
LE CADRE NATUREL
«L’Égypte est un don du Nil » (Hérodote) . Sans
ce fleuve le pays n’existerait pas. Le Caire ne reçoit que
22 mm de pluie et seule la côte méditerranéenne est
régulièrement arrosée. Vue du ciel l’Égypte se présente
comme un immense désert parcouru d’un mince filet bleu
s’élargissant au nord du Caire et formant un triangle .
Le territoire égyptien couvre plus de 1 million de
kilomètres carrés. Il est situé ente le 22e et le
32° degré de latitude nord. Il occupe le coin nord-est du
continent africain à l’exception de la péninsule du Sinaï
située en Asie. L'Égypte possède la seule frontière du
continent africain avec l'Asie .Des frontières géométriques
séparent l'Égypte de ses voisins. La frontière avec la Libye
se confond en grande partie avec le méridien de 25° de
longitude est. La frontière soudano égyptienne suit le 22e
parallèle sur la plus grande partie de son tracé, avant
d'obliquer vers le nord dans son extrémité orientale. Par la
péninsule du Sinaï, occupée par
Israël
de 1967 à 1989, l'Égypte a une frontière
commune avec Israël. Le pays possède une façade maritime
méditerranéenne longue de 965 kilomètres, où deux vastes
golfes encadrent l'avancée formée par le delta du Nil,
tandis que le littoral situé en bordure de la Mer rouge se
développe sur plus de 1000 kilomètres. C'est une côte
rectiligne et abrupte dont les deux cornes encadrent le
Sinaï : à l'ouest le golfe de Suez qu'un canal fait
communiquer avec la Méditerranée et à l'est le golfe
d'Aqaba verrouillé par le détroit de Tiran .A la différence
du Maghreb et du Levant la Méditerranée n'a pas joué un rôle
essentiel dans l'histoire comme dans la géographie de
l'Égypte .
347000 kilomètres carrés de terre seulement sont
cultivables ( soit une superficie égale à celle des Pays-Bas
) 99% de la population vit sur 4% du territoire, la
plupart dans la vallée du Nil. Une situation tout à fait
vivable, mais qui est devenue aujourd’hui une contrainte
majeure. Le désert libyque occupe les ¾ du pays : c’est un
plateau très aride incliné vers la Libye occupé en partie
par la dépression de Qattara (-134 mètres). C’est le Bilal
el Cheitane («Le pays du Diable ») qui ne comprend que cinq
grandes oasis : Siouah, Baharieh, Farafrah, Dakhla et
Kharga. La vallée du Nil sépare le désert libyque du désert
arabique . C’est un long ruban fertile large de 100 à 300
mètres sur le plateau .Dans sa plus grande largeur il
avoisine 25 kilomètres. Le Nil traverse l’Égypte sur plus de
1000 kilomètres en dessinant une boucle au niveau de Louxor. Il se jette dans la Méditerranée par un delta divisé en
deux branches principales. A l’est du Nil le désert arabique
se développe en direction de la Mer Rouge .Il est formé de
plateaux et d’une chaîne de hautes montagnes ( Djebel Sayib
El Banet, 2184 m) qui dominent la Mer Rouge. La Mer Rouge
est divisée, dans sa partie nord entre les golfes de Suez
et d’Aqaba enserrant la péninsule du Sinaï, dont el point
culminant est le Djebel Katherine (2697 m).
Le Nil est le plus long fleuve du Monde (6670
kilomètres) et le second pour le débit derrière l’Amazone. Un quart seulement du fleuve coule en Égypte. Le Nil prend
sa source dans les grands lacs équatoriaux .Il comprend le
Nil Blanc ( qui ne concourt que pour 14% au débit total
). Le Nil blanc prend sa source dans les monts Ruwenzori aux
confins du Rwanda, du Burundi et du Congo. C’est le Nil
Bleu qui apporte au précédent les eaux de pluies tombées sur
les hauts plateaux abyssins provoquant une crue estivale de
8 mètres au dessus de l’étiage qui dépose des quantités
considérables de limons (84 milliards de m3 soit 3 livres
par m3 d’eau).Les deux branches se rejoignent à Khartoum
pour former le Nil. Le barrage d’Assouan (construit de
1960 à 1970) a régularisé le débit du fleuve et créé un lac
de retenue de 500 kilomètres de long et 10 kilomètres de
large contribuant à rendre cultivable plus de 650 000 ha de
terres. Le barrage atteint une longueur de 3,6 km pour une
largeur de 980 mètres à la base et de 30 mètres au sommet.
Le volume de l’ouvrage est de 42,5 millions de m3 ( terre et
pierres ) . C’est le deuxième plus grand lac de retenue du
Monde après le lac Kariba sur le Zambèze .
L'espace nilotique découpe le pays en trois parties
: -la Haute Égypte d'Assouan à Assiout, -la Moyenne
Égypte qui s'étend jusqu'au sud du Caire et englobe le
Fayoum, -la Basse Égypte qui comprend le delta, du Caire
à la côte. La Nubie à l'extrémité sud de a vallée
égyptienne, du tropique du cancer à la frontière
soudanaise, est désormais largement ennoyée par les eaux
du lac Nasser.
Le climat de l’Égypte est partout désertique sauf
sur sa façade méditerranéenne. Les influences climatiques et
biogéographiques méditerranéennes ne s'exercent pas au-delà
du 30e parallèle, latitude approximative du Caire. Elles
donnent à la Basse Égypte des hivers doux avec des averses
.Les précipitations décroissent vers le sud : 184 mm à
Alexandrie, 26 mm au Caire et 3 mm à Assouan et elles
disparaissent pratiquement au sud du 28e parallèle où le
climat aride règne sans partage .Les températures peuvent y
être très élevées (plus de 40°C au Caire en juillet août)
et les écarts importants entre le jour et la nuit .L’hiver
est bref (janvier–février) avec des températures diurnes
moyennes de 20°C et des minima rarement inférieurs à 6°C. La
mer Rouge introduit une forte humidité non génératrice de
pluies sur les rivages et le Sinaï (2637 mètres) qui peut
recevoir des précipitations neigeuses.
NAISSANCE ET ÉVOLUTION DU TOURISME
Le Tourisme a des origines anciennes en Égypte. Il
est lié à la redécouverte du Monde de l’Antiquité classique.
La vallée du Nil avait déjà fasciné les grecs et les romains
(« Histoires » de Hérodote au Ve siècle av.JC, Diodore
et Strabon au Ier siècle av. JC et Plutarque au Ier siècle
apr. JC ) .Les empereurs romains embellirent Rome, puis
Constantinople de vestiges arrachés aux grands sites
égyptiens.
Mais
c’est la renaissance qui amorce la redécouverte de la
civilisation égyptienne .Trois français au XVIIIe siècle
contribuèrent à faire connaître l’Égypte : le jésuite Sicard, Savary et Volney , auteur d’un « Voyage en Syrie et en
Égypte » que Bonaparte aurait emporté dans ses bagages
. C’est en effet l’expédition de Bonaparte en 1798 qui fut à
l’origine du renouveau de notoriété de l’Égypte ancienne.160
savants et techniciens participèrent à cette expédition dont
Vivant Denon (1747–1825 ) de deux ouvrages célèbres : «
Voyage dans la Haute et la basse Égypte » (1802) et « Description de l’Égypte » ( 1809 ).Le XIXe siècle est
surtout marqué par une succession de pillages des grands
sites archéologiques auxquels sont associés les consuls de
France et d’Angleterre : Drovetti et Salt, ce dernier
s’associa à Belzoni, inventeur d’Abou Simbel et de la tombe
du pharaon Séti Ier. En 1822 le déchiffrement des
hiéroglyphes par Champollion marqua la naissance de l’Égyptologie
moderne. Les premières fouilles scientifiques organisées par
Auguste Mariette débouchèrent sur la création d’un premier
musée archéologique à Bulaq dans un faubourg du Caire
. Quelques dates , marquées par des découvertes
spectaculaires, jalonnent le développement de
l’égyptologie : -1881 : le service des Antiquités découvre
à Deir El Bahari une cache contenant des momies royales des
XVIIIe et XIXe dynasties, -1922 Carter et Carnavon
découvrent la sépulture inviolée de Toutankhamon dans la
vallée des rois, -1940 l’archéologue français Louis Montet
découvre des sépultures royales miraculeusement intactes à
Tanis à l’est du delta .
L'Égypte exerce
sur les français une étrange fascination. En France les
expositions organisées sur le thème de l’Égypte ancienne ont
toujours été des succès populaires incontestables :
«Toutankhamon» (1967, plus de 1,2 millions d’entrées
payantes), «Ramsès II» (1976), «Tanis » (1987), «Egyptomania »
(1994), … L’engouement du grand public pour l’Egypte se
manifeste aussi dans de grands succès de librairie. Les
ouvrages publiées se rattachent à des styles très variés :
littérature romanesque («Mort sur le Nil» d’Agatha Christie,
les best-sellers de Christian Jacq, …), ouvrages de
vulgarisation scientifique comme celui de G. Dormion et J.
P Goidin , « Khéops, nouvelle enquête .propos
préliminaires » (1986).Les copies d’objets antiques
rencontrent aussi un réel succès . Le musée du Louvre
réalise plus de 50% de ses ventes dans ce domaine avec des
œuvres d’art égyptiennes. Dans un autre domaine les cours
d’égyptologie dispensés par l’École du Louvre et l’Institut
catholique, ainsi que par l’école privée Khéops, rencontre
un succès grandissant .

Évolution du taux d'occupation des hébergements égyptiens (
1997- 2000 )
Entre
1992 et 1995 le nombre d’arrivées de touristes en Égypte est
passé de 1,4 à 3,8 millions soit une augmentation de 274%
.Durant cette période les effectifs de touristes arabes
visitant l’Égypte ont peu augmenté (33%), par contre
l’augmentation des visiteurs européens a été de l’ordre de
443%.En 1996 les touristes européens représentaient 60%
des arrivées totales ( 3,528 millions de touristes étrangers
dont 2,34 millions de touristes européens).En 1998 l’Égypte
a reçu 3,4 millions de touristes étrangers dont 1,9 millions
de touristes européens), soit une baisse notable liée au
développement du terrorisme (Attentats de Louxor de 1997) .L’augmentation are pris ensuite une courbe ascendante,
les effectifs de touristes étrangers atteignant 4,49
millions en 1999 dont 3,22 millions de touristes européens.
Parallèlement au nombre des arrivées les recettes
touristique sont connu, durant cette période une
augmentation considérable passant de 304 millions de $ U.S
en I982 à 3204 millions de $ U.S en 1996.

L’évolution du Tourisme en Égypte ( 1993-1999 )

Le
nombre de touristes en Égypte ( 1981-1982 / 2000-2001 )
Aujourd’hui le Tourisme est devenue une activité économique
majeure du pays , mais aussi une «fragile poule aux œufs
d’or ». En 2000 Le Tourisme, avec 5 millions d’arrivées
annuelles (7 à 8 millions d’arrivées prévues en 2010),
serait à l’origine de plus de 2 millions d’emplois , tandis
que les revenus générés par cette activité dépasseraient 4,
3 milliards $ (des revenus de 10 billions de $ sont
envisagés dès 2005 ).De 1982 à 1999 les flux touristiques
ont connu une croissance de 9,7 %.Le Tourisme est la
première source de revenus pour l’économie égyptienne. 200
000 personnes travaillent dans le Tourisme, mais le secteur
fait vivre de 3 à 4 millions de personnes. C’est le secteur
de l’économie égyptienne qui a connu la plus forte
croissance. En 1983 l’Égypte avait reçu 1,3 million de
visiteurs seulement et 3,2 millions en 1992.
Le
nombre de nuitées touristiques en Égypte ( 1981-1982/2000-2001 )
A côté
du tourisme archéologique traditionnel, le pays a entamé
une politique de diversification avec un tourisme balnéaire
sur les côtes de la Mer Rouge et dans la péninsule du Sinaï
. D’importants investissements ont été engagés avec l’aide
de la Banque Mondiale. Les deux projets les plus importants
sont en voie d’achèvement : Taba Heights (20 kilomètres au
sud du golfe d’Aqaba) et Gouna (30 kilomètres au nord d’Hurghada
).Mais ces projets ne sont pas sans représenter des risques
très importants de dégradation de l’environnement. Par
ailleurs le Tourisme, tout en étant un secteur ultra-
dynamique, demeure aussi très fragile et très largement
dépendant de la situation politique intérieure et régionale. C’est ainsi qu’en 1990-1991 la Guerre du Golfe a entraîné
une chute drastique de la fréquentation. Le pire est survenu
avec les attentats islamistes des années 1990 ( plus de 100
morts) et surtout avec le massacre de Louxor en novembre
1997 (58 touristes assassinés dans le temple d’Hatshepsout
).Depuis cette date les violences semblent s’être arrêtées
mais des mesures de sécurité très sévères, et souvent aussi
très lourdes, ont été prises. La reprise de l’Intifada
palestinienne, puis l’attentant de septembre 2001 ont été à
l’origine d’une nouvelle chute de fréquentation qui a
atteint 60% au dernier trimestre 2001

ÉVOCATION BRÈVE DE LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
Sous une forme résumée et volontairement élaguée
quelques données historiques de base sur l’histoire
égyptienne.
L’ÉGYPTE PHARAONIQUE
L’agriculture apparaît en Égypte vers –5000. Elle
est contemporaine des premières tentatives d’unification du
pays qui se divise en deux ensembles distincts : la haute
Égypte dont la ville principale est Nekhen (son symbole est
la couronne blanche et son emblème le roseau) et la basse
Égypte dont la ville principale est Bouto ( son symbole est
la couronne rouge et son emblème l’abeille ). L’unification
de ces deux ensembles territoriaux est réalisée en 3110 av.
JC par Narmer ( Menès ) qui installe sa capitale à Memphis
et porte désormais la double couronne : le pschent .
La
chronologie de l’histoire égyptienne a été établie par
Manéthon –280 av. JC .Ce dernier a divisée la longue
histoire de l’Égypte en 30 dynasties, elles-mêmes réparties
entre Ancien Empire, Moyen Empire et Nouvel Empire.
L’Ancien Empire (3110-2040 av. JC) correspond aux IIIe à
VIe dynasties. Il est marqué par la construction des
pyramides de Saqqarah, Kheops, Khephren et Mykérinos (IVe
dynastie).L’Égypte s’étend alors jusqu’à la Nubie, le
Soudan et le Sinaï. Le pharaon détient un pouvoir absolu.
Une
période dite «Intermédiaire» fait suite à la Vie dynastie
et s’étend de la VIIe à la IXe dynastie.
Le
Moyen Empire couvre la période correspondante aux XIe et
XIIe dynasties ( 2061–1785 av. JC ).L’Égypte réunifiée sous
le règne de Mentouhotep II connaît une période de faste et
de prospérité marquée par une renaissance des arts et de
l’architecture, en particulier sous le règne de Amenemhat
Ier ( constructeur du complexe funéraire de Haoura dans le
Fayoum ).Le culte d’Osiris devient très populaire.
Une
nouvelle période d’instabilité (2ème période
Intermédiaire ( 1785-1540 av. JC )) correspondante à la XIIe
dynastie est marquée par l’occupation des Hyksos .
Le
Nouvel Empire correspond aux XVIIIe - XIXe et XXe dynasties (1550-1069 av. JC ).Il débute par le règne de Thoutmosis III (1479-1425 av. JC).L’Égypte connaît une nouvelle phase
d’expansion territoriale. La capitale est installée à Thèbes
et la principale divinité devient Amon Rê. C’est à la XVIIIe
dynastie, (1550-1295 av .JC) qu’appartient le règne
d’Aménophis IV (Akhenaton) ( 1350-1333) auteur d’une
tentative manquée d’instauration d’instauration d’un
monothéisme et de son fils Toutankhamon («Image vivante
d’Amon»).La XIXe dynastie (1295-1188 av. JC ) est dominée
par les règnes des Ramessides : Séti Ier (1294-1279 av. JC
) et Ramsès II (1279-1212 av JC ).Ce furent des rois
combattants et bâtisseurs (bataille de Qadesh contre les
Hittites/construction de temps à Thèbes, Louqsor et
Karnak ).
A la
fin du Nouvel Empire une nouvelle période troubles constitue
la 3ème période Intermédiaire (1069 –650 av. JC ) marquée par
des invasions assyriennes et perses.
L’Égypte connaît une renaissance sous la période
ptolémaïque. La conquête d’Alexandre le grand chasse les
perses. Le conquérant fonde Alexandrie en 331 av. JC. A sa
mort l’Égypte est gouvernée par le général Ptolémée qui
devient roi en 306 et fonde la dynastie des lagides.
Ptolémée qui réside successivement à Alexandrie , Ptolémaïs
et Naucratis introduit un culte nouveau celui de Sérapis
(association de Osiris et de Apis ).La capitale Alexandrie
devient le plus grand centre intellectuel du bassin
méditerranéen ( Erastothène, Euclide, Archimède,
Théocrite, Callimaque, … ).Les égyptiens transcrivent, à
partir de cette époque , leur langue dans l’alphabet grec :
le copte .La dernière des Ptolémées fut Cléopâtre VII qui
épousa son frère Ptolémée XIII, puis Ptolémée XIV et régna
sous la tutelle de Rome. Elle eut un fils de César. En 42
elle s’éprit d’Antoine .Ce dernier vaincu par Octave à la
bataille d’Actium se suicida . Cléopâtre l’imita peu après.
L’ÉGYPTE CHRÉTIENNE
L’apôtre Marc prêche à Alexandrie au Ier siècle. En
190 Pantène fonde le Didascalée (école de catéchèse) à
Alexandrie qui devient un des centres les plus importants du
Christianisme. C’est aussi en Égypte que se développa le
néo-platonisme sous l’influence de Sacas et Plotin ( IIIe
siècle ) .Pour les tenants de cette doctrine la réalité est
une appréhension du spirituel par la raison. Le monde
matériel n’a qu’une existence formelle et Dieu est un être
pur sans substance ni forme. C’est aussi en Égypte que se
situe les débuts du monachisme avec saint Paul de Thèbes (
230-342 ) et saint Antoine (251-356 ).Ce dernier est bien
connu par la biographie que lui consacra Saint Athanase. Les
premiers moines étaient des anachorètes vivant isolés dans
le désert. C’est Saint Pacôme (Anba Bakhum en arabe
) ( né vers 285 ) qui fonda le monachisme cénobite. Le
premier monastère fut fondé près d’Akhmim. Au Ve siècle il y
avait plus de 10 000 moines en Égypte et près de 40
monastères surtout implantés dans le Ouadi Natroun. A partir
de 451 on voit apparaître en Égypte l’église copte qui se
définit en réaction au concile de Chalcédoine qui donnait
une nouvelle définition du dogme proclamant la double nature
du Christ «convergeant en une seule personne ».Les
égyptiens rejetèrent cette réforme et, de ce fait , le pays
eu deux patriarches : l’un reconnu par Constantinople et
l’autre garant de la doctrine monophysite devint le chef de
l’église copte ( un terme signifiant «égyptien» issu de «kyptaios » («copte » en grec issu lui-même de «aegyptos » qui signifie «égyptien»).
L’ÉGYPTE ISLAMIQUE
La province byzantine d’Égypte fut envahie par les
arabes en 639. Ces derniers se donnèrent pour capitale Fostat. Sous les abbassides la capitale fut transférée à El
Askar .En 832 l’Égypte devint un fief turc dont le premier
gouverneur fut Ahmad Ibn Touloun ( 835-884).Il fut le
créateur du premier état musulman indépendant d’Égypte .Au
nord de El Askar, il fonda une nouvelle capitale : El Qatai.
A partie de 869 s’ouvre la période fatimide, dynastie
chiite opposée aux Abbassides qui se donnèrent pour capitale Qahirah (Le Caire).L’apogée de la période fatimide
correspond au règne de El -Moustansir (1036-1094).
GÉOGRAPHIE TOURISTIQUE RÉGIONALE DE L’ÉGYPTE
LE CAIRE ET SES ENVIRONS
C’est la plus grande ville d’Afrique avec plus de 16
millions d’habitants ( 3,5 millions en 1960, 8,6 millions
en 1986 ). L’appellation trouve son origine dans une
déformation, par des marchands italiens, de El Qahira. La
ville est connu aussi sous le nom de Misr. En arabe le même
mot désigne indifféremment Le Caire et l’Égypte. La ville
est confrontée à de multiples problèmes d’urbanisme, de
salubrité et de circulation. Trois grands projets sont en
chantier : -la construction d’un métro (2 lignes existent
déjà, la troisième est en projet) , -le tracé d’une
autoroute périphérique ( la «Ring Road »), -la création
d’une station de traitement des eaux usées. Le centre de la
ville présente plusieurs visages distincts : -la vieille
ville islamique, -l’ancien quartier copte ( le Vieux Caire
( Mar Guirguis ( Saint Georges ) ), -le centre-ville
européen ( Wasat al-Balad), - les quartiers résidentiels
de Garden city, Zamalek et Roda. La ville abrite un riche
patrimoine islamique médiévale et moderne : - la mosquée
d’Ibn Touloun fondée en 872 par le gouverneur turc de la
ville, - la madrasa du sultan Hassan fondateur de la
dynastie des Bharides (1356-1363), la citadelle construite
par Saladin en 1176, la mosquée de Mohammed Ali ( 1830-1848), - les grands cimetières cairotes du nord et du sud de la
ville : «La cité des morts habitée aujourd’hui par plus de
180 000 Personnes sont plus de 20000 vivent dans les tombes.
C’est au Caire que se trouve le musée égyptien construit en
1902 sous Abbas II Hilmi .

La pyramide à degrés de Saqqarah
Non loin du Caire se trouve le site de Saqqarah
dominé par la pyramide à degrés de Djoser ( IIIe dynastie,
2700-2625 av. JC ) qui est le plus vieux monument en pierres
taillées du Monde. L’architecte de l’édifice en fut Imhotep, vizir du roi Djoser. La pyramide est le résultat d’une
évolution complexe. A l’origine c’était un mastaba,
surélevé par 4 puis 7 gradins. La pyramide est entourée d’un
vaste complexe funéraire restauré par l’archéologue français
Jean Philippe Lauer .
La pyramide rhomboïdale de Dachour
Non loin de là le site de Dachour comporte 7
pyramides (2 de la IVe dynastie et 5 des XIIe et XIIIe
dynasties). La plus connue est la pyramide rhomboïdale ( un
terme qui désigne le changement d’inclinaison de l’édifice à
mi-hauteur ) à coté de laquelle se trouve la Pyramide rouge
du pharaon Snéfrou ( les deux édifices datant de la Ive
dynastie ).

Les pyramides de Chéops et de Chéphren
Mais ce sont les pyramides du plateau de Giza qui
sont les plus connus. La plus grande est celle de Chéops (
15O mètres de haut soit 2,3 millions de blocs de pierre de
2,5 tonnes chacun).Ce n’est pas la plus grande pyramide du
monde, la pyramide aztèque de Cholula au Mexique avait une
superficie à la base trois fois plus grande).En 1954 on
découvrit au sud de la pyramide deux grandes fosses
rectangulaires, l’une d’elles contenait une barque solaire
.La pyramide de Khephren ( 2859-2856 av. JC ) est moins
élevée : 136 mètres. A proximité des pyramides se trouve le
sphinx dont les traits reproduisent ceux du pharaon Khephren. Le visage fut mutilé par les mamelouks. Sous la XVIIIe
dynastie il fut identifié au dieu Hamarchis (Horus ) et une
stèle gravée de Thoutmosis IV (1401-1390) fut placée entre
ses pattes .
LA HAUTE ÉGYPTE
Elle se développe sur 800 kilomètres de long et 20
de large. Les deux sites les plus connus sont Thèbes (
Louqsor ) et Karnak, tous deux situés à 657 kilomètres du
Caire. Thèbes fut la capitale de l’Égypte sous le Nouvel
Empire de 1550 à 1609 av. JC. Elle était placée sous la
protection du dieu Amon , divinité locale assimilé à Rê le
dieu soleil d’Héliopolis. Le temple de Louqsor assez étroit
se développe sur une longueur de plus de 230 mètres. Il fut
édifié en plusieurs étapes par Aménophis III, Ramsès II et
Alexandre le Grand. Le complexe d’Amon Rê à Karnak est le
plus important d’Égypte .Son enceinte englobe 20 temps
répartis sur 25 hectares. Le temple d’Amon est le plus
connu. Il fut construit en plusieurs étapes sous les règnes
de plusieurs pharaons : Hatshepsout, Thoutmosis III. Séti
Ier (1294-1279 ) construisit une immense salle hypostyle de
plus de 6000 m2 et comptant 137 colonnes, elle fut achevée
par Ramsès II ( 1279-1212).
A Thèbes et sur la rives ouest
du Nil se développent de vastes complexes funéraires : le
temple funéraire d’Hatshepsout (1479-1458 ) enchâssé dans
un crique montagneux et auquel on accède par trois terrasses
pourvues de rampes inclinées, Le Ramesseum ou temple
funéraire de Ramsès II, la Vallée des Rois qui abrite 62
hypogées dont la célèbre tombe de Toutankhamon (1336-1327)
qui a livré plus de 5000 objets, la vallée des reines ( 80
tombes), les tombes des nobles (414 tombes) de la Ive
dynastie à l’époque romaine.
La Haute Égypte se termine avec le barrage d’Assouan
dont la construction achevée en 1972 a permis l’irrigation
de plus de 1 million d’hectares. Un premier barrage avait
été construit par les anglais en 1902 déterminant un lac de
retenue de 225 kilomètres. Le haut barrage, édifié avec
l’aide technique de l’URSS, atteint 980 mètres de large à
la base (40 mètres au sommet) pour une hauteur de 111
mètres .
LA NUBIE
Elle couvre 22000 km2 entre Assouan et le nord du
Soudan. La région a été largement inondée par le lac Nasser
nécessitant le relogement de plus de 100000 personnes en
Égypte (Kom Ombo) ou au Soudan. Une campagne de sauvetage
fut organisée en 1960-1970 à laquelle participèrent 30 pays
et qui permit de sauver 23 temples dont le temple d’Amada
remonté sur une colline, le temple de Derr démonté et
reconstruit et surtout les temples de Ramsès II à Abou
Simbel. La falaise qui portait les temples rupestres fut
découpée et ré-assemblée 64 mètres au dessus de son
emplacement d’origine (plus de 300 000 tonnes de roches
furent déplacés, 1036 blocs découpés et l’opération dura 9
ans.
LA MER ROUGE ET LA PÉNINSULE DU SINAÏ
L’Égypte en possède 1600 kilomètres de littoral. La
station d’ Hourghada (1 heure d’avion du Caire) est la
première station balnéaire d’Égypte .Plusieurs villages
touristiques se sont développés dans cette région :
Magaouich, El-Giftoun, …Beaucoup de ces stations ( Noueiba, Dahab, Charm El Cheikh, El Giftou , Magaouich ) se sont
spécialisées dans la pratique de la plongée sous-marine car
la position géographique et climatique de ces côtes
méridionales de l’Égypte est favorable à la prolifération
des coraux pour lesquels une température des eaux supérieure
à 18,5°C et des fonds supérieures à 22 mètres sont
indispensables .Le littoral de la Mer Rouge comporte des
récifs frangeants et des récifs barrières parallèles à la
côte ainsi que des formations en plaques où les coraux
prolifèrent en tas sur le plancher sous –marin.
Les stations touristiques de la Mer Rouge
La péninsule du Sinaï et la côte de la Mer Rouge
sont devenus durant les dernières décennies un lieu majeur
d’investissement pour le Gouvernement égyptien et la Banque
Mondiale. Cette région était déjà valorisée sur le plan
touristique par d’autre destinations : Eilat ( Israël),
Aqaba ( Jordanie ) et Dubaï (Émirats Arabes Unis).Dans
cette région l’Égypte a cherché à diversifier ces produits
touristiques et à offrir des produits mixtes regroupant
loisirs, sports, tourisme d’aventures, tourisme de
congrès et d’affaires et écotourisme .

Hurghada
Le gouvernorat de la Mer Rouge offre quatre
destinations touristiques : Hurghada, Safaga , El Quseitr et
Mersa Alam .La principale destination demeurant Hurghada. Près de 1800 chambres ont été aménagées à Hurghada entre
1980 et 1990. Aujourd’hui l’offre haut de gamme avoisine
7000 chambres, auxquelles il faut rajouter 6000 chambres de
catégorie inférieure. L’essentiel de l’hébergement est
constitué par des hôtels qui se développent sur une
trentaine de kilomètres le long du littoral. A l’exception
de Sheraton et de Sonesta l’installation de la
quasi-totalité des chaînes hôtelières présente dans cette
région est récente. Malheureusement une grande partie de ce
développement hôtelier s’est effectué sans contrôle, il en
est résulté un bétonnage de certaines portions du littoral
et des dégradations parfois importantes de l’environnement.
Le nombre de visiteurs à Hurghada atteignait 162 00 nuitées
en 1980. Il a connu une augmentation rapide, atteignait
207 000 nuitées dès 1990. En 1980 80% des visiteurs étaient
des nationaux , en 1990 près de 70% d’entre eux étaient
d’origine étrangère ( essentiellement européenne) . En 1998
le nombre total d’arrivées atteignait 616 000 et Hurghada
était devenu une destination régionale reconnue et une
alternative crédible à d’autres destinations touristiques
comme la Tunisie, la Turquie ou les îles Canaries .

L'Hôtel
Marriott Beach à Hurghada
Depuis 19954 les plans de développement touristique
ont cherché à assurer un développement de l’ensemble du
littoral de la Mer Rouge ( Sur les 155 nouveaux projets
approuvés par le « Egyptian Tourism Development
Authority » entre janvier et juin 1996, 34% seulement
étaient localisés à Hurghada et dans ses environs. Les
projets les plus récents visent à l’aménagement de complexes
touristiques intégrés. La station d’ El Gouna est
représentative de ce type de stratégie de développement. Le
succès rencontré par son aménagement a entraîné la création
d’autres complexes touristiques du même type à Sahl Hasheesh
et Abu Soma. L’effort d’aménagement d’avenir portera
essentiellement sur les 120 kilomètres de littoral entre El Quseir et Mersa Alam.
Dans le sud-Sinaï jusqu’en 1987 il n’existait que
deux hôtels à Sharm el Sheikh , l’un dans le village et
l’autre à 7 kilomètres à l’ ouest dans la baie de Naaama. La
qualité des plages et l’attractivité de l’arrière –pays
montagneux ont transformé Sharm El Sheikh en une destination
touristique majeure qui concentre le plus grand nombre
d’hôtels et les flux touristiques les plus importants de la
péninsule du Sinai .Plusieurs autres villages voisins se
sont convertis au Tourisme et sont devenus des stations
importantes : Taba, Dahab , Nuweiha . Tous sont localisés au
nord de Sharma El Sheikh, le long du golfe d’Aqaba. Le
développement de Sharm El Sheikh reste cependant modeste en
comparaison de celui d’Hurghada , une différence qui
s’explique essentiellement par les dimensions de la baie de
Naama et par le stratégie développée à Sharm El Sheikh qui
consiste à privilégier les hébergements haut de gamme .
Le développement touristique du littoral de la Mer
Rouge soulève de nombreux problèmes environnementaux. Les
écosystèmes coralliens sont particulièrement développés dans
cette région et le développement touristique incontrôlé d’Hurghada
s’est soldé par la disparition de près de 80% des
formations coralliennes situées le long de cette portion du
littoral de la Mer Rouge . Une nouvelle législation a été
établie pour renforcer la législation relative à la
protection de l’environnement. L ’ « Egyptian
Environnemental Affairs Agency » (EEAA) a publié une
série de recommandations relative aux nouvelles
constructions et qui vise à interdire la destruction de la
ligne côtière, de la plate-forme tidale et des récifs
coralliens. Les plans d’aménagement susceptibles de menacer
l’environnement devront être soumis à l’EEAA pour
approbation. Par le gouvernorat du Sud Sinaï a adopté des
mesures pour éviter le bétonnage du littoral selon un schéma
déjà réalisé à Hurghada .L’obtention des permis de
construire a été soumise à des règles strictes : les
bâtiments doivent être construits en arrière des plages et
ils ne doivent pas comporter plus de deux étages .

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