«Rien
ne ressemble plus à un œuf entouré d’une coquille qu’un
atoll circulaire dont le lagon est enchâssé dans une large
bague de corail »
( Villaret B. , 1975 )
«Ainsi
le mythe de l’île est-il partout et la pratique du tourisme
est-elle, dans bien des cas , une manière d’insulariser
l’espace. L’île ne serait donc qu’une forme extrême , en
quelque sorte préfabriquée , d’insularisation de l’espace ,
et la matérialisation , parfois décevante , d’une aspiration
profonde »
( Lipari , 1982 ).
GENERALI TES
«L’île tropicale est largement popularisée par les agences
de voyage et les tours-opérateurs .Sa sphéricité rappelle
l’œuf matriciel et la chaleur de ses eaux le liquide
amniotique (… ) La sensibilité collective dominante est
favorable à l’île tropicale lancée par les groupes sociaux à
fort pouvoir de démonstration , comme les familles
aristocratiques connues ( la princesse Margaret et l’île
Moustique ), les acteurs médiatiques ( Marlon Brando et
l’île du Pacifique ; Carlos et la pêche au gros à Maurice )
et les intellectuels ( l’entourage de Danielle Mitterrand
pour les Seychelles » ( J. L. GUEBOURG , 1999 , p. 41 ).
L’île a toujours sollicité l’imaginaire des hommes .Au
XVIIIe siècle l’île est un prétexte à la critique sociale et
à l’expérience institutionnelle , l’utopie. A l’époque
médiévale l’île est souvent associée à l’idée de Paradis
puisque l’on situait le paradis terrestre dans une île .
Dans l’imaginaire des hommes l’île revêt une profonde
ambivalence qu’il ne faut jamais perdre de vue.Son caractère
est double .Si l’île peut signifier l’ouverture sur le
nouvel espace marin , ouverture sur tous les ports du Monde
te sur toutes les cultures , elle est aussi fermeture .Une
fermeture qui est signifiée par le caractère même de la
fermeture de son espace .L’île est tout à la fois ouverture
et fermeture , paradis et enfer , symbole de liberté et de
prison. Les prisons les plus dures et les plus célèbres (
bagnes, pénitenciers, etc… ) sont presque toujours situées
dans des îles .En même temps l’île est l’image d’un monde
préservé , lambeau de paradis terrestre, île des merveilles
, île des bienheureux , elle reste le lieu de tous les
possibles né de la mise à distance et du dépaysement .Le
processus de découverte des îles Caraïbes au XVIe siècle par
les européens est significatif : « C’est sur les îles des
Caraïbes que se joue cette rencontre ou s’imagine un «
nouveau monde » .l’homme européen prend possession d’un
monde qu’il reconstruit .Il le nomme et y inscrit une
nouvelle loi .Et il découvre le paradis terrestre de ces
îles tropicales ».On y rencontre « tant de belles verdures
, les fruits , les herbes et les pierres , des poissons si
différentes des nôtres que c’est merveille , parés des plus
fines couleurs du monde , des oiseaux dont le chant est tel
qu’il semblerait que jamais l’homme ne veuille partir
d’ici », des fleurs dont le parfum est «si bon et si
suave que c’est la chose la plus douce du monde». «L’île
est un lieu maternel , mais un corps maternel vite pillé ,
exploité. L’île tropicale devint marchandise dont la valeur
d’échange restait sur un fantasme qui occultait la réalité.
Elle a gardé sa valeur jusqu’à nos jours , c’est ce qu’elle
peut offrir comme monnaie d’échange. Mais le discours du
merveilleux n’existe pas sans son double, le discours
pragmatique qui présente l’île comme un lieu à exploiter" ( F. Verges ).Pour le Tourisme l’île, cet espace de
l’ailleurs, est par essence un espace ludique, un espace
de l’innocence retrouvée où l’on espère échapper durant
quelques semaines aux contraintes de la vie en société et au
temps social, à l’histoire . Ce n’est pas un hasard si le
Club Méditerranée a mis au point sa formule exemplaire sur
les îles. Même s’il s’agissait des îles de la méditerranée
la référence insulaire était très clairement tournée vers le
monde insulaire tropical. Le « Club Méd » accueillait les
visiteurs avec des colliers de fleurs comme c’est la coutume
en Polynésie. L’argent y était aboli remplacé par des
colliers en perles de plastique , moderne verroterie qui
assimilait le visiteur au bon sauvage. Et surtout le
visiteur pouvait se livrer à tous les plaisirs charnels en
toute innocence . «Devenir un être solaire, bronzé,
épanoui, comblé ! une initiation en somme ! Certes très
appauvrie, très atténuée .Mais le trait de génie de cet
espace utopique … et commercial, est d’entretenir la
confusion entre « le bon sauvage » et « le voyageur
conquérant » : le client du «Club-Méd » est invité à
s’identifier … aux deux à la fois et il n’a pas à choisir
entre tous les plaisirs, débarrassé qu’il est de tout
sentiment de culpabilité ! Le projet , le sens est toujours
le même : se perdre dans l’île pour mieux s’y retrouver , au
bout des épreuves du labyrinthe .Et, projet impossible
enfin réalisé : être soi et l’autre dans une fusion
paradisiaque » ( A. Mestersheim ) .
L’île est une figure emblématique du Tourisme international.
Elle revêt une étonnante dimension symbolique et une
formidable portée imaginaire, surtout l’île tropicale. La
permanence du pouvoir d’attraction symbolique des
destinations insulaires manifeste une surprenante
permanence.
L’île tropicale : « un grand mythe » ( Mircéa Eliade ) , «
L’île est devenue le territoire de toutes les espérances .
Déserte ou non , son pouvoir attractif n’a jamais été aussi
fort » ( D. Decoin ).Trois mécanismes semblent jouer pour
expliquer cette attraction irrésistible que l’île exerce sur
les touristes contemporains comme sur les voyageurs du
passé : - un processus d’appropriation ( possession ,
domination ) , - un processus d’ « insularisation » , - un
processus d’ « imagification » ( mythification ).L’île
tropicale est une unité géographique facile à cerner
juridiquement , à contrôler politiquement , à exploiter
économiquement , à défendre militairement. C’est un espace à
prendre. « Aujourd’hui encore dans chaque touriste, il y a
un peu du découvreur qui allait s’approprier les îles »
(Serviable ).
L’île est aussi un relais , un tremplin, une tête de pont
vers le reste de l’archipel ou les rivages continentaux .Le
discours touristique d’appropriation s’appuie sur la
virginité ,la vacuité , l’abondance offerte , l’hospitalité
du milieu d’accueil. Quoi de plus appropriable que des
destinations insulaires nettement cernées et individualisées
sur la carte ? « Je suis plus à l’aise dans les mondes de
la miniature .ce sont pour moi des mondes dominés »
(G.Bachelard ). Des exemples significatifs sont livrés par
l’impact publicitaire et médiatique du thème : des îles « à
acheter » ( Seychelles ) , « à louer » ( Maldives ) , « à
se réserver » (pour un petit groupe de privilégiés ). La
logique d’insularisation se construit autour du thème de
l’évasion- rupture avec le quotidien , de l’isolement , du
repos , de la quiétude .
L’île est l’espace du retour sur soi, du ressourcement , du
blotissement dans un cadre privilégié. L’antienne de la
sécurité et du confort baigne tous les messages tant
textuels qu’iconographiques relatifs à l’île. Cette dernière
est assimilée à un refuge , un oasis , un noyau , un cercle
,une alvéole , un nid . L’île véhicule aussi des images
d’inquiétude , c’est le syndrome d’insularité synonyme
d’éloignement , d’isolement , d’enfermement , de solitude ,
d’ennui , de claustrophobie . Beaucoup de « pseudo-îles
existent dans les inscriptions spatiales du Tourisme : le «
village » ( le club de vacances ) , la marina , le parc de
loisirs , le « resort » , la station intégrée
).L’île pose le problème de l’enfermement , du « ghetto
touristique » . L’île tropicale est aussi un support
privilégié d’ » imagification ». Une enquête American
Express rapportée par le Nouvel Observateur à la fin des
années 80 montrait que 60 % des français interrogés sur leur
destination rêvée de vacances avaient répondu : « dans une
île si possible » , Tahiti ( 60 % des personnes interrogées
) , Maurice (45 % ) , puis Bali , Seychelles , Ceylan .L’île
a une incontestable valeur onirique.
Le prisme déformant de l’imaginaire du Tourisme assigne à
l’indigène une place immuable. L’ilien est toujours présent
en position de pourvoyeur de services et inclus dans une
mise en scène touristique qui l’intègre te le fige .Il
confirme par sa présence, ses vêtements, son attitude et
sa langue , l’authenticité du lieu .C’est ainsi que le
créole blanc réunionnais n’est jamais représenté dans les
brochures touristiques, les rédacteurs choisiront plutôt la
jolie créole métisse, à la peau dorée ni trop claire, ni trop foncée , aux lèvres pulpeuses mais non lippues. La
vision de l’île paradisiaque aux femmes créoles belles et
lascives est omniprésente dans l’imaginaire européen depuis
la fin du XVIIIe siècle, notamment dans la littérature
exotique.
Le cadre géographique est très vaste . Iles et archipels
sont disséminés dans trois océans (Océan Atlantique , Océan
Pacifique et Océan Indien ). Les grandes îles dont
l’insularité est atténuée par leur superficie ou par
l’importance de leur population ne sont pas traitées .Seuls
les îles et archipels d’une superficie inférieure à 20 000
kilomètres carrés et peuplé de moins de 1,5 millions
d’habitants sont considérés comme caractéristiques d’une
insularité indiscutable .
Les situations sont très variées : Certains archipels et
îles sont restés jusqu’à présent à l’écart du Tourisme comme
les Comores ou les îles du Cap-Vert , d’autres accueillent
plusieurs milliers , voire plusieurs millions de touristes
par an .Beaucoup d’îles très touristiques sont de dimensions
modestes ( aux Hawaï, l’île de Oahu n’a que 1 548 km2 ;
l’île Maurice 1 865 km2 ,la Martinique dépasse à peine les
10 000 km2.
Dans toutes ces archipels et ces îles un lien étroit existe
entre l’essor du Tourisme et celui des transports rapides
.Un rôle décisif a été joué par les transports aériens (
sauf dans les Caraïbes où la mise en Tourisme est plutôt lié
au développement de la croisière ).Dans beaucoup de cas le
Tourisme dépend uniquement des facilités d’accès par voies
aériennes. La construction d’un aéroport international se
révèle souvent un préalable indispensable et l’utilisation
d’avions gros porteurs une nécessité. Les compagnies
aériennes jouent souvent un rôle direct dans la mise en
place des infrastructures nécessaires ( exemple : le rôle
pionnier de la PANAM dans les Antilles ).Ces compagnies
créent parfois des hôtels ( exemple : les hôtels Méridien
d’Air France ).
L’attitude du pouvoir politique vis à vis de la mise en
Tourisme des îles varie considérablement. certains régimes
politiques découragent les tentatives d’investissement. Par
ailleurs les flux touristiques sont très sensibles aux
variations politiques .L’essor du Tourisme peut
s’accompagner d’une certaine dépendance à l’égard des pays
fournissant les plus gros contingents de touristes .Impôts
et taxes permettent alors à certains gouvernements de
retirer des bénéfices substantiels de l’essor de l’industrie
touristique .Le Tourisme peut se révéler créateur d’emplois
, mais dans ce domaine la situation est très variable selon
les pays ( ainsi à Hawaï le nombre d’emplois par chambre
d’hôtel est de 0,4 ).Dans beaucoup d’îles les variations
saisonnières sont très importantes .Elles entraînent des
périodes creuses dans l’emploi . Le pourcentage d’emplois
indirects créés est très variable .On estime de manière très
générale que la création d’un emploi dans le secteur
hôtelier génère la création de 2 - 3 emplois dans les autres
secteurs. Enfin le Tourisme peut avoir un impact important ,
et parfois négatif , sur l’environnement insulaire d’autant
que les îles sont souvent de véritables sanctuaires où la
proportion des espèces est plus élevée que sur le continent
.
Le développement du tourisme insulaire est très largement
fonction du cadre naturel. Le voyageur est majoritairement
originaire des pays industrialisés situés aux latitudes
moyennes et son motif principal est le dépaysement .
Le climat est la raison principale du séjour dans 90% des
cas .Le « climat des îles » bénéficie dans l’imaginaire
collectif d’un préjugé très favorable .Il est une puissante
invitation au voyage et un des principaux arguments d’appel
pour les professionnels. Il existe un «idéal » climatique
pour la majorité des vacanciers partant pour des îles
tropicales : - une exigence de sécurité, ce qui pénalise
les zones exposées aux cyclones tropicaux (tout mois qui en
25 ans a subi plus de 4 cyclones est synonyme de risque
majeur), -une exigence de «beau temps » pour les
activités de plein air un ensoleillement maximum est
recherché ainsi qu’une absence de pluie , - une exigence de
confort et de santé , l’organisme ne doit pas être contraint
à de gros efforts d’adaptation d’où la recherche de la
chaleur et de l’humidité mais sans excès . Les îles
tropicales ont une réputation idyllique , une réalité au
demeurant fort différente et variable d’une île à une autre,
voire à l’intérieur d’une même île car il existe de
nombreuses familles dans les climats tropicaux et
sub-tropicaux .Il faut , de plus , opérer une distinction
pour un même archipel ( voire une même île ) entre l’île au
vent et l’île sous le vent .
La mer est aussi un paramètre essentiel dans le choix de la
destination. Le Touriste recherche d’abord la vue «
imprenable » sur la mer, une condition facile à remplir sur
une île. Mais la mer n’est pas toujours sûre ( forte houle (
Seychelles ), courants marins froids (Canaries ).Quant aux
plages elles sont nombreuses , mais il n’y en a pas partout
et elles ne sont pas toujours praticables d’où la nécessité
de recourir à des piscines ( Cap vert, Canaries, Madère,
Seychelles ).
De fait les îles tant vantées ne sont pas toujours aussi
idylliques qu’on le pense. Les publicités s’efforcent de
présenter la nature insulaire tropicale sous un jour amène
et accueillant , l’agressivité et le danger doivent
disparaître du monde insulaire : on oublie les cyclones ,
l’hygrométrie pénible en saison chaude , on invente « les
brises du soir » , on ne mentionne pas les plages de sable
noir ou le danger représenté par les requins , etc… « Les
îles tropicales sont aussi soumises à la stérilisation des
îles » (Cazes G.). Les limites et les contraintes sont
nombreuses. C’est d’abord le problème de l’accessibilité .Le
bateau été longtemps l’accès normal mais aujourd’hui la
possession d’un aéroport international est exigée pour
supprimer le handicap de la distance. Un problème
d’emplacement peut se poser sur les îles petites et
montagneuses. Par ailleurs la superficie sur les îles est
souvent et par définition limitée .Le peu de place
disponible provoque des conflits pour l’utilisation de
l’espace. Le problème de la disponibilité en eau peut aussi
se poser .Malgré leur relief ces îles sont peu arrosées (
surtout les îles sub-tropicales) et l’eau peut venir à
manquer d’où des conflits avec les agriculteurs ( un cas qui
se pose aux Canaries ).La modestie des effectifs humains
induit une modestie du capital local disponible et explique
le recours fréquent à des capitaux extérieurs seuls capables
de financier des projets de développement touristique lourds
et coûteux.
Les conditions a minima du Tourisme sont de trois
ordres : - la proximité du marché , - la réputation et
l’expérience, - le rôle des initiatives humaines. Le
Tourisme insulaire est un type de tourisme particulier
.L’exiguïté de l’île limite le déplacement vers l’intérieur
des terres. Le Tourisme insulaire est essentiellement
sédentaire avec parfois des déplacements entre les îles sous
forme de croisières . L’hébergement s’effectue
essentiellement en hôtel et les formes d’hébergement
concurrentes sont très peu développées. Les problèmes de
protection de l’environnement restent relativement rares
même si quelques cas de menace sérieuse peuvent se
manifester ( exemple : les Galapagos ). Les atteintes à
l’esthétique paysagère restent aussi globalement rares (
même si elles pourraient être appelées à se multiplier à
moyen terme ) et inégales . Quand le Tourisme est bien
établi il peut devenir la ressource économique principale de
l’île . La tentation devient alors grande de se lancer dans
le « tout-tourisme » , une mono-activité induite de
l’extérieur et qui peut compromettre le développement
économique de l’île. Le problème de la saturation de
l’espace et du contrôle du développement touristique peut se
poser mais dans beaucoup d’îles l’appareil juridique est
généralement inexistant ou inadapté et ne permet guère aux
insulaires de se donner les outils nécessaires à une réelle
maîtrise de l’espace.
ETUDE DE
CAS 1
LE
TOURISME AUX ANTILLES
Les Antilles occupent une superficie de 233 000 km2.De la
pointe ouest de l’île de Cuba à l’île d’Aruba qui fait face
au lac Maracaibo , l’arc antillais se développe sur 4 700
kilomètres entre le 10° et le 23e degré de
latitude nord et le 60e et le 85e
degré de longitude .Il faut ajouter à cet ensemble les
Bahamas et les Bermudes .Les distances jouent un rôle
fondamental dans les problèmes de communication. Avec 105
000 Km2 Cuba représente à lui- seul 50 % de la superficie
totale des Antilles. Hispaniola ( Haïti + république
dominicaine ) avec 765 000 km2 fait figure de géant à côté
de la Grenade ( 330 km2 ).Les grandes Antilles rappellent
dans leur structure les traits fondamentaux du continent
.C’est ainsi que les Bahamas constituent l’avant- pays
calcaire du Yucatan et du Petén guatémaltèque .L’insularité
a renforcé les particularismes de ces territoires .Même dans
les ensembles anciennement réunis par une même puissance
coloniale les regroupements politique sont rares .L’exemple
d’Antigua et Barbuda ( 442 km2 / 85 000 habitants ) est
démonstratif à cet égard. Régulièrement les représentants
d’Antigua accusent Barbuda d’hégémonie et menacent de créer
un état à part. Le cas est le même pour Trinidad et Tobago ,
situés à 12 kilomètres du Venezuela et qui se disputent le
pétrole et le gaz contenus dans leur sous-sol. Les paysages
de ces îles sont très variés .
Le climat est globalement chaud et humide (minimum de 500 mm
de pluies par an ) mais de nombreuses variantes locales
existent .Du sud au nord on ne passe pas simplement d’un
climat équatorial à un climat tropical à longue saison sèche
car la mer des Antilles modifie les mécanismes climatiques
en agissant comme un réservoir d’eau chaude et/ou comme un
régulateur thermique. L’altitude est aussi un facteur
climatique déterminant : elle adoucit les températures et
elle permet un étagement des climats et des écosystèmes (Tierras
calidas jusqu’à 600-700 mètres , Tierras templadas
jusqu’à 1600-1700 m et tierras frias au delà).la
forte évapotranspiration dégagée par la mer des Antilles
provoque des pluies orographiques sur les masses
montagneuses .Les contrastes climatiques sont aussi très
importants entre les régions au vent ( windward ,
barlavento ) et sous le vent (leeward , sotavento
).Les alizés arrosent les versants a vent et la côte caraïbe
tandis que les régions sous le vent se caractérisent par des
périodes sèches plus longues .
En conséquence on rencontre dans les Antilles toute la gamme
des paysages tropicaux : - sur les côtes humides un paysage
de mangroves et de marais , - dans les basses terres chaudes
la forêt sempervirent ( versants au vent des Antilles ) , -
en altitude la forêt tropicale humide de montagne avec des
conifères ( pins ) , - sur les hauts plateaux une végétation
semblable à celle des pays européens. Les Antilles sont
aussi une terre de volcans ( La Soufrière à la Guadeloupe ,
la Montagne Pelée à la Martinique ).
L’histoire a renforcé les clivages profonds du monde
antillais. Dans les Antilles la population des indiens
Caraïbes ( Arawaks ) , dont les Tainos , a été entièrement
décimée .Vers 1660 les derniers Caraïbes ont été déportés
par les français vers la Dominique et saint Vincent .Les
Antilles furent les premières terres découvertes par les
espagnols au Nouveau Monde. C’est Christophe Colomb qui
fonda Santo Domingo en 1496. Mais les Antilles ne
possédaient pas de grandes réserves de métaux précieux et
l’orpaillage n’avait donné que de faibles résultats. la
seule richesse était la terre qu’il fallait travailler. De
fait la population espagnole était très clairsemée car les
profits étaient faibles. En 1570 on comptait seulement 60
familles à La Havane et 270 dans toute l’île. Par ailleurs
les problèmes de communication rendaient impossibles le
contrôle militaire de ces territoires d’où les attaques des
navires anglais , français et hollandais et la fortification
des villes espagnoles ( San Juan ( Puerto Rico ) et la
Havane ( Cuba )) . Les états européens purent sans
difficultés se tailler un empire outre-mer aux dépens des
espagnols : en 1565 la Jamaïque tombait aux mains des
anglais , en 1635 la France occupait la Martinique et la
Guadeloupe .Des compagnies maritimes s’organisèrent pour
commercer avec ces terres : la compagne anglaise des Indes
occidentales fonda des comptoirs à la Barbade (1605 ) , aux
Bahamas ( 1646-1670 ) , aux Bermudes ( 1612 ) .La France
créa la Compagnie des îles de l’Amérique devenue en 1666 la
Compagnie des Indes Occidentales .Les Antilles premières
terres colonisées , avaient payé un lourd tribut à la
Conquête ( choc microbien en particulier ).Sur les terres
abandonnées par les indigènes , les conquérants se
taillèrent de vastes domaines , grandes exploitations
tournées vers l’agriculture spéculative ,qui occupèrent une
main d’œuvre servile d’origine africaine dont l’importance
ne cessa de croître dans le cadre du commerce triangulaire
transatlantique . Haiti fut la première république
indépendante du continent américain ( à l’exception de
l’Amérique du nord ).Cuba se sépara de l’Espagne dès la fin
du XIX e siècle. Si de nombreuses îles dépendent encore des
métropoles européennes ( Guadeloupe et Martinique sont des
départements français depuis 1946 ), beaucoup d’anciennes
possessions sont devenues libres , surtout après la
décolonisation. Aux Antilles ( anciennes îles à sucre ) la
population noire est importante . La Jamaïque importa 800
000 Noirs de 1690 à 1815 date à laquelle la conférence de
Vienne mit hors-la-loi le commerce esclavagiste .Aujourd’hui
la population de l’île est noire à 75 %.L’esclavage fut
aboli en 1834 dans les îles anglaises et en 1848 dans les
îles françaises .Après l’abolition la Jamaïque reçut des
groupes d’origine orientale et moyen-orientale pour
compenser la perte des esclaves noirs ( chinois , indiens ,
libanais , syriens ).Un tel brassage humain explique la
devise de l’île : « de tous , un peuple » . dans son
ensemble le bassin antillais est une véritable mosaïque
ethnique et linguistique .La langue des colonisateurs y
tient cependant une place privilégiée car elle est restée la
langue des échanges et de l’administration. Parfois les
parlers populaires l’emportent sur les parlers savants
.C’est ainsi qu’en Haïti le créole est devenu la langue
officielle en 1987 et le français n’est plus compris que par
30 % de la population totale. Le Métis occupe une place
centrale dans la société. Les métis se sont souvent imposés
politiquement et économiquement confisquant les richesses à
leur profit et encourageant de ce fait les tensions (
exemple : à Haïti le fossé entre les noirs et les mulâtres
).
Les Antilles sont un des hauts lieux du Tourisme
international intertropical ( 6 millions de séjours en 1980
, 7 million en 1985 , … ). Le Tourisme dans les Antilles a
connu un démarrage précoce ( des anglo-américains séjournent
à la Jamaïque et aux Barbades dès la fin du XIX e siècle et
les touristes américains visitent Cuba à la même époque ).
Ce secteur a connu une croissance spectaculaire dans les
années 1980 et il connaît depuis 1985 des recompositions
substantielles. Elles ont été longtemps considérées comme la
« chasse gardée » des américains et synonymes de vacances
luxueuses. Depuis un peu plus d’une décennie cette
destination a connu une forte croissance liée à la baisse
des tarifs aériens , à la multiplication des lignes et à la
démocratisation relative du tourisme de croisière. La plus
ou moins grande proximité des pays émetteurs , l’ancienneté
de l’accueil touristique , le passé colonial influence le
service touristique .Depuis 1960 l’intensification du
transport aérien a provoqué une augmentation significative
de la clientèle de séjour ( ainsi à la Jamaïque : 75000
touristes en 1950 , 443000 en 1974 , 1,2 million en 1990,
1,8 million en 1998 ).Quelques îles ont cependant conservé
leur image de tourisme de luxe lié à la plaisance et aux
casinos : Saint Kitts , Antigua ou Saint Barthélemy dont la
réputation est liée au milliardaire David Rockfeller qui s’y
installa en 1957 et à Fidel Castro qui a fait fuir de Cuba
les investisseurs américains .
Mais les handicaps sont nombreux .Ils sont d’abord d’ordre
climatique ( les cyclones ou la saison des pluies qui
correspond aux dates de vacances des pays industrialisés).
Mais les situations locales sont très variables pour au
moins trois raisons : - Les Antilles forment un monde
politiquement et culturellement émietté et économiquement
très concurrentiel. La carte touristique ne peut être jouée
de façon uniforme. Si aucune des îles n’ignore les visiteurs
, le Tourisme ne les fait vivre toutes, - Le tourisme
antillais combine villégiature balnéaire hôtelière et
croisière inter-insulaire. Chaque filière impose sa logique
en sélectionnant les plus beaux sites et les mieux desservis
, - Le continent nord-américain tout proche est omniprésent
comme premier réservoir mondial de voyageurs ( même à La
Martinique 90 % des touristes de croisière viennent
d’Amérique du Nord ).
Les Antilles sont une destination touristique importante
mais diversifiée et les îles sont très inégalement marquées
par le Tourisme .Les flux sont très variables .Le poids des
grandes Antilles est considérable .Les Bahamas ont reçu en
1998 3,4 millions de visiteurs (dont 1,6 millions de
touristes et 1,7 millions de croisiéristes ) et Porto Rico a
reçu la même année 4,6 millions de visiteurs ( 3,3 millions
de touristes et 1,2 million de visiteurs ).la république
dominicaine 2,7 millions de visiteurs dont 2,3 millions de
touristes et 393 000 croisiéristes , Cuba 1,4 millions de
visiteurs dont 1,3 millions de touristes et 8 000
croisiéristes ).Les flux sont moins importants dans les
Petites Antilles( Guadeloupe ( 1,1 million de visiteurs dont
693 000 touristes ; Martinique ( 964 000 visiteurs dont 549
000 touristes ) ; Bermudes ( 558 000 visiteurs dont 369 000
touristes ) ; Iles Vierges américaines ( 2,1 millions de
visiteurs dont 422 000 touristes ) etc…Ce Tourisme se
caractérise globalement par une très forte visibilité .Elle
est très évidente dans les îles les moins peuplées ( 2 à 10
touristes par habitant aux îles Caimans , aux îles Vierges
américaines et britanniques , aux îles Turks et Caiques ).sa
visibilité est plus faible dans les îles les plus peuplées (
1 touriste pour18 habitants à Cuba ) ou désertées par les
touristes ( 1 touriste pour 103 habitants à Haiti ).
Ce tourisme est très inégalement structurant selon les
économies insulaires comme le montre la distribution très
inégale des recettes occasionnées par cette activité :
Bahamas ( 1,4 milliards de $ ) , Porto Rico ( 2,2 mds $ ) ,
république Dominicaine ( 2,1 mds $ ) mais Haiti ( 57
millions $ ) , La Dominique ( 38 millions de $ ) , Anguilla
( 58 millions de $ ).Le poids économique de ce secteur est ,
lui aussi très variable .Il représente en moyenne le 1/3 du
PNB , parfois les ¾ pour les petites îles ( Turks et Caïques
, Antigua ) et à l’opposé moins du ¼ pour les grandes îles (
Porto Rico, république dominicaine ) ou celles aidées par
leurs métropoles ( Antilles françaises et néerlandaises ) .
Il est donc difficile de parler d’un seul et unique tourisme
, il est plutôt nécessaire de s’appuyer sur une typologie
s’appuyant sur : - l’importance des flux de villégiature et
de croisière , - la place du Tourisme dans chaque économie
insulaire .Quatre types d’îles se dégagent alors : - Les «
cendrillons » : ce sont des îles peu fréquentées par les
touristes .Ce sont , pour l’essentiel les petites îles de la
Caraïbe orientale , souvent membres de l’O.E.C.S ( sauf
Antigua et sainte Lucie ).Ce sont soit des îles qui
s’ouvrent au Tourisme ( Anguilla , sainte Lucie , Turks and
Caïques , La Dominique ) , soit des petites îles dont le
Tourisme est en déclin ( Trinidad et Tobago , Grenade ,
Montserrat , St. Kitts , saint Vincent ).Leur fréquentation
est en recul ou, du moins , reste faible .Elles représentent
4 - 5 % du tourisme antillais. Les obstacles au
développement y sont nombreux : - la qualité de la desserte
aérienne. Il n’existe pas d’aéroport international pour les
avions de forte capacité. la solution réside souvent dans
des systèmes tel celui mis en place dès 1986 par American
Airlines. Un centre de transit a été aménagé à San Juan
pour les passagers américains désireux de visiter les
Petites Antilles .Depuis San Juan des filiales d’American
Airlines franchisées sous le signe de « American
Eagle » gèrent un flux régulier de petits avions vers
chaque île ;- la faiblesse des capacités d’hébergement , la
plupart des îles ne compte que quelques centaines à quelques
dizaines de chambres , - la nature montagneuse de beaucoup
de ces îles explique la médiocrité du réseau routier , la
rareté des plages de sable .A ces différents problèmes il
faut ajouter l’existence fréquente d’un contexte socio-
politique placé sous le signe de l’instabilité ?- Les «
alanguies » .Ce groupe est hétérogène et in inclut des îles
qui ont la particularité commune d’être confrontée à une
phase de croissance ralentie pour des raisons très diverses
et variables . On peut y inclure : - des petites îles (
Petites Antilles françaises , Ariba , Curacao , Bonaire ) ,
des îles plus vastes (Trinidad , Tobago , Haïti ) et des
îles à forte notoriété touristique ( Barbade , Bermudes ,
Bahamas , îles Vierges américaines ) confrontées à u déclin
relatif des flux mais qui est compensé par un plus haut
niveau de recettes ( en raison de la forte présence de
touristes américains ) ( Bermudes : 542 000 visiteurs en
1994 et 23 millions d’euros de recettes et 575 000 visiteurs
en 1998 et 33 millions d’euros de recettes // Bahamas : 3,4
millions de visiteurs en 1994 et 1,3 million d’euros de
recettes et 3,41 millions de visiteurs en 1998 et 1, 5
million d’euros de recettes ) . Le Tourisme y est un secteur
important ( 100 000 à 200 000 visiteurs par an et la
capacité d’hébergement de chaque île équivaut à plusieurs
milliers de chambres .La majorité de cet hébergement est
tenu par de grands établissements appartenant à des chaînes
internationales .Les activités associent tourisme balnéaire
et Tourisme nautique à des escales fréquentes de circuits de
croisière. Les résultats touristiques sont assez décevants
et on peut parler pour cette catégorie d’un déclin relatif
pour des raisons d’ordre technique , politique et
économique. Dans les Antilles la publicité et la promotion
touristiques des îles ont été notoirement insuffisants. A
Haïti l’instabilité politique constitue un frein au
développement touristique. A Curaçao le bouleversement du
marché mondial du pétrole dans les années 80 a privé l’île
de la clientèle brésilienne , une perte qui continue de
paralyser l’économie touristique de l’île. Mais ce tourisme
« alangui » est un des seuls secteurs qui offre un
potentiel de croissance notable dans des économies malades
où agriculture et industrie sont trop archaïques pour
constituer les moteurs du développement économique local.
Mais le Tourisme a besoin d’une relance de ses
investissements , d’une rénovation des es infrastructures et
d’une redéfinition de sa politique .Des exigences difficiles
à remplir dans un contexte très concurrentiel : Trinidad
confronté à la concurrence de la Barbade , Haïti face à la
République Dominicaine , Guadeloupe perçue comme plus
instable que la Martinique .Les îles touristiques à très
hauts revenus. On distingue dans cette catégorie : - les «
îles forteresses » et « les nouveaux petits paradis » . Les
« îles forteresses », au nombre de 4 , se trouvent
localisées dans les Antilles du Nord : Puerto Rico ( 4
millions de visiteurs dont 3,3 millions de touristes et 2223
millions de $ de recettes touristiques ) , Jamaïque ( 1994 :
1,6 million de visiteurs et 1,89 million en 1998 dont 1
million de touristes et 7 millions de $ de recettes
touristiques ) et République Dominicaine ( 1,7 million de
visiteurs en 1994 et 2,7 millions en 1998 , dont 1,7
millions de touristes et 1429 millions de $ de recettes
touristiques ) , Cuba ( cas très particulier avec 619 000
visiteurs en 1989 et 1,4 million en 1998 ) auxquelles il
faut ajouter la Barbade située dans les petites Antilles.
Ces trois états reçoivent au total 35% des visiteurs des
Antilles mais il existe un écart considérable entre le
Tourisme de villégiature ( première place avec 43 % des
visiteurs des Antilles ) et le Tourisme de croisière ( 22%
seulement ).L’attractivité de ces îles s’explique pour
l’essentiel par la proximité des Etats-Unis .On trouve dans
les trois îles de grosses enclaves à touristes ( plusieurs
milliers de lits ) fréquentées essentiellement par des
touristes nord-américains .Aucune de ces quatre îles ne vit
exclusivement du Tourisme ( A la Barbade les industries
manufacturières représentent plus de 50% des exportations et
à Puerto Rico plus de 70 % des exportations ).La république
dominicaine possède une agriculture d’exportation ( sucre et
dérivés ) compétitive sur le plan international ainsi qu’un
secteur extractif ( bauxite ) ;Aussi le pourcentage des
emplois touristiques dans ces îles est-il relativement
faible ( 2% à la Jamaïque , 14 % à la Barbade ) .Ces grandes
destinations peuvent avoir tendance à s’ essouffler ainsi
Porto Rico ( 4,0 millions de visiteurs en 1994 et 4, 6
millions en 1998 ) . » Les nouveaux petits paradis » sont de
petits archipels peu peuplés ( 20 000 à 25 000 habitants
).Dans les Antilles nord elles se trouvent à proximité de la
Jamaïque pour les Cayman , de Puerto Rico pour les îles
Vierges américaines et britanniques , Saint martin et
Antigua , de la Floride pour les Bahamas ,les îles Turks et
Caïques . La villégiature ( 38 % ) et la croisière ( 59% ) y
ont évolué parallèlement bien que la priorité ait été
accordée à la croisière et à ses aspects les plus
mercantiles ( achats de produits hors-taxe à saint Thomas et
free Port , jeux d’argent à Nassau et aux Caïmans
).L’implantation balnéaire a donné lieu à de grandes
opérations immobilières très d »pendantes des intérêts
continentaux .L’économie de ces archipels ne laisse guère la
place à d’autres activités .Le Tourisme est en position de
prédominance économique absolue et tend à se polariser
spatialement sur l’île principale de chaque archipel.

Le développement touristique des Antilles pose de nombreux
défis .
Le premier consiste à assurer l’accessibilité car la
croissance économique est très largement dépendante du
transport aérien .La déréglementation des transports aériens
favorise la croissance des flux ( fin du monopole d’Air
France vers les Antilles françaises ) ainsi que l’importance
récente des voyages à forfaits par vols charters. Or les
aéroports sont relativement nombreux mais leur capacité
reste souvent réduite et toujours très inégale. La
couverture aéroportuaire est forte mais sa capacité est
parfois insuffisante ( La DomInique , la Grenade ).Miami et
San Juan sont les principales plate formes du transport
aérien dans la région. Le trafic aérien inter-îles reste
encore faible car le coût d’exploitation des lignes
régionales reste élevé et la volonté des T.O et des chaînes
hôtelières est de maintenir les touristes sur place.
Un autre défi consiste à diversifier à terme les clientèles
afin de luter contre le poids excessif du tourisme
nord-américain lié à la proximité géographique ( 4 heures de
vol depuis le nord-est des Etats-Unis et rôle majeur de
Miami comme tête de ligne des croisières vers les Antilles
). Les ¾ des touristes en Jamaïque ( 995000 des 1,8 million
de touristes ) , à Porto Rico ( 2,5 millions sur un total de
4,6 millions ), aux Bahamas ( 1,5 million sur un total de
3,4 millions ) sont américains .ce sont des clientèles à
hauts revenus mais adeptes de courts séjours. Le passé
colonial peut aussi jouer sur certaines fréquentations (
présence française dans les D.O.M , britanniques à la
Jamaïque , dans les îles Vierges britanniques et à
Anguilla ; espagnole dans la république dominicaine ).Des
stratégies d’ouverture progressive à d’autres clientèles ont
été instaurées : - ouverture de lignes sur d’autres ays
européens ( Cuba vers l’Allemagne , l’Italie , l’Espagne
afin de favoriser les séjours de plus longue durée ) ,
développement d’un tourisme intra-régional de contre-saison
en provenance du Venezuela et de la Colombie .On assiste
aussi ces dernières années à des essais de diversification
des pratiques touristiques et des formules d’hébergement
.Les pratiques étaient jusqu’à présent essentiellement
balnéaires ( concentration des stations sur le littoral )
complétées par une fréquentation surtout hivernale pour les
croisières . les stratégies actuelles de développement
tentent de développer un Tourisme intérieur qui était
faiblement représenté jusqu’à présent : dans les grandes
îles avec les sites coloniaux ( Cuba , Saint Domingue ) et
le folklore musical ( La Jamaïque ), les parcs naturels (
Guadeloupe , Trinidad et Tobago , Cuba , Porto Rico ,
république dominicaine ).
Le Tourisme antillais reste encore de type comptoir. La
capacité hôtelière est regroupée en grands complexes
touristiques dominés par de grandes chaînes américaines et
françaises et concentrée sur un petit nombre de pays :
république dominicaine ( 57 000 lits en 1994 - 88 000 lits
en 1998 ) , Cuba ( 52 000 lits en 1994 – 71 000 en 1998 ) ,
Jamaïque (39 000 lits en 1998 ) , Bahamas ( 28 000 lits en
I998 ) , Porto Rico ( 23 000 lits en 1998 ) .Une offre plus
diversifiée tente de se mettre en place à La Martinique et à
Tobago : pensions , locations de meublés , etc… Les
croisière sont en plein essor ( 700 000 personnes en 1970 et
plus de 5 millions en 1992 ( soit 190 millions de $ de
recettes et 48 000 emplois directs ).Mais la croisière
occupe une part très inégale dans les flux liée à la
situation de l’île sur les lignes ( 41 % en Jamaïque , 47 %
aux Bahamas , 68 % aux îles Caïmans ; mais 3 % à la
Guadeloupe et à Porto Rico ).Plus de 50 % des croisiéristes
ne passent aucune nuit à terre ; de ce fait le secteur est
beaucoup moins rémunérateur que le Tourisme balnéaire.
Le succès touristique des Antilles se traduit par de lourdes
pressions sur le milieu naturel car la surface utile y est
restreinte , de fait les déforestations des plaines côtières
dans le dessein d’y implanter des équipements touristiques
se soldent par une érosion accrue des pentes et la
sédimentation excessive des cours d’eau porte atteinte aux
récifs coralliens menacés par la turbidité. la création de
nouveaux espaces constructibles entraîne fréquemment le
remblaiement des mangroves par des sédiments rapportés .Les
travaux de remblaiement des zones humides littorales pour
permettre la construction de pistes d’aéroports ( elles
doivent atteindre 10 000 pieds ( 3 kilomètres ) pour
permettre l’accès aux jets intercontinentaux ) se traduit
aussi par des atteintes souvent irrémédiables aux
écosystèmes. C’est ainsi qu’à saint Thomas des remblais ont
été déversés sur la mangrove littorale et sur u versant
sous-marin jusqu’à une profondeur de 30 mètres . Des
problèmes apparaissent aussi liés aux aménagements
portuaires développés pour permettre l’accueil des paquebots
de croisière : dragage et destruction des fonds marins ,
remblaiements de mangroves et des estuaires .La construction
de jetées et de digues entraîne souvent l’asphyxie des
récifs coralliens et le démaigrissement des plages ,privées
de sédiments. Il est fréquent d’assister a déroctage des
coraux à la dynamite pour permettre le passage des bateaux
dans les atolls ( exemple en République Dominicaine ).La
mise en place d’ensembles touristiques peut aussi se
traduire par des effets écologiques indirects : dégradation
de la qualité de l’eau , pollution liée à la gestion
anarchique des décharges en raison de l’exiguïté de l’espace
et de la concentration d’une population qui produit beaucoup
de déchets ( 10 fois plus que la population autochtone ).La
plupart des îles recourent à des épandages de déchets
solides , parfois en pleine mer. Il faut aussi évoquer la
pollution due aux paquebots rejetant leurs effluents en mer
( plus de 50 tonnes de déchets ont été collectées au large
de a seule île de Tortola ).Dans les estuaires et sur les
plages la qualité des eaux baisse . Ainsi au débouché de la
rivière Qibla près de la Havane ou l’eutrophisation et la
pollution se sont développées liées aux décharges « sauvages
« de l’arrière pays et à l’utilisation intensive de
désherbants , de pesticides et d’herbicides pour les golfs.
Les récifs de coraux sont abîmés par les ancres des bateaux
ou par les plongeurs qui en prélèvent parfois des fragments.

ETUDE DE
CAS 2
LE
TOURISME AUX SEYCHELLES ET AUX MALDIVES
Les Maldives avec 1 90 îles et les Seychelles avec 115 îles
occupent un immense espace océanique orienté
nord-est/sud-ouest de part et d’autre de l’Equateur. Ce sont
d’anciennes colonies britanniques devenues indépendantes en
1965 ( Maldives ) et en 1976 ( Seychelles ).Pendant
longtemps leur économie est demeurée atone , fondée sur la
pêche , le coprah et le guano. Aujourd’hui ces micro-états
ont des P. I. B en progrès constant ( + 6 000 $ aux
Seychelles et 760 $ aux Maldives ).La cause en est le
Tourisme dont l’essor a été particulièrement spectaculaire (
Maldives : 1994 : 280 000 touristes / 1998 : 396 000
touristes // Seychelles : 1994 : 110 000 touristes et I998 :
128 000 touristes )
Ces territoires insulaires se caractérisent avant tout par
leur émiettement .Les Maldives se composent de 26 atolls
totalisant une superficie de 90 000 km2, soit un rectangle
nord-sud de 837 kilomètres sur 80 à 130 kilomètres de large
.ces atolls circulaires ou elliptiques englobent des
micro-atolls .Au centre géométrique de l’archipel se situe
Malé .Le noyau central comprend trois atolls : Malé nord ,
Malé sud et Alif .Aux deux extrémités ( pôles ) se trouvent
Seebnu et Haa .Sur 1 190 îles , 202 seulement sont habitées
et regroupées en 19 circonscriptions administratives .La 20e
circonscription est celle de la capitale du pays : Malé.Les
Seychelles sont formées de deux groupes d’îles : - les
Inner Islands formées de 42 îles granitiques dominées
par les trois îles les plus vastes ( Mahé , Praslin , la
Digue ) et les deux îles coralliennes du nord : l’île aux
Vaches et denis , - 72 îles extérieures ( Outerlands
) toutes coralliennes qui s’étirent sur 1200 kilomètres et
sont réparties en trois groupes : Amirantes , Fraquhar et
Aldabra .On distingue aussi souvent et par commodité un
premier cercle avec Mahé , Praslin , La Digue ; un deuxième
cercle ( 100 km de rayon ) intégrant les îles touristiques
(l’ Ile aux Vaches , Denis , Silhouette , Ile Plate et
Frégate ) ; à partie de là et vers le sud-ouest se
développent auréoles concentriques ( larges de 200 km )
séparées par trois anneaux vides ( 200 km ) , soit tris
ensembles : le premier groupe formé par les Amirantes ( 28
îles ) avec l’île touristique de Desroches , le groupe de
Farquhar ( 13 îles ) qui est surtout un lieu de pêche et le
groupe Aldabra ( le plus éloigné , 1 200 km ) ( 14 îles dont
Aldabra et Cosmoledo ).
Les fonds coralliens ,toujours vierges , et des températures
idéales toute l’année ont fait de ces îles des destinations
à la mode. Mais jusqu’à la construction d’aéroports , ces
îles ne recevaient que très peu de touristes ( 3 000 aux
Seychelles en 1971 ( 128 000 en 1998 ) et 18 000 aux
Maldives en 1977 ( 396 000 en 1998 )).Les touristes venaient
alors par bateau ou en croisière. C’est en 1971 que fut
inauguré l’aéroport de Pointe- Larue à Mahé ( 78252
touristes en 1979 ).En 1981 l’aéroport de Hululé ouvrait
près de Malé. Il fut construit en réunissant deux îles en
une longue piste adaptée aux longs courriers. Sa
construction entraîna l’explosion des entrées dans
l’archipel maldivien : 84 000 touristes en 1984 , 115 000 en
1985 , 156 000 en 1988 ,… Cet essor entraîna d’ailleurs une
stagnation de la fréquentation aux Seychelles qui perdirent
une partie de leurs touristes au profit des Maldives.
C’est G. Corbin ,responsable d’une agence de voyages
italienne qui comprit le potentiel touristique des Maldives
en les visitant en 1972.Après un circuit promotionnel
destiné aux organisateurs de voyages , l’île de Kurumba
s’ouvrit aux touristes italiens. En 1977 il y avait déjà 11
îles touristiques et depuis et chaque année ce nombre croît
de 6 à 8 îles ou resorts. On en comptait 74 en 1995.
Aux Maldives sur 467 000 touristes ( chiffres de 2000 ) 1 /
3 sont des allemands et des autrichiens , 20% sont des
italiens , le reste étant formé de suisses , de japonais ,
d’australiens , de français et d’anglais .L’hébergement par
unité insulaire ne favorise pas les contacts entre
nationalités ( il existe des « îles françaises » comme
Rhiveli ou des « îles italiennes » comme Kurumba .
Ce problème ne se pose aux Seychelles ou l’espace est plus
étendu. Les français ont formé la clientèle prédominante
jusqu’à la fin des années 1970.Il constituait le premier
groupe européen avec un flux annuel de 15 000 à 20 000
personnes. On se souviendra de l’engouement manifesté pour
les Seychelles par la classe politique française de la
période 1981-1995 !! ). Ce furent ensuite les allemands qui
devinrent la première clientèle de l’archipel. De 1976 à
1983 ils passèrent de 5,7 % du total à 17,5 %.Cette
clientèle s’orienta ensuite vers les Maldives . Malgré une
reprise constatée depuis 1995 , elle représente aujourd’hui
16 % de la clientèle des îles. Viennent ensuite les
touristes italiens et britanniques qui se caractérisent par
une fréquentation régulière toute l’année ( anglais : 20- 25
% , italiens : 18 % ( en décroissance depuis 1995 ) ).
Pour les deux archipels quand la fréquentation se faisait
par bateau ( avant 1971 ) la durée des séjours était plus
longue ( 42,3 jours aux Seychelles ).depuis l’ouverture des
aéroports elle s’est réduite à 10 / 11 jours ( 10,5 jours en
1998 ).Les périodes de pointe correspondent aux vacances
estivales ( juillet-août ) et hivernales des pays
industrialisés ( Noel ).Les creux se situant en mai-juin et
septembre-octobre , bien que les conditions climatiques
soient souvent excellentes. L’accueil est différent selon
les îles. Avant 1980 la capacité hôtelière était faible aux
Maldives ( 1 164 lits ) comme aux Seychelles ( 2 058 lits ).
L’essor hôtelier maldivien a été important ( 1990 : 8 226
lits et 1998 : 16 000 lits ), aux Seychelles la croissance a
été plus modeste ( 1993 : 3 900 lits et 1998 : 4 700 lits
).Les taux d’occupation des chambres sont assez proches (
entre 52 et 68 % aux Seychelles et 60 % aux Maldives ).
Aux
Seychelles jusqu’en 1978 on trouvait essentiellement de
grands hôtels destinés à des clientèles aisées ( Reff
hotel , Coral Hotel , Beauvallon Hotel ). En 1981 74
établissements offraient 78 % des lits .En 1995 les
Seychelles ont 12 hôtels de luxe concentrés à Mahé ( 3 300
lits ) ainsi que 41 petits hôtels ( pensions ) et 8
résidences hôtelières. Les infrastructures hôtelière se sont
développées sur les îles extérieures. L’île de Denis
appartient à Pierre Burkhardt qui y a fait construire 1
hôtel de 30 chalets. Les autres îles coralliennes sont moins
connues. Ainsi l’île d’Aldabra qui ne s’est ouverte au
tourisme que récemment avec la construction d’un aéroport (
1991 ) . L’île Bird est la plus septentrionale des
Seychelles .Située à 40 km de l’équateur et à 100 km au nord
de Mahé .C’est une caye de 1km2 appelée d’abord l’île aux
Vaches .Elle appartient depuis 1967 à un seychellois qui y a
ouvert un premier hôtel de 10 chambres en 1967. Le bâtiment
fut entièrement rénové en 1993 et agrandi de 24 bungalows
plus vastes. L’Ile aux Vaches est aujourd’hui la plus
fréquentée des îles-hôtels des Seychelles ( 138 00 nuitées
en 1998 ).La liaison avec Mahé s’effectue en 30 minutes par
un D.H.C de 20 places .L’hôtel est commercialisé par de
grands voyagistes connus comme Kuoni , Havas , Hotel Plan ,…
à de tarifs élevés ( 2 000F / jour pour deux personnes pour
un séjour d’une semaine ). Le séjour moyen y est de 5 nuits
.Pour arriver à un taux de remplissage de 85 % ( record aux
Seychelles ) des ventes promotionnelles sont organisées une
semaine à l’avance dans la capitale Victoria pour les
résidents seychellois. La durée de séjour est alors limitée
à trois nuits. Les activités sur l’île aux Vaches sont
limitées au farniente et à la contemplation de la nature (
l’observation des oiseaux ).
Aux Maldives jusqu’en 1972 les îles étaient louées à des
hommes d’affaires ( les « befalus » ) par le
gouvernement pour des sommes modiques .Après 1977 les
locations ont augmenté car elles furent alors calculées au
prorata du nombre de lits installés sur l’île ( 2 500 à 3
000 $ / an ).L’essentiel des resorts se situe près de
l’aéroport de Hululé , à Malé Nord et à Malé sud ( Kaafu
atoll ). Malé nord rassemble une grande partie des lieux
touristiques ( distants de 10 minutes à 4 heures de bateau
).Malé Sud comprend une vingtaine d’îles touristiques. La
plus éloignée est Riviheli ( 1h 30 de bateau ).Une autre
zone touristique est constituée par l’atoll d’Alif qui
regroupe 28 îles regroupées en trois groupes d’atolls.
L’exemple du resort de Riviheli est particulièrement
démonstratif. Entre 1980 et I988 la plupart des îles était
attribuée par le gouvernement ?Chaque propriétaire maldivien
faisait un appel d’offres aux investisseurs étrangers .Les
baux étaient d’une durée de 21 à 35 ans si les
investissements étaient supérieurs à 1O millions de $.parmi
les investisseurs se trouvaient des allemands , des italiens
, le club Méd, …Pietr Petersen a monté sa propre île
Riveheli en 1982. C’est un ensemble touristique complet
proposant à sa clientèle des moniteurs qualifiés pour la
plongée , des repas copieux en deux services , des
animations culturelles et ludiques le soir. Un chenal
d’accès fut aménagé pour faciliter l’accès à l’île .Une
quarantaine de bungalows fut construite ainsi qu’une usine
de dessalement de l’eau de mer. Le bail de l’île était de 21
ans .la location annuelle de chaque lit comprise entre 2500
et 3000 $ soit 300 000 $ par an , que son coefficient
d’occupation supérieur à 60% permet d’amortir .L’état
maldivien souhaiterait racheter les îles à leurs
propriétaires mais chaque station valant 10 à 15 millions de
$ rend l’opération impossible pour un état déjà largement
endetté. Plus que les Seychelles les Maldives sont devenu
synonymes d’îles-hôtels car le gouvernement a choisi de
séparer les touristes de la population locale en implantant
des hôtels sur des îles inhabitées.
Dès les années 80 des mesures ont été prises par les
autorités maldiviennes pour limiter la dispersion des
touristes .On fit disparaître les pensions et les locations
de maisons sur les îles habitées .Le motif invoqué était la
crainte suscité par un accroissement de la consommation de
drogue ou d’alcool ou un relâchement des mœurs consécutif à
la cohabitation des autochtones et des touristes étrangers.
Ces mesures traduisaient aussi le souci de l’état de mieux
contrôler l’industrie touristique. Les étrangers ne peuvent
se rendre sur les îles habitées qu’avec un permis (
l’étranger doit être invité par une personne habitante l’île
et qui doit avoir l’accord du chef du village ).des
excursions dans les villages sont organisées au départ des
îles-hôtels mais elles sont de courte durée et doivent être
achevées à 18 heures. Seuls les « bateaux-safari » ( une
centaine soit une capacité totale de 1 500 passagers )
touchent quelques îles mais les passagers sont surtout
intéressés par la plongée .Les îles-hôtels échappent à
quelques lois de la république des Maldives .La plus
importante est l’autorisation donnée à ces structures
hôtelières de vendre et laisser consommer de l’alcool. Elles
dérogent aussi à l’heure légale ( TU + 5 ) en avance de 1 à
2 heures sur l’heure maldivienne car le soleil se lève tôt (
6 h ) et se couche tôt ( 18h ).Le contraste est saisissant
entre les conditions de vie dans les îles-hôtels et les
conditions de vie dans les îles-villages où l’eau est
utilisée avec parcimonie .L’impression est très forte de se
trouver dans un lieu à part , au sein d’une société oisive
dont la principale occupation est le farniente ( rares sont
les îles où plus de 50 % de la clientèle pratique la plongée
). Au entre de l’île existe généralement un quartier des
travailleurs ( bâtiments délabrés , inconfortables ;
promiscuité ; femmes non admises à travailler dans les
îles-hôtels ).Les maldiviens qui travaillent dans les hôtels
y vivent dans des conditions de vie recluses .La
construction sur les îles-hôtels est sévèrement
réglementée : la superficie bâtie ne peut pas excéder 1 / 5
de la superficie totale de l’île et les bâtiments ne doivent
pas dépasser la cime des arbres.
L’importance économique du Tourisme est considérable aux
Seychelles comme aux Maldives. Aux Maldives 10 % des actifs
travaillent dans les hôtels et les restaurants et un
pourcentage égal d’emplois indirects. Aux Seychelles entre
1986 et 1989 le Nombre d’emplois générés par le Tourisme est
passé de 2 825 à 4 570.En 1996 le Tourisme générait 0,76
emploi par lit ( un chiffre équivalent à celui de la
Thaïlande).Les revenus générés par l’activité touristique
sont considérables aux Seychelles ( 178 millions d’euros en
1998 , 115 en 1994 ) et aux Maldives ( 303 millions d’euros
en 1998 , 181 en 1994 ).
ETUDE DE
CAS 3
LE
TOURISME A BALI
L’île de Bali rassemble 1,5% de la population indonésienne (
2,7 millions d’habitants ) sur 0,3% du territoire national (
5561 km2 ).Bali est une des 17500 îles ( dont 300 habitées )
l’archipel indonésien. C’est aussi un des fleurons du
Tourisme international culturel.
Les premiers visiteurs européens furent des écrivains , des
artistes peintes et des anthropologues qui furent
émerveillés par la beauté de l’île.de nombreux ouvrages ont
contribué à populariser cette image idyllique de Bali : « The Island of Bali » de Gregor Krause ,( 1917 ) , « sang et
volupté à Bali » de Victor Baum ( 1937 ) , « Island of
Bali » de Michel Covarrubias ( 1937 ) , « House in Bali «
de Colin McPhee ( 1944 ) , …A la fin des années 1960 les
tenants de la contre-culture hippie firent de Bali une étape
incontournable sur la route de Karachi , Katmandu et Kuta .
L’île conjugue les attraits d’une civilisation brillante et
les attraits plus classiques de l’île tropicale : 27,5°C en
moyenne sur l’année , des précipitations concentrées sur
décembre / janvier et février , une végétation luxuriante ,
400 kilomètres de plage ( le mythe du « paradis perdu » ).
C’est à partir des années 80 que Bali devint une destination
beaucoup plus populaire. L’ère du Tourisme planifié débuta à
Bali en 1969 , quand la Banque Mondiale recommanda au
gouvernement indonésien de préparer un plan de développement
touristique concernant Bali. Une telle proposition
coïncidait avec les intérêts du gouvernement indonésien de
l’époque confronté à un contexte de chute des cours des
matières premières. En 1970 Un organisme français la
S.C.E.T.O ( Société Centrale pour l’Equipement Touristique
Outre-Mer ) fut chargée d’élaborer un plan directeur. Le
plan d’aménagement prévoyait qu’en 1985 l’île recevrait 730
000 touristes restant en moyenne 4 jours dans des hôtels de
luxe et dépensant 35 $ par jour et par personne. Les besoins
s’élevaient donc à 9500 chambres d’hôtel. Pour limiter les
contacts avec la population autochtone et préserver la
culture locale il fut décidé de regrouper les touristes en
bord de mer , de ne pas développer les villages des Kuta et
Sanur qui accueillaient déjà les « routards » et de créer
de toutes pièces Nusa Dua , une station d’une capacité
évaluée à 7000 chambres ( 1976 ) mais donc les capacités
d’accueil effectives avoisinaient 38 000 chambres en 1998.
Le développement touristique de Bali est étroitement lié au
développement des liaisons aériennes (gros porteurs +
réductions tarifaires ).Jusqu’en 1986 seules les compagnies
Quantas et Garudas desservaient l’île .L’ouverture survenue
à partir de 1996-1997 a radicalement modifié l’importance
des flux touristiques à destination de Bali. Actuellement 12
compagnies étrangères ( sur les 30 qui desservent
l’Indonésie ) et 5 compagnies nationales desservent l’île.
Garuda reste la première compagnie aérienne desservant l’île
avec 10886 sièges ( soit 53 vols ) par semaine .Un deuxième
atout a joué un rôle incontestable dans le décollage
touristique de l’île : l’ouverture des frontières. Depuis
1983 les ressortissants des pays émetteurs sont dispensés de
visa ( Le séjour est limité à deux mois sans possibilité de
prolongation ).
Dès 1993 plus de 895 000 touristes sont arrivés directement
à Bali , dont 99 % par avion , soit 26 % des touristes
étrangers arrivant en Indonésie ( en 1969 ( à titre de
comparaison l’île n’avait reçue que 11300 touristes ) ).En
1995 1,475 millions de touristes ont visité l’île dont 36,4
% d’européens , 19,6 % de japonais ( une multiplication
d’effectifs par 7,5 entre 1988 et 1993 ) , 18,2 %
d’australiens et 7 % d’américains. L’essentiel des flux est
concentré sur les mois de juillet- août .Le séjour moyen est
de 10,3 jours et les dépenses s’élèvent à 70$ par personne
et par jour. Le secteur hôtelier compte 26 500 chambres dont
46,5 % en hôtels classés , 46 % en hôtels intermédiaires et
7 % en petits hôtels locaux .L’architecture typique des
établissements constitue fait souvent figure de référence (
le nombre de chambre s’élevait à 474 en 1970 et 4000 en 1976
). Les infrastructures hôtelières sont concentrées dans le
sud de l’île .74 % des chambre se trouvent dans les secteurs
de Nusa , Dua, Sanur et Kuta , le reste se situant au nord (
station de Louina ) et au sud-est ( station de Camdidasa ).
Le taux de remplissage des hôtels classé s ( surtout 3 à 5
étoiles ) avoisine 80 % sur l’année .ces bons résultats sont
rendus possibles grâce à des réductions importantes ( 50 % )
consentis aux T.O et aux individuels.
Le Tourisme génère de nombreux emplois .On estime que le
secteur touristique occupe 1,5 millions de personnes actives
à Bali ( chiffres de 1995 ) dont 38 000 emplois directs dans
le Tourisme ( 74 % dans l’hôtellerie et 14 % dans la
restauration ).Les employés sont indonésiens à 98 % et
balinais à 8O % .Le secteur informel représente , quant à
lui , un nombre appréciable d’emplois.
Le Tourisme culturel est le fait capital et essentiel du
développement touristique de l’île. Les revenus du Tourisme
sont partiellement réintroduits dans le cercle des
cérémonies et des fêtes balinaises redynamisant les arts et
l’artisanat locaux et empêchant la dégradation de la culture
insulaire. Le Tourisme est devenu la doctrine officielle dès
1971 avant de devenir la doctrine officielle de l’ensemble
de l’Indonésie en 1977.Mais des divergences se sont
manifestées sur la localisation des infrastructures
touristiques : - les autorités balinaises souhaitaient une
dispersion de ces dernières dans l’ensemble de l’île de
manière à assurer une meilleure répartition des bénéfices
tirés du Tourisme , - les techniciens de l’aménagement ont
favorisé une rupture entre autochtones et touristes et une
concentration des infrastructures sur le littoral méridional
de l’île.
Le berceau du Tourisme culturel à Bali est Ubud ( à 25
kilomètres au nord de Denpasar ).La réputation de la
localité est liée aux peintres Walter Spies et Rudolf Bonnet
( 1927-1929 ) qui s’investirent dans la sauvegarde et le
développement de la culture balinaise en achetant et en
distribuant les œuvres des artisans locaux .Par ailleurs ils
firent des scènes de la vie quotidienne balinaise des thèmes
de leurs propres œuvres. Une deuxième vague d’artistes (
Hans Snel , Antonio Blanco , Arie Smit , … ) contribua à
asseoir la notoriété culturelle de l’île dans les années
1950.C’est la spécialisation d’Ubud dans le domaine
artistique qui a été le moteur du développement artistique
de toute la région. Ubud avec 123 hôtels accueille 6% de la
capcité hôtelière de l’île .La localité est devenue
emblématique du tourisme balinais depuis la création en 1992
du Bina Wisata ( Office du Tourisme faisant la promotion des
activités et des spectacles culturels , mais aussi charger
de régler les rapports entre touristes et autochtones ( par
exemple d’imposer aux touristes le’ port de tenues
vestimentaires adéquates ( c’est à dire non légères ) sur
les sites religieux ) ). Ubud est devenue commune-pilote de
Bali en 1993.
Les produits du Tourisme culturel sont multiples : - Les
excursions s’effectuent vers le lac –cratère du volcan Batur
, mais surtout sur les sites du patrimoine historiques et
religieux ( 8 sites sur 10 recevant plus de 100 000
visiteurs par an ) : Tanahlot , le temple marin de Bali ,
Besakih sur les flancs du Gunung Agung , les musées de
Denpasar et Ubud ,…,- les galeries de peinture : outre les
deux musées de peinturer de Ubud ( le musée Neka et le musée
Puri Lukisan ( histoire de la peinture balinaise )) , Bali
abritent de nombreuses galeries de peinture à Neka et Agung
Rai ainsi que de nombreuses « galeries » le long des rues
de la plupart des centres touristiques , - la sculpture sur
bois réalisée dans une multitude de petits ateliers ;
certains villages , comme celui de mas , se sont spécialisés
dans cette activité ., - Les crémations et les cérémonies
religieuses sont aussi très recherchées des touristes .Les
informations les concernant sont diffusées par affichage
auprès des O.T et des hôtels , - la danse : un «
pot-pourri » de plusieurs danses traditionnelles dépourvues
de dialogues est fréquemment offert aux visiteurs .Ce sont
des versions simplifiées et édulcorées du Keçak ,Barong ,
Legong et Santratari .Trois à cinq représentations ont lieu
chaque soir à Ubud .Le Tourisme culturel provoque aussi de
nombreuses nuisances : - érosion de la qualité de
l’environnement naturel des routes touristiques , -érosion
de la qualité des prestations culturelles .
Les dix dernières années ont vu un essor considérable du
tourisme balnéaire à Kuta où la clientèle dominante est
formée d’australiens ( plus de 18 % des touristes ) et pour
lesquels il est souvent moins coûteux de surfer à Bali qu’en
Australie et d’européens dont le séjour à Kuta clôture
généralement un périple Indonésie-Bali. Le développement de
cette station n’ fait l’objet d’aucun plan d’aménagement
rationnel : développement anarchique des infrastructures ,
forte pression immobilière et extension des grandes surfaces
commerciales spécialisées dans le duty free.
L’environnement culturels et naturel se trouve se fait
menacés par la croissance touristique .De grands projets ont
vu le jour tel le Bali Nirwana resort ( B.N.R ) sur
121 hectares ( dont 41 construits ) avec golfs et espaces
verts et comprenant 1 hôtel de luxe de 300 chambres , 370
villas et 700 appartements. L’ensemble , inauguré en 1993 ,
se trouve à moins de 400 mètres du temple de Tanahlot
.L’augmentation significative de la pollution est une des
conséquences les plus visibles du décollage touristique de
Bali : une enquête réalisée en août 1992 montrait déjà que
30 % des touristes interrogés considéraient que la pollution
constituait un des aspects les plus négatifs de Bali .depuis
cette date aucune solution n’a été apportée à la résolution
de ce problème qui s’est accru dans de vastes proportions.
Par ailleurs le développement du secteur informel a été à
l’origine de la prolifération des colporteurs de rue et de
plage ( plus de 2000 !! ) dont les ¾ sont des femmes. Une
forte activité de prostitution s’est aussi développée à Bali
, surtout dans la région de Kuta .De fait le succès
touristique de l’île s’accompagne de nombreux effets
néfastes propres à remettre en cause le concept même de
Tourisme culturel.
Le récent attentat ( 190 morts ) survenu à Kuta Beach le 12
octobre risque de provoquer un ralentissement temporaire de
l'activité touristique en Indonésie et en particulier à
Bali. Il est évidemment trop tôt pour savoir quels en seront
exactement les effets sur le secteur. La section Études de
marché et techniques de promotion de l'OMT a déjà mis en
chantier une étude consacrée à l'influence de cet attentat
sur les tendances du tourisme à Bali, en Indonésie, en Asie
et dans l'ensemble du monde, qui devrait être achevée pour
la fin octobre et présentée à la prochaine réunion du Comité
pour la relance du tourisme. La situation créée par
l'attentat de Bali est dès à présent une des questions
prioritaires de ses travaux.
Les hôtels de vacances des grands groupes thaïlandais et
malaisiens affichent presque complet pour la fête du
Deepavali, qui a lieu le 4 novembre, et pour les vacances de
Noël. Le groupe Mandarin Oriental, qui dirige neuf hôtels à
travers les six pays d'Asie dans lesquels le groupe est
implanté, affirme ne pas avoir été affecté des suites des
attentats de Bali de manière significative, y compris pour
ses hôtels en Indonésie, à Djakarta et à Surabaya."De
nombreux voyageurs qui devaient aller en Indonésie ont
décidé de venir en Malaisie", indique le bureau du
tourisme malaisien. En Malaisie, au cours du dernier
week-end d'octobre, le Club Med de Cherating, sur la
Côte est de la péninsule, était plein, tout comme celui de
Phuket sur la Côte ouest de la Thaïlande."Nous avions une
promotion régionale et les gens n'ont pas annulé. Tout au
plus certains ont-ils demandé à changer de village dans la
région", indique Mum Taz, responsable des ventes Club
Med à Singapour. En revanche, le Club Med de Bali n'est plus
aussi occupé mais les nombreux appels de clients qui se
disent prêts à aller en Indonésie, au prix d'un rabais,
semblent indiquer qu'ils ne bouderont pas longtemps la
destination. Bali comptait pour 50 % des quelque 6 milliards
d'euros que le tourisme rapporte à l'Indonésie, même si sa
part dans l'économie nationale reste faible (aux alentours
de 3 %). 1 mois après l’attentat de Bali le taux
d’occupation des hôtels à Bali est tombé à 10 %. Les hôtels
les plus modestes et les pensions semblent les plus durement
touchés mais il en est de même pour les établissements de
luxe. Le Hilton Bali par exemple affiche des taux
d’occupation entre 6 et 8 % . et tout indique que c'est le
reste de l'Asie du Sud- Est qui pourrait bénéficier, au
moins dans un premier temps, du manque à gagner dont va
souffrir Bali.
En revanche, les visiteurs en provenance d'Europe ou des
Etats-Unis, qui ont une idée plus confuse de la région, lui
préfèrent une autre destination, comme les Caraïbes La
région se serait bien passée des recommandations officielles
de plusieurs pays qui suggèrent à leurs ressortissants
d'éviter de se rendre en Indonésie, en Malaisie et en
Thaïlande. Le Japon vient de rejoindre l'Australie, le
Canada, le Danemark et la Suède pour affirmer que Pukhet
pourrait être la cible de terroristes. Le conseil mondial du
tourisme et du voyage, basé à Londres, s'attend à une
croissance de l'ordre de 5 % pour la région Asie-Pacifique
en 2003. Mais, malgré des premiers signes encourageants de
la conjoncture du tourisme après l'attentat de Bali, les
analystes s'accordent tous à dire qu'il est trop tôt pour
crier victoire. Car cet événement a sans doute inquiété les
investisseurs au moins autant que les touristes, dans une
région qui a autant besoin des uns que des autres.
La croissance économique indonésienne était bien repartie,
avec un bon premier semestre – dans la foulée de la reprise
américaine – sur les biens durables et les composants
électroniques. Mais l’attentat perpétré à Bali est un coup
fatal porté à l’économie indonésienne, et les effets se
feront sans doute sentir dans toute l’Asie du Sud-Est. Le
tourisme représente en effet entre 3 et 7% du PIB des pays
de la zone, dont Singapour et la Malaisie. Les attentats du
11 septembre 2001 avait déjà fait mal à l’Indonésie
musulmane, puisque la part du tourisme dans le PIB était
revenue de 4 à 3%. Mais, pour réagir face à l’adversité, les
autorités de la zone étudient d’urgence des plans de soutien
économique de la demande intérieure, avec des mesures
fiscales et monétaires.
ETUDE DE
CAS 4
LE
TOURISME A CUBA
L’île de Cuba est située à 180 kilomètres des côtes de
Floride , à 210 kilomètres du Mexique et 140 kilomètres de
la Jamaïque. L’île constitue la principale flèche de l’arc
antillais .sa superficie est de 110920 km2 dont 3715 km2
d’îlots ( le principal est l’île de La Jeunesse situé à 100
kilomètres de la côte sud-ouest. Cuba compte aussi 4195
îlots ou Cayos regroupés en 5 archipels : -Camaguey et
Sabana au nord , Colorados à l’ouest , Canarreos au
sud-ouest et les Jardins de La Reine au sud .L’île
principale s’étend sur 1500 kilomètres d’est en ouest , sa
plus grande largeur est de 190 kilomètres. Aucun point de
l’île ne se trouve à moins de 75 kilomètres de la mer. Cuba
compte 7000 kilomètres de côtes et 280 plages .L’intérieur
de l’île est formé de plaines vallonnées dominées par quatre
grands massifs : Sierra de Cristal ( Oriente ) ( 1231 m ) ,
La Sierra Maestra ( Pic Turquino , 1974 m ) qui se subdivise
en deux parties : la Sierra del Turquino et la Sierra del
Gran Piedra , La Sierra del Escambray ( Las Villas ) et la
Sierra de los Organos ( Pinar del Rio ).Cuba compte quatre
grandes régions naturelles : -l’Occidente , -Las Villas , -Camaguey
, - L’Oriente .L’Occidente est une région bordée de hautes
chaînes montagneuses , elle compte de nombreuses plages de
sable .Cette région est bordée au sud par les marais de
Zapata .Las Villas est une région montagneuse dont la côte
est frangée par une barrière de corail. Camagüey est une
région étroite et plate bordée de deux chaînes de
montagnes : la Sierra de Cubitas et la Sierra de Nagasa
.L’Oriente est aussi une région très montagneuse comprenant
une plaine centrale traversée par le Rio Canto.A l’origine
l’île de Cuba était un archipel étroit et allongé .Les
coraux ont doublé la surface de l’île ( un plateau de corail
fossile ).Des récifs frangeants qui suivent le littoral et
des récifs barrières séparés de l’île par u lagon .La
barrière de Camaguey se développe sur 400 kilomètres .
La population de Cuba compte 10,8 millions d’habitants (
1995 ) dont 45 % ont moins de 20 ans .Toutes les races y
sont présentes : 72 % de la population est blanche , 12,4 %
est noire , 0,3 % est d’origine asiatique et 15, 3 % est
métisse .La démographie du pays est galopante (
accroissement est de 1 % par an ).L’île compte 95 habitants
au km2 dont plus de 50 % vivent dans la province d’Oriente
et de la havane ( 190 habitants / km2 ).Cuba est la seule
île des Antilles où la population urbaine est supérieure à
la population rurale .Avec plus de 2 millions d’habitants La
Havane abrite 1/5 de la population totale .70 % des cubains
sont d’origine ibérique .L’immigration espagnole a perduré
jusqu’aux années 1950.Plusieurs vagues migratoires
hispaniques ont contribué au peuplement de l’île . Jusqu’en
1518 l’afflux d’espagnols est massif puis l’île se vide au
profit du Mexique et en 1544 il ne reste plus que 700
personnes. A la fin du XVIe siècle la Havane étant devenu le
seul port autorisé pour le commerce , cette mesure fut à
l’origine d’une nouvelle vague d’immigration .Au XVIIe
siècle le développement de la culture de la canne à sucre
suivie par celle du tabac entraîna un nouvel afflux de
colons espagnols. L’île comprend aussi une population créole
importante .Les créoles sont des espagnols nés dans le
Nouveau Monde .En 1770 ils formaient les 2/3 de la
population totale , en 1800 au lendemain de l’arrivée
massive d’une main d’œuvre noire ils ne formaient plus que
50 % de la population. Des français s’installèrent aussi
dans l’île , surtout après la proclamation de la République
haitienne ( 27000 français ).Les Noirs représentent 12% de
la population , pourcentage auquel il faut ajouter 15 % de
mulâtres .La plupart des noirs africains étaient des
Mandingues , des Congos , des Carabalis , des Yorubas , des
Ararus .Entre la Conquête et 1789 90 000 esclaves noirs
furent importés à Cuba .Au début du XIXe siècle La Havane
était le plus grand marché d’esclaves du Nouveau Monde .Ede
1789 à 1841 Cuba importa plus de 400 000 esclaves
.L’esclavage fut aboli le 7 octobre 1886.Les chinois
arrivèrent dans l’île après 1847 , au lendemain de
l’abolition de l’esclavage .Venant des Philippines ( colonie
espagnole ) ils furent souvent surnommés « les chinois de
Manille».
Le Tourisme constitue la ressource majeure de l’île
.Historiquement son essor fut précoce .A la suite des grands
voyageurs du XIX e siècle ( Alexandre de Humboldt , … ), les
premiers touristes arrivèrent dans l’île vers 1898.C’est à
cette date que fut construit le premier hôtel de l’île :
l’hôtel Santa Isabel à La Havane construit par le colonel
Ley .La loi Volstead ( 1920-1935 : prohibition des boissons
alcoolisées ) renforça le développement touristique de l’île
.Cuba devint le paradis du libertinage et du jeu ( 31500
touristes en 1925 et 62 000 en 1927 ).L’accès se limitait à
la navigation maritime. Le premier service de transport
aérien entre Cuba et les Etats-Unis fut instauré en 1927 (
28 octobre 1927 : arrivée d’avions Fokkers F7 de la pan
American Airways ).La même année était créée la première
compagnie aérienne cubaine : la Cubana de Aviacion ( 8
octobre 1927 ) sous le nom de « Compania de Aviacion
Curtiss » .Dès 1945 les avions acheminaient massivement
les touristes dans l’île .Aucune politique de développement
touristique ne fut cependant instauré et les seuls arguments
de vente de la destination étaient la prostitution , la
drogue et le jeu. Les Etats-Unis encouragèrent la
construction d’hôtels à Cuba en accordant de multiples
facilités aux investisseurs ( décrets présidentiels de 1948
et 1953 : suspension des droits de douane et octroi de prêts
à des taux préférentiels ).En 1959 le Tourisme était un
secteur actif ( le Tourisme : « segunda zafia » ,
deuxième récolte de canne à sucre ) mais globalement
défavorable à Cuba : - une balance touristique avec un solde
négatif , les dépenses des touristes cubains à l’Etranger
étaient supérieures à celles des touristes étrangers à Cuba
, - Cuba était incapable de se suffire à elle-même et devait
tout acheter aux Etats-Unis ( 1 milliard de $ versés aux
Etats-Unis de 1948 à 1959 pour l’achat de marchandises ) , -
L’importance des capitaux nord-américains dans l’hôtellerie
entraînant une fuite des recettes vers les Etats-Unis .Le
même phénomène se constatant pour les casinos , largement
dominés par la Mafia nord-américaine. En 1959 le
gouvernement révolutionnaire engagea un programme ambitieux
de diversification économique peu soucieux de développement
touristique. L’état castriste manifesta la volonté
d’organiser un tourisme « sain » et de mettre fin au
tourisme de « débauche » .Le 20 novembre 1959 le
gouvernement cubain créa l’Institut national de l’Industrie
Touristique chargé d’élaborer une politique cohérente de
développement touristique .Plusieurs mesures législatives
furent prises dont les lois du 24 octobre 1960 aboutissant à
la nationalisation des grands hôtels. Les Etats-Unis
isolèrent l’île par un embargo provoquant la chute de la
fréquentation touristique ( 98,5 % entre 1957 et 1961 ).L’I.N.I.T
encouragea le tourisme avec les pays socialistes et les
relations avec les agences de voyages des pays capitalistes
( Europe et Canada ).A l’heure actuelle plus de 200 agences
collaborent avec l’I.N.I.T Cette politique eut pour résultat
une progression rapide des entrées de touristes : 1 634
touristes en 1970 , 340 290 touristes en 1990 , soit 208
fois plus .Le nouvel élan du tourisme cubain s’affirma à
partir de 1979 avec la construction du palais des Congrès de
la Havane (Palacio de las convenciones ) pour le
sommet des pays non – alignés . L’île devint un lieu de
rencontres internationales. Le Tourisme redevint un secteur
économique prioritaire à partir de 1989 au lendemain des
bouleversements politiques ayant affecté le bloc socialiste
( 1991 : 378 900 touristes , 1993 : 700 000 touristes ,
1997 : 1,1 million de touristes , 1998 : 1,3 million de
touristes ).Les marchés émetteurs vers Cuba sont le Canada ,
l’Allemagne , l’Espagne , l’Italie , le Mexique et la France
.ces cinq pays fournissent 70 % des visiteurs vers l’île (
les canadiens représentant 25,2% du total ).Plus de 70 % des
touristes viennent en groupes . Les croisiéristes sont
encore rares ( 6312 seulement en 1990 ).
Les causes de cet essor sont multiples : Les atouts naturels
sont nombreux : - un climat agréable lié à la latitude ( 23°
) et la situation maritime de l’île .La température moyenne
annuelle y est de 26°C et l’amplitude moyenne annuelle est
inférieure à 3°C. L’île connaît u éternel été tempéré par
les alizés .La saison sèche se situe de décembre à avril et
la saison des pluies de mai à novembre. Seule la menace des
cyclones constitue un inconvénient climatique majeur ; - des
paysages variés et attractifs : montagnes et plaines
verdoyantes , des falaises et des cascades pittoresques ,
des plages de sable fin .L’île possède de surcroît un
patrimoine culturel exceptionnel qui est , de loin le plus
important des Antilles ( La havane et Trinidad sont
inscrites sur la liste du patrimoine Mondial de l’Humanité )
, - la tradition cubaine d’hospitalité .Le développement du
tourisme cubain est aussi lié à l’efficacité des politiques
de développement touristique .Elle s’est traduite par
l’accroissement de la capacité d’accueil ( nombre de lits :
15 000 lits en 1958 , 28 000 en 1990 et 71000 en 1998 ).
L’offre est cependant peu diversifiée : 80 % des chambres
sont classées en 3 ou 4 étoiles. Les anciens aménagements
touristiques sont insérés dans le tissu urbain alors que les
nouveaux se trouvent à la périphérie des villes et sur le
littoral. L’occupation touristique actuelle massive du
littoral s’est faite selon un regroupement qui répond à un
souci d’aménagement rationnel et une volonté de limiter les
coûts d’équipement en électricité et en eau potable .De
véritables agglomérations touristique sont nées dont le
meilleur exemple est Varadero à l’est de La Havane .A
l’heure 67 sites concentrent 75 % de la capacité hôtelière.
Le Tourisme cubain se caractérise aussi par l’allongement
notable de la durée des séjours car la nature des visites
s‘est modifiée .En 1958 29,8 % des visites étaient le fait
s’excursionnistes , un pourcentage qui s‘est abaissé à moins
de 5% aujourd’hui .Les touristes séjournent plus longtemps
dans l’île ( en 1950 la durée moyenne de séjour était de 3
jours , en 1998 elle était de 11 jours ).Cuba se caractérise
aussi par une compétitivité en termes de prix des services
touristiques qui en fait une destination plus accessible que
la plupart des autres îles ( Le prix d’une chambre dans un 5
étoiles est 4 fois moins élevé que dans un 5 étoiles des
Antilles françaises )., - La promotion touristique a été
assuré par l’Etat dès 1959 avec l’I.N.I.T et à partir de
1976 avec l’I.N.T.U.R (Instituto Nacional de Turismo
) qui possède des bureaux de représentation dans plus de 60
pays ;L’INTUR a été aujourd’hui remplacé par un Ministère du
Tourisme ( ministre : Osmany Cienfuegos ).L’essor du
Tourisme s’explique essentiellement par une nécessité
économique .Cuba possède un fort potentiel agricole mais
insuffisant pour développer à la fois les cultures vivrières
et les cultures d’exportation et génératrice de rentrées de
devises .par ailleurs le secteur agricole a subi de plein
fouet l’impact de la chute de l’URSS et de l’embargo
américain. Au lendemain de la création du Ministère du
Tourisme en 1994 , Cuba s’est lancé dans la recherche
d’investisseurs étrangers ( Plus de 130 associations avec
des firmes étrangères ont été lancées depuis cette date
).Les effets en sont déjà perceptibles : plus de 40 000
personnes travaillent aujourd’hui dans le Tourisme et 75 %
des entreprises mixtes exercent dans ce secteur .Le pays a
reçu 1,3 million de touristes en 1998.
ETUDE CAS
5
LE
TOURISME AUX ILES HAWAII
Les îles d’Hawaii forment un archipel volcanique située au
large de la côte ouest de l’Amérique du Nord ( à 4000
kilomètres de distance ). Hawaii forme le 50e
état des Etats-Unis .L’archipel est constitué par les cimes
d’une chaîne volcanique partiellement immergée longue de
5000 kilomètres entre Hawaii et la fosse des Aléoutiennes.
Le plus jeune volcan de l’archipel est le Kilauéa ( en
éruption depuis 1983 ) qui a contribué à agrandit l’île de
plus de 5 km2.Sur la grande île se trouvent les volcans
Mauna Kéa et Mauna Loa ( ce dernier , un volcan – bouclier ,
est la plus grosse masse volcanique de la planète ).Les
paysages de l’archipel sont diversifiés du fait des
variations d’altitude : - les basses terres et le rivage en
dessous de 1500 mètres , - paysage de végétation humides de
montagne entre 1200 et 2200 mètres , savanes ( forêts
clairsemées ) sur les pentes sous le vent entre 500 et 2700
mètres , - végétation subalpine ( prairies et arbres
rabougries ) entre 1700 et 3000 mètres ).Dans l’ensemble les
paysages sont classiques des montagnes insulaires tropicales
.Les îles comportent de belles plages ( sable blanc ou noir
) avec platier corallien .L’ambiance des îles est
typiquement polynésienne et Hawaii offre un dépaysement
humain soigneusement cultivé : une atmosphère « îles des
mers du Sud » .
Le climat de l’archipel est un des climats tropicaux les
plus agréables du pacifique et du Monde. Il offre le plus
grand nombre de jours où les conditions climatiques sont
agréables au touriste ( 284 Jours par an en moyenne ).La
situation en latitude , l’environnement maritime et le
souffle de l’alizé expliquent que les températures ne soient
jamais accablantes. Les pluies ne sont abondantes que les
versants au vent or les stations sont toutes situées sur les
versants sous le vent. Parfois cependant les pluies peuvent
être abondantes ( 6126 mm en 1982 ( moyenne : 2500 mm ) et
des cyclones peuvent frapper l’archipel ( comme le cyclone
Ewa en 1982 ).
Les îles Hawaii firent peuplées par des polynésiens venus de
Samoa et Tonga ces derniers colonisèrent les îles de la
Société ( Tahiti ) et des Marquises vers le I er siècle
après J.C .C’est vers 3000 après J.C que les habitants des
Marquises débarquèrent à Hawaii .D’autres vagues
d’immigration contribuèrent au peuplement de l’archipel , en
particulier vers les XIIe – XIIIe siècles en provenance des
îles de la Société ( Tahiti ).Ces différents peuplements
furent à l’origine d’une société de castes dont les deniers
arrivés occupaient le sommet en tant que nobles ( Ali’i
) chargés d’imposer un code religieux ( Kapu ) .Les plus
anciennes évocations de l’archipel sont contenues dans des
journaux de bord de la fin du XVIIIe siècle. L’archipel fut
officiellement découvert par James Cook en 1778, mais il
avait probablement été découvert dès 1542 par les espagnols
( Ruy Lopes de Villalobos qui prit pied sur la Isla de la
Mesa ).L’archipel fut visité par de nombreux explorateurs
dont le Comte de La Pérouse en 1786. Les missionnaires s’y
installèrent dès 1820.L’archipel était alors une monarchie
dont les liens avec les Etats-Unis furent renforcés par le
traité commercial de 1876 .Hawaii devint une république en
1896 et territoi