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LE CADRE NATUREL

«L’Égypte est un don du Nil » (Hérodote) . Sans ce fleuve le pays n’existerait pas. Le Caire ne reçoit que 22 mm de pluie et seule la côte méditerranéenne est régulièrement arrosée. Vue du ciel l’Égypte se présente comme un immense désert parcouru d’un mince filet bleu s’élargissant au nord du Caire et formant un triangle .

Le territoire égyptien couvre plus de 1 million de kilomètres carrés. Il est situé ente le 22e et le 32° degré de latitude nord. Il occupe le coin nord-est du continent africain à l’exception de la péninsule du Sinaï située en Asie. L'Égypte possède la seule frontière du continent africain avec l'Asie .Des frontières géométriques séparent l'Égypte de ses voisins. La frontière avec la Libye se confond en grande partie avec le méridien de 25° de longitude est. La frontière soudano égyptienne  suit le 22e parallèle sur la plus grande partie de son tracé, avant d'obliquer vers le nord dans son extrémité orientale. Par la péninsule du Sinaï, occupée par Israël  de 1967 à 1989, l'Égypte a une frontière commune avec Israël. Le pays possède une façade maritime méditerranéenne longue de 965 kilomètres, où deux vastes golfes encadrent l'avancée formée par le delta du Nil, tandis que le littoral situé en bordure de la Mer rouge se développe sur plus de 1000 kilomètres. C'est une côte rectiligne et abrupte dont les deux cornes encadrent le Sinaï  : à l'ouest le golfe de Suez qu'un canal fait communiquer avec la Méditerranée  et à l'est le golfe d'Aqaba  verrouillé par le détroit de Tiran .A la différence du Maghreb et du Levant la Méditerranée n'a pas joué un rôle essentiel dans l'histoire comme dans la géographie de l'Égypte .

347000 kilomètres carrés de terre seulement sont cultivables ( soit une superficie égale à celle des Pays-Bas ) 99% de la population vit sur 4% du territoire, la plupart dans la vallée du Nil. Une situation tout à fait vivable, mais qui est devenue aujourd’hui une contrainte majeure. Le désert libyque occupe les ¾ du pays : c’est un plateau très aride incliné vers la Libye occupé en partie par la dépression de Qattara (-134 mètres). C’est le Bilal el Cheitane («Le pays du Diable ») qui ne comprend que cinq grandes oasis : Siouah, Baharieh, Farafrah, Dakhla et Kharga. La vallée du Nil sépare le désert libyque du désert arabique . C’est un long ruban fertile large de 100 à 300 mètres sur le plateau .Dans sa plus grande largeur il avoisine 25 kilomètres. Le Nil traverse l’Égypte sur plus de 1000 kilomètres en dessinant une boucle au niveau de Louxor. Il se jette dans la Méditerranée par un delta divisé en deux branches principales. A l’est du Nil le désert arabique se développe en direction de la Mer Rouge .Il est formé de plateaux et d’une chaîne de hautes montagnes ( Djebel Sayib El Banet, 2184 m) qui dominent la Mer Rouge. La Mer Rouge est divisée, dans sa partie nord entre les golfes de Suez et d’Aqaba enserrant la péninsule du Sinaï, dont el point culminant est le Djebel Katherine (2697 m).

Le Nil est le plus long fleuve du Monde (6670 kilomètres) et le second pour le débit derrière l’Amazone. Un quart seulement du fleuve coule en Égypte. Le Nil prend sa source dans les grands lacs équatoriaux .Il comprend le Nil Blanc ( qui ne concourt que pour 14% au débit total ). Le Nil blanc prend sa source dans les monts Ruwenzori aux confins du Rwanda, du Burundi et du Congo. C’est le Nil Bleu qui apporte au précédent les eaux de pluies tombées sur les hauts plateaux abyssins provoquant une crue estivale de 8 mètres au dessus de l’étiage qui dépose des quantités considérables de limons (84 milliards de m3 soit 3 livres par m3 d’eau).Les deux branches se rejoignent à Khartoum pour former le Nil. Le barrage d’Assouan (construit de 1960 à 1970) a régularisé le débit du fleuve et créé un lac de retenue de 500 kilomètres de long et 10 kilomètres de large contribuant à rendre cultivable plus de 650 000 ha de terres. Le barrage atteint une longueur de 3,6 km pour une largeur de 980 mètres à la base et de 30 mètres au sommet. Le volume de l’ouvrage est de 42,5 millions de m3 ( terre et pierres ) . C’est le deuxième plus grand lac de retenue du Monde après le lac Kariba sur le Zambèze .

L'espace nilotique découpe le pays en trois parties : -la Haute Égypte d'Assouan à Assiout, -la Moyenne Égypte qui s'étend jusqu'au sud du Caire  et englobe le Fayoum, -la Basse Égypte  qui comprend le delta, du Caire à la côte. La Nubie  à l'extrémité sud de a vallée égyptienne, du tropique du cancer à la frontière soudanaise, est désormais largement ennoyée par les eaux du lac Nasser.

Le climat de l’Égypte est partout désertique sauf sur sa façade méditerranéenne. Les influences climatiques et biogéographiques méditerranéennes  ne s'exercent pas au-delà du 30e parallèle, latitude approximative du Caire. Elles donnent à la Basse Égypte des hivers doux avec des averses .Les précipitations décroissent vers le sud : 184 mm à Alexandrie, 26 mm au Caire et 3 mm à Assouan et elles disparaissent  pratiquement au sud du 28e parallèle où le climat aride règne sans partage .Les températures peuvent y être très élevées (plus de 40°C au Caire en juillet août) et les écarts importants entre le jour et la nuit .L’hiver est bref (janvier–février) avec des températures diurnes moyennes de 20°C et des minima rarement inférieurs à 6°C. La mer Rouge introduit une forte humidité non génératrice de pluies sur les rivages et le Sinaï  (2637 mètres) qui peut recevoir des précipitations neigeuses.

NAISSANCE ET ÉVOLUTION DU TOURISME

Le Tourisme a des origines anciennes en Égypte. Il est lié à la redécouverte du Monde de l’Antiquité classique. La vallée du Nil avait déjà fasciné les grecs et les romains (« Histoires » de Hérodote au Ve siècle av.JC, Diodore et Strabon au Ier siècle av. JC et Plutarque au Ier siècle apr. JC ) .Les empereurs romains embellirent Rome, puis Constantinople de vestiges arrachés aux grands sites égyptiens.

Mais c’est la renaissance qui amorce la redécouverte de la civilisation égyptienne .Trois français au XVIIIe siècle contribuèrent à faire connaître l’Égypte : le jésuite Sicard, Savary et Volney , auteur d’un «  Voyage en Syrie et en Égypte » que Bonaparte aurait emporté dans ses bagages . C’est en effet l’expédition de Bonaparte en 1798 qui fut à l’origine du renouveau de notoriété de l’Égypte ancienne.160 savants et techniciens participèrent à cette expédition dont Vivant Denon (1747–1825 ) de deux ouvrages célèbres : « Voyage dans la Haute et la basse Égypte » (1802) et « Description de l’Égypte » ( 1809 ).Le XIXe siècle est surtout marqué par une succession de pillages des grands sites archéologiques auxquels sont associés les consuls de France et d’Angleterre : Drovetti et Salt, ce dernier s’associa à Belzoni, inventeur d’Abou Simbel et de la tombe du pharaon Séti Ier. En 1822 le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion marqua la naissance de l’Égyptologie moderne. Les premières fouilles scientifiques organisées par Auguste Mariette débouchèrent sur la création d’un premier musée archéologique à Bulaq dans un faubourg du Caire . Quelques dates , marquées par des découvertes spectaculaires, jalonnent le développement de l’égyptologie : -1881 : le service des Antiquités découvre à Deir El Bahari une cache contenant des momies royales des XVIIIe et XIXe dynasties, -1922 Carter et Carnavon découvrent la sépulture inviolée de Toutankhamon dans la vallée des rois, -1940 l’archéologue français Louis Montet découvre des sépultures royales miraculeusement intactes à Tanis à l’est du delta .

L'Égypte exerce  sur les français une étrange fascination. En France les expositions organisées sur le thème de l’Égypte ancienne ont toujours été des succès populaires incontestables : «Toutankhamon» (1967, plus de 1,2 millions d’entrées payantes), «Ramsès II» (1976), «Tanis » (1987), «Egyptomania » (1994), … L’engouement du grand public pour l’Egypte se manifeste aussi dans de grands succès de librairie. Les ouvrages publiées se rattachent à des styles très variés : littérature romanesque («Mort sur le Nil» d’Agatha Christie, les best-sellers de Christian Jacq, …), ouvrages de vulgarisation scientifique  comme celui de G. Dormion et J. P Goidin , « Khéops, nouvelle enquête .propos préliminaires » (1986).Les copies d’objets antiques rencontrent aussi un réel succès . Le musée du Louvre réalise plus de 50% de ses ventes  dans ce domaine avec des œuvres d’art égyptiennes. Dans un autre domaine les cours d’égyptologie dispensés par l’École du Louvre et l’Institut catholique, ainsi que par l’école privée Khéops, rencontre un succès grandissant .

 

Évolution du taux d'occupation des hébergements égyptiens ( 1997- 2000 )

 

Entre 1992 et 1995 le nombre d’arrivées de touristes en Égypte est passé de 1,4 à 3,8 millions soit une augmentation de 274% .Durant cette période les effectifs de touristes arabes visitant l’Égypte ont peu augmenté (33%), par contre l’augmentation des visiteurs européens a été de l’ordre de 443%.En 1996 les touristes européens représentaient 60% des arrivées totales ( 3,528 millions de touristes étrangers dont 2,34 millions de touristes européens).En 1998 l’Égypte a reçu 3,4 millions de touristes étrangers dont 1,9 millions de touristes européens), soit une baisse notable liée au développement du terrorisme (Attentats de Louxor de 1997) .L’augmentation are pris ensuite une courbe ascendante, les effectifs de touristes étrangers atteignant 4,49 millions en 1999 dont 3,22 millions de touristes européens. Parallèlement au nombre des arrivées les recettes touristique sont connu, durant cette période une augmentation considérable passant de 304 millions de $ U.S en I982 à 3204 millions de $ U.S en 1996.

 

L’évolution du Tourisme en Égypte ( 1993-1999 )

 

Le nombre de touristes en Égypte ( 1981-1982 / 2000-2001 )

 

Aujourd’hui le Tourisme est devenue une activité économique majeure du pays, mais aussi une «fragile poule aux œufs d’or». En 2000 Le Tourisme, avec 5 millions d’arrivées annuelles (7 à 8 millions d’arrivées prévues en 2010), serait à l’origine de plus de 2 millions d’emplois, tandis que les revenus générés par cette activité dépasseraient 4,3 milliards $  (des revenus de 10 billions de $ sont envisagés dès 2005 ).De 1982 à 1999 les flux touristiques ont connu une croissance de 9,7 %.Le Tourisme est la première source de revenus pour l’économie égyptienne. 200 000 personnes travaillent dans le Tourisme, mais le secteur fait vivre de 3 à 4 millions de personnes . C’est le secteur de l’économie égyptienne qui a connu la plus forte croissance. En 1983 l’Egypte avait reçu 1,3 million de visiteurs seulement et 3,2 millions en 1992. Comme pour les autres pays méditerranéens, le secteur du tourisme est primordial pour l'économie égyptienne. Il représente, avec ses services annexes, 11% de son PIB, assure, en moyenne, un quart de ses revenus en devises étrangères et emploie 2,2 millions de personnes, soit 12,6% de la population active. En 2004, les recettes issues du tourisme, soit 6,6 milliards $, avaient augmenté de 43,5% par rapport à 2003. Destination culturelle pour une élite européenne et américaine jusqu'en 1982, ce n'est qu'après les accords de Camp David que l'Egypte a pu commencer à développer son secteur touristique, mais celui-ci n'a vraiment pris son essor que dans les années 95/96; après avoir oscillé entre 4 et 5,5 millions, selon les évènements, le nombre annuel de touristes a franchi le seuil des six millions en 2003 et celui des huit millions de touristes en 2004. En 2004, l’Egypte a accueilli plus d’un million  d’Italiens, près d’un million d’Allemands, 700.000 Russes et 550.000 britanniques. Les Français, au nombre de 465.000, sont arrivés en 5ème position. Suite aux attentats de Sharm El Sheikh, le flux de touristes a diminué de 15,27% en août 2005, comparé à août 2004 –alors qu’il avait augmenté de 15,6% au cours des quatre premiers mois de l’année.

 

Les entreprises touristiques françaises sont bien implantées en Egypte. Créée en 1980, Accor Egypt est le premier opérateur hôtelier du pays : il possède et/ou gère vingt hôtels, soit 4.5000 chambres, et un bateau-restaurant. Partenaire à 47% de la société Maccor, il a investi plus de 102 millions d’€ au travers de cette société. En 2006, il ouvrira son premier Novotel au coeur de la capitale. En 2004, le Club Méditerranée, qui gérait déjà un village à Louxor et un hôtel à Assouan, a ouvert un village à El Gouna, sur la Mer Rouge. Il envisage s’installer ultérieurement à Taba, dans le Sinaï. En 2002, Concorde a signé un contrat de gestion avec la société El Shams Co. for Hotels & Resorts pour un hôtel de 420 chambres à Sharm El Sheikh; en 2003, le même partenaire lui a confié la gestion d'un hôtel de 320 chambres au Caire. Parmi les voyagistes implantés localement, on citera Jet Tours, qui commercialise un bateau de croisière et les produits de marques "Eldorador" (un bateau de croisière et un hôtel à Sharm El Sheikh), Etapes Nouvelles, Fram et Nouvelles Frontières.

 

Etant donné le contexte politique et les difficultés pour obtenir un visa d’entrée dans les pays occidentaux, les touristes arabes ont maintenant tendance à passer leurs vacances dans la région. L'Egypte a donc profité de ce contexte : elle a intensifié ses campagnes publicitaires au Moyen-Orient, facilité l'obtention de visas, mais aussi l'accès à la propriété pour encourager les Saoudiens et les Emiratis, notamment, à acheter des résidences secondaires au bord de la mer. Depuis 2001, les touristes arabes représentent plus de 20% du visiteurs. Autrefois, ils ne venaient qu'au Caire et à Alexandrie, maintenant ils ont découvert les destinations balnéaires de la Mer Rouge, et notamment Sharm El Sheikh. 1,6 millions de touristes arabes se sont rendus en Egypte en 2004.

 

L'Egypte s'est affirmée comme la destination n° 1 dans la région, mais n'a pas encore trouvé, au niveau international, la place qui devrait lui revenir, compte tenu de ses atouts; à l'échelle mondiale, elle n’attire qu’un pour cent des touristes. Le développement doit donc se poursuivre. L’objectif gouvernemental est d’atteindre 18 millions de touristes d’ici dix ans, d’aménager plus de 500 km de côtes, de construire et de réhabiliter plusieurs aéroports. L’Organisation Mondiale du Tourisme prévoit un taux de croissance annuel moyen de 3,8% pour l’industrie du tourisme en Egypte.

 

           

Le nombre de nuitées touristiques en Égypte ( 1981-1982/2000-2001 ) 

 

A côté du tourisme archéologique traditionnel, le pays a entamé une politique de diversification de son tourisme culturel trop longtemps centré quasi-exclusivement sur les sites pharaoniques. L’ archéotourisme possède un autre atout: le passé gréco-romain surtout apparent à Alexandrie à la suite des fouilles réalisées par Jean Yves L’Empereur et Franck Goddio. Ces recherches ont débouché sur de nombreux reportages et expositions internationales dont celle organisée par Jean Yves L’Empereur au Petit Palais à Paris en 1998. Les vestiges arabo-musulmans cairotes, classés au Patrimoine Mondial en 1979 et négligés jusqu’aux années 1990, ont été restaurés et valorisés consécutivement au séisme du 12 octobre 1992. Le pays tente aussi de valoriser le passé et le présent chrétien : l’église suspendue consacrée à la Vierge, dans le quartier copte du Caire (IVe siècle), les monastères coptes du Wadi el-Natroun et les monastères de Saint Antoine et de Saint Paul sur la Mer Rouge, ainsi que le monastère de Sainte Catherine dans le Sinaï. D’autres secteurs ont été développés tel le tourisme balnéaire sur les côtes de la Mer Rouge  et dans la péninsule du Sinaï . D’importants investissements ont été engagés avec l’aide de la Banque Mondiale. Les deux projets les plus importants sont en voie d’achèvement: Taba Heights  (20 kilomètres au sud du golfe d’Aqaba) et Gouna  (30 kilomètres au nord d’Hurghada ). Mais ces projets ne sont pas sans représenter des risques très importants de dégradation de l’environnement .Plus récemment le tourisme ethnique (visite des oasis, découverte de la vie bédouine, …) et l’écotourisme commencent à se développer.

 

Par ailleurs le Tourisme, tout en étant un secteur ultra- dynamique, demeure aussi très fragile  et très largement dépendant de la situation politique  intérieure et régionale .C’est ainsi qu’en 1990-1991 la Guerre du Golfe a entraîné une chute drastique de la fréquentation. Le pire est survenu avec les attentats islamistes des années 1990 ( plus de 100 morts ) et surtout avec le massacre de Louxor en novembre 1997 (58 touristes assassinés dans le temple d’Hatchepsout). Depuis cette date les violences semblent s’être arrêtées  mais des mesures de sécurité très sévères, et souvent aussi très lourdes, ont été prises. La reprise de l’Intifada palestinienne, puis l’attentat de septembre 2001 ont été à l’origine d’une nouvelle chute de fréquentation qui a atteint 60 % au dernier trimestre 2001 et qui a été amplifiée par les attentats du 11 septembre. Cependant au lendemain de chaque attentat l’inflexion constatée dans la courbe de la fréquentation touristique s’est révélée relativement limitée  dans la durée  et son caractère globalement ascendant n’a pas été durablement affecté. Ce phénomène peut s’expliquer d’une double manière. Il reflète d’abord le « fatalisme », ou du moins la capacité de résilience, des touristes. Par ailleurs la fascination extrêmement forte de la destination explique aussi le faible impact du tourisme. Cependant la menace jihadiste demeure réelle  bien que son intensité soit difficile à évaluer. Il est incontestable que le régime fait partie des cibles prioritaires de  Al-Qaïda comme les responsables de l’organisation l’ont maintes fois rappelé à commencer par Ayman al-Zaihairi, bras droit de Ben Laden  et lui-même de nationalité égyptienne.

 

 

 

ÉVOCATION BRÈVE DE LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

Sous une forme résumée et volontairement élaguée quelques données historiques de base sur l’histoire égyptienne.

L’ÉGYPTE PHARAONIQUE

L’agriculture apparaît en Égypte vers –5000. Elle est contemporaine des premières tentatives d’unification du pays qui se divise en deux ensembles distincts : la haute Égypte dont la ville principale est Nekhen (son symbole est la couronne blanche et son emblème le roseau) et la basse Égypte dont la ville principale est Bouto ( son symbole est la couronne rouge et son emblème l’abeille ). L’unification de ces deux ensembles territoriaux est réalisée en 3110 av. JC par Narmer ( Menès ) qui installe sa capitale à Memphis et porte désormais la double couronne : le pschent .

La chronologie de l’histoire égyptienne a été établie par Manéthon –280 av. JC .Ce dernier a divisée la longue histoire de l’Égypte en 30 dynasties, elles-mêmes réparties entre Ancien Empire, Moyen Empire et Nouvel Empire.

L’Ancien Empire (3110-2040 av. JC) correspond aux IIIe à VIe dynasties. Il est marqué par la construction des pyramides de Saqqarah, Kheops, Khephren et Mykérinos (IVe dynastie).L’Égypte s’étend alors jusqu’à la Nubie, le Soudan et le Sinaï. Le pharaon détient un pouvoir absolu.

Une période dite «Intermédiaire» fait suite à la Vie dynastie et s’étend de la VIIe à la IXe dynastie.

Le Moyen Empire couvre la période correspondante aux XIe et XIIe dynasties (2061–1785 av.JC). L’Égypte réunifiée sous le règne de Mentouhotep II connaît une période de faste et de prospérité marquée par une renaissance des arts et de l’architecture, en particulier sous le règne de Amenemhat Ier ( constructeur du complexe funéraire de Haoura dans le Fayoum ).Le culte d’Osiris devient très populaire.

Une nouvelle période d’instabilité (2ème période Intermédiaire ( 1785-1540 av. JC )) correspondante à la XIIe dynastie est marquée par l’occupation des Hyksos .

Le Nouvel Empire correspond aux XVIIIe - XIXe et XXe dynasties (1550-1069 av. JC ).Il débute par le règne de Thoutmosis III (1479-1425 av. JC).L’Égypte connaît une nouvelle phase d’expansion territoriale. La capitale est installée à Thèbes et la principale divinité devient Amon Rê. C’est à la XVIIIe dynastie, (1550-1295 av .JC) qu’appartient le règne d’Aménophis IV (Akhenaton) ( 1350-1333) auteur d’une tentative manquée d’instauration d’instauration d’un monothéisme et de son fils Toutankhamon («Image vivante d’Amon»).La XIXe dynastie (1295-1188 av. JC ) est dominée par les règnes des Ramessides : Séti Ier (1294-1279 av. JC ) et Ramsès II (1279-1212 av JC ).Ce furent des rois combattants et bâtisseurs (bataille de Qadesh contre les Hittites/construction de temps à Thèbes, Louqsor et Karnak ).

A la fin du Nouvel Empire une nouvelle période troubles constitue la 3ème période Intermédiaire (1069 –650 av. JC ) marquée par des invasions assyriennes et perses.

L’Égypte connaît une renaissance sous la période ptolémaïque. La conquête d’Alexandre le grand chasse les perses. Le conquérant fonde Alexandrie en 331 av. JC. A sa mort l’Égypte est gouvernée par le général Ptolémée qui devient roi en 306 et fonde la dynastie des lagides. Ptolémée qui réside successivement à Alexandrie , Ptolémaïs et Naucratis introduit un culte nouveau celui de Sérapis (association de Osiris et de Apis ).La capitale Alexandrie devient le plus grand centre intellectuel du bassin méditerranéen ( Erastothène, Euclide, Archimède, Théocrite, Callimaque, … ).Les égyptiens transcrivent, à partir de cette époque , leur langue dans l’alphabet grec : le copte .La dernière des Ptolémées fut Cléopâtre VII qui épousa son frère Ptolémée XIII, puis Ptolémée XIV et régna sous la tutelle de Rome. Elle eut un fils de César. En 42 elle s’éprit d’Antoine .Ce dernier vaincu par Octave à la bataille d’Actium se suicida . Cléopâtre l’imita peu après.

L’ÉGYPTE CHRÉTIENNE

L’apôtre Marc prêche à Alexandrie au Ier siècle. En 190 Pantène fonde le Didascalée (école de catéchèse) à Alexandrie qui devient un des centres les plus importants du Christianisme. C’est aussi en Égypte que se développa le néo-platonisme sous l’influence de Sacas et Plotin ( IIIe siècle ) .Pour les tenants de cette doctrine la réalité est une appréhension du spirituel par la raison. Le monde matériel n’a qu’une existence formelle et Dieu est un être pur sans substance ni forme. C’est aussi en Égypte que se situe les débuts du monachisme avec saint Paul de Thèbes ( 230-342 ) et saint Antoine (251-356 ).Ce dernier est bien connu par la biographie que lui consacra Saint Athanase. Les premiers moines étaient des anachorètes vivant isolés dans le désert. C’est Saint Pacôme (Anba Bakhum en arabe ) ( né vers 285 ) qui fonda le monachisme cénobite. Le premier monastère fut fondé près d’Akhmim. Au Ve siècle il y avait plus de 10 000 moines en Égypte et près de 40 monastères surtout implantés dans le Ouadi Natroun. A partir de 451 on voit apparaître en Égypte l’église copte qui se définit en réaction au concile de Chalcédoine qui donnait une nouvelle définition du dogme proclamant la double nature du Christ «convergeant en une seule personne ».Les égyptiens rejetèrent cette réforme et, de ce fait , le pays eu deux patriarches : l’un reconnu par Constantinople et l’autre garant de la doctrine monophysite devint le chef de l’église copte ( un terme signifiant «égyptien» issu de «kyptaios » («copte » en grec issu lui-même de «aegyptos » qui signifie «égyptien»).

L’ÉGYPTE ISLAMIQUE

La province byzantine d’Égypte fut envahie par les arabes en 639. Ces derniers se donnèrent pour capitale Fostat. Sous les abbassides la capitale fut transférée à El Askar .En 832 l’Égypte devint un fief turc dont le premier gouverneur fut Ahmad Ibn Touloun ( 835-884).Il fut le créateur du premier état musulman indépendant d’Égypte .Au nord de El Askar, il fonda une nouvelle capitale : El Qatai. A partie de 869 s’ouvre la période fatimide, dynastie chiite opposée aux Abbassides qui se donnèrent pour capitale Qahirah (Le Caire).L’apogée de la période fatimide correspond au règne de El -Moustansir (1036-1094).

 

GÉOGRAPHIE TOURISTIQUE RÉGIONALE DE L’ÉGYPTE

LE CAIRE ET SES ENVIRONS

C’est la plus grande ville d’Afrique avec plus de 16 millions d’habitants ( 3,5 millions en 1960, 8,6 millions en 1986 ). L’appellation trouve son origine dans une déformation, par des marchands italiens, de El Qahira. La ville est connu aussi sous le nom de Misr. En arabe le même mot désigne indifféremment Le Caire et l’Égypte. La ville est confrontée à de multiples problèmes d’urbanisme, de salubrité et de circulation. Trois grands projets sont en chantier : -la construction d’un métro (2 lignes existent déjà, la troisième est en projet) , -le tracé d’une autoroute périphérique ( la «Ring Road »), -la création d’une station de traitement des eaux usées. Le centre de la ville présente plusieurs visages distincts : -la vieille ville islamique, -l’ancien quartier copte ( le Vieux Caire ( Mar Guirguis ( Saint Georges ) ), -le centre-ville européen ( Wasat al-Balad), - les quartiers résidentiels de Garden city, Zamalek et Roda. La ville abrite un riche patrimoine islamique médiévale et moderne : - la mosquée d’Ibn Touloun fondée en 872 par le gouverneur turc de la ville, - la madrasa du sultan Hassan fondateur de la dynastie des Bharides (1356-1363), la citadelle construite par Saladin en 1176, la mosquée de Mohammed Ali ( 1830-1848), - les grands cimetières cairotes du nord et du sud de la ville : «La cité des morts habitée aujourd’hui par plus de 180 000 Personnes sont plus de 20000 vivent dans les tombes. C’est au Caire que se trouve le musée égyptien construit en 1902 sous Abbas II Hilmi .

 

 

La pyramide à degrés de Saqqarah

Non loin du Caire se trouve le site de Saqqarah dominé par la pyramide à degrés de Djoser ( IIIe dynastie, 2700-2625 av. JC ) qui est le plus vieux monument en pierres taillées du Monde. L’architecte de l’édifice en fut Imhotep, vizir du roi Djoser. La pyramide est le résultat d’une évolution complexe. A l’origine c’était un mastaba, surélevé par 4 puis 7 gradins. La pyramide est entourée d’un vaste complexe funéraire restauré par l’archéologue français Jean Philippe Lauer .

 

 
La pyramide rhomboïdale de Dachour

 

Non loin de là le site de Dachour comporte 7 pyramides (2 de la IVe dynastie et 5 des XIIe et XIIIe dynasties). La plus connue est la pyramide rhomboïdale ( un terme qui désigne le changement d’inclinaison de l’édifice à mi-hauteur ) à coté de laquelle se trouve la Pyramide rouge du pharaon Snéfrou ( les deux édifices datant de la Ive dynastie ). 

 

 

Les pyramides de Chéops et de Chéphren

Mais ce sont les pyramides du plateau de Giza qui sont les plus connus. La plus grande est celle de Chéops ( 15O mètres de haut soit 2,3 millions de blocs de pierre de 2,5 tonnes chacun).Ce n’est pas la plus grande pyramide du monde, la pyramide aztèque de Cholula au Mexique avait une superficie à la base trois fois plus grande).En 1954 on découvrit au sud de la pyramide deux grandes fosses rectangulaires, l’une d’elles contenait une barque solaire .La pyramide de Khephren ( 2859-2856 av. JC ) est moins élevée : 136 mètres. A proximité des pyramides se trouve le sphinx dont les traits reproduisent ceux du pharaon Khephren. Le visage fut mutilé par les mamelouks. Sous la XVIIIe dynastie il fut identifié au dieu Hamarchis (Horus ) et une stèle gravée de Thoutmosis IV (1401-1390) fut placée entre ses pattes .

LA HAUTE ÉGYPTE

Elle se développe sur 800 kilomètres de long et 20 de large. Les deux sites les plus connus sont Thèbes ( Louqsor ) et Karnak, tous deux situés à 657 kilomètres du Caire. Thèbes fut la capitale de l’Égypte sous le Nouvel Empire de 1550 à 1609 av. JC. Elle était placée sous la protection du dieu Amon , divinité locale assimilé à Rê le dieu soleil d’Héliopolis. Le temple de Louqsor assez étroit se développe sur une longueur de plus de 230 mètres. Il fut édifié en plusieurs étapes par Aménophis III, Ramsès II et Alexandre le Grand. Le complexe d’Amon Rê à Karnak est le plus important d’Égypte .Son enceinte englobe 20 temps répartis sur 25 hectares. Le temple d’Amon est le plus connu. Il fut construit en plusieurs étapes sous les règnes de plusieurs pharaons : Hatshepsout, Thoutmosis III. Séti Ier (1294-1279 ) construisit une immense salle hypostyle de plus de 6000 m2 et comptant 137 colonnes, elle fut achevée par Ramsès II ( 1279-1212).

A Thèbes et sur la rives ouest du Nil se développent de vastes complexes funéraires : le temple funéraire d’Hatshepsout (1479-1458 ) enchâssé dans un crique montagneux et auquel on accède par trois terrasses pourvues de rampes inclinées, Le Ramesseum ou temple funéraire de Ramsès II, la Vallée des Rois qui abrite 62 hypogées dont la célèbre tombe de Toutankhamon (1336-1327) qui a livré plus de 5000 objets, la vallée des reines ( 80 tombes), les tombes des nobles (414 tombes) de la Ive dynastie à l’époque romaine. 

La Haute Égypte se termine avec le barrage d’Assouan dont la construction achevée en 1972 a permis l’irrigation de plus de 1 million d’hectares. Un premier barrage avait été construit par les anglais en 1902 déterminant un lac de retenue de 225 kilomètres. Le haut barrage, édifié avec l’aide technique de l’URSS, atteint 980 mètres de large à la base (40 mètres au sommet) pour une hauteur de 111 mètres .

LA NUBIE

Elle couvre 22000 km2 entre Assouan et le nord du Soudan. La région a été largement inondée par le lac Nasser nécessitant le relogement de plus de 100000 personnes en Égypte (Kom Ombo) ou au Soudan. Une campagne de sauvetage fut organisée en 1960-1970 à laquelle participèrent 30 pays et qui permit de sauver 23 temples dont le temple d’Amada remonté sur une colline, le temple de Derr démonté et reconstruit et surtout les temples de Ramsès II à Abou Simbel. La falaise qui portait les temples rupestres fut découpée et ré-assemblée 64 mètres au dessus de son emplacement d’origine (plus de 300 000 tonnes de roches furent déplacés, 1036 blocs découpés et l’opération dura 9 ans.

LA MER ROUGE ET LA PÉNINSULE DU SINAÏ

L’Égypte en possède 1600 kilomètres de littoral. La station d’ Hourghada (1 heure d’avion du Caire) est la première station balnéaire d’Égypte .Plusieurs villages touristiques se sont développés dans cette région : Magaouich, El-Giftoun, …Beaucoup de ces stations ( Noueiba, Dahab, Charm El Cheikh, El Giftou , Magaouich ) se sont spécialisées dans la pratique de la plongée sous-marine car la position géographique et climatique de ces côtes méridionales de l’Égypte est favorable à la prolifération des coraux pour lesquels une température des eaux supérieure à 18,5°C et des fonds supérieures à 22 mètres sont indispensables .Le littoral de la Mer Rouge comporte des récifs frangeants et des récifs barrières parallèles à la côte ainsi que des formations en plaques où les coraux prolifèrent en tas sur le plancher sous –marin.

Les stations touristiques de la Mer Rouge  

La péninsule du Sinaï et la côte de la Mer Rouge sont devenus durant les dernières décennies un lieu majeur d’investissement pour le Gouvernement égyptien et la Banque Mondiale. Cette région était déjà valorisée sur le plan touristique par d’autre destinations : Eilat ( Israël), Aqaba ( Jordanie ) et Dubaï (Émirats Arabes Unis).Dans cette région l’Égypte a cherché à diversifier ces produits touristiques et à offrir des produits mixtes regroupant loisirs, sports, tourisme d’aventures, tourisme de congrès et d’affaires et écotourisme .

 

Hurghada

 

Le gouvernorat de la Mer Rouge offre quatre destinations touristiques : Hurghada, Safaga , El Quseitr et Mersa Alam .La principale destination demeurant Hurghada. Près de 1800 chambres ont été aménagées à Hurghada entre 1980 et 1990. Aujourd’hui l’offre haut de gamme avoisine 7000 chambres, auxquelles il faut rajouter 6000 chambres de catégorie inférieure. L’essentiel de l’hébergement est constitué par des hôtels qui se développent sur une trentaine de kilomètres le long du littoral. A l’exception de Sheraton et de Sonesta l’installation de la quasi-totalité des chaînes hôtelières présente dans cette région est récente. Malheureusement une grande partie de ce développement hôtelier s’est effectué sans contrôle, il en est résulté un bétonnage de certaines portions du littoral et des dégradations parfois importantes de l’environnement. Le nombre de visiteurs à Hurghada atteignait 162 00 nuitées en 1980. Il a connu une augmentation rapide, atteignait 207 000 nuitées dès 1990. En 1980 80% des visiteurs étaient des nationaux , en 1990 près de 70% d’entre eux étaient d’origine étrangère ( essentiellement européenne) . En 1998 le nombre total d’arrivées atteignait 616 000 et Hurghada était devenu une destination régionale reconnue et une alternative crédible à d’autres destinations touristiques comme la Tunisie, la Turquie ou les îles Canaries .

 

L'Hôtel Marriott Beach à Hurghada

 

Depuis 19954 les plans de développement touristique ont cherché à assurer un développement de l’ensemble du littoral de la Mer Rouge ( Sur les 155 nouveaux projets approuvés par le « Egyptian Tourism Development Authority » entre janvier et juin 1996, 34% seulement étaient localisés à Hurghada et dans ses environs. Les projets les plus récents visent à l’aménagement de complexes touristiques intégrés. La station d’ El Gouna est représentative de ce type de stratégie de développement. Le succès rencontré par son aménagement a entraîné la création d’autres complexes touristiques du même type à Sahl Hasheesh et Abu Soma. L’effort d’aménagement d’avenir portera essentiellement sur les 120 kilomètres de littoral entre El Quseir et Mersa Alam.

Dans le sud-Sinaï jusqu’en 1987 il n’existait que deux hôtels à Sharm el Sheikh , l’un dans le village et l’autre à 7 kilomètres à l’ ouest dans la baie de Naaama. La qualité des plages et l’attractivité de l’arrière –pays montagneux ont transformé Sharm El Sheikh en une destination touristique majeure qui concentre le plus grand nombre d’hôtels et les flux touristiques les plus importants de la péninsule du Sinai .Plusieurs autres villages voisins se sont convertis au Tourisme et sont devenus des stations importantes : Taba, Dahab , Nuweiha . Tous sont localisés au nord de Sharma El Sheikh, le long du golfe d’Aqaba. Le développement de Sharm El Sheikh reste cependant modeste en comparaison de celui d’Hurghada , une différence qui s’explique essentiellement par les dimensions de la baie de Naama et par le stratégie développée à Sharm El Sheikh qui consiste à privilégier les hébergements haut de gamme .

Le développement touristique du littoral de la Mer Rouge soulève de nombreux problèmes environnementaux. Les écosystèmes coralliens sont particulièrement développés dans cette région et le développement touristique incontrôlé d’Hurghada s’est soldé par la disparition de près de 80% des formations coralliennes situées le long de cette portion du littoral de la Mer Rouge . Une nouvelle législation a été établie pour renforcer la législation relative à la protection de l’environnement. L ’ «  Egyptian Environnemental Affairs Agency » (EEAA) a publié une série de recommandations relative aux nouvelles constructions et qui vise à interdire la destruction de la ligne côtière, de la plate-forme tidale et des récifs coralliens. Les plans d’aménagement susceptibles de menacer l’environnement devront être soumis à l’EEAA pour approbation. Par le gouvernorat du Sud Sinaï a adopté des mesures pour éviter le bétonnage du littoral selon un schéma déjà réalisé à Hurghada .L’obtention des permis de construire a été soumise à des règles strictes : les bâtiments doivent être construits en arrière des plages et ils ne doivent pas comporter plus de deux étages .


 

 
 

 

 

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