fait allusion à l’ascension céleste du prophète Mahomet  au terme du voyage nocturne («Isrâ ») qui l’aurait conduit de la Mekke à Jérusalem  sur un cheval ailé à tête humaine nommé  «al-Burâq » .Mahomet aurait rencontré les prophètes, puis serait monté par une «  échelle » à travers les sept cieux .Il aurait alors rencontré Dieu en personne et aurait discuté avec lui sur le nombre de prières quotidiennes à exiger des fidèles .C’est la tradition du « Mi’raj » qui contribue depuis le XIIIe siècle à susciter la vénération de la coupole du Rocher sur le Mont du temple à Jérusalem.

 

MOSQUEE
 

Le terme  est la forme francisée de l'arabe "masjid " ( "lieu de prosternation" ), par l'intermédiaire de l'espagnol "mesquita " . Etymologiquement  " masjid " signifie  : " Le lieu où l'on se prosterne " , c'est-à-dire le lieu où s'accomplit la prière rituelle .La première mosquée  fut aménagée par le Prophète lui-même , à Médine , dans sa propre demeure .Le terme "masjid " est connu dans le Coran  ( XVII,1) où il désigne le "haram " de La Mekke  ( "Al masjid - al haram " ( " Mosquée sacrée " ) et "Al masjid  al-aqsa " (  Mosquée lointaine " )  , l'esplanade de l'ancien temple de Jérusalem .Il n'existe pas un type universel de mosquée islamique mais de nombreuses variantes régionales, car l'architecte de la mosquée s'est souvent inspiré des architectures traditionnelles locales .Le modèle de la mosquée arabe est la maison urbaine traditionnelle  en brique crue  A côté du simple oratoire , existent aussi la " grande mosquée " ( ou " Mosquée -cathédrale ")  ( "Al masjid _al-jani " ou " Al-jani " ).c'est le lieu où l'on doit célébrer officiellement la prière du vendredi à midi , suivie  de la «  khutba " (" harangue ") prononcée par l'imam. D'autres particularités  architecturales caractérisent la " grande mosquée " : le " mihrab " , la "maksura"   , le minaret , les bassins des ablutions , etc...

 

 

Mosquée ottomane , Edirne


 

MOSQUEE OTTOMANE
 

Le type de base de la mosquée ottomane est un cube surmonté d'une coupole , et jusqu'au XVIII e siècle , la salle unique est restée la formule prédominante .A la fin du XIV e siècle apparaît à Brousse  le plan en "T " renversé composé de deux salles  carrées communicantes  et couvertes  en coupoles , flanquées latéralement d'autres salles plus basses également couverts de coupoles .Le troisième type de mosquée est celui de la salle hypostyle à petits nombre de travées identiques  à coupoles

 

MOUJAHID ou MOUDJAHID  ( pluriel : Moudjahidin )
 

Le terme signifie " combattant " .Ils recouvrent des situations très diverses . En Afghanistan il désigne les membres de l' Alliance du Nord qui ont combattu les Talibans .Les islamistes ont donné à ce terme une connotation religieuse: " Combattants de la Foi " .

 

MUHARRAM 

Fête religieuse des musulmans chiites au cours de laquelle est commémorée la mort de Husayn, gendre du Prophète en 680. La fête dure 10 jours et se clôt  par la procession dite du Tubut  (ou Taziya) et de Burak.

 

MOZARABES
 

Terme issu de l'arabe  "Must' aribûn " .ce sont des chrétiens " arabisés "qui ont un statut de "dhimmî " . Ce mot est surtout utilisé pour désigner à l'époque médiévale les commerçants chrétiens vivant en Espagne .

 

MUSALA
 

C'est un lieu de prières , un oratoire , comportant un mihrab .

 

PÈLERINAGE  

L’islam distingue le «grand pèlerinage » (en arabe : «hajj ») et le « petit pèlerinage «  (en arabe : «umra ») .Le « grand pèlerinage» est un des cinq piliers de l’Islam et, de ce fait , une des obligations fondamentales de tout croyant. On distingue aussi les pèlerinages «  extra canoniques » qui sont considérés, surtout chez les sunnites , comme des marques de piété («ziyara ») d’importance secondaire. Le « grand» et le «  petit » pèlerinage ont pour cadre le sanctuaire de la «  Ka’ba » à La Mekke. Il est aujourd’hui acquis que ce site était un lieu de pèlerinage à l’époque anté-islamique et que la prescription du pèlerinage par le prophète se situe au moment de la rupture avec la communauté judaïque de Médine .Dans le discours du prophète , Abraham est alors évoqué comme le fondateur de la Ka’ba qu’il aurait construite avec l’aide de son fils Ismail. «Faites entièrement le Grand et le Petit pèlerinages pour Dieu !  si vous êtes empêchés libérez-vous par ce qui vous sera aisé de sacrifier comme offrande. Ne vous rasez point la tête avant que l’offrande n’ait atteint le lieu de son immolation ! A quiconque parmi vous sera malade ou atteint d’un mal affectant la tête, incombera le rachat par un jeûne ,une aumône ou un sacrifice rituel ! Quand vous serez en sécurité , à quiconque fera usage de la «umra » jusqu’au Pèlerinage, incombera ce qu’il lui sera aisé de sacrifier comme offrande. Mais quiconque ne trouvera pas à sacrifier se libérera par un jeûne de trois jours  lors de son retour, soit dix jours entiers ! Cela vaut seulement pour celui dont la famille n’est point présente dans la mosquée sacrée .Soyez pieux envers Dieu et sachez que Dieu est terrible en son Châtiment ! » «Le pèlerinage a lieu en des mois connus.Pour qui s’acquitte du pèlerinage nulle galanterie, nul libertinage, nulle discussion au cours du pèlerinage. Quelque bien que vous fassiez Dieu le sait. Prenez un viatique ! Car le meilleur viatique est la piété .Soyez pieux envers moi , ô vous doués d’esprit ! » » Nul grief à vous faire si vous recherchez une faveur de votre Seigneur  (durant les cérémonies du pèlerinage). Quand vous déferlez depuis Arafa, invoquez Dieu au sanctuaire sacré. Invoquez-le pour prix qu’Il vous a dirigés, quoique avant cela en vérité, vous ayez certes été parmi les égarés » ( Coran, II , 192-194  ). 

Une fois parvenu sur le territoire de la Mekke, le musulman qui veut accomplir le pèlerinage , doit se sacraliser  (en arabe: « se mettre en situation d ' «ihram ») .Il revêt pour cela un costume spécial composé de deux bandes d’étoffe blanches  («izar» et «ridâ ») , se chausse de sandales, demeure tête nue, se coupe cheveux et poils , procède à une ablution générale et s’abstient de toute relation sexuelle. Le pèlerin se rend devant la Ka’ba où il entreprend autour de l’édifice une circumambulation par sept fois et dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Ce périple le conduit devant la pierre noire qu’il doit baiser. Il entreprend ensuite une course ( « sa’i » en arabe ) entre les deux monticules de al-Safâ et al-Marwâ par sept fois, afin de commémorer le souvenir d’Aggar, servante d’Abraham , cherchant de l’eau dans le désert pour son fils Ismaël. Le pèlerinage se poursuit par un périple dans les régions montagneuses voisines de la Mekke marqué par des étapes précises : halte dans la vallée de Minâ, « wuquf » (« station debout» ) sur le site de Arafat , halte à Mozdalifâ pour y célébrer les prières du soir et de la nuit, retour à Mina avec la lapidation des trois «Jamarat » («tas de pierre » = stèles ) et sacrifice  d’un mouton que le pèlerin consomme ensuite partiellement. Le pèlerin se fait ensuite raser la tête en signe de désacralisation et retourne à la Ka’ba pour y effectuer une dernière circumambulation.  

Les effectifs exacts de pèlerins participant au «Hajj » sont difficiles à évaluer. En 1983 un effectif record de 2,5 millions de pèlerins participant au « Hajj » fut atteint ( «Travel and Tourism Analyst », 1996, p.28) mais de tels effectifs ne furent plus atteints par la suite car les autorités saoudiennes, gardiennes des lieux saints, décidèrent de limiter le nombre de visiteurs en imposant des quotas Ainsi en 2000, les autorités égyptiennes autorisèrent 60000 égyptiens à effectuer le «Hajj »). Pour la période 1988-1998 les autorités saoudiennes que les effectifs de pèlerins participant au «Hajj » avoisinaient 1 million de personnes ( 1988-89 : 774600, 1989-1990 : 827200 , 1990-1991 : 720100, 1991-1992 : 1015000, 1992-1993 : 992800, 1993-1994 : 997400, 1994-1995 : 1046307, 1995-1996 : 1080365, 1996-1997 : 1168600, 1997-1998 : 1132300 , …).malgré les quotas la concentration d’une telle masse de pèlerins à La Mekke et dans ses environs sur une durée de quatre jours, constitue un véritable défi logistique pour les autorités saoudiennes contraintes de dépenser chaque année près de 500 millions de US dollars pour l’organisation de la manifestation .Pour les tours-opérateurs et les agences de voyages le pèlerinage est une affaire lucrative et beaucoup propose des «  packages » incluant incluant le séjour dans des tentes pourvues de l’air conditionné et prenant charge l’ensemble du séjour .

 

PRIÈRE 

Salât , dou'a (appel), nâmez / namaz (Turquie,Asie centrale, Inde)

En arabe «Salat ». Cet acte religieux compte au nombre des cinq piliers de l’Islam. («Glorifie la louange de ton seigneur quand tu te lèves ! Vers la nuit glorifie-Le  ainsi que lors du déclin des étoiles » (Coran , LII, 48-49 ) « Invoque le nom de ton Seigneur à l’aube et au crépuscule ! Une partie de la nuit, prosterne toi devant Lui !Glorifie Le de nuit , longuement ! » (Coran, LXXVI, 25-26). Elle doit être exécutée par les musulmans, individuellement ou collectivement, cinq fois par jour. Une fois par semaine, le vendredi à midi, la communauté se réunit et effectue une prière collective comme le préconise le Coran . Avant chaque prière le musulman est convié par un appel  (en arabe: «adhân »). Pour prier le fidèle doit se trouver en état de pureté rituelle  c’est-à-dire s’être acquitté des ablutions mineures ou majeures selon le cas . Il peut se rendre dans une mosquée, mais il peut aussi utiliser un espace privatif, qu’il doit délimiter, que personne ne doit traverser  et qui est, généralement, marqué par un tapis de prière («sajjâda »). Il doit se tourner en direction de La Mekke. Dans la mosquée la direction de la prière est indiquée par le mur de «qibla » qui doit se trouver devant lui. Les cinq prières quotidiennes sont :- As-Souh (al-Fadjr au Maghreb): prière de l'aube,- Ad-Dhouhr : prière de la mi-journée, - Al 'Açr: prière de l'après-midi ( à égale distance horaire du zénith et du coucher du soleil ),- Al-Maghrib: prière du couchant, - Al-'Icha: prière du soir (aux environs de 20 heures ).La prière suit un rituel très précis et codifié dès les origines de l'Islam. Elle débute par l'énoncé du nom d'Allah, suivi de la récitation de la "Fatiha", elle-même suivie d'un enchaînement de positions : roukou' (inclinaison du buste), soujoud (prosternation), joulous (ou qu'oud) (en assise sur les talons ). Chacune de ces positions est reliée aux autres par la récitation de sourâtes ( C'est la rak'a : " unité de prière" ).Parvenu au quart final de la prière le croyant prononce le tachahoud par lequel il dit ne reconnaître qu'un seul dieu et que Mohamed est son prophète. La prière se clôt sur le taslîm ( salut final ).

 

PROCHE ORIENT

Expression créée par l'école géographique française et désignant l'ensemble occupé par l' Égypte et les pays du "croissant fertile" : Irak , Syrie, Liban, Israël, les territoires palestiniens et la Jordanie .

 

QIBLA
 

C'est la direction vers laquelle le fidèle doit se tourner pour la prière .C'était à l'origine Jérusalem puis, à partir de 624 (2 ans après l'Hégire ), la Ka'aba de la Mekke . Dans les mosquées  le mur qîbla est celui dans lequel est aménagé le mihrab qui indique cette direction aux fidèles . Ces derniers doivent lui faire face .


 

 

REPRÉSENTATION FIGUREE   ( DANS L'ART MUSULMAN )
 

Aucune condamnation explicite n'existe dans le Coran  concernant l'art figuratif , mais les réticences à son endroit peuvent cependant s'expliquer par certains passages du Coran. La lecture des sourates V, 92 et VI, 74  laisse supposer que Mahomet assimilait les statures aux idoles. Au VIIIe siècle les hadiths développèrent cette pensée en affirmant que, le jour du Jugement Dernier, l'artiste qui aurait, par orgueil, aura façonné des images, sera mis en demeure de les animer et son échec le vouera aux gémonies. Au XIVe siècle on représenta de saints personnages  (Le Prophète et les personnages bibliques) dans les manuscrits à peintures.

 

 

 

 

Le Ribat de Monastir en Tunisie  ( fortifications et cour intérieure )
 

RIBAT
 

Le terme vient de la racine arabe " RBT  " signifiant : " lier ", " attacher " .A l'origine c'est une fondation fortifiée, souvent installée dans une région frontalière  du monde islamique et qui rappelle les monastères chrétiens. Elle servait de camp de base pour les expéditions de la Guerre Sainte, ainsi que de point d'appui à la protection d'un territoire et , parfois , de lieu de retraite religieuse. De fait le terme a aussi été utilisé pour désigner un couvent habité par des adeptes du soufisme. Il est aussi utilisé pour désigner un caravansérail fortifié et situé hors des villes . Ces trois appellations ont pu être utilisées conjointement ou successivement , selon les cas et les régions du monde musulman. Les occupants d'un ribat étaient qualifiés de "murabit" (pluriel : " murabitun ") ( "Combattants aux frontières " ) d'où est issu le terme français de " marabout " ou de "ghazi " .


 

 

SOUFISME  

Le terme semble issu de l’arabe  « sûf »  s’appliquant à la robe de laine que portaient les premiers représentants de ce mouvement C’est un courant de l’Islam se caractérisant par une vision du Monde et une manière de vivre tendant à rapprocher de Dieu. Le but ultime étant l’union avec la divinité .Dans le cadre de cette définition très générale le soufisme a tendu à se présenter comme la mystique musulmane par excellence. Le soufisme se situait en dehors de toute doctrine définie par les théologiens  sunnites et, de ce fait, il fut âprement combattu par ces derniers. Les premiers mystiques musulmans semblent être apparus dès l’époque des Omeyyades, le plus connu est Al-Hasan al-Basri un prédicateur irakien dont les aphorismes sont restés célèbres. Les soufistes prônaient le renoncement aux biens de ce monde afin d’établir une communication personnelle avec Dieu  et d’accéder, au Paradis, au rang des «proches de Dieu » (ou «al-mûqqarabun »).les soufistes s’organisèrent en « ordres » ou « confréries » bien qu’il existât toujours des soufis «indépendants » .Beaucoup cependant adoptèrent la vie cénobitique dans des demeures spécialement aménagées à cet effet et appelées de noms divers : «ribât, zawiya, khâniqât » poussés par le désir de trouver un maître expérimenté qui pu les guider dans cette voie.

« Frère ! Le sage fait le bien sans nul désir et évite le mal sans nul jugement. Il fréquente tout le monde sans nul attachement, reste séparé de tous sans aucune pensée de fuite  et voit Dieu à travers tout sans qu’il y ait nul dualisme (…). Il désire Dieu sans nul imploration  et il L’oublie parfois sans distinguer  la réalité de l’oubli de celle du rappel .Il est présent dans l’oubli et oublieux dans la présence.(…) Le sage est en même temps Dieu et créature .Il trouve le seigneur dans l’état de servitude et trouve cet état identique à l’état seigneurial. Il n’a que faire de ces états car sa réalité dépasse la seigneurie et la servitude (…) Il est à lui-même sans lui-même (…) Le sage est celui qui connaît mais cela n’est qu’une expression, il est identique à l’objet de sa connaissance .L’objet de connaissance n’est qu’une expression , il est identique à celui qui connaît .Connaissant et connu ne sont que deux mots illusoires , il n’y a ni connaissant ni connu .Voici la réalité sans réalité et voici l’ultime limite de la connaissance  qui n’est que perplexité et ignorance ( … ) le sage est au-delà de l’espace et du temps , ce Monde çi et l’autre lui sont indifférents , le paradis et l’enfer lui sont indifférents .Ecoute bien il n’y a pas lieu d’être prolixe .rappelle toi de Dieu sans en faire une idole. Abandonne ton moi sans t’oublier .respecte la Loi sans aucune intention ni aucune prétention et évite ce que la Loi t’interdit sans jugement ni crainte .Sois bon sans t’attacher à tes actes et sois satisfait de ce qui t’arrive sans t’y attarder .profite du plaisir licite sans oublier la réalité qui s’y cache  et ne t’enorgueillis pas de la découverte de cette réalité .Ne sois ni présent , ni absent , ni serviteur , ni seigneur , Sois et ne sois pas .Suis les directives du plus parfait des envoyés .Ne distingue pas Muhammad de la vérité mais ne limite pas la vérité à Muhammad .Voici la perfection de la perfection de la perfection. Dieu connaît mieux la réalité des choses. Il est la réalité des choses. Paix .( «  L’épître sur le sage ( Resâle-Ye ‘aref ) du maître de l’itlâq Khâje Khord , originaire de la région de Kaboul et qui vécut au XVIIIe siècle ).

 
SOUK

Le terme est issu de l'arabe "sûq" qui signifie " marché " . Le mot désigne d'abord le centre économique traditionnel de la ville musulmane, mais c'est aussi un terme général désignant tous les lieux d'échanges commerciaux et de production artisanale .

 

SULTAN
 

Terme d'origine arabe  et qui renvoie , dès le Coran , à une autorité morale (parfois à Dieu lui-même ) ou donne le droit de faire une assertion religieuse. Par la suite le terme évoque une autorité gouvernementale , la souveraineté. Chez les arabes il désigne de façon impersonnelle le pouvoir plutôt que le détenteur du pouvoir lui-même . A partir du XIe siècle il désigne un prince puissant et indépendant . Les Seljukides en firent le titre personnel du souverain. Après la chute du califat de Bagdad , le titre de sultan fut adopté par divers souverains musulmans , notamment par les Mamluks d'Égypte . Le titre ne fut porté que par des souverains sunnites, les chiites utilisant eux le terme de Shah.

 
 

SUNNA :

Le substantif  " sunna " signifie " Coutume ancestrale et consacrée ". Appliqué à Mahomet  : " L'ensemble des dicts , des comportements , des façons de manger et de boire, de se vêtir, de s'acquitter de ses devoirs religieux, de traiter les croyants et les infidèles . " Ce sont des récits colportés oralement ( "hadith " ) et formant une sorte d' " Imitation du Prophète ". Avec le Coran , la Sunna forme l'un des deux fondements du dogme et de la Loi de l'Islam.


 

SUNNISME

C'est la doctrine de ceux qui se présentent comme les " Ahl al-sunna wa-l-jammâ'a " , c'est-à-dire  " les partisans  de la Sunna et de l'union communautaire " ou , plus simplement , " Les partisans de la Sunna " .Majoritaires dans le monde musulman , les sunnites se définissent comme orthodoxes et s'opposent aux autres courants par le rôle qu'ils accordent à la Communauté ( " Ummâ " ) et à sa tradition à laquelle ils recourent pour compléter l'enseignement du Coran .Ils considèrent le " hâdith " comme base de la Loi. Sur le plan doctrinal, les sunnites s'en tiennent à la lettre du texte de la Révélation. Dans le domaine politique , ils sont partisans d'un califat électif  basé sur le libre choix ("ikhitiya " ) plutôt que sur la désignation testamentaire ( "nass " ) adoptée par les chiites .

 

 

TURBE
 

Ce terme désigne chez les turcs le mausolée. Théoriquement l'Islam interdit les tombes ornées et le culte funéraire .Les turcs n'ont jamais respecté cette interdiction et chez eux le culte des morts est demeuré très vivace .En Iran , comme en Anatolie les mausolées occupent une place importante dans l'architecture .Les turbés sont édifiés au carrefour des routes , sur les places publiques ou près des médresés. Ces édifices ont un plan polygonal ou circulaire .Ils sont surmontés d'une coupole et ils comprennent deux étages : le sous-sol contient le caveau funéraire et la partie supérieur constitue un oratoire auquel on accède par un escalier extérieur .Réalisés en pierre de taille , ces mausolées sont pourvus d'une décoration exubérante base sur des motifs floraux ou géométriques.

 
 

UMAYYADES
 

C'est la première dynastie califale  qui régna de 660 à 750. Les Umayyades étaient des arabes descendant des Qurayshites , comme Mahomet , mais ils appartenaient à un famille riche .Les Umayyades d’Orient sont les créateurs de la première dynastie califienne de l’Islam qui régna de 660 ( prise du pouvoir par Mu’awiya ) ) 750 ( date de la révolution abbasside ).Sa capitale était Damas .Elle fut renversée brutalement sous l’effet conjuguée  des difficultés économiques et sociales .Un de ses membres , échappé au massacre , devait fonder plus tard la dynastie Umayyade d’Occident .Les Umayyades d’Occident sont une dynastie d’émirs indépendants , puis de califes , qui régna en Espagne de 756 à 1031 .Ca capitale fut Cordoue  et elle connut son apogée sous le règne de Abd Al-Rhaman III qui se proclama calife en 929 .

 

 

VOILE 
 

Le terme hijab (حِجَاب, hijâb) est issu de la racine hajaba, « dérober au regard, cacher », et désigne « tout voile placé devant un être ou un objet pour le soustraire à la vue ou l'isoler ». Il prend donc également le sens de « rideau », « écran ». Le champ sémantique correspondant à ce mot est donc plus large que pour notre équivalent français « voile » qui couvre pour protéger ou pour cacher, mais ne sépare pas. le mot « hijab » est utilisé sept fois dans le Coran. Dans aucun cas il ne fait référence au vêtement féminin, pour lequel d'autres formules sont utilisées. En revanche, le mot hijab à le sens de « rideau » pour désigner l'isolement imposé aux épouses du prophète Mahomet, sourate 33, 53 :«Quand vous demandez un objet aux épouses du prophète, demandez-le de derrière un voile ! Cela est plus décent pour vos cœurs et leurs cœurs. » Cette séparation, d'abord réservée aux femmes du prophète Mahomet, se seraient ensuite étendue aux femmes musulmanes libres.

Il est toutefois important de préciser que le voile n'est pas une pratique spécifiquement musulmane, mais plutôt arabe et antérieure à l'Islam. Il est d'ailleurs pratiqué dans d'autres aires culturelles et religieuses. Il a pour premier but de marquer les différences sociales, la respectabilité, le sacré. Le terme « voile » en français, celui que l’on porte sur la tête est abordé deux fois dans le Coran :Sourate 24, versets 30,31 : «Dis aux croyants de baisser leur regards, d’être chastes, ce sera plus pur pour eux. Dieu est bien informé de ce qu’ils font. Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs « voiles sur leurs poitrines », de ne montrer leurs atours qu’à leurs époux ou à leur pères, ou aux pères de leurs époux, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs époux, ou à leurs frères, ou au fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs ».

Le texte sacré invite donc les femmes à ne pas montrer leurs seins et rabattre leurs amples vêtements sur leurs poitrines à se dévoiler que devant les leurs ; à ne pas avoir de comportement provocateur, aussi bien les hommes que les femmes. Le Coran vise d’abord à la préservation sociale, il invite plus à la bienséance qu’à la pudeur avec la connotation sexuelle, du moins lorsqu’il traite des habits. Les injonctions qui visent à la bienséance vestimentaire des deux sexes :La sourate 32, verset 59, le Coran donne une liste précise de ce qu’il faut faire et à qui cela s’adresse : « ô Prophète, dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de se couvrir de leurs “voile” : c’est pour elle le meilleur moyen pour se faire connaître et de ne pas être offensée. Dieu est celui qui pardon, Il est miséricordieux ». Le mot traduit par le voile dans beaucoup de traductions de qualité est en réalité, en arabe « jalbibihenna », qui est un possessif féminin pluriel de « djellaba » (galabeyya en égyptien).L’objet de cette sourate n’est pas de « camoufler » d’éventuels charmes féminins mais de permettre aux femmes, anciennement objet de convoitises réductrices de leurs libertés, d’affirmer qu’elles sont libres.

 

ZIYADA
 

Cour entourant une mosquée sur des quatre côtés .

 

 

                                                                              


 



LE MONDE ISLAMIQUE SUR LE NET

 

                 

Le Monde arabe
http://www.imarabe.org/perm/mondearabe/theme/ 

Convertisseur bi-directionnel d'une date du calendrier
Julien-Grégorien en date du calendrier Hégire Arabe
(calendrier lunaire)

http://www.aly-abbara.com/utilitaires/calendrier/calendrier_hijir.html

Alphabet arabe
http://www.aly-abbara.com/litterature/Alphabet_arabe/Alphabet_arabe_image.html

Calligraphie arabe (les différents styles de l'écriture arabe)
http://www.aly-abbara.com/litterature/Alphabet_arabe/calligraphie_arabe/calligraphie_arabe.html

Textes sur l’Islam et la conquête arabe  ( Cliotexte )
http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliotexte/html/islam.conquete.html 

La culture arabo-andalouse
http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/9900/bin08/welcome.htm 

Le Terrorisme ( «Les 100 clés du Proche-Orient » de A.Gresh & D.Vidal )
http://www.monde-diplomatique.fr/livre/centcles/terrorisme 

Le Chiisme ( « Les 100 clés du Proche-Orient » de A.Gresh & D.Vidal )
http://www.monde-diplomatique.fr/livre/centcles/chiisme 

Moyen-Age en pays d’Islam (site B.N.F )
http://classes.bnf.fr/dossitsm/islam.htm 

La Mosquée Ibn Tulun au Caire ( fiche avec plan )
http://membres.lycos.fr/coll3/cinquieme/mosquee/mosquee.html 

Les bases de l’Islam
http://home.nordnet.fr/~fhespel/bases.htm 

Cours du Professeur G.Mutin sur le Monde arabe
http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Enseignements/Cours/AgregGeo/sommaire.html 

The three phases of arab history
http://www.cin.org/bushra/mag1196/0896saad.html 

Islam and islamic history in Arabia and the Middle East
http://www.islam.org/mosque/ihame/Sec1.htm 

Cartes de l’histoire et du monde musulman
http://arabesques.ifrance.com/arabesques/cartes/index.html
 

 

 

 

 

 

 

 

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  Cette page a été mise à jour le 27/06/15.

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