Chine

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  Le Tourisme en Chine

    
                 

 
  Cours

 

«Il n’y a pas d’Asie sans «sinisme».L’Asie orientale, c’est essentiellement le monde sinisé, avec la prégnance des caractères chinois, des concepts chinois et même, à table, des baguettes chinoises. Pour comprendre l’Asie, on doit donc comprendre d’abord la Chine. Parce que la Chine est la racine même de l’Asie, par son immense masse physique et humaine, par son ancienneté, par son antériorité sur les autres, par le poids déterminant de sa civilisation (…), par la fascination incroyable qu’elle a exercée (…) »(J. GRAVESEAU, 2001.- L’Asie majeure. La révolution silencieuse de l’Asie orientale, Paris, Grasset édit., 325 p., p. 35).

 

GÉOGRAPHIE DE LA CHINE ( GENERALITES )

 

La Chine est un pays vaste d’une superficie de 9,5 millions de km2 ( 7% de la superficie totale des terres émergées ) qui occupe l’est du continent eurasiatique .Le pays atteint une longueur de 4400 kilomètres d’est en ouest et de 4800 kilomètres du nord au sud .Il compte 18000 kilomètres de littoral , alors que le littoral européen se développe sur une longueur totale de 40 000 kilomètres .La Chine forme un espace géographique aussi vaste que l’Europe à l’ouest de l’Oural et plus étendu que les États-unis .Le pays se caractérise par une grande profondeur continentale mais par une faible imbrication terre mer .

 

La Chine résulte de l’imbrication de quatre domaines géographiques bien différenciés : - un ensemble oriental ( 50 % du territoire et 95 % de la population totale ).C’est l’oekoumène chinois «  stricto sensu » et la «  Chine des 18 provinces » .Au delà se développent trois autres grands domaines : - La Mongolie intérieure au nord qui constitue un fragment chinois ( 1,2 million de km2 ) de l’ensemble mongol , le Xinjiang ( 1,2 million de km2 ) qui constitue le principal domaine de la Haute- Asie et forme la «  région autonome du Tibet » .c’est un fragment de l’espace tibétain qui est deux fois plus vaste .Ces trois domaines sont très différents par leur appartenance géographique , mais aussi par leur structure administrative territoriale . A la Chine des 18 provinces s’oppose la Chine des régions autonomes ( Mongolie intérieure ( depuis 1947 ) , région autonome ouïgour du Xinjiang ( depuis 1955 ) et région autonome du Tibet ( depuis 1965 ) .Cette structure traduit une géographie des minorités .

 

Le dispositif topographique.

 

On distingue trois macro paliers qui conduisent du «  Toit du Monde » à la façade littorale :

 

1-Les hautes terres tibétaines

 

Elles forment le palier supérieur très individualisé par sa masse ( 2,5 millions de km2 ) en grande partie occupée par le Changthang ( plateau du Nord ) , par son encadrement vertigineux .Les sommets culminent à 6000-8000 mètres avec 7 des 12 sommets mondiaux supérieures à 8000 mètres . Au nord se développent les chaînes du Kunlun et du Qilian sur 2500 kilomètres du Pamir au Fleuve Jaune . Au sud se trouvent les Monts Qangdisé ( Transhimalaya ) et de l’Himalaya . A l’est se situe le Hengduan ( «  la chaîne qui recoupe » ) se développant sur un alignement méridien . 

 

2-Le palier intermédiaire .

 

Il se développe au nord et à l’est à une altitude comprise entre 1000 et 2000 mètres . C’est l’ensemble le plus vaste ( 4 millions de km2 ) et le plus composite .Au nord se développent les zones désertiques du Xinjiang , du Tarim et de la Dzoungarie séparées par la chaîne des Tian shan ( 2000 kilomètres de long pour une altitude avoisinant les 3000-5000 mètres ) . A l’est du Tarim se développe le p^plateau mongol ( altitude 1000(1200 mètres ) sur plus de 1 million de km2.C’est une haute plaine surtout différenciée par ses milieux bio- climatiques du Gobi aux sables de l’Ordos à la steppe et aux hautes prairies de l’est . Du sud de la Mongolie aux frontières de l’Indochine se développent trois ensembles plus complexes ; -les plateaux du loess ( cours moyen du Fleuve Jaune ) , -le bassin du Sichuan , -les plateaux du Yun Gui (Yunnan Guizhou ) . Les plateaux du loess couvrent 400000 km2 et sont situés sur le cours moyen du Fleuve Jaune .C’est un vaste ensemble topographique tapissé de loess ( la «terre jaune » des chinois ) .Les plateaux du Yun Gui ( altitude comprise entre 800 et 1200 mètres ) couvrent une superficie de 300000 km2.Ce sont des masses calcaires présentant de riches formes karstiques . Entre ces deux zones se développe le bassin du Sichuan formé d’un vaste ensemble collinaire ( 400/ 800 mètres d’altitude ) se développant sur plus de 200 000 km2.

 

3- Le troisième palier s’abaisse à l’est jusqu’au littoral sur 3 millions de km2.C’est la Chine des moyennes montagnes , des collines et des plaines .Les plaines couvrent le tiers de la superficie totale de cette zone .Elles sont immenses au nord ( plaines du nord-est ( 350000 km2) et plaines de Chine du nord ( 300 000 km2 ) et de plus en plus réduites vers le sud ( plaines du bas Chiangjiang ( 200000 km2 ) et delta du Zhujiang ( 20000 km2 ) . .Le littoral se différencie de part et d’autre de la baie de Huangzhou : les côtes sont basses et sableuses au nord et rocheuses est très découpées au sud avec des rias et des îles ( plus de 5000 îles et îlots dont Heinan ( 34380 km2 ) et Taiwan ( 36000 km2 ) .

 

La Chine aride - La Chine humide

 

Il existe une vigoureuse opposition entre l’aride et l’humide provoquée par : -la forte continentalité , - le rôle de la masse tibétain , -le climat de mousson ( Chine de l’est ). L’isohyète 250mm marque le seuil du monde aride qui couvre le Haut Tibet, Xinjiang, Tsaidam, Mongolie ( à l’ouest du Fleuve Jaune ) et Ordos. Les déserts dunaires et pierreux couvrent une superficie de plus de 1 million de km2 auxquels s’ajoutent les zones occupées par la steppe désertique . Entre l’isohyète 250mm et celui de 450mm existe une diagonale semi-aride parcourant la Mongolie méridionale et orientale , l’ouest des plateaux du loess ainsi que le Qinghai et le Tibet. A l’est la Chine des plaines se confond avec la Chine humide de la mousson . Les plaines y sont profondément humanisées et les reliefs faiblement occupés.

 

L’extension considérable du pays en latitude ( + 30°) et les effets de la moisson introduisent une autre dichotomie entre la Chie au nord du Qinling ( saison froide et sèche et été torride et arrosé ) et la Chine du sud aux écarts thermiques moindres et plus longuement arrosés .

 

Climat et biogéographie

 

La Chine s’inscrit dans l’Asie des moussons dont elle subit le mécanisme fondamental par une circulation méridienne qui fait alterner le froid et le sec en hiver ( anticyclone sibérien ) et le tropical et l’humide ( la mousson ) en été . D’autre facteurs interviennent cependant dans le climat : - la profondeur continentale de l’espace chinois , - son déploiement en latitude , - les effets de la très haute masse tibétaine .

 

Concernant es températures et les précipitations la Chine est placée au contact de deux zones d’importance décisive : - de la masse continentale tempérée et froide de l’hémisphère nord proviennent ( depuis la Sibérie ) d’énormes masses d’air anticycloniques ,- la masse d’ait maritime et tropicale apporte humidité et tiédeur. Tout dépend du balancement de ces masses d’ait .En hiver l’Asie souffle du froid .La Chine est dominée par l’anticyclone posé sur le Tibet la Mongolie . C’est la descente de l’ air sibérien qui peut atteindre Shanghai ( à la latitude du Caire ( 3,3°C en janvier ) .La moyenne des températures hibernales à Guangzhou est de 13°C alors que la ville est situé sur le tropique du Cancer . Les centres situés au nord peuvent enregistrer des moyennes très basses ( -16°C / -17°C en Mandchourie ) .L’hiver se caractérisent par des temps secs et froids , par des vents de terre secs et froids allant vers la mer ( « mousson d’hiver » ou «  mousson sèche » ). Au printemps ( mars- avril ) les hautes pressions sibériennes s’affaiblissent et remontent vers le nord .Durant la saison estivale l’Asie aspire du chaud .Les masses d’ait chaud tropical remontent très haut en latitude .Guangzhou et Shanghai enregistrent + 27°C en juillet et Harbin + 24°C . Les amplitudes saisonnières sont énormes : 24°C à Shanghai et 40°C en Mandchourie .Durant la saison chaude les masses froides persistent en altitude ( rôle de l’orographie ) . Seul le sud du pays a une atmosphère vraiment tropicale , cela va de pair avec la mousson d’été .

 

Le déclenchement de la mousson , lié à la remontée vers le nord des hautes pressions sibériennes et aux influences originaires du sud suscite l’arrivée d’un air tropical gorgé d’eau après un long parcours de plusieurs milliers de kilomètres . Les flux franchissent l’Indochine te remontent le long des Philippines jusqu’au Japon , faisant de l’Asie orientale le domaine de la mousson par excellence . La mousson d’été s’assèche au fur et à mesure qu’elle gagne vers le nord et vers l’ouest ( le total des précipitations y est inférieur ) à 500 mm ) . Vers le sud et le centre la période dite «  Mei-Yu » ( pluie des prunes ) dont la durée moyenne est de 20 jours ( 14 juin – 3 juillet ) forme le prélude au déclenchement de l’été chinois . Dans la plaine du nord-est se fortes pluies se produisent encore durant tout le mois d’août . Au début du mois de septembre l’avancée vers le sud de l’air frais se manifeste de nouveau , les pluies cessent et l’automne revient dans toute la Chine orientale .

 

La géographie des températures est excessivement contrastée en hiver ( Harbin : - 23°C et Canton : + 13°C ) mais elle est unifiée en été par le fait de la mousson ( Harbin : + 26+C et canton : + 28°C ) .Des variations identiques e constatent dans l’évaluation de l’importance du gel .Le nord-est connaît 120 à 170 jours de gel par an répartis entre la fin du mois de septembre et le début du mois de mai . Le nord enregistre 70 à 90 jours de gel par an ( Nankin : 5 jours ( mi-novembre / mi-mai )) , Chongqing ( 9 jours ( début décembre / fin février )) , Canton ( 3,3 jours ( fin décembre / début janvier )) .

 

La géographie des précipitations démontrent clairement que les pluies coïncident avec la saison chaude .Les reliefs de la façade sud-est reçoivent 1500 mm / an ( et plus de 300 mm/ an à Taiwan ) .La Mandchourie orientale , le Moye Fleuve Jaune et le Tibet oriental reçoivent quant à eux de 1000 à 1500 mm/ an .Partout les précipitations hivernales ( novembre à février ) n’excèdent guère 10% du total annuel ( 5% au nord et au Tibet ) .Celles de l’été représentent 60 à 70 % du total annuel en Chine du nord et du nord-est et plus de 70% au nord-ouest et au Tibet .Les précipitations neigeuses sont partout abondantes , y compris au nord : Huhehot ( Mongolie ) ; 35,2 cm ; Pékin ; 16,2 cm ; Xian : 17,8 cm ; Nankin : 9,4 cm , Lhassa ( 3600 m ) : 4,1 cm .La généralisation du phénomène est lié à la chape de l’air polaire continental issu de l’anticyclone sibérien .

 

La Chine compte plus de 50000 cours d’eau dont le bassin est supérieur à 100 km2 , dont plus de 11 grands fleuves drainant un bassin dont la superficie excède 1000 km2, ainsi que 2800 lacs naturels ( d’une superficie supérieure à 1 km2 , dont 12 d’une superficie supérieure à 1000 km2.Le dénominateur commun de ces fleuves est le régime de mousson qui alimente partout les hautes eaux d’été .La turbidité de certains de ces fleuves est particulièrement élevée .Elle se mesure en centaines de grammes / m3 au sud et en milliers , voire en dizaines de milliers de grammes / m3 au nord ( avec des records mondiaux pouvant dépasser en crue 300 kg/ m3 ). 2,5 milliards de tonnes sont évacués par les fleuves chaque année dont 60 % par le seul fleuve Jaune .

 

 Le Huang-Hé ( ou Fleuve Jaune ) prend sa source au Tibet dans la chaîne du Bayan-Khara à 4500 mètres d’altitude .Son bassin hydrographique couvre une superficie de 500 000 km2.La section amont du fleuve est encaissée et elle reçoit de nombreux affluentes torrentueux. Dans sa partie moyenne le fleuve dessine une immense courbe qui , après avoir parcouru l’Ordos au nord , plonge vers le sud , le long du Shanxi , puis s’oriente vers l’est pour divaguer dans la grande Plaine et se jette dans le golfe de Pé-Tchi-Li .Surchargées d’alluvions loessiques ,ses eaux sont troubles , sa couleur jaune .Ses dépôts rehaussent son lit , el rendant dangereux en période d’inondation. Celles-ci sont une des grandes menaces de la Chine d’autant que les débits du Huang-Hé sont très irréguliers ( de 3000 à 30 000 m3/s ) .La menace a été partiellement jugulée durant la période maoïste par des barrages écrêteurs dont le plus connu est celui de Sanmenxia . Le Yangjiziang ( Fleuve Bleu ) est long de 5500 km. Il est originaire du Tibet , il en sort à Chung-Ch’ing , traverse le Bassin Rouge , franchit les gorges de Li’Tchang ; draine une longue plaine et arrive dans un immense delta qu’il a constitué en mer de Chine orientale .Le fleuve a un énorme débit moyen de 30 000 m3/s ( plus de 80 000 m3/s en période de crue ).Par sa puissance c’est le troisième fleuve mondial après l’Amazone et le Congo . Ce fleuve est essentiel à la Chine continentale car il traverse des zones très peuplées et il est navigable sur plus de 1000 kilomètres ; mais sa maîtrise est difficile d’où la construction du barrage des Trois Gorges ( dont l’achèvement est prévu pour 2004-2009 ).Le barrage long de 2300 mètres et haut de 185 mètres , retiendra un lac artificiel de 600 kilomètres de long dont la mise en eau nécessitera le déplacement de plus de 1 million de personnes .

 

Les transports

 

La Chine dispose de moins de 1000 kilomètres d’autoroutes. Quant au kilométrage ferroviaire de la Chine , il est égal à celui de la France mais 12 % seulement sont électrifiés .Le réseau fluvial est inutilisable au nord et d’un autre âge au sud .

 

Les transports terrestres sont depuis longtemps confrontés à la dimension continentale et au relief excessif de ce pays .L’important héritage occidental et japonais d’avant-guerre ( près de 50% du kilométrage actuel ) et l’aide soviétique ont fait du réseau ferroviaire la clé de voûte des transports modernes en Chine . .D’importantes opérations de désenclavement ont été menées dans les années 1950-1960 à Fujian ( face à Taiwan ) , à Guangxi ( liaison avec Hanoi ) et l’axe est-ouest ( Chine du nord – Xinjiang ) .Le fait nouveau est le financement du programme ferroviaire par la Banque Mondiale ( plus de 1 milliard $ U.S de 1979 à 1990 ) et par le Japon ( 300 millions $ U.S ) pour établir un réseau intégré fer- mer afin d’évacuer le charbon du Shanxi et de Mongolie vers les ports du nord . L’essentiel de l’effort a porté : - sur le doublement des grands axes ( 80% du réseau est encore à voie unique ) , - sur l’électrification ( 13 % seulement du réseau est électrifié ) , - sur la construction d’un nouvel axe Pékin – Tianjin – Kowloon ( Hong-Kong ).

 

Jusqu’à la fin des années 1960 la route est restée vouée au trafic rural et non motorisé .De nouvelles réalisations routières ont été menées à bien dès le début des années 1950, elles sont essentiellement l’œuvre de l’armée et consistent en de grandes pénétrantes en direction du Tibet , du Xinjiang , du Heilongjiang , du Fujian .Le pays a connu une véritable mutation du réseau et des transports routiers dans les années 1980.De 1979 à 1988 la Chine s’est dotée de 1500 km de routes de première catégorie , de 1052 km de routes de deuxième catégorie et de 42000 km de routes de troisième catégorie .Les deux premiers axes autoroutiers ont été ouverts en 1990 : Shenyang – Daliang ( 375 km ) et Pékin Tianjin .D’autres tronçons ont été réalisés depuis autour de Shanghai et de Canton .

 

Le développement fulgurant du transport aérien a caractérisé la fin des années 1970 .Le réseau intérieur et international est passé de 45000 km en 1978 à 150000 km en 1978.Dans le même temps la Chine s’est doté d’un parc aérien civil d’envergure internationale .Le réseau international est passé du principe idéologique et géopolitique des années 1950-1970 ( Moscou , Budapest , Tirana , PyongYang , Hanoi, Pnom-Penh , etc… ) au principe commercial universel. Ce changement de stratégie a été inauguré par Air France le 6 septembre 1973.En 1990 45 lignes reliaient la Chine à 28 pays de tous les continents . Par ailleurs plusieurs dizaines de lignes ont été créées au niveau du réseau intérieur pour faire face à l’afflux touristique de masse .Cette mutation de l’aviation civile chinoise a été aussi celle de sa gestion . Jusqu’en 1987 la «  Civil Aviation Administration of China » ( C.A.A.C ) créée en 1965 , coiffait l’ensemble du secteur . Ce monstre bureaucratie a laissé la place en 1988 à 6 compagnies , dont 5 régionales et Air China qui a repris l’essentiel des vols internationaux .

La République Populaire de Chine ( R.P.C ) est un état multinational unifié dont la nationalité dominante ( minzu ) est celle du peuple Han ( Chinois ethniques : 90 % de la population totale ) et 54 minorités nationales ( plus de 100 millions de personnes ) .Le territoire de la république populaire de Chine est une riche mosaïque ethno- culturelle .Un échantillonnage de la plupart des peuples et des langues d’Asie centrale et orientale avec une nette prédominance des familles sino-tibétaines et sino-thai qui représentent les ¾ des langues .La famille altaïque en représente 21 % et les familles austro asiatique et indo-européenne 5 %.Cette répartition est l’aboutissement d’une très longue histoire marquée par une expansion des langues du groupe chinois depuis la vallée du Fleuve Jaune vers le bassin du Yangzi et les confins tibétains et la péninsule indochinoise .Elle témoigne aussi de la très riche diversité des structures socio-économiques : groupes de chasseurs–pêcheurs mandchous , pasteurs nomades du nord , riziculteurs thaï , etc… L’éventail religieux est lui aussi très diversifié : animistes ( ani, yi , …), polythéistes ( li , … ) , panthéistes ( dong , … ), chamanistes ( toungouses , … ) , musulmans ( Hui et turcophones ), lamaïstes ( tibétains ) , …

 

HISTOIRE DE LA CHINE ( RÉSUMÉ )

 

 

Le nom de " Chine" vient du mot " Qin" (Ts'in) qui désigne une dynastie qui a régné de 221 à 206 av. J.C .Ce nom fut attribué au pays par des étrangers .Pour les chinois leur pays était rien de moins que le centre du Monde .L'empire chinois s'étend sur 22 siècles ( 221 av . J.C à 1911 ) et se caractérise par la permanence de sa civilisation , l'unicité et la longueur de son histoire et la continuité du régime impérial. Ces trois caractères forment les traits marquants du pays et des permanences apparaissent au long de cette période faisant de la culture chinoise un fil ininterrompu.

 

La civilisation chinoise n'est pas la plus ancienne du Monde .Une présence humaine dans cette partie du Monde est attestée à une date ancienne avec l'Homme de Pékin (Sinanthropus pekinensis ) dont les restes furent découverts en 1921 à Zhoukoudian ( " Colline des os du dragon" ), à 50 kilomètres au sud-ouest de Pékin (- 460 000 / - 230000 ) .L'agriculture apparaît en Chine vers - 5000 .A partir d'une base néolithique la civilisation chinoise s'élabore dans le nord dès le XVIIIe siècle av.J.C avec la dynastie Shang qui marque la fin de la préhistoire sur une zone correspondant au Hénan, au Shanxi et au Shaanxi actuels .La supériorité de cette civilisation lui permet une extension spatiale rapide vers la Corée , le Vietnam et le japon. Mais la civilisation chinoise est unique au Monde par son extraordinaire continuité .les traces du temps long sont perceptibles dans de nombreux domaines .L'historien Chen Yan (1989 ) remarquait que les fondations de la République Populaire coïncidaient avec les théories élaborées sous la période des Royaumes Combattants (Ve- IIIe siècles av.J.C ) et que mao avait exploité la vieille utopie d'une sorte de communisme primitif comme l'avait fait au XIXe siècle la révolution Taiping .

 

L'Antiquité chinoise s'étend du XXIe au XIe siècle av. J.C .Elle comprend le royaume de Xi'a et celui des Shang . Un premier état chinois s'esquisse qui connaît l'écriture , met au point le premier calendrier , produit de la soie et coule du bronze .

 

La Féodalité ( XIe-IIIe siècle av. J.C ) correspond à la dynastie Zhou et à la période des Royaumes Combattants ( 475-221 ).C'est sous la dynastie Zhou que vivent les eux plus grands penseurs chinois : Confucius et Lao-Tseu .

 

 

 

Confucius ( 551(479 ) est regardé comme le maître et le docteur de l'Empire . Kongzi ( maitre Kong ) naquit en 551 à Qufu dans le Shandong dans une famille de nobles déchus du pays de Lu . Après avoir passé de nombreuses années au service d'un ministre , il décida à plus de 50 ans de proposer ses services et ses conseils à d'autres seigneurs féodaux mais il se fit chaque fois éconduire . Il voyagea pendant plus de 10 ans d'une cour à une autre en compagnie de ses disciples. Il revint ensuite à Lu et consacra les dernières années de sa vie à l'enseignement . Maître Kong aurait compilé plusieurs grands classiques que connaissait tout fonctionnaire de la cour : le shijing ( Livre des odes ) , le Shujing ( Livre des Documents ) , Le Liji ( Livre des rites ) et le Chuqiu ( Annales des Printemps et des automnes ).Il ne formula jamais ses théories philosophiques par écrit .ce sont ses disciples qui rassemblèrent dans le Lunyu ( " les entretiens" ) ses commentaires et ses aphorismes .

 

Le " Junzi" ( " l'homme de bien" , " l'honnête homme" ) ) pour être en droit de gouverner doit étudier les classiques et se conformer à leurs prescriptions mais aussi se montrer bienveillant envers ses semblables ( " ren " ) .La pratique du ren supposait plusieurs qualités morales : piété filiale ,respect envers les supérieurs , loyauté , fidélité à la parole donnée , courage , …Chacun devait se conformer aux rites et aux cinq relations naturelles : - rapport père / fils ( le fils doit obéir au père sans réserves ) , - rapport homme / femme ( la femme n'a aucun droit individuel ) , - rapport frère aîné/frère cadet , - rapport ami/ami , - rapport gouvernant/gouverné ( identique à la relation père/fils ). La vertu royale devait par son seul rayonnement harmoniser nature et société .Le respect des règles de politesse et des rites religieux suffisait à assurer l'ordre et la cohésion sociale . Du confucianisme les chinois retiennent surtout le culte des ancêtres et la piété filiale ( " Que père soit le père et que le fils soit le fils" ) .dans la pensée confucéenne l'éducation joue un rôle primordial ( "Le " sensei " ( le maître ) est " celui qui sait parce qu'il est né avant" ) . Les bons dirigeants doivent être justes et bienveillants . Dans une société hiérarchisée de type paternaliste , Confucius privilégie l'étude , établit une hiérarchie sociale et transforme la politique en éthique .

 

Lao Tseu aurait été le professeur de Confucius , mais sa vie nous est très mal connue .On ignore la date exacte de sa naissance et son existence même est hypothétique . Laozi ( en chinois " le vieux maître" ) serait né en 604 dans une famille de notables du Henan .Il aurait été un temps archiviste à Laoyang , la capitale des Zhou. Sentant venir la décadence de la dynastie , il aurait décidé de quitter le pays et serait parti vers l'ouest juché sur un bœuf noir . En chemin il aurait dicté au gardien de la passe de l'ouest le Daodejing ( " Le Livre de la Voie et de la vertu" ) .Il serait mort aux alentours de 517 av. JC . Luezi et Zhuangzu auraient été les premiers et les plus brillants des disciples de Laozi.

 

Les taoïstes s'opposaient à la société féodale trop hiérarchisée et rejetaient les contraintes sociales pour mieux vivre en harmonie avec la nature et s'unir au Dao .Ils prônaient l'élévation de l'esprit et le respect des forces cosmiques. Ils préconisaient la non-intervention ( " wuweï " ) des hommes et de l'État dans le cours de la nature et de la Société , seul moyen selon eux d'acquérir le pouvoir et de la conserver .Ils s'opposent à sa concurrente confucéenne qu'il tourne souvent en dérision. Le taoïsme se caractérise par l'absence de référence à la notion de divinité transcendante et la recherche d'un salut individuel. Le panthéon taoïste est peuplé d '" immortels " ( les plus célèbres sont les Ba Xian ).Les immortels sont vénérés pou tel ou tel pouvoir spécifique .Ce sont des hommes historiques exceptionnels , des héros mais en aucun cas ce ne sont des dieux ni même des hommes dont la foi aurait été exemplaire et suivie de miracles. Dans le Taoïsme la notion de création est supplantée par celle de Dao ( Tao ) qui a donné son nom au mouvement . Le Dao ( " voie " , " principe " ) est à la fois l'ordre du Mode et le processus de création : c'est la matière invisible du Monde . ( «  Le Tao est vide ; si l'on en fait usage, il paraît inépuisable. Ô qu'il est profond ! Il semble le patriarche de tous les êtres. Il émousse sa subtilité, il se dégage de tous liens, il tempère sa splendeur, il s'assimile à la poussière. Ô qu'il est pur ! Il semble subsister éternellement. J'ignore de qui il est fils ; il semble avoir précédé le maître du ciel. ( … ) Trente rais se réunissent autour d'un moyeu. C'est de son vide que dépend l'usage du char. On pétrit de la terre glaise pour faire des vases. C'est de son vide que dépend l'usage des vases. On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison. C'est de leur vide que dépend l'usage de la maison. C'est pourquoi l'utilité vient de l'être, l'usage naît du non-être. » ) Les premiers ascètes taoïstes se retiraient dans les monastères ou dans les montagnes et cherchaient à se fondre dans le Dao en pratiquant la méditation .Dès les débuts de la dynastie des han on assista au développement parallèle d'un taoïsme populaire et ésotérique qui prônait la recherche de l'immortalité par la diététique , la gymnastique , l'absorption de drogues et la pratique de l'alchimie .

 

L'ère impériale commence en Chine en 221 av. J.C pour s'achever en 1911. La première unification du pays fut l' oeuvre de Qin Shi Huangdi. Ce dernier pose les bases d'un état au système administratif fortement centralisé et provoque une véritable révolution culturelle ( unification de la monnaie , unification des poids et mesures , lancement d'une politique de grands travaux… ).

 

A partir du règne de Qin Shi Huangdi l'empire est associé à l'idée de l'unité de la Chine et cette idée habitera toute l'histoire chinoise d'autant que l'Etat utilise très tôt une idéologie à la fois cosmologique , éthique et politique pour légitimer le régime et en fonder la structure administrative .Plus que le centre du Monde la Chine se reçoit alors et jusqu'au XXe siècle comme le Monde lui-même. L'empire est beaucoup plus qu'un simple régime .Il exprime une ordonnance du Monde , imbriquant l'ordre cosmique et l'organisation sociale dans un idéal commun d'harmonie .A défaut d'une religion qui distingue pouvoir spirituel et pouvoir temporel , les chinois trouvent dans le pouvoir politique suprême les moyens d'expliquer et de s'approprier l'univers . Mais c'est la dynastie des Han qui succède à celle des Qin qui est la première grande dynastie impériale chinoise .

 

Une période d'échanges s'ouvre alors ( Route de la soie ) qui dure de 226 av. à 220 ap. J.C .

 

Le bouddhisme pénètre en Chine au début de notre ère .c'est la troisième grande sensibilité religieuse chinoise .Venue d'Inde cette doctrine enseigne que le Monde est illusoire et composé d'une suite d'expériences douloureuses .Le bouddhisme se diffusa en Chine sous sa forme tardive , celle du Mahayana ( " Grand Véhicule" ) promettant à toutes les créatures la rédemption grâce à l'intervention des boddhisattvas .Elle invitait , par des castes pieux à recherche le salut si le croyant voulait échapper au cycle sans fin des réincarnations et atteindre la libération finale ( le " Nirvana" ) .

 

Le bouddhisme parvint en Chine par la route de la soie au Ier siècle ap. J.C , mais c'est sous les Tang ( 618-907 ) qu'il connut son " Age d'or". De grandes sectes bouddhiques typiquement chinoises se développèrent alors dont l'"école Chan et l'école de la terre Pure . La secte de la terre Pure ( " Jingtu ") fut fondée par Shandao ( 613-681 ) enseignant qu'il suffisait de vénérer le bouddha Amitabha qui régnait sur le paradis de l'Ouest pour y renaître .Quant à l'école Chan ( Zen au japon ) elle fut fondée en 700 par le moine Huineng ( 638-713 ) . Elle prônait l'illumination subite , la vision totale des choses par le détachement de l'esprit de toute pensée précise . Ne nourrissant aucune intention particulière , le sage échappait au karma et au cycle des réincarnations .La secte rejetait tout savoir livresque , tout dogme , tout rite .Les maîtres du Chan posaient à leurs élèves des questions énigmatiques auxquelles ils attendaient des réponses tout aussi déroutantes .la secte utilisait les chocs libératoires et la méditation pour mener ses adeptes à l'Illumination .

 

Cakyamuni (le bouddha historique) a vécu vers 560-480 av. J.C en Inde au Bihâr , aux confins du Teraï népalais et dans la région de Patna Bénarès. Il naquit prince Siddhârta , fils du roi de Kapilavastu .Au cours de sa longue vie il enseigna une méthode de vie plutôt qu'une religion .Les stricts tenants de sa pensée appartiennent à l'école Theravada ( ou Hinayana ou " Petit véhicule" ) .Son aire de diffusion est restreinte aujourd'hui à Ceylan et à une partie de l'Asie du sud-est . Cette école développe un idéal de salut austère et difficile accessible seulement à une infime minorité aux religieux vivant retirés dans la solitude des monastères . A partir du IIe siècle une nouvelle forme de bouddhisme dévot polythéiste , métaphysique dans lequel la notion de divin prend de plus en plus d'importance , le bouddhisme perdant son caractère profane et humain . L'accès au Nirvana s'élargit puisque tout être porte en soi la bouddhéité en développant ces pratiques de sagesse et de charité . C'est la doctrine du Mahayana ou " Grand Véhicule" . C'est cette doctrine élargie et assouplie qui parvient en Chine , via la route de la Soie au IIe siècle . Elle introduit la notion de rétribution en fonction des mérites acquis et l'idée de la multiplicité infinie des temps et des espaces d'où la multiplication des bouddhas qui trônent dans les différents univers célestes et dans les grands cycles du temps passé , présent et futur .

 

On discerne à côté de Cakyamuni d'autres séries de grands bouddhas d'essence humaine ou métaphysique. Par exemple certaines traditions font intervenir six bouddhas humains antérieurs à Cakyamuni, d'autres traditions en placent 24 !!Cinq de ces bouddhas correspondent aux cinq bouddhas métaphysiques .Ces 5 bouddhas sont dits Jina ( Vainqueurs ) de la méditation et de la contemplation ( Dhyani Bouddha ) : Ratnasambhava ( il préside au sud , sa couleur est le jaune et sa monture est un cheval ) , Vajradhara ( C'est de la méditation de ce bouddha primordial que seraient nés les cinq jinas qu en sont des émanations .Vajradhara est une des figures majeures du panthéon lamaiste ) ,…

 

Les représentations du Bouddha obéissent à des règles précises et codifiées . Au début le Bienheureux n'est suggéré que par des symboles : son parasol , son trône , l'arbre de la méditation , la trace de ses pas , … c'est la phase dite aniconique . Par la suite les imagiers le dotèrent de 32 signes et 80 marques dont : l'oushnisha ou protubérance dite de la sagesse , l'ournâ , petit toupet de poils entre les sourcils, symbole de l'illumination , sorte de troisième œil , les oreilles distendues et déformées par de lourdes boucles ; une robe monastique , la svastika védique sur la poitrine , les yeux mi-clos de lé sérénité , etc… Les postures sont aussi nombreuses et chargées de significations : la posture la plus courante est dite " Dhyanasâna" ou " méditation profonde" : les jambes sont croisées en tailleur , la plante des pieds tournées vers le haut ( position en lotus ou du diamant ) .Les gestes des mains et des doigts ( moudra sou mûdras ) possèdent une valeur symbolique exceptionnelle .On compte huit mûdras principaux et six mûdras secondaires ( exemple : " dhyâna mûdra : bouddha assis à l'indienne , les eux mains reposant à plat l'une sur l'autre , paumes tournées vers le haut , geste par excellence de la concentration méditative ) .

 

Le bodhisattva Avalokitésvara

 

Quant aux bodhisattva ils ont choisi volontairement de différer le moment de leur extinction et d'accepter de vivre encore un nombre indéfini d'existences successives pour apporter aide et soulagement à ceux qui souffrent .Dans le Bouddhisme du Grand Véhicule .Cette notion prend un développement considérable . Le plus vénéré est Avalokitésvara .En Chine il s'appelle Guanyin et au Tibet Tchenresi ( le dalai Lama est censé en être une réincarnation ) .Au Japon il est appelé Kannon . Bouddha de lumière , il est le " Grand Sauveur" , le " Tout Compatissant " .Il peut revêtir de multiples aspects ( jusqu'à 108 ! ) dont celle d'une divinité à multiples bras disposés en cercle autour de son corps avec un œil dessiné dans chaque paume .

 

C'est sous la dynastie des Tang ( 618-907 ) que la Chine connut un rayonnement militaire et culturel exceptionnel. La Chine domine alors la Corée et étend son influence du Baïkal au Cambodge . La dynastie s'allie avec la famille royale du Tibet et multiplie les échanges dans toute l'Asie du sud-est. L'empire compte alors deux capitales : Chang'an , capitale de l'ouest (à l'emplacement de Xi'an ) et Luoyang , capitale du sud .

 

Après 907 la Chine connaît une nouvelle période féodale .Elle se scinde ,se rétrécit et subit des incursions barbares et tibétaines .Mais la dynastie Song (60-1279 ) voit se multiplier de grandes inventions : emploi de caractères mobiles et début de l'imprimerie ( 1041-1048 ), invention de la poudre à canon (mentionnée dès 1044 ) ; invention de la boussole marine ( attestée vers 1090 ), etc…

 

La dynastie Yuan ( 1279-1368 ) est une dynastie mongole .La capitale du nouvel empire est Campaluc ( à l'emplacement de Pékin ) .C'est la cité de Kubilay Khan , petit-fils de Gengis Khan . C'est le Cathay de Marco Polo. En 1368 Zhu Yuangzhang , général d'origine paysanne , fonde la dynastie des Ming ( " Soleil et Lune " c'est-à-dire " brillant et glorieux " ) .Il fixe la capitale à Nankin. Cette dernière sera transférée au XVe siècle à pékin , cette dernière ville étant plus apte à surveiller les frontières. Les mandchous succédèrent aux Ming et fondèrent une nouvelle dynastie celle des Qing , la dernière de l'histoire de la Chine qui disparut en 1911 .

 

De toute l'histoire des royaumes, empires et dynasties il est resté des apports immenses pour l'Humanité : écriture , peinture, calligraphie , poésie , mais aussi la course aux diplômes et le système des examens , le gouvernail d'étambot , la brouette , le pont à arches , etc…

 

Le pays était gouverné par l'empereur, fils du Ciel et distant de ses sujets .L'empereur règne mais ne gouverne pas .Ses généraux , ministres et fonctionnaires commandent et administrent .Les fonctionnaires sont recrutés par examens et forment une véritable bureaucratie ce qui fait de l'empire chinois un régime instable où les contre-pouvoirs sont légions et les rebellions nombreuses ( refus de payer l'impôt , une grande autonomie locale qui profite aux notables chargés de lever l'impôt , … ) .

 

Au XIXe siècle l'empire est immense mais faible .La société chinoise est fragile .A sa tête l'impératrice Tseu-Hi qui prend le pouvoir en 1861 et le conserve jusqu'en 1908. Elle fait partie de la dynastie mandchoue. Les mandarins forment une véritable caste de fonctionnaires recrutés par concours, mais indisciplinés et souvent corrompus .Le peuple ( paysans , artisans et marchands ) est hanté par la famine ,frappé par le poids des impôts et de l'usure et par les ravages de la guerre .Les intérêts étrangers se manifestent de plus en plus ostensiblement .Les chinois commercent à Ourga ( Mongolie ) , Canton et Macao . Mes échanges portent sur l'or , le Canton et l'opium . En 1839 la Chine interdit le trafic de l'opium .L'Angleterre qui apporte l'opium de l'Inde lui déclare alors la guerre ( 1840 ) .A l'issue de ce conflit elle obtient la liberté commerciale dans cinq ports dont Canton et Shanghai .Commence alors le dépècement de la Chine : en 1844 la France et les États-unis obtiennent les mêmes avantages .

 

La Réaction de la Chine est la réaction de crise d'un pays blessé .Une organisation secrète ( " Le poing de la Concorde et de la Justice" ) ( Boxeurs ) assassine en 1900 le ministre d'Allemagne , massacre des européens et assiège les légations étrangères .Les russes occupent alors le Xinjiang , les français l'Indochine , les anglais la Birmanie .L'Allemagne dispose de Kiao-Tchéou , l'Angleterre de Wei-Hai-Wei et du contrôle du Yangzi et la France de Kouang Tchéou .

 

 

                     

 

 Sun Yat Sen et Mao Zédong

 

A la veille de 1914 la Chine est en plein désordre politique mais des éléments de renouveau existent.La Mandchourie ferroviaire et portuaire disputée aux chinois par les russes et les japonais constitue un bac d'essai industriel .Au sud le Docteur Sun Yat Sen fonde en 1905 le Kuo Min Tang , parti nationaliste , démocratique et socialisant . Il proclame la République à Shanghai en 1911.Une élite réformiste chinoise exige l'abolition des traités inégaux de nankin ( 1842 ) et de Tien Tsin ( 1860 ) . En 1921 naît le parti communiste chinois influencé par le Komintern ( créé par Lénine à Moscou en 1919 ) . Pendant quelques années le Kuo Min Tang et le Parti communiste collaborent . En 1925 Sun Yat Sen meurt . En 1926 Tchang Kai Chek , allié aux communistes , conquiert , depuis Canton la Chine centrale .C'est l' expédition du Nord ( " Beifa " ) . Puis Tchang Kai Chek se retourne contre ses alliés (1927 ) sans cependant pouvoir les empêcher de former une armée populaire paysanne . Maozedong , réfugié dans le Guangxi , y proclame un république soviétique . Délogé par Tchang Kai Chek , il effectue la " Longue Marche" ( octobre 1934 - octobre 1935 ) jusqu'au Shaanxi , face aux japonais . Pendant la guerre de résistance contre le Japon ( " Kangzhan " ) , Tchang Kai Chek est à Chongqin (Sichuan ) tandis que Mao est installé à Yan'an ( Shaanxi ) .Ce dernier élabore le communisme chinois dans ses particularités fondamentales : il est paysan , nationaliste et militaire . Les affrontements entre chinois reprennent en 1946, d'abord vainqueurs les nationalistes sont repoussés .Les communistes ne gagnent véritablement qu'en 1948 - 1949.Le 1er octobre 1949 Mao zedong peut proclamer la naissance de la république populaire de Chine tandis que le gouvernement de Tchang Kai Chek se réfugie à Formose .

 

 

LE TOURISME EN CHINE

 

ÉVOCATION HISTORIQUE BRÈVE

 

La Chine est restée fermée aux touristes étrangers dès les lendemains de la victoire du parti communiste chinois en 1949.Les rares visiteurs admis à visiter la Chine dans les années 50 / 60 étaient , pour l'essentiel originaires des pays du bloc communiste ( U.R.S.S., Europe orientale , Corée du Nord , Vietnam du Nord ) .quelques efforts pour ressusciter l'industrie touristique nationale durent entrepris au milieu des années 50, mais ils furent anéantis par l'instabilité politiquer du " Grand Bond en Avant " à la fin de cette décennie . Au terme de cette période de désarroi et de famine en Chine rurale , un regain d'intérêt pour le Tourisme se manifesta avec l'établissement d'un " Bureau du Voyage et du Tourisme " en 1964. Un nombre minimal de touristes originaires es pays occidentaux ( 4500 en 1966 ) fut admis à visiter le pays durant cette période juste avant la Révolution Culturelle , période durant laquelle le Tourisme devient de nouveau quasi-inexistant .

 

Jusqu'en 1971 le voyage en Chine se limitait à des déplacements à caractère politique , commercial et / ou professionnel .La seule catégorie de visiteurs dont les déplacements n'étaient pas cantonnés à ces motifs étaient les " compatriotes " chinois de Hong-Kong et de Macao à qui était accordé un droit d'entrée relativement libre les autorisant à rendre visite à leur famille demeurées en Chine . Jusqu'en 1971 la Chine demeurait interdite aux citoyens américains ainsi qu'à ceux de nombreux autres pays .

 

L'interdiction fut levée en 1971 et l'équipe américaine de tennis de table pût entreprendre un voyage historique en Chine " ping-pong diplomacy " ) . Cet épisode largement médiatisé fut suivi , la même année ( juin 1971 ) par la venue du secrétaire d'Etat Henry Kissinger qui effectua la première visite d'un diplomate du gouvernement américain en territoire chinois . En janvier 1972 ce fut au tour du Président Richard Nixon de visiter officiellement la Chine .

 

Le Tourisme au début des années 70 restait étroitement contrôlé par le gouvernement central chinois .Entre 1971 et 1977 la Chine accorda seulement 15000 visas sur les 200 000 demandes formulées à titre individuel par des américains désireux de visiter la Chine .Les quelques chanceux qui obtenaient le droit de visiter la Chine voyageaient en groupe de 15 à 25 personnes . Durant cette période le coût élevé du voyage demeurait aussi un facteur prohibitif .Les relents de la révolution Culturelle continuèrent à entretenir des sentiments hostiles à l'égard des étrangers et la méfiance à l'égard des visiteurs constituaient encore une norme dans la société chinoise . Le Tourisme comme comportement bourgeois continuait d'être considéré comme suspect par les éléments maoïstes de la bureaucratie chinoise .Dans les faits la forme du Tourisme continuait d'être semblable à celle qui avait précédé mais les nouveaux visiteurs venaient en plus grand nombre de pays non communistes que dans le passé .Au milieu des années 70 les touristes les effectifs des touristes étrangers ( non inclus les " compatriotes " ) avoisinaient 30000 personnes/ an .

 

Mao zedong mourut en septembre 1976 et un mois plus tard les partisans de Deng Xiao Ping prenaient le contrôle du P.C et du gouvernement central .A la fin de 1977 le gouvernement chinois annonçait le début d'un effort concerté pour faire du Tourisme un secteur majeur de l'économie nationale . Les buts officiels de cette politique étaient de " Promouvoir l'amitié entre les peuples " et d'accumuler les devises nécessaires à la modernisation de la Chine socialiste . En 1978 le Bureau de Voyages et de Tourisme devenait l' "Administration générale d'État au Voyage et au Tourisme " et des compagnies aériennes et des agences de voyages étrangères étaient , pour la première fois autorisées à développer leurs propres voyages en Chine . Les grandes villes et les provinces établirent leurs propres agences de voyages indépendantes du gouvernement central. En quelques mois une centaine de sites furent déclarés ouverts aux touristes étrangers et 30 nouveaux hôtels furent construits .Le premier établissement scolaire de formation aux métiers du Tourisme ouvrit ses portes dans la province de Jiangsu en 1978.

 

A la fin de 1978 229 646 touristes étrangers étaient venus en Chine , soit une augmentation de plus de 30 000 personnes par rapport à 1977.

 

En 1985 la Chine reçut 1,37 millions de touristes étrangers générant 1,3 billions de dollars de recettes .Dès cette époque la Chine avait développé une politique marketing pour assurer la promotion du pays auprès des marchés étrangers .En 1984 le " Club Méd " ouvrait une station dans la Zone économique spéciale ( Z.E.S ) de Shinzen et une autre près de Beijing en 1986.Les eux complexes étaient orientés vers le marché japonais.

 

L'ouverture de la Chine au Tourisme était une partie intégrale de la politique des " Quatre Modernisations " impulsée par Deng Xiaoping et destinée à accélérer l'accès de l'économie chinoise au marché mondial .Depuis l'institution de cette politique la Chine a connu un essor économique sans précédent ( taux de croissance économique supérieur à 10% par an pour les dernières décennies ).La Chine est devenue , dès 1996 , la septième puissance économique mondiale et un élément majeur de la croissance économique et de la stabilité dans la région Asie Pacifique .

 

Dès le démarrage des réformes des " Quatre Modernisations " le Tourisme fut considéré par les planificateurs comme un secteur majeur d'investissement et de développement . Mais ce n'est qu'en 1982 que l'industrie touristique cessa d'être un service politique pour devenir une activité économique à part entière .Le Tourisme international devint alors une source majeure de bénéfices ( 10,2 billions de dollars soit 1,1% du P.N.B ) .La Chine se plaçait à la 100e place pour le P.N.B par tête ( 860 dollars U.S per capita ).Sa classe moyenne était estimée à 50 à 100 millions de personnes. Le Tourisme joua un rôle majeur dans la croissance du niveau de prospérité du pays spécialement dans les zones densément peuplées des provinces littorales .

 

La croissance du tourisme chinois ne se démentit pas dans les années 80 , le pays devenant une destination synonyme d'exotisme , d'immensité et d'inconnu .Mais le problème des infrastructures demeurait un problème majeur , en dépit de nombreux nouveaux hôtels dans les grandes villes. En juin 1989 la répression brutale de la " Manifestation de Tian An Men " affecta fortement les arrivées internationales en Chine et il fallut deux ans pour qu'elles retournent aux niveaux atteints avant 1989.

 

Aucune considération sur le Tourisme ne peut en effet ignorer l'incident de la Place Tien An Men et la violente réaction du gouvernement chinois qui s'est exercé à l'encontre du mouvement démocratique étudiant .Le point de départ de ce mouvement de protestation fut la mort de Hu Yaobang , un des dirigeants historiques du Parti Communiste chinois et considéré comme un réformateur politique et économique convaincu . Cet événement entraîna des manifestations d'étudiants à la mémoire de Hu , l'occupation de la place Tien An Men , l'échec des négociations entre le gouvernement et les manifestants et la promulgation de la loi martiale .Le 3 juin l'armée de Libération du peuple recevait l'ordre de rentrer en action provoquant plusieurs centaines de morts parmi les manifestants .

 

En réaction à ces évènements le nombre total de visiteurs étrangers en Chine chuta de 1,84 millions en 1988 à 1,46 millions en 1989.Un déclin de 21%.Le japon et les États-unis , les deux plus grands marchés émetteurs vers la Chine et ceux fournissant les revenus touristiques les plus élevés furent les plus touchés . Le nombre de visiteurs américains chuta de 29 % en 1989 par rapport à 1988 tandis que le nombre de visiteurs japonais déclinait de 39 % durant la même période .

 

Le nombre de touristes étrangers avait connu une croissance rapide à la suite de l'ouverture de la Chine au Tourisme en 1978.Les arrivées de touristes étrangers passèrent de 229646 en 1978 à 1,8 million en 1978.Durant cette période les États-unis et le Japon constituèrent les deux sources principales de visiteurs avec respectivement 48 % et 52 % de toutes les arrivées de touristes internationaux .Les visites des compatriotes connurent aussi une croissance rapide durant cette période ( le nombre de visites effectué par des résidents de Macao , Hong-Kong et Taiwan atteignait 29,8 millions en 1988. Si les visites effectuées par des compatriotes étaient plus nombreuses que celles effectuées par des étrangers , les dépenses per capita effectuées par les visiteurs étrangers restaient très largement supérieures .

 

Le tourisme étranger était fortement encourage par le gouvernement chinois qui le considérait comme un élément majeur de sa stratégie de développement économique .En effet la modernisation de la Chine exigeait un accès au capital Or la plupart des sources de ce capital étaient situées à l'extérieur de la Chine. Pour moderniser l'agriculture et les infrastructures le gouvernement chinois reconnaissait que le capital étranger lui était indispensable et qu'il ne pouvait être obtenu que par des activités d'exportation . Or la seule activité d'exportation était le Tourisme . Mais la promotion du tourisme comme activité d'exportation exigeait : "political serenity, not scenic or cultural attractions , constitute the firts and central requirements for tourism " ( Richter and Waugh , 1986 , p. 231 ).

 

Les voyageurs internationaux réagirent rapidement à la disparition de la " sérénité" politique que symbolisa la féroce répression de la manifestation estudiantine de la Place Tian An Men . Toutes les catégories de visiteurs enregistrèrent un déclin immédiat ( 6 millions de compatriotes en moins en 1989 par rapport à 1988 et près de 300 000 visiteurs étrangers en moins sur la même période ).L'impact des évènements de Tian An Men fut différent selon les origines des visiteurs .Ces effets différentiels sont illustrés par des comparaisons concernant les arrivées entre les années qui suivent les évènements de Tian An Men ( 1989 et 1990 ) et celle qui précède ( 1988) . Globalement les visiteurs étrangers en 1989 n'atteignaient que 79 % des effectifs de 1988 . 11 des quatorze pays fournissant les contingents les plus importants de visiteurs envoyèrent moins de visiteurs en 1989 qu'en 1988. L'Italie et le Japon enregistrèrent les défections les plus importantes de l'ordre de 58 % et 61%.En contraste les visiteurs ont été plus nombreux en Chine en 1989 qu'en 1988 dans trois des quatorze pays émetteurs : la Corée du Nord , les Philippines et la Russie . Non seulement les arrivées de Russie furent plus nombreuses en 1989 qu'en 1988 ( 234 % d'augmentation ), mais, elles traduisaient une augmentation en rupture radicale avec l'évolution historique . En contraste les arrivées de Corée du Nord et des Philippines étaient assez similaires à celles attendues si les évènements de Tien An Men n'étaient pas survenus.

 

Même en prenant en compte les évènements de Tian An Men le taux de croissance annuel des arrivées de touristes et des recettes depuis 1980 a été de 19, 2 %.A la même époque le taux de croissance annuel des arrivées de touristes et des recettes depuis 1980 a été de 19,2 % .A la même époque le taux de croissance mondial était de 5,5%.En 1997.Le " World Tourism  Organization " plaçait la Chine comme 6ème destination la plus visitée . ce classement était basé sur un total de 23 770 000 visiteurs internationaux excluant les visites aux familles en provenance de Hongkong et Macao .Le chiffre officiel de 57 millions de visiteurs en 1997 , la Chine aurait atteint le deuxième rang mondial , derrière la France ( 67 millions ) et devant les États-unis ( 49 millions ) .

 

Le WTO estime que la Chine sera le pays le plus visité du Monde en 2020 avec 137,1 millions de visiteurs internationaux. En 1998 l'industrie du Tourisme en Chine employait 13,5 millions de personnes ( emplois directs ) plus 33,5 millions d'emplois indirects . Le WTO estime que ce nombre devrait passer à 19 millions en 2010 ( 2,4% des emplois ) pour les emplois directs plus 50 millions d'emplois indirects .  

 

 

GÉOGRAPHIE TOURISTIQUE RÉGIONALE DE LA CHINE

 

PÉKIN ( BEIJING )

 

La ville a été capitale du XIIIe au XXe siècle sous les trois dernières dynasties impériales : Yuan mongole ( 1279-1368 ) , Ming chinoise ( 1420-1644 ) et Qing mandchoue ( 1644-1911 ) .

 

La ville est située dans une petite plaine alluviale limitée au nord par les montagnes Yanshan , au nord-ouest par les contreforts du plateau mongol , à l’ouest par des collines et à l’est par le golfe de Bohai situé à 180 kilomètres .

Pékin est installé au contact de deux types de civilisation : la civilisation sédentaire et agricole d la grande plaine du nord et la civilisation nomade des steppes .

 

La ville occupe un site éminemment stratégique choisi dès la dynastie des Jin au Xe siècle .Pékin ville impériale , capitale et lieu de pouvoir est surtout l’œuvre de deux empereurs : Yong Le ( 1403-1424 ) et Qiang Long ( 1736-1796 ).L’urbanisme de la cité obéit aux règles de la ville chinoise traditionnelle : enceinte murée , plan en damier , orientation d’un axe majeur nord-sud ,habitations ordonnées autour d’une ou plusieurs cours .La capitale est la réplique de l’ordre céleste .Au sud se trouve le temple de l’Ordre céleste , à l’est le temple du Ciel , au nord le temple de la Terre et à l’ouest l’autel de la Lune . Au centre se trouve la Cité Interdite .

 

La ville murée est constituée par la juxtaposition de deux villes : - la ville intérieure de forme carrée et de 6 kilomètres de côté .Elle est aussi appelée la «  ville tartare » .C’est le lieu où se dressent la ville impériale et la Cité interdite .Elle était découpée en 24 zones résidentielles réservées aux descendants des mandchous .C’est la cité des princes et des lettrés .La Cité interdite est au cœur de cet ensemble ; - la ville extérieure ou «  ville chinoise » de forme rectangulaire ( 8 kilomètres sur 3 ) constituait le centre commerçant .Les principales artères étaient orientées nord- sud et est-ouest et découpaient en damier l’espace urbain .

 

Avec l’arrivée des communistes le paysage urbain fut modifié et les murailles abattues en 1958 tandis que d’importants travaux étaient entrepris autour de la place Tian An Men : construction du Palais de l’Assemblée du Peuple ( 170 000 m2 ) , construction du musée d’Histoire de la Chine , etc…

 

Le Palais impérial On y accède par la Place Tian An Men ( place de la Paix céleste ) qui forme un immense parvis devant la Cité interdite .La république populaire de Chine y fut proclamée le 1er octobre 1949 par Mao du haut de la terrasse de la Porte du Ciel .

 

Sur la place se trouve le mausolée du Président Mao disparu le 9 septembre 1976.Le mausolée fut inauguré le 9 septembre 1977. Il est bâti sur un plan carré sur une plate-forme à deux étages .Dans la salle du sarcophage le corps embaumé de Mao est présenté à la vue .L’accès à la Cité Interdite s’effectue par la porte de la Paix Céleste percée au sud dans l’enceinte de la cité .Elle fut élevée en 1420 par Yongle et reconstruite en 1651 sous les Qing .

 

 

 

La Cité Interdite

 

Le Palais Impérial ( Gujong : «  Le vieux palais » ) couvre une superficie de 72 ha . Quatre bastions, surmontés chacun d'un pavillon à la toiture aussi jaune, flanquent l'enceinte aux quatre angles. Quatre portes donnent accès au palais, soit une sur chaque mur : au sud, Wu Men (la Porte du Midi ), au nord, Shen Wu Men (la Porte de la Fierté divine), à l'est et à l'ouest, Dong Hua Men et Xi Hua Men (les Portes fleuries de l'Est et de l'Ouest). On pénètre par la Porte Tian An Men, puis franchit deux avant-cours, pour atteindre Wu Men, la plus grande des quatre. C’est le point focal de l’Empire .Sur son trône au centre de la salle de l’Harmonie préservée , qui était au entre du palais , lui-même au centre d la capitale , l’empereur qui porte le titre de «  Fils du Ciel » ( Tianzi ) Il a reçu du ciel le mandat d’agencer le Monde et de le maintenir dans l’ordre naturel. Sa légitimité reposait sur ce concept .Son nom était tabou .Il était désigne de son vivant que par ses noms d’ère ou nianhao. Après leur mort les souverains pouvaient recevoir un ou plusieurs noms .

 

Le Palais impérial appelait jadis la "Cité interdite pourpre". La couleur "pourpre", symboliquement attribuée à l'étoile polaire, signifie qu'elle était un centre cosmique. Après l'avènement de la République en 1912, la "cité interdite" n'était plus inaccessible au public.

 

L’enceinte aux murs pourpres retranchant le palais impérial du reste de l’Univers était enclose dans une autre enceinte qui formait la Cité impériale dont il subsiste de rares vestiges de part et d’autre de

la Place Tian Anmen .

 

La construction du palais commença dès la 4ème année du règne de l'empereur Cheng zu (1406) des Ming pour s'achever en 1420, soit 14 ans plus tard. Depuis son achèvement jusqu'à la Révolution de 1911, soit 491 ans durant, 24 empereurs y résidaient successivement. Les travaux de ce palais occupèrent 200 000 ouvriers et les matériaux de construction furent fournis par toutes les provinces du pays. Le palais se présente comme une succession de bâtiments , un labyrinthe d’appartements privés .Les salles accessibles au public ont conservé un mobilier qui remonte , pour la plupart , à la fin de la dynastie de Qing ( 1644-1911 ).C’est le lieu d’exposition des trésors impériaux .Les travaux de construction débutèrent en 1407 quand le troisième empereur Ming Yongle ( 1402-1424 ) décida de transférer le siège de sa cour des nankin à Pékin .

 

La hiérarchie féodale ainsi que le pouvoir suprême de l'empereur se concrétisaient dans l'architecture de l'ensemble colossal qui compte 9 999 pièces. Dans le chinois, le chiffre "9" est l'homonyme du caractère "Jiu" qui signifie la permanence et la durée. La répétition du chiffre 9 devait assurer à l'empereur la longue vie et à son pouvoir l'éternité. Par ailleurs, on pensait que si le palais de l'empereur du Ciel comptait 10 000 pièces, celui de l'empereur de Chine, considéré comme le fils céleste, devait être légèrement plus petit, soit une pièce de moins. Restauré ou réaménagé à plusieurs reprises sous de différentes règnes, le palais est en bon état de conservation.

 

La Citée interdite est divisée en trois parties : au sud, la cour extérieure destinée à la vie officielle (grandes cérémonies, réception de ministres et de diplomates étrangers); au nord, la cour intérieure réservée à la vie privée, et le jardin impérial.  Ces cours et leurs constructions s'ordonnent selon trois axes parallèles nord-sud; l'axe central est le plus important, les axes latéraux étant occupés par des appartements secondaires et des annexes.

 

Le Palais de l’Harmonie Suprême s’élève sur une haute terrasse .Sur le plan incliné des sculptures de dragons au dessus duquel la chaise impériale était portée .Le palais actuel a été construit en 1699 , restauré en 1765.On y trouve le siège impérial en bois de palissandre adossé à un paravent du même bois et décoré de motifs de dragons .Dans cette salle on célébrait les grands évènements qui marquaient la vie de l’Empire : arrivée de l’empereur , cérémonies du solstice d’hiver , …

 

Dans la construction du Palais impérial furent strictement observés la doctrine de yin et yang ainsi que les notions de Wuxing (cinq éléments: métaux, bois, eau, feu et terre), que les anciens philosophes chinois tenaient pour très importantes dans la culture chinoise. D'après ces sages, le sud était assimilé au yang , et le nord, au yin . C'est ainsi que les Trois Grandes Salles destinées aux grandes cérémonies se trouvaient dans le sud, et que la partie nord convenait aux bâtiments d'habitation.

 

Selon la pensée de Wuxing, la terre, de couleur jaune, dominait les autres éléments, elle symbolisait le territoire du pays, c'est pourquoi toutes les toitures du Palais impérial étaient couvertes de tuiles vernissées jaunes. Le feu, en seconde place, étant assimilé au rouge, toutes les colonnes et les murs d'enceinte étaient peints de cette couleur. Les bâtiments du Palais impérial sont séparés les uns des autres par des murs percés de portes, mais aussi reliés par des cours. L'ensemble des constructions est donc aussi magnifique qu'harmonieux.

 

La Cité interdite compte plusieurs autres palais : le Palais de l’Harmonie parfaite , le palais de la Pureté céleste , le palais de l’Union , le palais de la tranquillité préservée , etc… ainsi que plusieurs musées : le musée des arts décoratifs , le musée des poteries et porcelaines , le musée des bronzes , etc…

 

Les Pékinois de vieille souche disent avec fierté que leur ville dispose de cinq autels (Tan). Ils sont l'Autel du Sol et des Moissons (centre-ville), l'Autel du Soleil (est), l'Autel de la Lune (ouest) le Temple du Ciel (sud) et l'Autel de la Terre. Ces édifices sont disposés d'après la doctrine du Yijing (Livre des Mutations) sur la co