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  Le Tourisme dans les îles tropicales

             
 
Cours 

 

«Rien ne ressemble plus à un œuf entouré d’une coquille qu’un atoll circulaire dont le lagon est enchâssé dans une large bague de corail » ( Villaret B. , 1975 )

«Ainsi le mythe de l’île est-il partout et la pratique du tourisme est-elle, dans bien des cas , une manière d’insulariser l’espace. L’île ne serait donc qu’une forme extrême , en quelque sorte préfabriquée , d’insularisation de l’espace , et la matérialisation , parfois décevante , d’une aspiration profonde » ( Lipari , 1982 ).

GENERALI TES

«L’île tropicale est largement popularisée par les agences de voyage et les tours-opérateurs .Sa sphéricité rappelle l’œuf matriciel et la chaleur de ses eaux le liquide amniotique (… ) La sensibilité collective dominante est favorable à l’île tropicale lancée par les groupes sociaux à fort pouvoir de démonstration , comme les familles aristocratiques connues ( la princesse Margaret et l’île Moustique ), les acteurs médiatiques ( Marlon Brando et l’île du Pacifique ; Carlos et la pêche au gros à Maurice ) et les intellectuels ( l’entourage de Danielle Mitterrand pour les Seychelles » ( J. L. GUEBOURG , 1999 , p. 41 ).

L’île a toujours sollicité l’imaginaire des hommes .Au XVIIIe siècle l’île est un prétexte à la critique sociale et à l’expérience institutionnelle , l’utopie. A l’époque médiévale l’île est souvent associée à l’idée de Paradis puisque l’on situait le paradis terrestre dans une île .

Dans l’imaginaire des hommes l’île revêt une profonde ambivalence qu’il ne faut jamais perdre de vue.Son caractère est double .Si l’île peut signifier l’ouverture sur le nouvel espace marin , ouverture sur tous les ports du Monde te sur toutes les cultures , elle est aussi fermeture .Une fermeture qui est signifiée par le caractère même de la fermeture de son espace .L’île est tout à la fois ouverture et fermeture , paradis et enfer , symbole de liberté et de prison. Les prisons les plus dures et les plus célèbres ( bagnes, pénitenciers, etc… ) sont presque toujours situées dans des îles .En même temps l’île est l’image d’un monde préservé , lambeau de paradis terrestre, île des merveilles , île des bienheureux , elle reste le lieu de tous les possibles né de la mise à distance et du dépaysement .Le processus de découverte des îles Caraïbes au XVIe siècle par les européens est significatif : « C’est sur les îles des Caraïbes que se joue cette rencontre ou s’imagine un « nouveau monde » .l’homme européen prend possession d’un monde qu’il reconstruit .Il le nomme et y inscrit une nouvelle loi .Et il découvre le paradis terrestre de ces îles tropicales ».On y rencontre « tant de belles verdures , les fruits , les herbes et les pierres , des poissons si différentes des nôtres que c’est merveille , parés des plus fines couleurs du monde , des oiseaux dont le chant est tel qu’il semblerait que jamais l’homme ne veuille partir d’ici », des fleurs dont le parfum est «si bon et si suave que c’est la chose la plus douce du monde». «L’île est un lieu maternel , mais un corps maternel vite pillé , exploité. L’île tropicale devint marchandise dont la valeur d’échange restait sur un fantasme qui occultait la réalité. Elle a gardé sa valeur jusqu’à nos jours , c’est ce qu’elle peut offrir comme monnaie d’échange. Mais le discours du merveilleux n’existe pas sans son double, le discours pragmatique qui présente l’île comme un lieu à exploiter" ( F. Verges ).Pour le Tourisme l’île, cet espace de l’ailleurs, est par essence un espace ludique, un espace de l’innocence retrouvée où l’on espère échapper durant quelques semaines aux contraintes de la vie en société et au temps social, à l’histoire . Ce n’est pas un hasard si le Club Méditerranée a mis au point sa formule exemplaire sur les îles. Même s’il s’agissait des îles de la méditerranée la référence insulaire était très clairement tournée vers le monde insulaire tropical. Le «  Club Méd » accueillait les visiteurs avec des colliers de fleurs comme c’est la coutume en Polynésie. L’argent y était aboli remplacé par des colliers en perles de plastique , moderne verroterie qui assimilait le visiteur au bon sauvage. Et surtout le visiteur pouvait se livrer à tous les plaisirs charnels en toute innocence . «Devenir un être solaire, bronzé, épanoui, comblé ! une initiation en somme ! Certes très appauvrie, très atténuée .Mais le trait de génie de cet espace utopique … et commercial, est d’entretenir la confusion entre « le bon sauvage » et «  le voyageur conquérant » : le client du «Club-Méd » est invité à s’identifier … aux deux à la fois et il n’a pas à choisir entre tous les plaisirs, débarrassé qu’il est de tout sentiment de culpabilité ! Le projet , le sens est toujours le même : se perdre dans l’île pour mieux s’y retrouver , au bout des épreuves du labyrinthe .Et, projet impossible enfin réalisé : être soi et l’autre dans une fusion paradisiaque » ( A. Mestersheim ) .

L’île est une figure emblématique du Tourisme international. Elle revêt une étonnante dimension symbolique et une formidable portée imaginaire, surtout l’île tropicale. La permanence du pouvoir d’attraction symbolique des destinations insulaires manifeste une surprenante permanence.

L’île tropicale : «  un grand mythe » ( Mircéa Eliade ) , «  L’île est devenue le territoire de toutes les espérances . Déserte ou non , son pouvoir attractif n’a jamais été aussi fort » ( D. Decoin ).Trois mécanismes semblent jouer pour expliquer cette attraction irrésistible que l’île exerce sur les touristes contemporains comme sur les voyageurs du passé : - un processus d’appropriation ( possession , domination ) , - un processus d’ «  insularisation » , - un processus d’ «  imagification » ( mythification ).L’île tropicale est une unité géographique facile à cerner juridiquement , à contrôler politiquement , à exploiter économiquement , à défendre militairement. C’est un espace à prendre. «  Aujourd’hui encore dans chaque touriste, il y a un peu du découvreur qui allait s’approprier les îles » (Serviable ).

L’île est aussi un relais , un tremplin, une tête de pont vers le reste de l’archipel ou les rivages continentaux .Le discours touristique d’appropriation s’appuie sur la virginité ,la vacuité , l’abondance offerte , l’hospitalité du milieu d’accueil. Quoi de plus appropriable que des destinations insulaires nettement cernées et individualisées sur la carte ? «  Je suis plus à l’aise dans les mondes de la miniature .ce sont pour moi des mondes dominés » (G.Bachelard ). Des exemples significatifs sont livrés par l’impact publicitaire et médiatique du thème : des îles «  à acheter » ( Seychelles ) , «  à louer » ( Maldives ) , «  à se réserver » (pour un petit groupe de privilégiés ). La logique d’insularisation se construit autour du thème de l’évasion- rupture avec le quotidien , de l’isolement , du repos , de la quiétude .

L’île est l’espace du retour sur soi, du ressourcement , du blotissement dans un cadre privilégié. L’antienne de la sécurité et du confort baigne tous les messages tant textuels qu’iconographiques relatifs à l’île. Cette dernière est assimilée à un refuge , un oasis , un noyau , un cercle ,une alvéole , un nid . L’île véhicule aussi des images d’inquiétude , c’est le syndrome d’insularité synonyme d’éloignement , d’isolement , d’enfermement , de solitude , d’ennui , de claustrophobie . Beaucoup de « pseudo-îles existent dans les inscriptions spatiales du Tourisme : le «  village » ( le club de vacances ) , la marina , le parc de loisirs , le «  resort » , la station intégrée ).L’île pose le problème de l’enfermement , du «  ghetto touristique » . L’île tropicale est aussi un support privilégié d’ » imagification ». Une enquête American Express rapportée par le Nouvel Observateur à la fin des années 80 montrait que 60 % des français interrogés sur leur destination rêvée de vacances avaient répondu : «  dans une île si possible » , Tahiti ( 60 % des personnes interrogées ) , Maurice (45 % ) , puis Bali , Seychelles , Ceylan .L’île a une incontestable valeur onirique.

Le prisme déformant de l’imaginaire du Tourisme assigne à l’indigène une place immuable. L’ilien est toujours présent en position de pourvoyeur de services et inclus dans une mise en scène touristique qui l’intègre te le fige .Il confirme par sa présence, ses vêtements, son attitude et sa langue , l’authenticité du lieu .C’est ainsi que le créole blanc réunionnais n’est jamais représenté dans les brochures touristiques, les rédacteurs choisiront plutôt la jolie créole métisse, à la peau dorée ni trop claire, ni trop foncée , aux lèvres pulpeuses mais non lippues. La vision de l’île paradisiaque aux femmes créoles belles et lascives est omniprésente dans l’imaginaire européen depuis la fin du XVIIIe siècle, notamment dans la littérature exotique.

Le cadre géographique est très vaste . Iles et archipels sont disséminés dans trois océans (Océan Atlantique , Océan Pacifique et Océan Indien ). Les grandes îles dont l’insularité est atténuée par leur superficie ou par l’importance de leur population ne sont pas traitées .Seuls les îles et archipels d’une superficie inférieure à 20 000 kilomètres carrés et peuplé de moins de 1,5 millions d’habitants sont considérés comme caractéristiques d’une insularité indiscutable .

Les situations sont très variées : Certains archipels et îles sont restés jusqu’à présent à l’écart du Tourisme comme les Comores ou les îles du Cap-Vert , d’autres accueillent plusieurs milliers , voire plusieurs millions de touristes par an .Beaucoup d’îles très touristiques sont de dimensions modestes ( aux Hawaï, l’île de Oahu n’a que 1 548 km2 ; l’île Maurice 1 865 km2 ,la Martinique dépasse à peine les 10 000 km2.

Dans toutes ces archipels et ces îles un lien étroit existe entre l’essor du Tourisme et celui des transports rapides .Un rôle décisif a été joué par les transports aériens ( sauf dans les Caraïbes où la mise en Tourisme est plutôt lié au développement de la croisière ).Dans beaucoup de cas le Tourisme dépend uniquement des facilités d’accès par voies aériennes. La construction d’un aéroport international se révèle souvent un préalable indispensable et l’utilisation d’avions gros porteurs une nécessité. Les compagnies aériennes jouent souvent un rôle direct dans la mise en place des infrastructures nécessaires ( exemple : le rôle pionnier de la PANAM dans les Antilles ).Ces compagnies créent parfois des hôtels ( exemple : les hôtels Méridien d’Air France ).

L’attitude du pouvoir politique vis à vis de la mise en Tourisme des îles varie considérablement. certains régimes politiques découragent les tentatives d’investissement. Par ailleurs les flux touristiques sont très sensibles aux variations politiques .L’essor du Tourisme peut s’accompagner d’une certaine dépendance à l’égard des pays fournissant les plus gros contingents de touristes .Impôts et taxes permettent alors à certains gouvernements de retirer des bénéfices substantiels de l’essor de l’industrie touristique .Le Tourisme peut se révéler créateur d’emplois , mais dans ce domaine la situation est très variable selon les pays ( ainsi à Hawaï le nombre d’emplois par chambre d’hôtel est de 0,4 ).Dans beaucoup d’îles les variations saisonnières sont très importantes .Elles entraînent des périodes creuses dans l’emploi . Le pourcentage d’emplois indirects créés est très variable .On estime de manière très générale que la création d’un emploi dans le secteur hôtelier génère la création de 2 - 3 emplois dans les autres secteurs. Enfin le Tourisme peut avoir un impact important , et parfois négatif , sur l’environnement insulaire d’autant que les îles sont souvent de véritables sanctuaires où la proportion des espèces est plus élevée que sur le continent .

Le développement du tourisme insulaire est très largement fonction du cadre naturel. Le voyageur est majoritairement originaire des pays industrialisés situés aux latitudes moyennes et son motif principal est le dépaysement .

Le climat est la raison principale du séjour dans 90% des cas .Le « climat des îles » bénéficie dans l’imaginaire collectif d’un préjugé très favorable .Il est une puissante invitation au voyage et un des principaux arguments d’appel pour les professionnels. Il existe un «idéal » climatique pour la majorité des vacanciers partant pour des îles tropicales : - une exigence de sécurité, ce qui pénalise les zones exposées aux cyclones tropicaux (tout mois qui en 25 ans a subi plus de 4 cyclones est synonyme de risque majeur), -une exigence de «beau temps » pour les activités de plein air un ensoleillement maximum est recherché ainsi qu’une absence de pluie , - une exigence de confort et de santé , l’organisme ne doit pas être contraint à de gros efforts d’adaptation d’où la recherche de la chaleur et de l’humidité mais sans excès . Les îles tropicales ont une réputation idyllique , une réalité au demeurant fort différente et variable d’une île à une autre, voire à l’intérieur d’une même île car il existe de nombreuses familles dans les climats tropicaux et sub-tropicaux .Il faut , de plus , opérer une distinction pour un même archipel ( voire une même île ) entre l’île au vent et l’île sous le vent .

La mer est aussi un paramètre essentiel dans le choix de la destination. Le Touriste recherche d’abord la vue «  imprenable » sur la mer, une condition facile à remplir sur une île. Mais la mer n’est pas toujours sûre ( forte houle ( Seychelles ), courants marins froids (Canaries ).Quant aux plages elles sont nombreuses , mais il n’y en a pas partout et elles ne sont pas toujours praticables d’où la nécessité de recourir à des piscines ( Cap vert, Canaries, Madère, Seychelles ).

De fait les îles tant vantées ne sont pas toujours aussi idylliques qu’on le pense. Les publicités s’efforcent de présenter la nature insulaire tropicale sous un jour amène et accueillant , l’agressivité et le danger doivent disparaître du monde insulaire : on oublie les cyclones , l’hygrométrie pénible en saison chaude , on invente « les brises du soir » , on ne mentionne pas les plages de sable noir ou le danger représenté par les requins , etc… « Les îles tropicales sont aussi soumises à la stérilisation des îles » (Cazes G.). Les limites et les contraintes sont nombreuses. C’est d’abord le problème de l’accessibilité .Le bateau été longtemps l’accès normal mais aujourd’hui la possession d’un aéroport international est exigée pour supprimer le handicap de la distance. Un problème d’emplacement peut se poser sur les îles petites et montagneuses. Par ailleurs la superficie sur les îles est souvent et par définition limitée .Le peu de place disponible provoque des conflits pour l’utilisation de l’espace. Le problème de la disponibilité en eau peut aussi se poser .Malgré leur relief ces îles sont peu arrosées ( surtout les îles sub-tropicales) et l’eau peut venir à manquer d’où des conflits avec les agriculteurs ( un cas qui se pose aux Canaries ).La modestie des effectifs humains induit une modestie du capital local disponible et explique le recours fréquent à des capitaux extérieurs seuls capables de financier des projets de développement touristique lourds et coûteux.

Les conditions a minima du Tourisme sont de trois ordres : - la proximité du marché , - la réputation et l’expérience, - le rôle des initiatives humaines. Le Tourisme insulaire est un type de tourisme particulier .L’exiguïté de l’île limite le déplacement vers l’intérieur des terres. Le Tourisme insulaire est essentiellement sédentaire avec parfois des déplacements entre les îles sous forme de croisières . L’hébergement s’effectue essentiellement en hôtel et les formes d’hébergement concurrentes sont très peu développées. Les problèmes de protection de l’environnement restent relativement rares même si quelques cas de menace sérieuse peuvent se manifester ( exemple : les Galapagos ). Les atteintes à l’esthétique paysagère restent aussi globalement rares ( même si elles pourraient être appelées à se multiplier à moyen terme ) et inégales . Quand le Tourisme est bien établi il peut devenir la ressource économique principale de l’île . La tentation devient alors grande de se lancer dans le « tout-tourisme » , une mono-activité induite de l’extérieur et qui peut compromettre le développement économique de l’île. Le problème de la saturation de l’espace et du contrôle du développement touristique peut se poser mais dans beaucoup d’îles l’appareil juridique est généralement inexistant ou inadapté et ne permet guère aux insulaires de se donner les outils nécessaires à une réelle maîtrise de l’espace.

 

ETUDE DE CAS 1

LE TOURISME AUX ANTILLES

Les Antilles occupent une superficie de 233 000 km2.De la pointe ouest de l’île de Cuba à l’île d’Aruba qui fait face au lac Maracaibo , l’arc antillais se développe sur 4 700 kilomètres entre le 10° et le 23e degré de latitude nord et le 60e et le 85e degré de longitude .Il faut ajouter à cet ensemble les Bahamas et les Bermudes .Les distances jouent un rôle fondamental dans les problèmes de communication. Avec 105 000 Km2 Cuba représente à lui- seul 50 % de la superficie totale des Antilles. Hispaniola ( Haïti + république dominicaine ) avec 765 000 km2 fait figure de géant à côté de la Grenade ( 330 km2 ).Les grandes Antilles rappellent dans leur structure les traits fondamentaux du continent .C’est ainsi que les Bahamas constituent l’avant- pays calcaire du Yucatan et du Petén guatémaltèque .L’insularité a renforcé les particularismes de ces territoires .Même dans les ensembles anciennement réunis par une même puissance coloniale les regroupements politique sont rares .L’exemple d’Antigua et Barbuda ( 442 km2 / 85 000 habitants ) est démonstratif à cet égard. Régulièrement les représentants d’Antigua accusent Barbuda d’hégémonie et menacent de créer un état à part. Le cas est le même pour Trinidad et Tobago , situés à 12 kilomètres du Venezuela et qui se disputent le pétrole et le gaz contenus dans leur sous-sol. Les paysages de ces îles sont très variés .

Le climat est globalement chaud et humide (minimum de 500 mm de pluies par an ) mais de nombreuses variantes locales existent .Du sud au nord on ne passe pas simplement d’un climat équatorial à un climat tropical à longue saison sèche car la mer des Antilles modifie les mécanismes climatiques en agissant comme un réservoir d’eau chaude et/ou comme un régulateur thermique. L’altitude est aussi un facteur climatique déterminant : elle adoucit les températures et elle permet un étagement des climats et des écosystèmes (Tierras calidas jusqu’à 600-700 mètres , Tierras templadas jusqu’à 1600-1700 m et tierras frias au delà).la forte évapotranspiration dégagée par la mer des Antilles provoque des pluies orographiques sur les masses montagneuses .Les contrastes climatiques sont aussi très importants entre les régions au vent ( windward , barlavento ) et sous le vent (leeward , sotavento ).Les alizés arrosent les versants a vent et la côte caraïbe tandis que les régions sous le vent se caractérisent par des périodes sèches plus longues .

En conséquence on rencontre dans les Antilles toute la gamme des paysages tropicaux : - sur les côtes humides un paysage de mangroves et de marais , - dans les basses terres chaudes la forêt sempervirent ( versants au vent des Antilles ) , - en altitude la forêt tropicale humide de montagne avec des conifères ( pins ) , - sur les hauts plateaux une végétation semblable à celle des pays européens. Les Antilles sont aussi une terre de volcans ( La Soufrière à la Guadeloupe , la Montagne Pelée à la Martinique ).

L’histoire a renforcé les clivages profonds du monde antillais. Dans les Antilles la population des indiens Caraïbes ( Arawaks ) , dont les Tainos , a été entièrement décimée .Vers 1660 les derniers Caraïbes ont été déportés par les français vers la Dominique et saint Vincent .Les Antilles furent les premières terres découvertes par les espagnols au Nouveau Monde. C’est Christophe Colomb qui fonda Santo Domingo en 1496. Mais les Antilles ne possédaient pas de grandes réserves de métaux précieux et l’orpaillage n’avait donné que de faibles résultats. la seule richesse était la terre qu’il fallait travailler. De fait la population espagnole était très clairsemée car les profits étaient faibles. En 1570 on comptait seulement 60 familles à La Havane et 270 dans toute l’île. Par ailleurs les problèmes de communication rendaient impossibles le contrôle militaire de ces territoires d’où les attaques des navires anglais , français et hollandais et la fortification des villes espagnoles ( San Juan ( Puerto Rico ) et la Havane ( Cuba )) . Les états européens purent sans difficultés se tailler un empire outre-mer aux dépens des espagnols : en 1565 la Jamaïque tombait aux mains des anglais , en 1635 la France occupait la Martinique et la Guadeloupe .Des compagnies maritimes s’organisèrent pour commercer avec ces terres : la compagne anglaise des Indes occidentales fonda des comptoirs à la Barbade (1605 ) , aux Bahamas ( 1646-1670 ) , aux Bermudes ( 1612 ) .La France créa la Compagnie des îles de l’Amérique devenue en 1666 la Compagnie des Indes Occidentales .Les Antilles premières terres colonisées , avaient payé un lourd tribut à la Conquête ( choc microbien en particulier ).Sur les terres abandonnées par les indigènes , les conquérants se taillèrent de vastes domaines , grandes exploitations tournées vers l’agriculture spéculative ,qui occupèrent une main d’œuvre servile d’origine africaine dont l’importance ne cessa de croître dans le cadre du commerce triangulaire transatlantique . Haiti fut la première république indépendante du continent américain ( à l’exception de l’Amérique du nord ).Cuba se sépara de l’Espagne dès la fin du XIX e siècle. Si de nombreuses îles dépendent encore des métropoles européennes ( Guadeloupe et Martinique sont des départements français depuis 1946 ), beaucoup d’anciennes possessions sont devenues libres , surtout après la décolonisation. Aux Antilles ( anciennes îles à sucre ) la population noire est importante . La Jamaïque importa 800 000 Noirs de 1690 à 1815 date à laquelle la conférence de Vienne mit hors-la-loi le commerce esclavagiste .Aujourd’hui la population de l’île est noire à 75 %.L’esclavage fut aboli en 1834 dans les îles anglaises et en 1848 dans les îles françaises .Après l’abolition la Jamaïque reçut des groupes d’origine orientale et moyen-orientale pour compenser la perte des esclaves noirs ( chinois , indiens , libanais , syriens ).Un tel brassage humain explique la devise de l’île : «  de tous , un peuple » . dans son ensemble le bassin antillais est une véritable mosaïque ethnique et linguistique .La langue des colonisateurs y tient cependant une place privilégiée car elle est restée la langue des échanges et de l’administration. Parfois les parlers populaires l’emportent sur les parlers savants .C’est ainsi qu’en Haïti le créole est devenu la langue officielle en 1987 et le français n’est plus compris que par 30 % de la population totale. Le Métis occupe une place centrale dans la société. Les métis se sont souvent imposés politiquement et économiquement confisquant les richesses à leur profit et encourageant de ce fait les tensions ( exemple : à Haïti le fossé entre les noirs et les mulâtres ).

Les Antilles sont un des hauts lieux du Tourisme international intertropical ( 6 millions de séjours en 1980 , 7 million en 1985 , … ). Le Tourisme dans les Antilles a connu un démarrage précoce ( des anglo-américains séjournent à la Jamaïque et aux Barbades dès la fin du XIX e siècle et les touristes américains visitent Cuba à la même époque ). Ce secteur a connu une croissance spectaculaire dans les années 1980 et il connaît depuis 1985 des recompositions substantielles. Elles ont été longtemps considérées comme la «  chasse gardée » des américains et synonymes de vacances luxueuses. Depuis un peu plus d’une décennie cette destination a connu une forte croissance liée à la baisse des tarifs aériens , à la multiplication des lignes et à la démocratisation relative du tourisme de croisière. La plus ou moins grande proximité des pays émetteurs , l’ancienneté de l’accueil touristique , le passé colonial influence le service touristique .Depuis 1960 l’intensification du transport aérien a provoqué une augmentation significative de la clientèle de séjour ( ainsi à la Jamaïque : 75000 touristes en 1950 , 443000 en 1974 , 1,2 million en 1990, 1,8 million en 1998 ).Quelques îles ont cependant conservé leur image de tourisme de luxe lié à la plaisance et aux casinos : Saint Kitts , Antigua ou Saint Barthélemy dont la réputation est liée au milliardaire David Rockfeller qui s’y installa en 1957 et à Fidel Castro qui a fait fuir de Cuba les investisseurs américains .

Mais les handicaps sont nombreux .Ils sont d’abord d’ordre climatique ( les cyclones ou la saison des pluies qui correspond aux dates de vacances des pays industrialisés).

Mais les situations locales sont très variables pour au moins trois raisons : - Les Antilles forment un monde politiquement et culturellement émietté et économiquement très concurrentiel. La carte touristique ne peut être jouée de façon uniforme. Si aucune des îles n’ignore les visiteurs , le Tourisme ne les fait vivre toutes, - Le tourisme antillais combine villégiature balnéaire hôtelière et croisière inter-insulaire. Chaque filière impose sa logique en sélectionnant les plus beaux sites et les mieux desservis , - Le continent nord-américain tout proche est omniprésent comme premier réservoir mondial de voyageurs ( même à La Martinique 90 % des touristes de croisière viennent d’Amérique du Nord ).

Les Antilles sont une destination touristique importante mais diversifiée et les îles sont très inégalement marquées par le Tourisme .Les flux sont très variables .Le poids des grandes Antilles est considérable .Les Bahamas ont reçu en 1998 3,4 millions de visiteurs (dont 1,6 millions de touristes et 1,7 millions de croisiéristes ) et Porto Rico a reçu la même année 4,6 millions de visiteurs ( 3,3 millions de touristes et 1,2 million de visiteurs ).la république dominicaine 2,7 millions de visiteurs dont 2,3 millions de touristes et 393 000 croisiéristes , Cuba 1,4 millions de visiteurs dont 1,3 millions de touristes et 8 000 croisiéristes ).Les flux sont moins importants dans les Petites Antilles( Guadeloupe ( 1,1 million de visiteurs dont 693 000 touristes ; Martinique ( 964 000 visiteurs dont 549 000 touristes ) ; Bermudes ( 558 000 visiteurs dont 369 000 touristes ) ; Iles Vierges américaines ( 2,1 millions de visiteurs dont 422 000 touristes ) etc…Ce Tourisme se caractérise globalement par une très forte visibilité .Elle est très évidente dans les îles les moins peuplées ( 2 à 10 touristes par habitant aux îles Caimans , aux îles Vierges américaines et britanniques , aux îles Turks et Caiques ).sa visibilité est plus faible dans les îles les plus peuplées ( 1 touriste pour18 habitants à Cuba ) ou désertées par les touristes ( 1 touriste pour 103 habitants à Haiti ).

Ce tourisme est très inégalement structurant selon les économies insulaires comme le montre la distribution très inégale des recettes occasionnées par cette activité : Bahamas ( 1,4 milliards de $ ) , Porto Rico ( 2,2 mds $ ) , république Dominicaine ( 2,1 mds $ ) mais Haiti ( 57 millions $ ) , La Dominique ( 38 millions de $ ) , Anguilla ( 58 millions de $ ).Le poids économique de ce secteur est , lui aussi très variable .Il représente en moyenne le 1/3 du PNB , parfois les ¾ pour les petites îles ( Turks et Caïques , Antigua ) et à l’opposé moins du ¼ pour les grandes îles ( Porto Rico, république dominicaine ) ou celles aidées par leurs métropoles ( Antilles françaises et néerlandaises ) .

Il est donc difficile de parler d’un seul et unique tourisme , il est plutôt nécessaire de s’appuyer sur une typologie s’appuyant sur : - l’importance des flux de villégiature et de croisière , - la place du Tourisme dans chaque économie insulaire .Quatre types d’îles se dégagent alors : - Les «  cendrillons » : ce sont des îles peu fréquentées par les touristes .Ce sont , pour l’essentiel les petites îles de la Caraïbe orientale , souvent membres de l’O.E.C.S ( sauf Antigua et sainte Lucie ).Ce sont soit des îles qui s’ouvrent au Tourisme ( Anguilla , sainte Lucie , Turks and Caïques , La Dominique ) , soit des petites îles dont le Tourisme est en déclin ( Trinidad et Tobago , Grenade , Montserrat , St. Kitts , saint Vincent ).Leur fréquentation est en recul ou, du moins , reste faible .Elles représentent 4 - 5 % du tourisme antillais. Les obstacles au développement y sont nombreux : - la qualité de la desserte aérienne. Il n’existe pas d’aéroport international pour les avions de forte capacité. la solution réside souvent dans des systèmes tel celui mis en place dès 1986 par American Airlines. Un centre de transit a été aménagé à San Juan pour les passagers américains désireux de visiter les Petites Antilles .Depuis San Juan des filiales d’American Airlines franchisées sous le signe de «  American Eagle » gèrent un flux régulier de petits avions vers chaque île ;- la faiblesse des capacités d’hébergement , la plupart des îles ne compte que quelques centaines à quelques dizaines de chambres , - la nature montagneuse de beaucoup de ces îles explique la médiocrité du réseau routier , la rareté des plages de sable .A ces différents problèmes il faut ajouter l’existence fréquente d’un contexte socio- politique placé sous le signe de l’instabilité ?- Les «  alanguies » .Ce groupe est hétérogène et in inclut des îles qui ont la particularité commune d’être confrontée à une phase de croissance ralentie pour des raisons très diverses et variables . On peut y inclure : - des petites îles ( Petites Antilles françaises , Ariba , Curacao , Bonaire ) , des îles plus vastes (Trinidad , Tobago , Haïti ) et des îles à forte notoriété touristique ( Barbade , Bermudes , Bahamas , îles Vierges américaines ) confrontées à u déclin relatif des flux mais qui est compensé par un plus haut niveau de recettes ( en raison de la forte présence de touristes américains ) ( Bermudes : 542 000 visiteurs en 1994 et 23 millions d’euros de recettes et 575 000 visiteurs en 1998 et 33 millions d’euros de recettes // Bahamas : 3,4 millions de visiteurs en 1994 et 1,3 million d’euros de recettes et 3,41 millions de visiteurs en 1998 et 1, 5 million d’euros de recettes ) . Le Tourisme y est un secteur important ( 100 000 à 200 000 visiteurs par an et la capacité d’hébergement de chaque île équivaut à plusieurs milliers de chambres .La majorité de cet hébergement est tenu par de grands établissements appartenant à des chaînes internationales .Les activités associent tourisme balnéaire et Tourisme nautique à des escales fréquentes de circuits de croisière. Les résultats touristiques sont assez décevants et on peut parler pour cette catégorie d’un déclin relatif pour des raisons d’ordre technique , politique et économique. Dans les Antilles la publicité et la promotion touristiques des îles ont été notoirement insuffisants. A Haïti l’instabilité politique constitue un frein au développement touristique. A Curaçao le bouleversement du marché mondial du pétrole dans les années 80 a privé l’île de la clientèle brésilienne , une perte qui continue de paralyser l’économie touristique de l’île. Mais ce tourisme «  alangui » est un des seuls secteurs qui offre un potentiel de croissance notable dans des économies malades où agriculture et industrie sont trop archaïques pour constituer les moteurs du développement économique local. Mais le Tourisme a besoin d’une relance de ses investissements , d’une rénovation des es infrastructures et d’une redéfinition de sa politique .Des exigences difficiles à remplir dans un contexte très concurrentiel : Trinidad confronté à la concurrence de la Barbade , Haïti face à la République Dominicaine , Guadeloupe perçue comme plus instable que la Martinique .Les îles touristiques à très hauts revenus. On distingue dans cette catégorie : - les «  îles forteresses » et «  les nouveaux petits paradis » . Les «  îles forteresses », au nombre de 4 , se trouvent localisées dans les Antilles du Nord : Puerto Rico ( 4 millions de visiteurs dont 3,3 millions de touristes et 2223 millions de $ de recettes touristiques ) , Jamaïque ( 1994 : 1,6 million de visiteurs et 1,89 million en 1998 dont 1 million de touristes et 7 millions de $ de recettes touristiques ) et République Dominicaine ( 1,7 million de visiteurs en 1994 et 2,7 millions en 1998 , dont 1,7 millions de touristes et 1429 millions de $ de recettes touristiques ) , Cuba ( cas très particulier avec 619 000 visiteurs en 1989 et 1,4 million en 1998 ) auxquelles il faut ajouter la Barbade située dans les petites Antilles. Ces trois états reçoivent au total 35% des visiteurs des Antilles mais il existe un écart considérable entre le Tourisme de villégiature ( première place avec 43 % des visiteurs des Antilles ) et le Tourisme de croisière ( 22% seulement ).L’attractivité de ces îles s’explique pour l’essentiel par la proximité des Etats-Unis .On trouve dans les trois îles de grosses enclaves à touristes ( plusieurs milliers de lits ) fréquentées essentiellement par des touristes nord-américains .Aucune de ces quatre îles ne vit exclusivement du Tourisme ( A la Barbade les industries manufacturières représentent plus de 50% des exportations et à Puerto Rico plus de 70 % des exportations ).La république dominicaine possède une agriculture d’exportation ( sucre et dérivés ) compétitive sur le plan international ainsi qu’un secteur extractif ( bauxite ) ;Aussi le pourcentage des emplois touristiques dans ces îles est-il relativement faible ( 2% à la Jamaïque , 14 % à la Barbade ) .Ces grandes destinations peuvent avoir tendance à s’ essouffler ainsi Porto Rico ( 4,0 millions de visiteurs en 1994 et 4, 6 millions en 1998 ) . » Les nouveaux petits paradis » sont de petits archipels peu peuplés ( 20 000 à 25 000 habitants ).Dans les Antilles nord elles se trouvent à proximité de la Jamaïque pour les Cayman , de Puerto Rico pour les îles Vierges américaines et britanniques , Saint martin et Antigua , de la Floride pour les Bahamas ,les îles Turks et Caïques . La villégiature ( 38 % ) et la croisière ( 59% ) y ont évolué parallèlement bien que la priorité ait été accordée à la croisière et à ses aspects les plus mercantiles ( achats de produits hors-taxe à saint Thomas et free Port , jeux d’argent à Nassau et aux Caïmans ).L’implantation balnéaire a donné lieu à de grandes opérations immobilières très d »pendantes des intérêts continentaux .L’économie de ces archipels ne laisse guère la place à d’autres activités .Le Tourisme est en position de prédominance économique absolue et tend à se polariser spatialement sur l’île principale de chaque archipel.

 

 

Le développement touristique des Antilles pose de nombreux défis .

Le premier consiste à assurer l’accessibilité car la croissance économique est très largement dépendante du transport aérien .La déréglementation des transports aériens favorise la croissance des flux ( fin du monopole d’Air France vers les Antilles françaises ) ainsi que l’importance récente des voyages à forfaits par vols charters. Or les aéroports sont relativement nombreux mais leur capacité reste souvent réduite et toujours très inégale. La couverture aéroportuaire est forte mais sa capacité est parfois insuffisante ( La DomInique , la Grenade ).Miami et San Juan sont les principales plate formes du transport aérien dans la région. Le trafic aérien inter-îles reste encore faible car le coût d’exploitation des lignes régionales reste élevé et la volonté des T.O et des chaînes hôtelières est de maintenir les touristes sur place.

Un autre défi consiste à diversifier à terme les clientèles afin de luter contre le poids excessif du tourisme nord-américain lié à la proximité géographique ( 4 heures de vol depuis le nord-est des Etats-Unis et rôle majeur de Miami comme tête de ligne des croisières vers les Antilles ). Les ¾ des touristes en Jamaïque ( 995000 des 1,8 million de touristes ) , à Porto Rico ( 2,5 millions sur un total de 4,6 millions ), aux Bahamas ( 1,5 million sur un total de 3,4 millions ) sont américains .ce sont des clientèles à hauts revenus mais adeptes de courts séjours. Le passé colonial peut aussi jouer sur certaines fréquentations ( présence française dans les D.O.M , britanniques à la Jamaïque , dans les îles Vierges britanniques et à Anguilla ; espagnole dans la république dominicaine ).Des stratégies d’ouverture progressive à d’autres clientèles ont été instaurées : - ouverture de lignes sur d’autres ays européens ( Cuba vers l’Allemagne , l’Italie , l’Espagne afin de favoriser les séjours de plus longue durée ) , développement d’un tourisme intra-régional de contre-saison en provenance du Venezuela et de la Colombie .On assiste aussi ces dernières années à des essais de diversification des pratiques touristiques et des formules d’hébergement .Les pratiques étaient jusqu’à présent essentiellement balnéaires ( concentration des stations sur le littoral ) complétées par une fréquentation surtout hivernale pour les croisières . les stratégies actuelles de développement tentent de développer un Tourisme intérieur qui était faiblement représenté jusqu’à présent : dans les grandes îles avec les sites coloniaux ( Cuba , Saint Domingue ) et le folklore musical ( La Jamaïque ), les parcs naturels ( Guadeloupe , Trinidad et Tobago , Cuba , Porto Rico , république dominicaine ).

Le Tourisme antillais reste encore de type comptoir. La capacité hôtelière est regroupée en grands complexes touristiques dominés par de grandes chaînes américaines et françaises et concentrée sur un petit nombre de pays : république dominicaine ( 57 000 lits en 1994 - 88 000 lits en 1998 ) , Cuba ( 52 000 lits en 1994 – 71 000 en 1998 ) , Jamaïque (39 000 lits en 1998 ) , Bahamas ( 28 000 lits en I998 ) , Porto Rico ( 23 000 lits en 1998 ) .Une offre plus diversifiée tente de se mettre en place à La Martinique et à Tobago : pensions , locations de meublés , etc… Les croisière sont en plein essor ( 700 000 personnes en 1970 et plus de 5 millions en 1992 ( soit 190 millions de $ de recettes et 48 000 emplois directs ).Mais la croisière occupe une part très inégale dans les flux liée à la situation de l’île sur les lignes ( 41 % en Jamaïque , 47 % aux Bahamas , 68 % aux îles Caïmans ; mais 3 % à la Guadeloupe et à Porto Rico ).Plus de 50 % des croisiéristes ne passent aucune nuit à terre ; de ce fait le secteur est beaucoup moins rémunérateur que le Tourisme balnéaire.

Le succès touristique des Antilles se traduit par de lourdes pressions sur le milieu naturel car la surface utile y est restreinte , de fait les déforestations des plaines côtières dans le dessein d’y implanter des équipements touristiques se soldent par une érosion accrue des pentes et la sédimentation excessive des cours d’eau porte atteinte aux récifs coralliens menacés par la turbidité. la création de nouveaux espaces constructibles entraîne fréquemment le remblaiement des mangroves par des sédiments rapportés .Les travaux de remblaiement des zones humides littorales pour permettre la construction de pistes d’aéroports ( elles doivent atteindre 10 000 pieds ( 3 kilomètres ) pour permettre l’accès aux jets intercontinentaux ) se traduit aussi par des atteintes souvent irrémédiables aux écosystèmes. C’est ainsi qu’à saint Thomas des remblais ont été déversés sur la mangrove littorale et sur u versant sous-marin jusqu’à une profondeur de 30 mètres . Des problèmes apparaissent aussi liés aux aménagements portuaires développés pour permettre l’accueil des paquebots de croisière : dragage et destruction des fonds marins , remblaiements de mangroves et des estuaires .La construction de jetées et de digues entraîne souvent l’asphyxie des récifs coralliens et le démaigrissement des plages ,privées de sédiments. Il est fréquent d’assister a déroctage des coraux à la dynamite pour permettre le passage des bateaux dans les atolls ( exemple en République Dominicaine ).La mise en place d’ensembles touristiques peut aussi se traduire par des effets écologiques indirects : dégradation de la qualité de l’eau , pollution liée à la gestion anarchique des décharges en raison de l’exiguïté de l’espace et de la concentration d’une population qui produit beaucoup de déchets ( 10 fois plus que la population autochtone ).La plupart des îles recourent à des épandages de déchets solides , parfois en pleine mer. Il faut aussi évoquer la pollution due aux paquebots rejetant leurs effluents en mer ( plus de 50 tonnes de déchets ont été collectées au large de a seule île de Tortola ).Dans les estuaires et sur les plages la qualité des eaux baisse . Ainsi au débouché de la rivière Qibla près de la Havane ou l’eutrophisation et la pollution se sont développées liées aux décharges « sauvages «  de l’arrière pays et à l’utilisation intensive de désherbants , de pesticides et d’herbicides pour les golfs. Les récifs de coraux sont abîmés par les ancres des bateaux ou par les plongeurs qui en prélèvent parfois des fragments.

 

 

ETUDE DE CAS 2

LE TOURISME AUX SEYCHELLES ET AUX MALDIVES 

Les Maldives avec 1 90 îles et les Seychelles avec 115 îles occupent un immense espace océanique orienté nord-est/sud-ouest de part et d’autre de l’Equateur. Ce sont d’anciennes colonies britanniques devenues indépendantes en 1965 ( Maldives ) et en 1976 ( Seychelles ).Pendant longtemps leur économie est demeurée atone , fondée sur la pêche , le coprah et le guano. Aujourd’hui ces micro-états ont des P. I. B en progrès constant ( + 6 000 $ aux Seychelles et 760 $ aux Maldives ).La cause en est le Tourisme dont l’essor a été particulièrement spectaculaire ( Maldives : 1994 : 280 000 touristes / 1998 : 396 000 touristes // Seychelles : 1994 : 110 000 touristes et I998 : 128 000 touristes )

Ces territoires insulaires se caractérisent avant tout par leur émiettement .Les Maldives se composent de 26 atolls totalisant une superficie de 90 000 km2, soit un rectangle nord-sud de 837 kilomètres sur 80 à 130 kilomètres de large .ces atolls circulaires ou elliptiques englobent des micro-atolls .Au centre géométrique de l’archipel se situe Malé .Le noyau central comprend trois atolls : Malé nord , Malé sud et Alif .Aux deux extrémités ( pôles ) se trouvent Seebnu et Haa .Sur 1 190 îles , 202 seulement sont habitées et regroupées en 19 circonscriptions administratives .La 20e circonscription est celle de la capitale du pays : Malé.Les Seychelles sont formées de deux groupes d’îles : - les Inner Islands formées de 42 îles granitiques dominées par les trois îles les plus vastes ( Mahé , Praslin , la Digue ) et les deux îles coralliennes du nord : l’île aux Vaches et denis , - 72 îles extérieures ( Outerlands ) toutes coralliennes qui s’étirent sur 1200 kilomètres et sont réparties en trois groupes : Amirantes , Fraquhar et Aldabra .On distingue aussi souvent et par commodité un premier cercle avec Mahé , Praslin , La Digue ; un deuxième cercle ( 100 km de rayon ) intégrant les îles touristiques (l’ Ile aux Vaches , Denis , Silhouette , Ile Plate et Frégate ) ; à partie de là et vers le sud-ouest se développent auréoles concentriques ( larges de 200 km ) séparées par trois anneaux vides ( 200 km ) , soit tris ensembles : le premier groupe formé par les Amirantes ( 28 îles ) avec l’île touristique de Desroches , le groupe de Farquhar ( 13 îles ) qui est surtout un lieu de pêche et le groupe Aldabra ( le plus éloigné , 1 200 km ) ( 14 îles dont Aldabra et Cosmoledo ).

Les fonds coralliens ,toujours vierges , et des températures idéales toute l’année ont fait de ces îles des destinations à la mode. Mais jusqu’à la construction d’aéroports , ces îles ne recevaient que très peu de touristes ( 3 000 aux Seychelles en 1971 ( 128 000 en 1998 ) et 18 000 aux Maldives en 1977 ( 396 000 en 1998 )).Les touristes venaient alors par bateau ou en croisière. C’est en 1971 que fut inauguré l’aéroport de Pointe- Larue à Mahé ( 78252 touristes en 1979 ).En 1981 l’aéroport de Hululé ouvrait près de Malé. Il fut construit en réunissant deux îles en une longue piste adaptée aux longs courriers. Sa construction entraîna l’explosion des entrées dans l’archipel maldivien : 84 000 touristes en 1984 , 115 000 en 1985 , 156 000 en 1988 ,… Cet essor entraîna d’ailleurs une stagnation de la fréquentation aux Seychelles qui perdirent une partie de leurs touristes au profit des Maldives.

C’est G. Corbin ,responsable d’une agence de voyages italienne qui comprit le potentiel touristique des Maldives en les visitant en 1972.Après un circuit promotionnel destiné aux organisateurs de voyages , l’île de Kurumba s’ouvrit aux touristes italiens. En 1977 il y avait déjà 11 îles touristiques et depuis et chaque année ce nombre croît de 6 à 8 îles ou resorts. On en comptait 74 en 1995. Aux Maldives sur 467 000 touristes ( chiffres de 2000 ) 1 / 3 sont des allemands et des autrichiens , 20% sont des italiens , le reste étant formé de suisses , de japonais , d’australiens , de français et d’anglais .L’hébergement par unité insulaire ne favorise pas les contacts entre nationalités ( il existe des «  îles françaises » comme Rhiveli ou des «  îles italiennes » comme Kurumba .

Ce problème ne se pose aux Seychelles ou l’espace est plus étendu. Les français ont formé la clientèle prédominante jusqu’à la fin des années 1970.Il constituait le premier groupe européen avec un flux annuel de 15 000 à 20 000 personnes. On se souviendra de l’engouement manifesté pour les Seychelles par la classe politique française de la période 1981-1995 !! ). Ce furent ensuite les allemands qui devinrent la première clientèle de l’archipel. De 1976 à 1983 ils passèrent de 5,7 % du total à 17,5 %.Cette clientèle s’orienta ensuite vers les Maldives . Malgré une reprise constatée depuis 1995 , elle représente aujourd’hui 16 % de la clientèle des îles. Viennent ensuite les touristes italiens et britanniques qui se caractérisent par une fréquentation régulière toute l’année ( anglais : 20- 25 % , italiens : 18 % ( en décroissance depuis 1995 ) ).

Pour les deux archipels quand la fréquentation se faisait par bateau ( avant 1971 ) la durée des séjours était plus longue ( 42,3 jours aux Seychelles ).depuis l’ouverture des aéroports elle s’est réduite à 10 / 11 jours ( 10,5 jours en 1998 ).Les périodes de pointe correspondent aux vacances estivales ( juillet-août ) et hivernales des pays industrialisés ( Noel ).Les creux se situant en mai-juin et septembre-octobre , bien que les conditions climatiques soient souvent excellentes. L’accueil est différent selon les îles. Avant 1980 la capacité hôtelière était faible aux Maldives ( 1 164 lits ) comme aux Seychelles ( 2 058 lits ). L’essor hôtelier maldivien a été important ( 1990 : 8 226 lits et 1998 : 16 000 lits ), aux Seychelles la croissance a été plus modeste ( 1993 : 3 900 lits et 1998 : 4 700 lits ).Les taux d’occupation des chambres sont assez proches ( entre 52 et 68 % aux Seychelles et 60 % aux Maldives ).

Aux Seychelles jusqu’en 1978 on trouvait essentiellement de grands hôtels destinés à des clientèles aisées ( Reff hotel , Coral Hotel , Beauvallon Hotel ). En 1981 74 établissements offraient 78 % des lits .En 1995 les Seychelles ont 12 hôtels de luxe concentrés à Mahé ( 3 300 lits ) ainsi que 41 petits hôtels ( pensions ) et 8 résidences hôtelières. Les infrastructures hôtelière se sont développées sur les îles extérieures. L’île de Denis appartient à Pierre Burkhardt qui y a fait construire 1 hôtel de 30 chalets. Les autres îles coralliennes sont moins connues. Ainsi l’île d’Aldabra qui ne s’est ouverte au tourisme que récemment avec la construction d’un aéroport ( 1991 ) . L’île Bird est la plus septentrionale des Seychelles .Située à 40 km de l’équateur et à 100 km au nord de Mahé .C’est une caye de 1km2 appelée d’abord l’île aux Vaches .Elle appartient depuis 1967 à un seychellois qui y a ouvert un premier hôtel de 10 chambres en 1967. Le bâtiment fut entièrement rénové en 1993 et agrandi de 24 bungalows plus vastes. L’Ile aux Vaches est aujourd’hui la plus fréquentée des îles-hôtels des Seychelles ( 138 00 nuitées en 1998 ).La liaison avec Mahé s’effectue en 30 minutes par un D.H.C de 20 places .L’hôtel est commercialisé par de grands voyagistes connus comme Kuoni , Havas , Hotel Plan ,… à de tarifs élevés ( 2 000F / jour pour deux personnes pour un séjour d’une semaine ). Le séjour moyen y est de 5 nuits .Pour arriver à un taux de remplissage de 85 % ( record aux Seychelles ) des ventes promotionnelles sont organisées une semaine à l’avance dans la capitale Victoria pour les résidents seychellois. La durée de séjour est alors limitée à trois nuits. Les activités sur l’île aux Vaches sont limitées au farniente et à la contemplation de la nature ( l’observation des oiseaux ).

Aux Maldives jusqu’en 1972 les îles étaient louées à des hommes d’affaires ( les «  befalus » ) par le gouvernement pour des sommes modiques .Après 1977 les locations ont augmenté car elles furent alors calculées au prorata du nombre de lits installés sur l’île ( 2 500 à 3 000 $ / an ).L’essentiel des resorts se situe près de l’aéroport de Hululé , à Malé Nord et à Malé sud ( Kaafu atoll ). Malé nord rassemble une grande partie des lieux touristiques ( distants de 10 minutes à 4 heures de bateau ).Malé Sud comprend une vingtaine d’îles touristiques. La plus éloignée est Riviheli ( 1h 30 de bateau ).Une autre zone touristique est constituée par l’atoll d’Alif qui regroupe 28 îles regroupées en trois groupes d’atolls. L’exemple du resort de Riviheli est particulièrement démonstratif. Entre 1980 et I988 la plupart des îles était attribuée par le gouvernement ?Chaque propriétaire maldivien faisait un appel d’offres aux investisseurs étrangers .Les baux étaient d’une durée de 21 à 35 ans si les investissements étaient supérieurs à 1O millions de $.parmi les investisseurs se trouvaient des allemands , des italiens , le club Méd, …Pietr Petersen a monté sa propre île Riveheli en 1982. C’est un ensemble touristique complet proposant à sa clientèle des moniteurs qualifiés pour la plongée , des repas copieux en deux services , des animations culturelles et ludiques le soir. Un chenal d’accès fut aménagé pour faciliter l’accès à l’île .Une quarantaine de bungalows fut construite ainsi qu’une usine de dessalement de l’eau de mer. Le bail de l’île était de 21 ans .la location annuelle de chaque lit comprise entre 2500 et 3000 $ soit 300 000 $ par an , que son coefficient d’occupation supérieur à 60% permet d’amortir .L’état maldivien souhaiterait racheter les îles à leurs propriétaires mais chaque station valant 10 à 15 millions de $ rend l’opération impossible pour un état déjà largement endetté. Plus que les Seychelles les Maldives sont devenu synonymes d’îles-hôtels car le gouvernement a choisi de séparer les touristes de la population locale en implantant des hôtels sur des îles inhabitées.

Dès les années 80 des mesures ont été prises par les autorités maldiviennes pour limiter la dispersion des touristes .On fit disparaître les pensions et les locations de maisons sur les îles habitées .Le motif invoqué était la crainte suscité par un accroissement de la consommation de drogue ou d’alcool ou un relâchement des mœurs consécutif à la cohabitation des autochtones et des touristes étrangers. Ces mesures traduisaient aussi le souci de l’état de mieux contrôler l’industrie touristique. Les étrangers ne peuvent se rendre sur les îles habitées qu’avec un permis ( l’étranger doit être invité par une personne habitante l’île et qui doit avoir l’accord du chef du village ).des excursions dans les villages sont organisées au départ des îles-hôtels mais elles sont de courte durée et doivent être achevées à 18 heures. Seuls les «  bateaux-safari » ( une centaine soit une capacité totale de 1 500 passagers ) touchent quelques îles mais les passagers sont surtout intéressés par la plongée .Les îles-hôtels échappent à quelques lois de la république des Maldives .La plus importante est l’autorisation donnée à ces structures hôtelières de vendre et laisser consommer de l’alcool. Elles dérogent aussi à l’heure légale ( TU + 5 ) en avance de 1 à 2 heures sur l’heure maldivienne car le soleil se lève tôt ( 6 h ) et se couche tôt ( 18h ).Le contraste est saisissant entre les conditions de vie dans les îles-hôtels et les conditions de vie dans les îles-villages où l’eau est utilisée avec parcimonie .L’impression est très forte de se trouver dans un lieu à part , au sein d’une société oisive dont la principale occupation est le farniente ( rares sont les îles où plus de 50 % de la clientèle pratique la plongée ). Au entre de l’île existe généralement un quartier des travailleurs ( bâtiments délabrés , inconfortables ; promiscuité ; femmes non admises à travailler dans les îles-hôtels ).Les maldiviens qui travaillent dans les hôtels y vivent dans des conditions de vie recluses .La construction sur les îles-hôtels est sévèrement réglementée : la superficie bâtie ne peut pas excéder 1 / 5 de la superficie totale de l’île et les bâtiments ne doivent pas dépasser la cime des arbres.

L’importance économique du Tourisme est considérable aux Seychelles comme aux Maldives. Aux Maldives 10 % des actifs travaillent dans les hôtels et les restaurants et un pourcentage égal d’emplois indirects. Aux Seychelles entre 1986 et 1989 le Nombre d’emplois générés par le Tourisme est passé de 2 825 à 4 570.En 1996 le Tourisme générait 0,76 emploi par lit ( un chiffre équivalent à celui de la Thaïlande).Les revenus générés par l’activité touristique sont considérables aux Seychelles ( 178 millions d’euros en 1998 , 115 en 1994 ) et aux Maldives ( 303 millions d’euros en 1998 , 181 en 1994 ).

 

ETUDE DE CAS 3

LE TOURISME A BALI

L’île de Bali rassemble 1,5% de la population indonésienne ( 2,7 millions d’habitants ) sur 0,3% du territoire national ( 5561 km2 ).Bali est une des 17500 îles ( dont 300 habitées ) l’archipel indonésien. C’est aussi un des fleurons du Tourisme international culturel.

Les premiers visiteurs européens furent des écrivains , des artistes peintes et des anthropologues qui furent émerveillés par la beauté de l’île.de nombreux ouvrages ont contribué à populariser cette image idyllique de Bali : « The Island of Bali » de Gregor Krause ,( 1917 ) , «  sang et volupté à Bali » de Victor Baum ( 1937 ) , « Island of Bali » de Michel Covarrubias ( 1937 ) , «  House in Bali «  de Colin McPhee ( 1944 ) , …A la fin des années 1960 les tenants de la contre-culture hippie firent de Bali une étape incontournable sur la route de Karachi , Katmandu et Kuta .

L’île conjugue les attraits d’une civilisation brillante et les attraits plus classiques de l’île tropicale : 27,5°C en moyenne sur l’année , des précipitations concentrées sur décembre / janvier et février , une végétation luxuriante , 400 kilomètres de plage ( le mythe du «  paradis perdu » ).

C’est à partir des années 80 que Bali devint une destination beaucoup plus populaire. L’ère du Tourisme planifié débuta à Bali en 1969 , quand la Banque Mondiale recommanda au gouvernement indonésien de préparer un plan de développement touristique concernant Bali. Une telle proposition coïncidait avec les intérêts du gouvernement indonésien de l’époque confronté à un contexte de chute des cours des matières premières. En 1970 Un organisme français la S.C.E.T.O ( Société Centrale pour l’Equipement Touristique Outre-Mer ) fut chargée d’élaborer un plan directeur. Le plan d’aménagement prévoyait qu’en 1985 l’île recevrait 730 000 touristes restant en moyenne 4 jours dans des hôtels de luxe et dépensant 35 $ par jour et par personne. Les besoins s’élevaient donc à 9500 chambres d’hôtel. Pour limiter les contacts avec la population autochtone et préserver la culture locale il fut décidé de regrouper les touristes en bord de mer , de ne pas développer les villages des Kuta et Sanur qui accueillaient déjà les «  routards » et de créer de toutes pièces Nusa Dua , une station d’une capacité évaluée à 7000 chambres ( 1976 ) mais donc les capacités d’accueil effectives avoisinaient 38 000 chambres en 1998.

Le développement touristique de Bali est étroitement lié au développement des liaisons aériennes (gros porteurs + réductions tarifaires ).Jusqu’en 1986 seules les compagnies Quantas et Garudas desservaient l’île .L’ouverture survenue à partir de 1996-1997 a radicalement modifié l’importance des flux touristiques à destination de Bali. Actuellement 12 compagnies étrangères ( sur les 30 qui desservent l’Indonésie ) et 5 compagnies nationales desservent l’île. Garuda reste la première compagnie aérienne desservant l’île avec 10886 sièges ( soit 53 vols ) par semaine .Un deuxième atout a joué un rôle incontestable dans le décollage touristique de l’île : l’ouverture des frontières. Depuis 1983 les ressortissants des pays émetteurs sont dispensés de visa ( Le séjour est limité à deux mois sans possibilité de prolongation ).

Dès 1993 plus de 895 000 touristes sont arrivés directement à Bali , dont 99 % par avion , soit 26 % des touristes étrangers arrivant en Indonésie ( en 1969 ( à titre de comparaison l’île n’avait reçue que 11300 touristes ) ).En 1995 1,475 millions de touristes ont visité l’île dont 36,4 % d’européens , 19,6 % de japonais ( une multiplication d’effectifs par 7,5 entre 1988 et 1993 ) , 18,2 % d’australiens et 7 % d’américains. L’essentiel des flux est concentré sur les mois de juillet- août .Le séjour moyen est de 10,3 jours et les dépenses s’élèvent à 70$ par personne et par jour. Le secteur hôtelier compte 26 500 chambres dont 46,5 % en hôtels classés , 46 % en hôtels intermédiaires et 7 % en petits hôtels locaux .L’architecture typique des établissements constitue fait souvent figure de référence ( le nombre de chambre s’élevait à 474 en 1970 et 4000 en 1976 ). Les infrastructures hôtelières sont concentrées dans le sud de l’île .74 % des chambre se trouvent dans les secteurs de Nusa , Dua, Sanur et Kuta , le reste se situant au nord ( station de Louina ) et au sud-est ( station de Camdidasa ). Le taux de remplissage des hôtels classé s ( surtout 3 à 5 étoiles ) avoisine 80 % sur l’année .ces bons résultats sont rendus possibles grâce à des réductions importantes ( 50 % ) consentis aux T.O et aux individuels.

Le Tourisme génère de nombreux emplois .On estime que le secteur touristique occupe 1,5 millions de personnes actives à Bali ( chiffres de 1995 ) dont 38 000 emplois directs dans le Tourisme ( 74 % dans l’hôtellerie et 14 % dans la restauration ).Les employés sont indonésiens à 98 % et balinais à 8O % .Le secteur informel représente , quant à lui , un nombre appréciable d’emplois.

Le Tourisme culturel est le fait capital et essentiel du développement touristique de l’île. Les revenus du Tourisme sont partiellement réintroduits dans le cercle des cérémonies et des fêtes balinaises redynamisant les arts et l’artisanat locaux et empêchant la dégradation de la culture insulaire. Le Tourisme est devenu la doctrine officielle dès 1971 avant de devenir la doctrine officielle de l’ensemble de l’Indonésie en 1977.Mais des divergences se sont manifestées sur la localisation des infrastructures touristiques : - les autorités balinaises souhaitaient une dispersion de ces dernières dans l’ensemble de l’île de manière à assurer une meilleure répartition des bénéfices tirés du Tourisme , - les techniciens de l’aménagement ont favorisé une rupture entre autochtones et touristes et une concentration des infrastructures sur le littoral méridional de l’île.

Le berceau du Tourisme culturel à Bali est Ubud ( à 25 kilomètres au nord de Denpasar ).La réputation de la localité est liée aux peintres Walter Spies et Rudolf Bonnet ( 1927-1929 ) qui s’investirent dans la sauvegarde et le développement de la culture balinaise en achetant et en distribuant les œuvres des artisans locaux .Par ailleurs ils firent des scènes de la vie quotidienne balinaise des thèmes de leurs propres œuvres. Une deuxième vague d’artistes ( Hans Snel , Antonio Blanco , Arie Smit , … ) contribua à asseoir la notoriété culturelle de l’île dans les années 1950.C’est la spécialisation d’Ubud dans le domaine artistique qui a été le moteur du développement artistique de toute la région. Ubud avec 123 hôtels accueille 6% de la capcité hôtelière de l’île .La localité est devenue emblématique du tourisme balinais depuis la création en 1992 du Bina Wisata ( Office du Tourisme faisant la promotion des activités et des spectacles culturels , mais aussi charger de régler les rapports entre touristes et autochtones ( par exemple d’imposer aux touristes le’ port de tenues vestimentaires adéquates ( c’est à dire non légères ) sur les sites religieux ) ). Ubud est devenue commune-pilote de Bali en 1993.

Les produits du Tourisme culturel sont multiples : - Les excursions s’effectuent vers le lac –cratère du volcan Batur , mais surtout sur les sites du patrimoine historiques et religieux ( 8 sites sur 10 recevant plus de 100 000 visiteurs par an ) : Tanahlot , le temple marin de Bali , Besakih sur les flancs du Gunung Agung , les musées de Denpasar et Ubud ,…,- les galeries de peinture : outre les deux musées de peinturer de Ubud ( le musée Neka et le musée Puri Lukisan ( histoire de la peinture balinaise )) , Bali abritent de nombreuses galeries de peinture à Neka et Agung Rai ainsi que de nombreuses «  galeries » le long des rues de la plupart des centres touristiques , - la sculpture sur bois réalisée dans une multitude de petits ateliers ; certains villages , comme celui de mas , se sont spécialisés dans cette activité ., - Les crémations et les cérémonies religieuses sont aussi très recherchées des touristes .Les informations les concernant sont diffusées par affichage auprès des O.T et des hôtels , - la danse : un «  pot-pourri » de plusieurs danses traditionnelles dépourvues de dialogues est fréquemment offert aux visiteurs .Ce sont des versions simplifiées et édulcorées du Keçak ,Barong , Legong et Santratari .Trois à cinq représentations ont lieu chaque soir à Ubud .Le Tourisme culturel provoque aussi de nombreuses nuisances : - érosion de la qualité de l’environnement naturel des routes touristiques , -érosion de la qualité des prestations culturelles .

Les dix dernières années ont vu un essor considérable du tourisme balnéaire à Kuta où la clientèle dominante est formée d’australiens ( plus de 18 % des touristes ) et pour lesquels il est souvent moins coûteux de surfer à Bali qu’en Australie et d’européens dont le séjour à Kuta clôture généralement un périple Indonésie-Bali. Le développement de cette station n’ fait l’objet d’aucun plan d’aménagement rationnel : développement anarchique des infrastructures , forte pression immobilière et extension des grandes surfaces commerciales spécialisées dans le duty free. L’environnement culturels et naturel se trouve se fait menacés par la croissance touristique .De grands projets ont vu le jour tel le Bali Nirwana resort ( B.N.R ) sur 121 hectares ( dont 41 construits ) avec golfs et espaces verts et comprenant 1 hôtel de luxe de 300 chambres , 370 villas et 700 appartements. L’ensemble , inauguré en 1993 , se trouve à moins de 400 mètres du temple de Tanahlot .L’augmentation significative de la pollution est une des conséquences les plus visibles du décollage touristique de Bali : une enquête réalisée en août 1992 montrait déjà que 30 % des touristes interrogés considéraient que la pollution constituait un des aspects les plus négatifs de Bali .depuis cette date aucune solution n’a été apportée à la résolution de ce problème qui s’est accru dans de vastes proportions. Par ailleurs le développement du secteur informel a été à l’origine de la prolifération des colporteurs de rue et de plage ( plus de 2000 !! ) dont les ¾ sont des femmes. Une forte activité de prostitution s’est aussi développée à Bali , surtout dans la région de Kuta .De fait le succès touristique de l’île s’accompagne de nombreux effets néfastes propres à remettre en cause le concept même de Tourisme culturel.

Le récent attentat ( 190 morts ) survenu à Kuta Beach le 12 octobre risque de provoquer un ralentissement temporaire de l'activité touristique en Indonésie et en particulier à Bali. Il est évidemment trop tôt pour savoir quels en seront exactement les effets sur le secteur. La section Études de marché et techniques de promotion de l'OMT a déjà mis en chantier une étude consacrée à l'influence de cet attentat sur les tendances du tourisme à Bali, en Indonésie, en Asie et dans l'ensemble du monde, qui devrait être achevée pour la fin octobre et présentée à la prochaine réunion du Comité pour la relance du tourisme. La situation créée par l'attentat de Bali est dès à présent une des questions prioritaires de ses travaux.

Les hôtels de vacances des grands groupes thaïlandais et malaisiens affichent presque complet pour la fête du Deepavali, qui a lieu le 4 novembre, et pour les vacances de Noël. Le groupe Mandarin Oriental, qui dirige neuf hôtels à travers les six pays d'Asie dans lesquels le groupe est implanté, affirme ne pas avoir été affecté des suites des attentats de Bali de manière significative, y compris pour ses hôtels en Indonésie, à Djakarta et à Surabaya."De nombreux voyageurs qui devaient aller en Indonésie ont décidé de venir en Malaisie", indique le bureau du tourisme malaisien. En Malaisie, au cours du dernier week-end d'octobre, le Club Med de Cherating, sur la Côte est de la péninsule, était plein, tout comme celui de Phuket sur la Côte ouest de la Thaïlande."Nous avions une promotion régionale et les gens n'ont pas annulé. Tout au plus certains ont-ils demandé à changer de village dans la région", indique Mum Taz, responsable des ventes Club Med à Singapour. En revanche, le Club Med de Bali n'est plus aussi occupé mais les nombreux appels de clients qui se disent prêts à aller en Indonésie, au prix d'un rabais, semblent indiquer qu'ils ne bouderont pas longtemps la destination. Bali comptait pour 50 % des quelque 6 milliards d'euros que le tourisme rapporte à l'Indonésie, même si sa part dans l'économie nationale reste faible (aux alentours de 3 %). 1 mois après l’attentat de Bali le taux d’occupation des hôtels à Bali est tombé à 10 %. Les hôtels les plus modestes et les pensions semblent les plus durement touchés mais il en est de même pour les établissements de luxe. Le Hilton Bali par exemple affiche des taux d’occupation entre 6 et 8 % . et tout indique que c'est le reste de l'Asie du Sud- Est qui pourrait bénéficier, au moins dans un premier temps, du manque à gagner dont va souffrir Bali.

En revanche, les visiteurs en provenance d'Europe ou des Etats-Unis, qui ont une idée plus confuse de la région, lui préfèrent une autre destination, comme les Caraïbes La région se serait bien passée des recommandations officielles de plusieurs pays qui suggèrent à leurs ressortissants d'éviter de se rendre en Indonésie, en Malaisie et en Thaïlande. Le Japon vient de rejoindre l'Australie, le Canada, le Danemark et la Suède pour affirmer que Pukhet pourrait être la cible de terroristes. Le conseil mondial du tourisme et du voyage, basé à Londres, s'attend à une croissance de l'ordre de 5 % pour la région Asie-Pacifique en 2003. Mais, malgré des premiers signes encourageants de la conjoncture du tourisme après l'attentat de Bali, les analystes s'accordent tous à dire qu'il est trop tôt pour crier victoire. Car cet événement a sans doute inquiété les investisseurs au moins autant que les touristes, dans une région qui a autant besoin des uns que des autres.

La croissance économique indonésienne était bien repartie, avec un bon premier semestre – dans la foulée de la reprise américaine – sur les biens durables et les composants électroniques. Mais l’attentat perpétré à Bali est un coup fatal porté à l’économie indonésienne, et les effets se feront sans doute sentir dans toute l’Asie du Sud-Est. Le tourisme représente en effet entre 3 et 7% du PIB des pays de la zone, dont Singapour et la Malaisie. Les attentats du 11 septembre 2001 avait déjà fait mal à l’Indonésie musulmane, puisque la part du tourisme dans le PIB était revenue de 4 à 3%. Mais, pour réagir face à l’adversité, les autorités de la zone étudient d’urgence des plans de soutien économique de la demande intérieure, avec des mesures fiscales et monétaires.

 

ETUDE DE CAS 4

LE TOURISME A CUBA

L’île de Cuba est située à 180 kilomètres des côtes de Floride , à 210 kilomètres du Mexique et 140 kilomètres de la Jamaïque. L’île constitue la principale flèche de l’arc antillais .sa superficie est de 110920 km2 dont 3715 km2 d’îlots ( le principal est l’île de La Jeunesse situé à 100 kilomètres de la côte sud-ouest. Cuba compte aussi 4195 îlots ou Cayos regroupés en 5 archipels : -Camaguey et Sabana au nord , Colorados à l’ouest , Canarreos au sud-ouest et les Jardins de La Reine au sud .L’île principale s’étend sur 1500 kilomètres d’est en ouest , sa plus grande largeur est de 190 kilomètres. Aucun point de l’île ne se trouve à moins de 75 kilomètres de la mer. Cuba compte 7000 kilomètres de côtes et 280 plages .L’intérieur de l’île est formé de plaines vallonnées dominées par quatre grands massifs : Sierra de Cristal ( Oriente ) ( 1231 m ) , La Sierra Maestra ( Pic Turquino , 1974 m ) qui se subdivise en deux parties : la Sierra del Turquino et la Sierra del Gran Piedra , La Sierra del Escambray ( Las Villas ) et la Sierra de los Organos ( Pinar del Rio ).Cuba compte quatre grandes régions naturelles : -l’Occidente , -Las Villas , -Camaguey , - L’Oriente .L’Occidente est une région bordée de hautes chaînes montagneuses , elle compte de nombreuses plages de sable .Cette région est bordée au sud par les marais de Zapata .Las Villas est une région montagneuse dont la côte est frangée par une barrière de corail. Camagüey est une région étroite et plate bordée de deux chaînes de montagnes : la Sierra de Cubitas et la Sierra de Nagasa .L’Oriente est aussi une région très montagneuse comprenant une plaine centrale traversée par le Rio Canto.A l’origine l’île de Cuba était un archipel étroit et allongé .Les coraux ont doublé la surface de l’île ( un plateau de corail fossile ).Des récifs frangeants qui suivent le littoral et des récifs barrières séparés de l’île par u lagon .La barrière de Camaguey se développe sur 400 kilomètres .

La population de Cuba compte 10,8 millions d’habitants ( 1995 ) dont 45 % ont moins de 20 ans .Toutes les races y sont présentes : 72 % de la population est blanche , 12,4 % est noire , 0,3 % est d’origine asiatique et 15, 3 % est métisse .La démographie du pays est galopante ( accroissement est de 1 % par an ).L’île compte 95 habitants au km2 dont plus de 50 % vivent dans la province d’Oriente et de la havane ( 190 habitants / km2 ).Cuba est la seule île des Antilles où la population urbaine est supérieure à la population rurale .Avec plus de 2 millions d’habitants La Havane abrite 1/5 de la population totale .70 % des cubains sont d’origine ibérique .L’immigration espagnole a perduré jusqu’aux années 1950.Plusieurs vagues migratoires hispaniques ont contribué au peuplement de l’île . Jusqu’en 1518 l’afflux d’espagnols est massif puis l’île se vide au profit du Mexique et en 1544 il ne reste plus que 700 personnes. A la fin du XVIe siècle la Havane étant devenu le seul port autorisé pour le commerce , cette mesure fut à l’origine d’une nouvelle vague d’immigration .Au XVIIe siècle le développement de la culture de la canne à sucre suivie par celle du tabac entraîna un nouvel afflux de colons espagnols. L’île comprend aussi une population créole importante .Les créoles sont des espagnols nés dans le Nouveau Monde .En 1770 ils formaient les 2/3 de la population totale , en 1800 au lendemain de l’arrivée massive d’une main d’œuvre noire ils ne formaient plus que 50 % de la population. Des français s’installèrent aussi dans l’île , surtout après la proclamation de la République haitienne ( 27000 français ).Les Noirs représentent 12% de la population , pourcentage auquel il faut ajouter 15 % de mulâtres .La plupart des noirs africains étaient des Mandingues , des Congos , des Carabalis , des Yorubas , des Ararus .Entre la Conquête et 1789 90 000 esclaves noirs furent importés à Cuba .Au début du XIXe siècle La Havane était le plus grand marché d’esclaves du Nouveau Monde .Ede 1789 à 1841 Cuba importa plus de 400 000 esclaves .L’esclavage fut aboli le 7 octobre 1886.Les chinois arrivèrent dans l’île après 1847 , au lendemain de l’abolition de l’esclavage .Venant des Philippines ( colonie espagnole ) ils furent souvent surnommés «  les chinois de Manille».

Le Tourisme constitue la ressource majeure de l’île .Historiquement son essor fut précoce .A la suite des grands voyageurs du XIX e siècle ( Alexandre de Humboldt , … ), les premiers touristes arrivèrent dans l’île vers 1898.C’est à cette date que fut construit le premier hôtel de l’île : l’hôtel Santa Isabel à La Havane construit par le colonel Ley .La loi Volstead ( 1920-1935 : prohibition des boissons alcoolisées ) renforça le développement touristique de l’île .Cuba devint le paradis du libertinage et du jeu ( 31500 touristes en 1925 et 62 000 en 1927 ).L’accès se limitait à la navigation maritime. Le premier service de transport aérien entre Cuba et les Etats-Unis fut instauré en 1927 ( 28 octobre 1927 : arrivée d’avions Fokkers F7 de la pan American Airways ).La même année était créée la première compagnie aérienne cubaine : la Cubana de Aviacion ( 8 octobre 1927 ) sous le nom de «  Compania de Aviacion Curtiss » .Dès 1945 les avions acheminaient massivement les touristes dans l’île .Aucune politique de développement touristique ne fut cependant instauré et les seuls arguments de vente de la destination étaient la prostitution , la drogue et le jeu. Les Etats-Unis encouragèrent la construction d’hôtels à Cuba en accordant de multiples facilités aux investisseurs ( décrets présidentiels de 1948 et 1953 : suspension des droits de douane et octroi de prêts à des taux préférentiels ).En 1959 le Tourisme était un secteur actif ( le Tourisme : «  segunda zafia » , deuxième récolte de canne à sucre ) mais globalement défavorable à Cuba : - une balance touristique avec un solde négatif , les dépenses des touristes cubains à l’Etranger étaient supérieures à celles des touristes étrangers à Cuba , - Cuba était incapable de se suffire à elle-même et devait tout acheter aux Etats-Unis ( 1 milliard de $ versés aux Etats-Unis de 1948 à 1959 pour l’achat de marchandises ) , - L’importance des capitaux nord-américains dans l’hôtellerie entraînant une fuite des recettes vers les Etats-Unis .Le même phénomène se constatant pour les casinos , largement dominés par la Mafia nord-américaine. En 1959 le gouvernement révolutionnaire engagea un programme ambitieux de diversification économique peu soucieux de développement touristique. L’état castriste manifesta la volonté d’organiser un tourisme «  sain » et de mettre fin au tourisme de «  débauche » .Le 20 novembre 1959 le gouvernement cubain créa l’Institut national de l’Industrie Touristique chargé d’élaborer une politique cohérente de développement touristique .Plusieurs mesures législatives furent prises dont les lois du 24 octobre 1960 aboutissant à la nationalisation des grands hôtels. Les Etats-Unis isolèrent l’île par un embargo provoquant la chute de la fréquentation touristique ( 98,5 % entre 1957 et 1961 ).L’I.N.I.T encouragea le tourisme avec les pays socialistes et les relations avec les agences de voyages des pays capitalistes ( Europe et Canada ).A l’heure actuelle plus de 200 agences collaborent avec l’I.N.I.T Cette politique eut pour résultat une progression rapide des entrées de touristes : 1 634 touristes en 1970 , 340 290 touristes en 1990 , soit 208 fois plus .Le nouvel élan du tourisme cubain s’affirma à partir de 1979 avec la construction du palais des Congrès de la Havane (Palacio de las convenciones ) pour le sommet des pays non – alignés . L’île devint un lieu de rencontres internationales. Le Tourisme redevint un secteur économique prioritaire à partir de 1989 au lendemain des bouleversements politiques ayant affecté le bloc socialiste ( 1991 : 378 900 touristes , 1993 : 700 000 touristes , 1997 : 1,1 million de touristes , 1998 : 1,3 million de touristes ).Les marchés émetteurs vers Cuba sont le Canada , l’Allemagne , l’Espagne , l’Italie , le Mexique et la France .ces cinq pays fournissent 70 % des visiteurs vers l’île ( les canadiens représentant 25,2% du total ).Plus de 70 % des touristes viennent en groupes . Les croisiéristes sont encore rares ( 6312 seulement en 1990 ).

Les causes de cet essor sont multiples : Les atouts naturels sont nombreux : - un climat agréable lié à la latitude ( 23° ) et la situation maritime de l’île .La température moyenne annuelle y est de 26°C et l’amplitude moyenne annuelle est inférieure à 3°C. L’île connaît u éternel été tempéré par les alizés .La saison sèche se situe de décembre à avril et la saison des pluies de mai à novembre. Seule la menace des cyclones constitue un inconvénient climatique majeur ; - des paysages variés et attractifs : montagnes et plaines verdoyantes , des falaises et des cascades pittoresques , des plages de sable fin .L’île possède de surcroît un patrimoine culturel exceptionnel qui est , de loin le plus important des Antilles ( La havane et Trinidad sont inscrites sur la liste du patrimoine Mondial de l’Humanité ) , - la tradition cubaine d’hospitalité .Le développement du tourisme cubain est aussi lié à l’efficacité des politiques de développement touristique .Elle s’est traduite par l’accroissement de la capacité d’accueil ( nombre de lits : 15 000 lits en 1958 , 28 000 en 1990 et 71000 en 1998 ). L’offre est cependant peu diversifiée : 80 % des chambres sont classées en 3 ou 4 étoiles. Les anciens aménagements touristiques sont insérés dans le tissu urbain alors que les nouveaux se trouvent à la périphérie des villes et sur le littoral. L’occupation touristique actuelle massive du littoral s’est faite selon un regroupement qui répond à un souci d’aménagement rationnel et une volonté de limiter les coûts d’équipement en électricité et en eau potable .De véritables agglomérations touristique sont nées dont le meilleur exemple est Varadero à l’est de La Havane .A l’heure 67 sites concentrent 75 % de la capacité hôtelière. Le Tourisme cubain se caractérise aussi par l’allongement notable de la durée des séjours car la nature des visites s‘est modifiée .En 1958 29,8 % des visites étaient le fait s’excursionnistes , un pourcentage qui s‘est abaissé à moins de 5% aujourd’hui .Les touristes séjournent plus longtemps dans l’île ( en 1950 la durée moyenne de séjour était de 3 jours , en 1998 elle était de 11 jours ).Cuba se caractérise aussi par une compétitivité en termes de prix des services touristiques qui en fait une destination plus accessible que la plupart des autres îles ( Le prix d’une chambre dans un 5 étoiles est 4 fois moins élevé que dans un 5 étoiles des Antilles françaises )., - La promotion touristique a été assuré par l’Etat dès 1959 avec l’I.N.I.T et à partir de 1976 avec l’I.N.T.U.R (Instituto Nacional de Turismo ) qui possède des bureaux de représentation dans plus de 60 pays ;L’INTUR a été aujourd’hui remplacé par un Ministère du Tourisme ( ministre : Osmany Cienfuegos ).L’essor du Tourisme s’explique essentiellement par une nécessité économique .Cuba possède un fort potentiel agricole mais insuffisant pour développer à la fois les cultures vivrières et les cultures d’exportation et génératrice de rentrées de devises .par ailleurs le secteur agricole a subi de plein fouet l’impact de la chute de l’URSS et de l’embargo américain. Au lendemain de la création du Ministère du Tourisme en 1994 , Cuba s’est lancé dans la recherche d’investisseurs étrangers ( Plus de 130 associations avec des firmes étrangères ont été lancées depuis cette date ).Les effets en sont déjà perceptibles : plus de 40 000 personnes travaillent aujourd’hui dans le Tourisme et 75 % des entreprises mixtes exercent dans ce secteur .Le pays a reçu 1,3 million de touristes en 1998. 

 

ETUDE CAS 5

LE TOURISME AUX ILES HAWAII 

Les îles d’Hawaii forment un archipel volcanique située au large de la côte ouest de l’Amérique du Nord ( à 4000 kilomètres de distance ). Hawaii forme le 50e état des Etats-Unis .L’archipel est constitué par les cimes d’une chaîne volcanique partiellement immergée longue de 5000 kilomètres entre Hawaii et la fosse des Aléoutiennes. Le plus jeune volcan de l’archipel est le Kilauéa ( en éruption depuis 1983 ) qui a contribué à agrandit l’île de plus de 5 km2.Sur la grande île se trouvent les volcans Mauna Kéa et Mauna Loa ( ce dernier , un volcan – bouclier , est la plus grosse masse volcanique de la planète ).Les paysages de l’archipel sont diversifiés du fait des variations d’altitude : - les basses terres et le rivage en dessous de 1500 mètres , - paysage de végétation humides de montagne entre 1200 et 2200 mètres , savanes ( forêts clairsemées ) sur les pentes sous le vent entre 500 et 2700 mètres , - végétation subalpine ( prairies et arbres rabougries ) entre 1700 et 3000 mètres ).Dans l’ensemble les paysages sont classiques des montagnes insulaires tropicales .Les îles comportent de belles plages ( sable blanc ou noir ) avec platier corallien .L’ambiance des îles est typiquement polynésienne et Hawaii offre un dépaysement humain soigneusement cultivé : une atmosphère «  îles des mers du Sud » .

Le climat de l’archipel est un des climats tropicaux les plus agréables du pacifique et du Monde. Il offre le plus grand nombre de jours où les conditions climatiques sont agréables au touriste ( 284 Jours par an en moyenne ).La situation en latitude , l’environnement maritime et le souffle de l’alizé expliquent que les températures ne soient jamais accablantes. Les pluies ne sont abondantes que les versants au vent or les stations sont toutes situées sur les versants sous le vent. Parfois cependant les pluies peuvent être abondantes ( 6126 mm en 1982 ( moyenne : 2500 mm ) et des cyclones peuvent frapper l’archipel ( comme le cyclone Ewa en 1982 ).

Les îles Hawaii firent peuplées par des polynésiens venus de Samoa et Tonga ces derniers colonisèrent les îles de la Société ( Tahiti ) et des Marquises vers le I er siècle après J.C .C’est vers 3000 après J.C que les habitants des Marquises débarquèrent à Hawaii .D’autres vagues d’immigration contribuèrent au peuplement de l’archipel , en particulier vers les XIIe – XIIIe siècles en provenance des îles de la Société ( Tahiti ).Ces différents peuplements furent à l’origine d’une société de castes dont les deniers arrivés occupaient le sommet en tant que nobles ( Ali’i ) chargés d’imposer un code religieux ( Kapu ) .Les plus anciennes évocations de l’archipel sont contenues dans des journaux de bord de la fin du XVIIIe siècle. L’archipel fut officiellement découvert par James Cook en 1778, mais il avait probablement été découvert dès 1542 par les espagnols ( Ruy Lopes de Villalobos qui prit pied sur la Isla de la Mesa ).L’archipel fut visité par de nombreux explorateurs dont le Comte de La Pérouse en 1786. Les missionnaires s’y installèrent dès 1820.L’archipel était alors une monarchie dont les liens avec les Etats-Unis furent renforcés par le traité commercial de 1876 .Hawaii devint une république en 1896 et territoi