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  Le tourisme de Santé en France


Le thermalisme français représente un important patrimoine  de 1200 sources contrôlées . La France compte 94 stations thermales (106 stations en 1990) fréquentées par 550000 curistes (assurés sociaux  (548003 assurés sociaux en 1998 ) et libres) par an (637 000 en 1988 ) et près de 300 000 accompagnants.

En 1953 il y avait 255 000 curistes, 320 000 en 1963, 452000 en 1972 , 597 000 en 1983 , 637 000 en 1993. Cette tendance ascendante s'inverse à partir de cette date   : 568 000 curistes en 1996 , 548 000 en 1998. La fréquentation des stations thermales françaises a connu une baisse notable : plus de 15 % de 1992 à 1998.Un redressement semble s'être amorcé depuis 1997 lié à diverses initiatives visant à moderniser l'activité. En 1999 avec 567000 curistes conventionnés la fréquentation des établissements thermaux a progressé de 3,5 %.En 2003 les établissements thermaux français avaient reçu 550000 curistes .

Les stations thermales sont spécialisées en fonction " d'orientations thérapeutiques "  spécifiques. La rhumatologie regroupe 60% des curistes , le traitement des voies respiratoires représente 20% de l'activité thermale , viennent ensuite la phlébologie, l'artérite, la neurologie, la dermatologie, la stomatologie , ...

Le Thermalisme français génère aux environs de  100 000 emplois directs et indirects selon l'Union Nationale des Établissements Thermaux. L'évaluation précise est difficile et elle varie sans doute entre 60 000 et 120 000 emplois directs , indirects et induits  dont 10 000 emplois directs.

Sur 108 stations thermales, près de 80% sont en zone de montagne, 71 % des communes thermales ont moins de 5 000 habitants. Pour elles,  le thermalisme et ses effets induits représentent donc l'essentiel de leurs ressources.

En tête des stations thermales françaises se trouvent la région Rhône-Alpes , la région Auvergne , la région Midi-Pyrénées et la région Auvergne .Les Landes sont le premier département thermal français ( 6 stations ) . Les dix premières stations thermales françaises en 1996 étaient : Dax , Aix-les-Bains , Balaruc, Amélie-les-Bains , Gréoux-les-Bains, Luchon , La Bourboule , Royat, Barbotan-les-Thermes, Bagnoles-de-l'Orne. L’établissement thermal le plus fréquenté se trouve à Dax dans les Landes. Il accueille, chaque année, plus de 50000 curistes, cela représente environ 10% de tous les curistes en France. Ensuite, il y a celui de Balaruc-les-Bains dans l’Hérault avec 36000 curistes , juste devant celui d’Aix-les-Bains (Savoie) avec 35 000 curistes, puis l’établissement de Gréoux-les-Bains (Alpes de Haute Provence) avec 28000 curistes et celui d’Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), avec 26 000 curistes. Ce sont les cinq stations thermales les plus fréquentées de France.

Les flux de curistes sont très concentrés dans les stations les plus importantes  ( les 15 première stations concentrent 53 % du total des curistes  ) et très dispersés dans les autres stations. La fréquentation des stations françaises est concentrée sur 5 mois , de mai à septembre . Hors saison , la fréquentation est faible  et rares sont les stations ouvertes toute l'année .Les mois de juin , juillet, août concentrent 65 % des curistes, ce qui représente un taux d'occupation de 66 à 80 % sur 90 à 120 jours.

Plus de 50 % des curistes choisissent leur station en fonction de l'attrait touristique de cette dernière. 80 % des curistes sont accompagnés pendant la saison par conjoint et enfants contre  56 % en mai-juin. Les hommes représentent 41 % des curistes et les femmes 59 % . Cette sur- représentation des femmes touche surtout la tranche d'âge après 54 ans  (essentiellement entre 60 et 65 ans). La clientèle du " Troisième Age " (plus de 65 ans ) représente plus de 25 % des curistes alors qu'elle ne forme que 16 % de la population ( chiffres du recensement de 1990 ).

Une cure de trois semaines coûtent environ 500 euros , soit l’équivalent d’une journée d’hospitalisation. La rhumatologie est l’orientation thérapeutique la plus pratiquée (60% des cures), suivie par le traitement des voies respiratoires (25%) et de l’appareil urinaire/appareil digestif (7,5 à 8%).

 

Le thermalisme social , lancé dans les années 1950, a été remis en cause à différentes reprises depuis cette date : - en décembre 1958  une ordonnance de A. Pinay , ministre des Finances  , interdit la prise de la cure pendant les congés payés  , supprime une partie des indemnités journalières  , impose un médecin conseil ; - l' ordonnance dite " Jeanneney "  du 27 août 1967 porte le ticket modérateur  de 20 à 30 %. Les indemnités journalières pour arrêt de travail sont supprimées ; - l'arrêté du 6 novembre 1976 pris dans le cadre du Plan Barre  impose de nouveau un plafond très bas  pour le remboursement des frais de transport et d'hébergement ; - Le plan stratégique de la Sécurité Sociale  de mars 1999 prévoit la suppression de la prise en charge pour la majorité des indications , à l'exception des indications pédiatriques et dermatologiques . Ce plan , qui concernait les 2 / 3 des stations thermales françaises , suscita contre lui la mobilisation des professionnels du thermalisme et conduisit la ministre M. Aubry à suspendre les mesures contestées . Le contrat entre la Sécurité Sociale reste cependant un bail très précaire car la prise en charge est prévue selon des conventions quinquennales, la prochaine convention devant être signée en 2002. A l’heure actuelle 27% des cures sont délivrées dans le cadre de pathologies lourdes justifiant l’exonération du ticket modérateur.

Durant ces dernières années le milieu thermal a été amené à se repositionner sur le secteur de la remise en forme. Le phénomène de la forme s'est considérablement étendu pour plusieurs raisons : - les français ont de plus en plus recours à des modes de traitement multiples  (34 % utilisent l'homéopathie , la phytothérapie et les autres médecines douces , - refus de l'érosion du corps, - durée des séjours touristiques ( plus souvent mais moins longtemps et pas très onéreux ), - montée des urbains .

Aujourd’hui il existe , en France , trois types de cure thermale :  -la cure thermale conventionnée. Elle est consécutive à une prescription médicale. A ce titre, elle donne lieu à une prise en charge par la Sécurité Sociale pour une durée de 18 jours de soins obligatoires. Ces cures représentent les trois quarts du chiffre d’affaires des établissements thermaux, -la cure médicale libre. Elle relève d’un acte volontaire du curiste et ne fait pas l’objet d’une prescription médicale et elle n’est donc pas remboursée. Ce type de cure dure au minimum dix jours, -les séjours santé, comme la thalassothérapie, qui sont plutôt des soins d’entretien de santé ou de remise en forme. Ils ne sont pas pris en charge. Ils ont une durée plus courte de 6 à 12 jours, voire  d’un week-end découverte. Les courts séjours sont structurés autour d’une quinzaine de thèmes qui font le tour des grands maux de l’époque : détente et bien-être, ou spécial minceur, jambes lourdes, détente du dos, anti-stress, anti-tabac, pré et post natal, beauté de la peau. Le programme associe des soins traditionnels à l’eau thermale (bains et jets, massages sous fine pluie d’eau, application de boues thermales) à des massages traditionnels ou exotiques, des soins esthétiques et autres techniques dernière génération.  

En 1996 le chiffre d'affaires du secteur thermal était de 9 milliards de francs  (dont 6,4 milliards pour les cures , l'hébergement et la restauration ) selon " Avenir du Thermalisme , rapport d'information à la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale" ( 1996 ). En 1999 ce même chiffre d'affaires est tombé à 7 milliards de francs.

D’après une enquête souhaitée par le Conseil National des Exploitants Thermaux ( CNETh ) et réalisée en septembre 2004 par Ipsos Santé, la médecine thermale est plébiscitée par une large majorité de Français. Reconnue pour son efficacité par les curistes, elle bénéficie également d’une excellente image auprès de ceux qui n’y ont jamais eu recours : 87% des sondés considèrent le thermalisme comme « une alternative dans le traitement de certaines maladies comme les rhumatismes, les allergies, l’asthme et la dermatologie », 85% comme une médecine adaptée à tous les âges de la vie, 76% comme une médecine sans effet secondaire. Du côté des curistes, c’est l’unanimité quant à l’efficacité de la médecine thermale. Les statistiques parlent également d’elles-mêmes : 94% des curistes confirment que le thermalisme permet de soulager efficacement les douleurs, 83% d’entre eux estiment qu’il permet de réduire efficacement la consommation de médicaments.

 

La France regroupe aujourd'hui 44 centres de thalassothérapie dont la moitié a ouvert entre 1985 et 1991.Ces équipements représentent une capacité d'accueil d'environ 8 000 curistes par jour. Depuis 1994 le parc s'est stabilisé . En 1998 seuls deux nouveaux centres ont ouverts : à Ars-en-Ré et à Bénodet .

Deux régions constituent les principaux pôles de la concentration de l'offre : la Bretagne et les Pays de Loire .On trouve également une douzaine de centres en Méditerranée dont un en Corse .

77 % des centres de thalassothérapie disposent d'équipements hôteliers intégrés ou reliés. Il s'agit en majorité d'hôtels 3 ou 4 étoiles avec une évolution récente vers une hôtellerie 2 étoiles pour les établissements qui ont entrepris de démocratiser leurs produits.

La durée moyenne de séjour dans un centre de thalassothérapie est de 6 jours. Le prix moyen d'une journée de cure de Thalassothérapie se chiffre entre 400 et 500 francs, incluant 4 soins collectifs ou individuels. Le forfait de Thalassothérapie  ( comprenant soins et hébergements    en 1/2 pension ) est compris entre 3500 et 5000 francs par semaine et par personne hors- période de pointe.

Malgré son leadership reconnu la thalassothérapie française doit faire face à une concurrence étrangère  de plus en plus vive. L'émergence des destinations méditerranéennes, ( Tunisie par exemple ) qui proposent un concept similaire à moindre prix, constituent une menace réelle à moyen terme pour l'offre française .

La fréquentation des centres de thalassothérapie a progressé de façon rapide jusqu'en 1992, passant de 20 000 à 140 000 curistes. Après deux ou trois années de stagnation, la reprise semble incontestable. Certains centres ont connu ces dernières années un taux de croissance de 20% grâce à des politiques tarifaires attractives. Aujourd'hui près de 300 000 personnes font chaque année une cure de  thalassothérapie en France.

Le chiffre d'affaires annuel de la thalassothérapie française s'élevait en 1998 à 1,7 milliards de francs réalisé par plus de 1 million de journées-cures par an , avec un taux de croissance de 10 à 12 % en trois an ( 1995 -1998 ).

La thalassothérapie génère 9 200 emplois directs et induits. Elle reste toutefois un produit de riche et son rythme de croissance ne devrait plus dépasser les 2 % annuels.

Le principal réservoir de la clientèle est la France (90 %) en provenance surtout des zones urbaines à forte densité , comme paris , qui représente 40 % de la clientèle. Avant les années 90 la clientèle était largement féminin et disposait d'un revenu élevé. Il s'agissait d'une clientèle plutôt âgée qui fréquentait les centres pour des cures médicalisées à 64 %. Depuis la clientèle s'est rajeunie et s'ouvre à un public masculin et la demande s'oriente de plus en plus vers des cures non médicales  (remise en forme ).Cette nouvelle clientèle est composée d'urbains relativement jeunes disposant d'un bon pouvoir d'achat , soucieux de préserver leur capital- santé face à des conditions de vie et de travail stressantes .

 

Pour en savoir plus

 

 

Le Thermalisme en France au XXe siècle de G. Weisz ( Médecine Science, 2002 , p.101-108)

http://ist.inserm.fr/basismedsci/2002/ms_1_2002/sommaire/101_02.pdf

 

Le Thermalisme en France (Conseil national des exploitants thermaux, site du Ministère de l’Intérieur, 9 décembre 2006 )

http://www.interieur.gouv.fr/misill/sections/a_l_interieur/ministres-delegues/le_ministre_delegue1/interventions/thermalisme-7-12-06/view

 

Aspects économiques du Thermalisme français  (Synthèse de l’enquête réalisée par le Conseil national des exploitants thermaux (CENT), 5 février 204

http://www.france-thermale.org/documents/dossierEco2004.PDF

 

Rapport sur le Thermalisme français par P. Deloménie, inspecteur général des affaires sociales (octobre 2000)

http://www.economie.eaufrance.fr/IMG/pdf/637_IGAS_Thermalisme_Rapport_Delomenie-2.pdf

 

Le Thermalisme en questions (Dossier d’information presse, novembre 2005, Thermalies 2006)

http://www.france-thermale.org/documents/press2005.pdf

 

 

 

 

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Cette page a été mise à jour le 30/04/07

 

 

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