GEOTOURISME

Le site de la G�ographie touristique en France et dans le Monde
 

Le Tourisme en France

  Le Tourisme dans le Monde

 La bibliographie

Le dictionnaire

 

Les lexiques

Les annales

Les cours en ligne

Le r�f�rentiel  

L'examen

La m�thodologie

La vie scolaire

Le sujet de la session 2015    


 

Des faits et des chiffres
  D�finition du touriste
  Les vacances des fran�ais
 

Approche th�matique

  Le Tourisme littoral
  Le Tourisme montagnard
  Le Tourisme urbain
  Le Tourisme culturel
 Le Tourisme religieux
  Le Tourisme de Sant�
  Le Tourisme rural
  Le Tourisme fluvial
   
   
 
 

 Plan du site
 Index
 Dictionnaire
 Lexiques
 M�thodologie
 Th�mes
 Destinations
 R�f�rentiels
  Bibliographies

  Le Tourisme religieux en France, en Europe et dans le Monde

" Permanent par sa pr�sence constante dans les terres chr�tiennes, multiforme dans ses manifestations, le p�lerinage s'enracine dans le c�ur des hommes, dans leur app�tit de sacr� leur go�t d'Absolu, leur qu�te de la trace de Dieu � travers le Monde. L'�glise ne cr�� pas le p�lerinage, elle l'authentifie, l'organise, le discipline pour le plus grand profit du p�lerin. Le signe qui suscite le p�lerinage vient d'ailleurs, il annonce Dieu au Monde (�). Dans une religion aussi rationnelle que le Christianisme le p�lerinage est pour le grand nombre la porte ouverte sur le Surnaturel, la route entre la terre et le Ciel ". (extr. J. CHELINI & H. BRANTHOMME, Les chemins de Dieu, histoire des p�lerinages chr�tiens des origines � nos jours, Paris, Hachette �dit ., 1982, p . 429 ) .

INTRODUCTION

Les p�lerinages sont une des plus vieilles formes de migration touristique. Pourtant un d�veloppement consid�rable de ce type de migration se produit encore de nos jours. Le ph�nom�ne concerne toutes les grandes religions. Dans de nombreux pays les p�lerins ont jou� , et jouent encore un r�le important dans les migrations .La nature du d�veloppement du tourisme religieux engage en premier lieu les repr�sentants des diff�rentes religions , avec leurs crit�res �thiques et spirituels sp�cifiques. Le tourisme religieux est de ce fait profond�ment diff�rent du tourisme culturel car le professionnel du tourisme n'a pas sa place pour parler , guider , organiser le temps du croyant s'il n'est pas respectueux de la foi et s'il n'agit pas en symbiose avec les institutions religieuses .

Le p�lerinage est g�n�ralement consid�r� comme un voyage vers des lieux de culte religieux. Le motif g�n�ral de ce voyage est la profonde conviction que des pri�res et d'autres pratiques religieuses sont exceptionnellement efficaces dans des localit�s li�es � un saint ou � une divinit� . Dans la litt�rature mondiale ces voyages sont d�sign�s : "Pilgerfahrt", "Wallfahrt" (allemand ), " pilgrimage " (anglais) , "pellegrinaggi" (italien) .Quelques p�lerinages peuvent avoir un nom sp�cifique , par exemple celui de la Mekke se nomme "hajj " ou "hagg" ( "grand p�lerinage ") ou " umrah " ("petit p�lerinage "). Le p�lerinage sur les tombeaux des saints islamiques se nomme "ziyarah " ("visites pieuses "). Dans l'Hindouisme les voyages vers les lieux saints (" tirtha ") sont nomm�s "tirtha-y�tra". Quelques p�lerinages dans les pays catholiques ont aussi leurs noms sp�cifiques .

Les migrations de p�lerins, eut �gard � leur caract�re non professionnel, sont une forme de voyage touristique .Elles sont alors aussi sujet de recherche pour la g�ographie du Tourisme, surtout en ce qui concerne les formes et les aspects spatiaux des p�lerinages.

Le tourisme religieux, par l'infrastructure commerciale qu'il suppose fait partie int�grante de l'industrie du tourisme, de l'autre par sa dimension spirituelle il est inclassable car �chappant aux nomenclatures habituelles, par exemple tourisme d'affaires et tourisme de loisirs. Il existe trois grands types d'approche du tourisme religieux. Dans une premi�re approche on peut d�finir le tourisme religieux d'un point de vue spirituel comme "la mani�re d'�tre reli� � Dieu - Cr�ateur en �tant du m�me coup reli� � sa cr�ation au monde entier " (P.TALEC, 1993, p. 19). Dans une deuxi�me approche le tourisme religieux peut se d�finit d'un point de vue sociologique comme l'acc�s � la culture �manant des grandes religions. Il se caract�rise par l'attrait culturel qu'exerce l'art sacr�. Le tourisme religieux devient alors un ph�nom�ne de soci�t� dont l'ampleur d�passe de loin l'attachement des croyants � leur propre religion. Enfin le tourisme religieux peut se d�finit comme une compl�mentarit� du culturel et du spirituel donnant lieu � une interaction valorisante pour l' Homme.

LE PAYSAGE RELIGIEUX FRAN�AIS

Selon l�Institut fran�ais d'opinion publique (IFOP) en 2007 pour La Vie, 64% des fran�ais se d�clarent catholiques, 27% sans religion, 3% musulmans, 2,1% protestants et 0,6% juifs.

La religion catholique romaine demeure majoritaire en France ;  mais elle est essentiellement un marqueur identitaire pour beaucoup de Fran�ais face � la s�cularisation et � l'expansion d'autres religions. Elle a grandement influenc� la culture fran�aise; on peut citer ainsi les jours f�ri�s qui sont, pour la plupart des f�tes religieuses catholiques, les cath�drales ou encore les �coles priv�es dont 9 sur 10 sont catholiques. Elle se retrouve aussi inscrite dans l'environnement: multiples �difices religieux � caract�re historique, croix et calvaires au bord des routes et chemins, croix au sommet de montagnes, dans les armoiries et blasons, etc� On note de grandes diff�rences dans les degr�s d'appartenance � cette religion : 76% des catholiques fran�ais demandent des obs�ques religieux, 47% croient � la r�surrection du Christ et 35 % seulement croient en une vie apr�s la Mort. Nos contemporains n'adh�rent pas globalement � l'�glise catholique mais adoptent une attitude plus " consum�riste " en choisissant ce qui leur convient .

En France sur 62,6 millions d'habitants les Fran�ais se d�clarant catholiques sont pass�s de 87 % de la population en 1972 � 64 % en 2009 (soit 41,5 millions) et les pratiquants de 20 % � 4,5 % dans le m�me temps. Pendant le m�me laps de temps, les autres confessions et religions voient leur repr�sentation l�g�rement augmenter au sein de la population fran�aise (confession musulmane en particulier), ainsi qu'augmente rapidement le nombre de gens se d�clarant sans religion, passant de 21 % � 28 % entre 1987 et 2009 .

D'autres enqu�tes r�v�lent que les fran�ais se scindent tendances dans leurs comportements face � l'�glise catholique : -ceux qui se situent � l'ext�rieur (les hostiles, les s�cularis�s, les areligieux, les insatisfaits ),-ceux qui se situent � la p�riph�rie (les baptis�s/les mari�s/les enterr�s, les nostalgiques, les attach�s sociologiques), -ceux qui se situent au noyau central ( les fid�les/les engag�s ). Une enqu�te du C.R.E.D.O.C effectu� � la fin de 1992 r�v�lait que 80% des interrog�s des d�claraient catholiques. Les r�pondants se divisaient en trois cat�gories : - le groupe majoritaire ( catholiques non pratiquants (42% ) ou pratiquants occasionnels ( 27%) ) : l'influence de la religion n'est plus tr�s perceptible dans le domaine des opinions et des m�urs .La vie commune pr�nuptiale ou le divorce le les heurtent pas, la fr�quentation des lieux de culte est exceptionnelle. Cette population souhaite simplement le maintien de certains rep�res religieux qui trouvent leurs fondements dans un h�ritage culturel et dans des croyances auxquelles ils adh�rent. -Le groupe des personnes se d�clarant sans religion (16% de la population totale en 1992 et 28% en 2009). Leur progression est lente mais r�guli�re car ce courant puise sa force dans les jeunes g�n�rations. On y rencontre beaucoup de personnes ayant un niveau d'�tudes �lev� et r�sidant dans l'�le de France ou dans les r�gions de la fa�ade m�diterran�enne.- Les catholiques pratiquants r�guliers . Ils forment 12 % de la population totale et 50 % ont plus de 60 ans .Ils appartiennent tr�s souvent � des associations confessionnelles.

La foi chr�tienne traverse une crise notable en France. Le ph�nom�ne est perceptible � travers la lecture de nombreux indices : - la rar�faction des vocations .L'existence d'un clerg� form� et ordonn� pour un minist�re consacr� est un trait fondamental du catholicisme occidental .Or on assiste � l'effondrement de la courbe des vocations tant sacerdotales que religieuses et tant masculines que f�minines. Le clerg� et les ordres religieux n'assurent plus leur renouvellement r�gulier ( 40000 pr�tres en 1976, 27000 en 1993,  19000 en 2009 ).- La r�gression du cat�chisme et les progr�s de l'ignorance religieuse sont aussi un indice r�v�lateur de la baisse des pratiques religieuses .En 1960 9 petits fran�ais sur 10 suivaient des cours de cat�ch�se ( avec Premi�re communion !), aujourd'hui 43% seulement des fran�ais en �ge scolaire re�oivent une instruction religieuse et les cas d'enfants non baptis�s sans connaissance r�elle du christianisme sont devenus tr�s fr�quents

La disparition des traditions est aussi un trait caract�ristique du paysage religieux fran�ais contemporain. Les pratiques sacramentelles et surtout la confession sont en r�gression malgr� le commandement de l'�glise prescrivant une confession annuelle le jour de P�ques. Le pourcentage des catholiques r�guliers se confessant au moins 1 fois par mois est pass� de 23% en 1952 � moins de 1 % en 1990 .Ce constat globalement n�gatif concernant l'�tat du catholicisme en France ne doit pas occulter la p�rennit� d'une religion populaire dont les permanences sont massives .ces derni�res �clatent dans les expressions spontan�es du religieux en marge des rites codifi�s et des pratiques r�glement�es et selon des formes que ne contr�le pas l'institution. Parmi les indices r�v�lateurs de cette nouvelles tendance on peut citer l'importance du produit de la vente des cierges dans les ressources des paroisses ainsi que l'essor des p�lerinages traditionnels qui r�v�le une pi�t� distincte de la pi�t� r�guli�re.

Quelques sondages largement m�diatis�s sont r�v�lateurs :-Le lundi de P�ques 1989 lors d'une �mission de t�l�vision, � la question : "La religion a -t- elle repr�sent�e quelque chose pour vous � un moment donn� de votre existence ?", 60 % des personnes interrog�es ont r�pondu " oui ", - En 1986 dans un sondage pratiqu� sous l'�gide du journal "Le Monde " � la question : "Vous arrive-t-il de prier?", 11% des personnes interrog�es ont r�pondu tous les jours, 17% souvent, 29% rarement et pour 46% la pri�re est une attitude famili�re et 32% des non-pratiquants assurent prier souvent, - Un sondage organis� par le p�riodique "Le P�lerin" en 1986, 69% des personnes interrog�es d�clarent croire en Dieu, 12 % en J�sus et 24% en la Vierge Marie . Le catholicisme semble conna�tre en France, comme dans la plupart des pays occidentaux r�put�s s�cularis�s une mutation d�bouchant sur un courant de religiosit� �motionnelle � forte densit� communautaire qui met l'accent sur la qualit� de l'exp�rience int�rieure et sur l'implication affective du sujet . La religion pratiqu�e alors est celle d'un groupe volontaire qui implique de la part de l'int�ress� un engagement personnel , un lien tr�s fort entre la communaut� et chacun des ses membres et qui d�boucher sur des formes plus actives dans des communaut�s de disciples rassembl�e autour d'une personnalit� charismatique.

On se saurait terminer ce tableau sans �voquer les autres courants religieux qui animent la soci�t� fran�aise contemporaine.

L'Islam est la deuxi�me religion par ordre d'importance sur le territoire fran�ais avec 3 millions d'adeptes. Les fid�les sont majoritairement de nationalit� �trang�re (6 � 9% de r�sidents, 3% de la population fran�aise). La communaut� musulmane disposait de 2100 mosqu�es sont d�nombr�es en France en 2010. En 1985, il y en avait environ 900 et 5 en 1965.. Une �tude de l'INED publi�e en 2011 sous la direction de Patrick Simon estime � 2,1 millions le nombre de personnes �g�es de 18 � 50 ans qui se d�clarent musulmanes. Le minist�re de l'Int�rieur charg� des cultes a indiqu� en 2010 qu'il y a entre 5 et 6 millions de musulmans en France.

Aujourd�hui, on d�nombre entre 1,8 et 2,4 millions de fid�les en France dont 1,1 million appartenant aux �glises de la F�d�ration Protestante de France (FPF) et la F�d�ration �vang�lique de France (FEF).Les protestants repr�sentent traditionnellement environ 2% de la population fran�aise, m�me si un sondage les estimait � 1.5% en 1995. Un sondage plus r�cent (2009) r�vise toutefois cette estimation traditionnelle � 3%, ce que le sociologue Jean-Paul Willaime attribue � la croissance des mouvements �vang�liques. 25% des protestants fran�ais sont �vang�liques, 26% sont membres des �glises r�form�es et 19% sont luth�riens. 40% des protestants ont moins de 30 ans.

La communaut� juive �tait estim�e en 1970 � 530000 personnes. Apr�s une longue p�riode de stabilit�, elle serait actuellement de 483500, en d�clin. Le mariage mixte en est certainement une des causes les plus �videntes. Elle forme la troisi�me diaspora mondiale gr�ce � un gros apport d'origine nord-africaine.

Enfin 30000 � 40000 personnes se r�partissent dans les " nouvelles sectes ".

Comment le concept de "tourisme religieux" est-il per�u par les repr�sentants des cinq grandes religions pratiqu�s en France ( catholicisme, protestantisme, Islam, juda�sme et bouddhisme)? De fa�on simplificatrice, pour ne pas dire r�ductrice, on peut dire qu'il existe deux grandes tendances :

-Les religions pour lesquelles le concept de p�lerinage et de retraite fait partie int�grante de la pratique de la religion (les catholiques, les musulmans et les bouddhistes). Ces religions, et en particulier la religion catholique en France, ont mis sur pied toute une organisation pour encourager et faciliter cette pratique.

-Les religions pour lesquelles le concept de "p�lerinage" n'existe pas mais dont les adeptes pratiquent n�anmoins une forme de tourisme li�e � la religion , ou plut�t � l'histoire de la pratique de cette religion. Les juifs et les protestants visitent les sites qui ont marqu� l'histoire de leurs coreligionnaires : lieux de m�moire qui sont en g�n�ral des lieux de pers�cutions.
 

 

I -HISTORIQUE DES PELERINAGES

L'histoire des p�lerinages est aussi longue que celle de l'histoire des religions. Ce ph�nom�ne paraissait d�j� dans les rites des religions les plus primitives ( avec une assignation des lieux saints et le culte des divinit�s ) .

L' Homme , du moins celui que nous percevons le mieux : l'homme de notre esp�ce ( homo sapiens ) a une conscience aigue du Sacr� .L'exp�rience du sacr� fait intrins�quement partie de l'exp�rience humaine , elle est ancr�e au plus profond de notre m�moire. Ce sens du sacr� est associ� � une manifestation : le rituel .Le rituel pr�c�de la croyance et lui survit . Les premiers p�lerinages surviennent probablement au N�olithique , p�riode pour laquelle on dispose de t�moignages indiscutables de d�placements de personnes pour des motifs d'ordre religieux . Ainsi parmi les monuments m�galithiques , les dolmens sont des s�pultures mais aussi de v�ritables monuments cultuels . Dans les Alpes-Maritimes la Vall�e des Merveilles et le site du Mont Bego ( Parc National du Mercantour ) �voque un vaste sanctuaire en plein air .

L'histoire des p�lerinages est aussi ancienne et longue que celles des religions et elle a �t� tr�s certainement favoris�e par l'existence de grandes routes commerciales (la Route de la Soie en Extr�me-Orient ou la Route de l'Encens en Arabie). Le p�lerinage est aussi l'une des plus vieilles formes de migration touristique . Son fort d�veloppement actuel concerne toutes les religions . On estime le nombre annuel de p�lerins � 130 millions dont 90 millions de chr�tiens ( soit 70% du total ).Les 40 millions restants se partageant entre l'islam , le bouddhisme et l'hindouisme .

 

 

Tout p�lerinage se place dans une exp�rience religieuse sp�cifique: l ' exp�rience du Salut . Au niveau le plus bas on attend du p�lerinage la gu�rison d'un mal ou l'obtention d'une faveur , au niveau le plus �lev� on esp�re une rencontre avec la divinit� ( bhakthi indienne , myst�res d ' Eleusis, vision de la Gloire de Yhav� dans le temple de J�rusalem, rencontre du Christ dans l'Eucharistie , etc ... ).Il arrive souvent que l'origine d'un p�lerinage demeure inconnue . Quelques p�lerinages sont li�s aux origines m�mes d'une religion , d'autres � des �v�nements survenus bien apr�s sa naissance ( exemples : Lourdes ( France ) et Fatima ( Portugal )).Certaines religions favorisent les p�lerinages surtout celles qui attachent une grande importance aux r�unions de leurs adeptes et aux formes ext�rieures du culte. Presque toutes accordent une grande attention aux p�lerinages effectu�s pour des raisons de p�nitence , de gr�ce sp�ciale , pour expier ses p�ch�s, � La majorit� des p�lerinages a toujours eu un caract�re local ou r�gional et une minorit� seulement rev�t un caract�re international marqu� . Ces p�lerinages, et surtout les plus grands ont fr�quemment provoqu� des bouleversements profonds dans la structure fonctionnelle des localit�s concern�es. D�s qu'il y a p�lerinage il y a manifestation du Sacr� ce qu'un historien appelle une hi�rophanie. Trois �l�ments interviennent dans une hi�rophanie :-un objet pris dans la vie quotidienne,-la R�alit� myst�rieuse, invisible et transcendante, - l'objet m�diateur sorti de l'usage profane et rev�tu de sacralit� .

Tout p�lerinage se situe dans un contexte hi�rophanique. Dans tout p�lerinage l'espace sacr� constitue un �l�ment essentiel. Les p�lerins empruntent des routes parsem�es d'emb�ches qui doivent les conduire vers des lieux sacr�s o� ils rencontreront le Divin .Ces lieux peuvent �tre des sources ou des fleuves ( r�le purificateur et r�g�n�rateur de l'eau ), des sommets de montagnes, (rencontres avec le Ciel ), des portions de territoires consacr�s par la pr�sence d'un fondateur religieux ou d'une th�ophanie particuli�re (le Mont des Oliviers ou le Mont Sina� par exemple). Les lieux de p�lerinage ont des caract�res vari�s selon les religions ou encore selon les superstitions locales ou tribales .

Dans le Christianisme, surtout l'�glise catholique romaine , la majorit� des p�lerins voyage vers des sanctuaires o� se trouvent des images ou des sculptures connues pour les gr�ces qu'elles donnent (surtout la Vierge Marie ) ou dans des lieux d'apparitions miraculeuses ou vers les tombeaux de saints personnages. Quant aux musulmans ils voyagent surtout pour voir la Kaaba ( � la Mekke ) mais aussi vers les tombeaux des saints et des martyrs ( wali : l'ami de Dieu ).Dans l'Hindouisme les p�lerins visitent surtout des lieux saints .C'est sur les lieux situ�s au bord des rivi�res et des fleuves que les pratiques religieuses ont consid�r�es comme les plus efficaces .Les p�lerins y descendent par un escalier sp�cial : le ghat .

 

Le sanctuaire d'Apollon � Delphes ( Gr�ce )

 

L'Antiquit�

Cette p�riode conna�t d'importants p�lerinages. En �gypte � certaines p�riodes de l'ann�e des foules de p�lerins se dirigeaient vers les temples. Parmi eux le temple d 'Osiris � Abydos �tait le lieu de rassemblement de milliers de p�lerins qui y venaient par le Nil. Jusqu'� plus de 700000 p�lerins selon H�rodote .En Gr�ce une des plus vieilles f�tes celle d 'Olympie en l'honneur de Zeus �tait c�l�br�e tous les 4 ans depuis le VIIIe si�cle avant J.C. L'une des formes d'adoration les plus populaires consistait en comp�titions artistiques et sportives .Cette f�te li�e � des jeux qui duraient 5 jours attirait des dizaines de milliers de fid�les venus de tout le monde grec. D'autres sanctuaires �taient des sites de p�lerinage connus : Delphes en l'honneur d'Apollon, Corinthe vou� � Pos�idon, N�m�e � Zeus, etc �Dans la p�riode pr�- chr�tienne de nombreux isra�lites voyageaient vers J�rusalem � l'occasion des principales f�tes juda�ques : celle des Azymes ( Mazzoth), de P�ques ( Pesach ), des tabernacles ( Sukkoth ). Les caravanes de p�lerins amenaient de 150000 � 1 million de personnes selon les sources .

La fin de la p�riode antique voit na�tre et se d�velopper les premiers p�lerinages chr�tiens. Sous le r�gne de Constantin Ier Le Grand (306-337 ), le christianisme devint la religion dominante de l ' Empire ( Edit de Milan de 317 ). Les destination et les motivations des p�lerinages chang�rent .Des visites furent organis�es sur les lieux de la vie de J�sus ainsi que sur les lieux de martyr des ap�tres et des confesseurs. Jusque vers la fin du IV e si�cle les p�lerins voyageaient surtout en Terre Sainte . Dans la promotion du p�lerinage vers J�rusalem un r�le essentiel fut tenue par l'imp�ratrice H�l�ne, la m�re de Constantin , qui visita la Palestine en 326. Le point culminant de son voyage fut la d�couverte de la sainte Croix sur le Golgotha .


 

J�rusalem : le Mur des Lamentations , au premier plan , et le D�me du Rocher

 

D�s cette �poque l'id�e du p�lerinage en Terre Sainte devint populaire dans tout l ' Empire. La voie terrestre �tait la plus utilis�e car les voyageurs b�n�ficiaient d'un r�seau routier �quip� d'abris et d'auberges : celui destin� et emprunt� par les postes imp�riales. Plus rares �taient les p�lerins qui choisissaient la voie de mer, plus risqu�e, ou le voyage combin� terre/mer . En Palestine un r�seau sp�cial de g�tes fut construit pour les p�lerins chr�tiens et le Concile de Nic�e ( 325 ) recommande la construction et l'entretien d'h�bergements surtout dans les monast�res. "A contrario " le p�lerinage vers Rome ne se d�veloppa que lentement.

Aux Indes beaucoup de lieux saints sont attest�s d�s l'Antiquit� .Un des plus anciens est Varanasi (l'ancienne Kas'i), lieu de p�lerinage des hindouistes puis des bouddhistes .Deux divinit�s y �taient v�n�r�es. La premi�re est sans nul doute Civa , dieu destructeur s'identifiant � la Mort et au temps mais aussi b�n�fique car il pr�sidait � la Cr�ation , � la sexualit� et � la procr�ation. Repr�sent� comme un asc�te, le corps couvert de cendres et assis en position de yoga et ador� � travers un symbole phallique : le linga. Autre divinit� g�n�ratrice de p�lerinages : Vishnu aux quatre attributs : la conque, le disque, la massue et le disque .C'est un dieu dormant repr�sent� couch� sur l'oc�an du Chaos .R�guli�rement il �met de son nombril un lotus d'o� surgit Brahman pour cr�er un univers nouveau. En Arabie dans la p�riode pr� - islamique La Mekke est d�j� un lieu de p�lerinage important qui s'est d�velopp� autour de la source Zemzem et d'un vieux lieu de culte : la Kaaba .

LE MOYEN AGE

En Europe le Moyen-�ge se traduit par une floraison de p�lerinages et la naissance de plusieurs lieux saints. Pour cr�er un centre de p�lerinage il fallait poss�der des reliques d'un saint. La possession et l'exposition de ces reliques d�cidaient des revenus des protecteurs des sanctuaires et elle fut � l'origine du commerce des reliques n� dans les pays m�diterran�ens et qui se d�veloppa rapidement vers le nord en s'�panouissant durant toute la p�riode m�di�vale . Le d�veloppement des p�lerinages fut � l'origine de l'implantation d'un r�seau de routes , de ponts et d'abris pour les p�lerins. Des guides ( itineris ) furent publi�s � l'intention des p�lerins. L'accroissement des d�placements de personnes dans tout l'Occident chr�tien intensifia les �changes de biens de culture et d'art. Des �difices monumentaux furent construits le long des routes de p�lerinage tandis que l'artisanat et les m�tiers artistiques connaissait un essor sans pr�c�dent . Le d�veloppement des p�lerinages joua un r�le notable dans le d�veloppement de l'art roman .

Le p�lerin est le personnage central de cette �poque. Etymologiquement le terme vient du latin " peregrinus " avec pour racine "per ager" ( qui signifie : passage de fronti�res � partir desquels le voyageur devient un �tranger dans un pays qui n'est plus le sien, mais qui peut aussi signifier " � travers champs " ). Trois �l�ments sont constitutifs du p�lerinage : a - le p�lerin : il chemine au physique et au moral sur une route qui n'est pas celle de tous les jours , b - la route : c'est une rupture par rapport � ce que le p�lerin vit d'ordinaire .Elle lui impose d�tachements et sacrifices mais elle �largit son horizon , c - le lieu saint vers lequel il se dirige et qui est le but premier .

Le p�lerin se distingue par le port d'insignes sp�cifiques : le bourdon (b�ton de p�lerin (baculus en latin) ) et la besace (pera ou capsella: sac en bandouli�re ) . Ces insignes sont re�us de l'�v�que et b�nis avant le d�part . Cette b�n�diction place le p�lerin sous la protection divine et cr�e un �tat celui de p�lerin , dont un groupe juridiquement organis� ( "ordo peregrinorum").Un v�ritable droit international est cr�� concernant la protection du p�lerin dans sa personne ( au XI e si�cle Gr�goire XI menace d'excommunication celui qui frapperait un p�lerin ).Le p�lerin est prot�g� dans ses biens .Il est exempt de tonlieux et de p�ages, il est prot�g� contre les abus des transporteurs et des h�teliers. Beaucoup de ces p�lerins cheminaient � pied � cause de leur pauvret� ou pour se mortifier .Beaucoup aussi se groupaient (en suites pour les seigneurs et selon des liens de voisinage pour les gens du peuple) essentiellement pour des raisons de s�curit�. La pri�re , instant privil�gi� de la peregrinatio se place dans un cadre ritualis� avec parfois des veill�es ( nuit du samedi au dimanche ) et des attitudes de pri�re sp�cifiques (prosternation , attitude de l'orant : les yeux et les mains baiss�s vers le sol et � genoux et les mains jointes � partir du XIIIe si�cle ).

Dans l'Occident chr�tien le culte des saints semble l'emporter sur toutes les autres formes de pi�t�. Son volet le plus pris� est celui du culte des reliques car pour des la�cs illettr�s l'acc�s au tr�sor de l'�criture demeure ferm� , les richesses de la liturgie sont culturellement peu accessibles, l'asc�tisme monastique demeure un id�al difficile � atteindre et la port�e et le sens de la messe sont mal compris. Les saints offrent des mod�les proches, un secours imm�diat contre le Mal et une intercession puissante pour le salut de l'�me du pauvre p�cheur.

Tous consid�rent que les reliques conservent la puissance miraculeuse dont le saint dispose et le pouvoir d'agir sur Dieu. Cette toute-puissance des reliques prit des proportions consid�rables et suscit� des pratiques assez �loign�es de la d�votion d�sint�ress�e. Le caract�re surprenant de certaines de ces reliques ne doit pas choquer. La Foi en ce domaine touche � la cr�dulit� et elle est sans bornes en un temps o� les explications rationnelles n'ont pas cours .Parmi ces reliques les plus c�l�bres sont celles attribu�es au Christ (sauf la relique majeure : le corps disparu avec l'Ascension ! ) : v�tements, objets familiers , fragments des lieux o� le Christ a v�cu ( bouts de la croix, liens et clous du Calvaire, pierre du s�pulcre, suaire, �) .Le culte des reliques est un culte populaire qui s'impose � tous: il fait courir les foules et int�resse les princes .Les corps des saints passent pour renfermer des vertus extraordinaires (poss�der une relique c'est ma�triser � son profit la puissance du saint , " les reliques renferment une vertu , une gr�ce. Elles apportent la sant� partout o� elles se trouvent en Orient comme en Occident ") L'essentiel pour le p�lerin est de s'approcher le plus pr�s possible des reliques et d'entrer en contact mat�riel avec elles. Les c�r�monies d'�l�vation ou de translation leur en offrent souvent l'occasion. Les translations de corps saints donnent lieu � de vastes mouvements de foules, les fid�les esp�rent le fait prodigieux, hors du cours normal des choses qui leur rendra la sant� . Le miracle passe pour un signe de Dieu qui prouve la r�alit� de la R�v�lation. Le p�lerin cherche aussi � obtenir des reliques repr�sentatives c'est � dire des objets ou des liquides ayant touch� les reliques ( grattage du tombeau pour en retirer la poussi�re ou d�p�t sur la tombe d'objets divers (pain , vin , etc.. ).Un p�lerinage induit aussi des offrandes d'ex-voto . C'est la condition du " donnant - donnant ", le fid�le promet de donner au saint s'il est exauc� ( ex-voto : qui provient d'un v�u ( c'est � dire d'un don ) ). L'offrande peut avoir lieu avant ou apr�s le miracle .La valeur de l'ex-voto est variable ( pi�cettes , produits agricoles , vaisselles d'or , nappes d'autel, etc� ) et souvent symbolique ( le cierge votif qui repr�sente la personne implorant le saint ).


 

V�zelay

 

En Europe trois centres de p�lerinage dominent : Rome, la Terre Sainte et Saint Jacques de Compostelle .

Le mouvement de p�lerins est assez faible vers Rome jusque vers le VIIIe si�cle .Parmi les p�lerins on trouve des souverains de certains pays mais aussi des gens ais�s et des pauvres. La majorit� venait de France, d'Allemagne , d'Angleterre et de Scandinavie .Les flux de p�lerins s'intensifi�rent apr�s la proclamation de l'Ann�e sainte ( " Anno Sancto ") par le pape Boniface VIII en 1300.Lors de la premi�re ann�e Sainte 2 millions de p�lerins vinrent � Rome dans les d�cennies qui suivirent la fr�quentation annuelle du sanctuaire se stabilisa aux environs de 30000-50000 p�lerins .

Au d�but du Moyen Age les p�lerins pour la Terre Sainte �taient peu nombreux .La majorit� venait au moment des f�tes de P�ques. A l'�poque byzantine (395-636) le p�lerinage de l'imp�ratrice Eudoxie en 438 contribua � la construction de plusieurs sanctuaires � J�rusalem et � la reconstruction de la ville .Apr�s la courte p�riode de domination du pays par les Perses ( 614-628 ) , hostile aux chr�tiens , la r�gion passa sous le contr�le des arabes jusqu' en 1070. Ces derniers pratiqu�rent une politique de tol�rance religieuse (sauf durant la p�riode 1009-1020) et favoris�rent l'essor des p�lerinages chr�tiens vers J�rusalem.

En 1070 fut cr�� l'ordre des Hospitaliers de Saint Jean de J�rusalem (les Hospitaliers) dont le but �tait la protection des p�lerins et des malades .Les chr�tiens obtinrent le droit de poss�der � J�rusalem un quartier autour de la basilique du Saint S�pulcre .La situation en Palestine s'aggrava avec l'invasion des turcs seldjoukides en 1070-1090 qui pers�cut�rent les chr�tiens .Le p�lerinage devint une entreprise dangereuse et les p�lerins form�rent des groupes arm�s qui livraient souvent de sanglantes batailles contre les turcs .L'occupation turque de la terre Sainte et la g�n�ralisation des pers�cutions contre les chr�tiens furent � l'origine de l'organisation des Croisades d�s 1095.Ces derni�res furent consid�r�es comme un type sp�cial de p�lerinage : un p�lerinage guerrier ainsi qu'un p�lerinage collectif ( tous les participants ayant les m�mes droits ). En 1118fut cr�� l'ordre du temple ( les templiers ) qui se fixait une double vocation : la protection des p�lerins et la lutte contre les incroyants . Au terme de la Troisi�me Croisade ( 1189-1192 ) un arrangement fut conclu entre les occidentaux et le sultan Saladin permettant l'acc�s des p�lerins � J�rusalem, Bethl�em , Nazareth et les autres lieux saints de la Chr�tient� .A partir de cette date on note une alternance de p�riodes de tol�rance et de p�riodes de pers�cutions d'o� des flux irr�guliers de p�lerins vers la Terre Sainte .

Le p�lerinage de Saint Jacques de Compostelle en Galicie espagnole est li�e au d�veloppement du culte de Saint - Jacques - Le Majeur , ap�tre qui aurait propag� le christianisme en Espagne entre 33 et 43.Apr�s sa mort en Palestine en 44 son corps aurait �t� transport� en Galicie o� son tombeau fut miraculeusement retrouv� en 824 ou 835 pr�s de la ville de Iris Flavia par l'�v�que Th�odomir.La premi�re allusion � cette d�couverte est le martyrologue de Florus de Lyon ( 806-838 ). L'explication semble r�sider dans une erreur de retranscription imputable � un clerc du Haut- Moyen Age .Des textes apocryphes indiquent en effet que Saint- Jacques fut enseveli en Achaie : " in Achaia Marmarica " , d�form� en " in arca marmorica " ( dans un tombeau de marbre ) par un retranscripteur peu scrupuleux ou ignorant .Les reliques du saint furent enterr�es en un lieu appell� Liberum Donum sur lequel naquit un village : " Campus Apostoli " ou " Campus Stellae " . A cette �poque et depuis 711 l'Espagne se trouvait sous la domination des arabes. Ces derniers contr�laient au VIIIe si�cle tout le pays sauf les Asturies , le L�on et la Navarre. A la bataille de Clavijo en 844 les chr�tiens remportent une victoire en invoquant leur patron , Saint Jacques ( San Jago fut l'invocation cr��e durant la bataille ).Les p�lerinages vers le tombeau de Saint Jacques commenc�rent au IX e si�cle et un maximum d'affluence vers le sanctuaire est not� entre les XII-XIVe si�cles. Au XIIe si�cle un acte papal d�clara le site comme un des trois plus importants lieux saints pour les chr�tiens avec J�rusalem et Rome. Saint Jacques de Compostelle recevait alors pr�s de 500 000 p�lerins par an ce qui lui valut le surnom de " Mekke du christianisme ". Plusieurs routes convergeaient vers le sanctuaire y amenant des p�lerins venus de France mais aussi d'Allemagne , d'Italie , des Pays-Bas et d'Angleterre ( la route de Saint Jacques : " Magnum Iter Sancti Jacobi " r�sultant de la confluence de quatre voies : la via turonensis qui partait de Tours , la via lemovicensis qui partait du Limousin , la via podensis qui partait du Puy-en-Velay , la via tolosana qui partait de Toulouse ). Au bord des routes se d�velopp�rent des services pour les p�lerins ( g�tes ( " hostales " ou " fondes ") , comptoirs de change , magasins , etc�) . En 1161 l'ordre chevaleresque de Saint Jacques de l'Ep�e fut fond� pour la protection des p�lerins .Les effectifs du p�lerinage amorcent une d�crue lente mais continue � partir du XIVe si�cle.

D'autres centres de p�lerinage se d�velopp�rent dans l'Europe m�di�vale : en Italie ( Assise, Padoue, Lorette, �), en France ( Le Mont Saint-Michel, Le Puy-en-Velay, Rocamadour , �), en Suisse ( Einsiedeln) , en Pologne ( Gniezno et � partir du XIV e si�cle : la Jasna Gora � Czestochowa ) . Durant la p�riode m�di�vale le Mont Saint Michel est un des sites de p�lerinage les plus visit�s . Ses origines sont obscures .Sur le Mont Dol voisin du Mont Tombe (le futur Mont Saint Michel ) existait un temple d�di� � Mithra durant la p�riode gallo-romaine .En 708 l'archange Michel appara�t � l'�v�que d'Avranches Aubert et lui ordonne de b�tir un sanctuaire au sommet du Mont Tombe . L'�glise est consacr�e en 708. A partir du X e si�cle les donations pieuses se multiplient et une magnifique abbaye est construite au sommet de l'�minence naturelle .Des p�lerins illustres viennent se recueillir dans ce sanctuaire ( Henri II d'Angleterre en 1158 et 1166, Saint Louis en 1256 , Philippe Le Bel et Philippe V Le Long , etc� ). Le Mont a aussi son r�seau de routes de p�lerinages ( les " chemins du paradis " ) jalonn�es d'�tablissements religieux et charitables) . Un autre site de p�lerinage tr�s c�l�bre est Notre Dame de Rocamadour vers la fin du XIIe si�cle. La premi�re mention de ce site se retrouve dans des documents dat�s de la fin XIe/ d�but XIIe si�cle. Le p�lerinage n'a qu'une audience limit�e lorsque les moines de Tulle reprennent l'abbaye et l'embellissent en 1113-1123. La date cl� est 1166 .On d�couvre le corps d'un ermite inconnu enseveli dans le roc pr�s de la chapelle .On y voit la d�pouille de Amadour ,serviteur de la Vierge Marie et pass� en gaule apr�s l'Assomption. De grands chemins de p�lerinage se mettent en place qui convergent vers Rocamadour .Le plus connu est la voie mariale Le Puy- Rocamadour jalonn� d'�glises d�di�es � la Vierge ( Saint-Flour , Aurillac , etc�).

En dehors de l'Europe on note la continuation des p�lerinages hindouistes et bouddhistes en Inde et en Asie du Sud - Est. Entre les IXe et XIIe si�cles la tradition des p�lerinages bouddhistes se propagea de l'Inde vers la Chine et le Japon .En Arabie au VIIe si�cle la position de La Mekke est confort�e car la ville est reconnue par les musulmans comme le point central du Monde. Son essor se produit surtout entre le VIIIe et le Xe si�cle et il est renforc� par le r�le de plaque tournante des pistes caravani�res que remplit la ville ( convergence vers La Mekke des routes de caravanes du Y�men (avant le XIIIe si�cle ) , de l'Egypte et de la Syrie ( � partir du XIIIe si�cle).

LES TEMPS MODERNES ET L'�POQUE CONTEMPORAINE

Cette p�riode se caract�rise par un relatif d�clin des grands p�lerinages internationaux. Ceux de Rome et de Terre sainte subsistent mais seulement pour les " ann�es saintes ". Leurs dimensions sont plus petites . De mani�re g�n�rale on note en Europe une diminution du nombre des p�lerins. Ainsi � Saint Jacques de Compostelle les p�lerins ne sont plus que 30000 par an au milieu du XIXe si�cle. Les causes de ce changement sont nombreuses : le Si�cle des Lumi�res mais aussi la pr�sence de lieux saints d'audience locale ou r�gionale dans de nombreux pays.

Rares sont les lieux de p�lerinage qui parviennent � conserver une dimension internationale, ce sont surtout des localit�s li�es au culte de la Vierge Marie apr�s le Concile de Trente ( 1545 -1563 ). Au milieu du XVIIe si�cle on compte 1200 lieux de p�lerinages mariaux en Europe dont 330 en Italie, 300 en Allemagne, 200 dans la p�ninsule ib�rique et 70 en France . 

Ces effectifs enregistrent une baise significative au milieu du XVIIIe si�cle o� on ne compte plus que 100 localit�s mariales en Italie, 100 en Allemagne, 80 en France, 50 en Espagne et 25 en Pologne. Beaucoup de ces centres sont maintenant oubli�s.

Le XIXe si�cle voit s'effectuer une spectaculaire renaissance des p�lerinages mariaux . Pass� la tourmente r�volutionnaire et la chute de l'Empereur, une paix durable semble s'installer en Europe . Ce r�veil se place aussi dans le contexte historique de l'ultramontanisme triomphant qui marque l'av�nement du pape Pie IX en 1846. Cette doctrine red�couvre le r�le central et moteur de la papaut� et elle est � l'origine d'un vif r�veil de la pi�t� gr�ce � la popularit� des �uvres de saint Alphonse de Liguori, grand ap�tre du culte marial au XVIII e si�cle .En France de nombreux ordres religieux se reconstituent durant cette p�riode ( dominicains, j�suites, capu�ins, r�demptoristes, etc � ) .Ils contribuent � relancer les grands p�lerinages r�gionaux comme celui de Notre - Dame des Lumi�res � Goult dans le Lub�ron qui rena�t gr�ce aux Oblats de Marie Immacul�e en 1837-1840. A l'imitation de Goult de nombreux p�lerinages locaux renaissent sur tout le territoire ainsi en Bretagne o� les innombrables pardons reprennent vie, les pr�fets ayant autoris� les processions d�s 1801.Le plus connu est celui de Sainte - Anne - d' Auray. D�s 1815 des p�lerinages rassemblant jusqu'� 40 paroisses y ont lieu chaque �t� . En 1818 le site accueille 40000 p�lerins . Parmi les autres circonstances favorables il faut noter le d�veloppement du rail � partir de 1848 ainsi que la faveur des gouvernements ( libert� laiss�e � la Presse , participation d'officiels aux processions , etc�).

L'affaire de Notre Dame de La Salette va renforcer la dominante mariale des p�lerinages . Le 19 septembre 1846 la Vierge Marie appara�t � deux jeunes bergers : M�lanie Calvat et Maxime Giraud � La Salette dans les Alpes ( Is�re ).La Vierge , en larmes , annonce le ch�timent de plusieurs nations et confie des secrets aux deux jeunes voyants. De violentes pol�miques s'engagent sur la r�alit� de ces apparitions .Le 19 septembre 1851 l'�v�que de Grenoble De Bruillard d�clare l'apparition authentique et il b�nit le 25 mai 1852 la premi�re pierre de la basilique. D�s 1853 plus de 50 000 p�lerins se pressent � La Salette qui devient un des premiers centres nationaux de p�lerinage dans la France de la premi�re moiti� du XIXe si�cle. Sa popularit� est telle que des " p�lerinages - satellites " s'installent dans le pays ( en 1876 une dizaine de p�lerinages d�di�s � "la Vierge qui pleure" existent dans toute la r�gion ) .
 

Basilique de Lourdes (France)

 

A Lourdes entre le 11 f�vrier et le 4 mars 1858 Bernadette Soubirous s'entretient en 18 occasions avec la Vierge. L'�v�que de Tarbes conclue � la r�alit� des apparitions et Lourdes devient un lieu de pri�res collectives et de p�lerinages .Ces mouvements de foule r�pondent aux v�ux de marie qui ,aurait d�clar� le 2 mars 1858 � Bernadette : "Allez dire aux pr�tres qu'on vienne en procession et qu'on y construise une chapelle". Un p�lerinage " en ordre dispers� " existe d�s le d�but des ph�nom�nes d'apparition mais le coup d'envoi officiel en est donn� le 4 avril 1864 par une procession organis�e vers la grotte de Massabielle .

L'�v�nement est marqu� par la b�n�diction de la statue de Notre-Dame de Lourdes due au sculpteur Fabisch . 20000 personnes assistent � la c�r�monie dont beaucoup sont originaires du Bigorre ainsi que quelques anglais r�sidants dans les stations climatiques et thermales voisines. Le 9 avril 1866 la ligne Tarbes Lourdes est mise en service. Le d�senclavement de Lourdes cons�cutif � cet �v�nement jouera un r�le majeur dans l'internationalisation progressive du p�lerinage. 40000 p�lerins arrivent � Lourdes en mai dont 3700 sont venus par le rail et une premi�re messe est c�l�br�e dans la Grotte. En 1867 12 trains sp�ciaux d'au moins 1000 p�lerins chacun s'y arr�tent . 70 � 80 caisses d'eau en partent chaque jour .Les premi�res gu�risons sont en effet survenus dont celle de Fran�oise Pailh�s , une ouvri�re de Maquens, un petit village de l'Aude. En 1869-1870 le p�lerinage s'intensifie : des p�lerins de Toulouse et Montauban viennent � Lourdes en 1869 , de Lyon , de Nantes , de Paris et de la Belgique en 1870.

La p�riode 1846-1890 est appel�e le " Temps des Madones " par les sp�cialistes de l'histoire religieuse contemporaine . La d�votion � la Vierge Marie y conna�t en effet une flamb�e spectaculaire : en France 592 grands sanctuaires r�gionaux sont vou�s � la Vierge , 12 dioc�ses en comptent 10 et plus dont 18 � Quimper , 15 � Saint-Brieuc et 14 � Vannes . Ce courant s'intensifie au del� des ann�es 1870. En 1872 178 trains sp�ciaux am�nent � Lourdes 119000 personnes tandis qu'un rituel appropri� se met en place (la procession des banni�res : 252 banni�res repr�sentant les provinces de France , celle d'Alsace -Lorraine �tant voil�e d'un cr�te (!!)). En 1873 Lourdes re�oit 213 trains sp�ciaux soit 140 000 p�lerins venant de 47 dioc�ses de France .La m�me ann�e le Conseil G�n�ral des P�lerinages �dite un organe hebdomadaire , "Le P�lerin" .C'est une feuille tr�s pieuse et tr�s populaire donnant des avis sur les p�lerinages. Cette pratique des p�lerinages mariaux va demeurer tr�s vivace jusqu'en 1914.

Apr�s un faible d�veloppement des p�lerinages durant la p�riode 1945-1970 on observa une nouvelle p�riode de croissance surtout dans le Monde chr�tien et une augmentation notable de la fr�quentation des grands sanctuaires . Au XXe si�cle les sites de p�lerinages les plus importants sont Le Vatican , Lourdes , Czestochowa (Jasna Gora) et Fatima en Europe , Guadalupe au Mexique pour l'Am�rique du Nord et Lujan en Argentine pour l'Am�rique du Sud et Goa ( Inde ) en Asie . Un d�veloppement rapide de ces p�lerinages s'est r�alis� sous le pontificat de Jean-Paul II .

Aujourd'hui en Europe on trouve d'abord : a-des sanctuaires qui re�oivent annuellement plusieurs centaines de p�lerins (Notre- Dame de Garaison (Tarbes) , Notre- Dame de Bethl�em ( Toulouse), Notre- Dame de La Route (Orl�ans) , Notre- Dame des Miracles ( Saint-Omer ), etc�Leur rayonnement est essentiellement local. b- Une deuxi�me cat�gorie peut regrouper les sanctuaires qui accueillent plusieurs dizaines de milliers de personnes : Notre- Dame de Pi�tat ( Tarbes ) , Notre- Dame du Ch�ne (Le Mans), Notre- Dame du Suc (Montpellier ), etc � S'ajoutent aussi les sanctuaires du dioc�se de Quimper o� se tiennent les grands pardons (Le Folgoet , Sainte Anne La Palud, Notre- Dame de Rumengol ) , le p�lerinage de La Trom�nie et en Provence la Sainte- Baume pr�s de Saint- Maximin et les Sainte-Marie de La Mer ( p�lerinage des gitans , le 24 mai ).c - Viennent enfin les centres o� se succ�dent des centaines de milliers de p�lerins venus de France et souvent du Monde entier : Notre- Dame de La Salette ( 150000 ), Notre- Dame du Bon rem�de � l'abbaye du Frogolet pr�s de Tarascon ( 300000 ), Paray Le Monial ( 700000 ) , Notre-Dame de Rocamadour ( 1 million ) , Le Mont Saint-Michel ( plus de 1 million au pied du Mont et 1 million dans l'�glise paroissiale ) , Notre -Dame de Chartres ( 1 million ) , Notre- Dame du Puy ( 600 000), Sainte- Anne d'Auray ( 900 000 visiteurs dont 500 000 p�lerins) , etc� ( Ces sites doivent �tre connus et pouvoir �tre situ�s sur un fond de carte muet de la France , N.D.A )

 On peut inclure aussi dans cette cat�gorie des p�lerinages plus strictement urbains comme Notre- Dame de Fourvi�re � Lyon ( 700000 ) et Notre- Dame de La Garde � Marseille (800000) , la chapelle de la m�daille miraculeuse , rue du bas � paris ( 2700 p�lerins par jour en moyenne , 1 million par an) ou la basilique du Sacr�-C�ur � Montmartre (3 millions de visiteurs par an).


 

Basilique de Czestochowa ( Pologne )
 

Les autres pays d'Europe sont parsem�s de sanctuaires dont on doit retenir les plus fr�quent�s. En Pologne le lieu de p�lerinage le plus fr�quent� est la Jasna - Gora (" la claire montagne" ) au sanctuaire de Czestochewa . Ce site incarne depuis le XV e si�cle l'ind�pendance de la Pologne. Il abrite une ic�ne de la Vierge Noire , probablement du XIV e- XV e si�cles mais que la tradition veut beaucoup plus ancienne . Les p�lerins les plus illustres y sont venus se recueillir : le futur Pie IX , Achille Ratti, alors nonce de Varsovie , le futur Jean XXII, Guiseppe Roncalli , Paul VI et Jean-Paul II ( pour le 600 e anniversaire de l'arriv�e en Pologne de la sainte Ic�ne le 26 ao�t 1982 ).

Dans la p�ninsule ib�rique le XIX e si�cle avait vu un d�clin du p�lerinage de Saint Jacques de Compostelle d'autant qu ' historiens et arch�ologiques �taient r�serv�s sinon r�ticents sur l'authenticit� du tombeau de Saint Jacques . A la fin du XIX e si�cle � l'occasion de travaux de restauration entrepris dans la basilique on d�couvrir une tombe avec les ossements de trois squelettes masculins (janvier 1879).En 1884 un bref pontifical du pape L�on XIII reconnut l'authenticit� des reliques .Des recherches plus r�centes ( 1955 -1960 ) ont mis au jour le tombeau de l'�v�que Th�odomir, l'inventeur des reliques de Saint Jacques au IXe si�cle


 

La cath�drale  de Saint Jacques de Compostelle ( Espagne )
 

 

L'ensemble de ces donn�es a permis une r�habilitation du sanctuaire et un nouvel essor du p�lerinage. La route des p�lerins du Moyen- Age semble avoir retrouv� son attrait sur des gens extr�mement divers, de toutes confessions et nationalit�s et depuis 1976 on assiste � une recrudescence des p�lerinages p�destres et cavaliers. Les statistiques concernant les " Ann�es Saintes " de Saint Jacques sont r�v�latrices : 1965 : 4,5 millions/1971 : 5,4 millions/1976 : 6 millions. La majeure partie de ces p�lerins sont espagnols mais on compte aussi 1 million de p�lerins �trangers dont des fran�ais, des portugais, des allemands , des italiens , etc�

Au Portugal l'ensemble des p�lerinages est �clips� par celui de Fatima depuis 1917. Le sanctuaire marial de la Combe d'Iria o� la Vierge Marie apparut � trois petits bergers et leur d�livra un message de p�nitence conna�t depuis 1920 une affluence consid�rable . Les p�lerinages successifs de Paul VI et Jean-Paul II ont renforc� l'audience internationale du site. Avec plus de 2 millions de p�lerins par an Fatima se classe parmi les plus grands p�lerinages du Monde.

 

Basilique de Fatima ( Portugal )

 

En Italie Rome attire le plus grand nombre de p�lerins. Un autre grand centre de p�lerinage est Assise o� plus de 600 000 personnes viennent chaque ann�e se recueillir sur les tombeaux de Saint Fran�ois et de Sainte Claire. A Lorette les p�lerins viennent visiter la Santa Casa. On peut aussi citer Sainte Catherine � Sienne, Saint Antoine � Padoue, Sainte Rita � Cascia en Ombrie. A Naples les visiteurs affluent lors des ostensions de Saint Janvier, le 19 septembre et le samedi pr�c�dant le dimanche de mai, dans l'espoir d'assister au miracle de la liqu�faction du sang du martyr contenu dans deux ampoules herm�tiquement closes .

Hors des fronti�res de l'Europe quelques p�lerinages chr�tiens doivent retenir l'attention . Le plus connu est celui de Notre-Dame de Guadalupe � Mexico. La Vierge Marie y serait apparue � un indien, Juan Diego , en d�cembre 1531 sur la colline de Tepeyac, sous les traits d'une femme m�tisse en attente d'un enfant . L'indig�ne avertit aussit�t l'�v�que Zumarraga du d�sir de la Vierge marie de voir �difi� un sanctuaire sur la colline. L'�v�que fut convaincu du message en apercevant la figure de la Vierge Marie imprim�e grandeur nature sur le manteau de l'indien. Ce manteau est encore conserv� dans la basilique. Aujourd'hui on estime � plus de 10 millions le nombre annuel de p�lerins qui afflue vers le sanctuaire. En Colombie un p�lerinage a commenc� � la fin du XVI e si�cle : El Senor de los Milagros ( "le Christ des Miracles " ) au milieu de la ville de Buga dans la vall�e Del Cauca au c�ur de la Cordill�re Centrale . Vers la basilique actuelle achev�e en 1907, le renom des gu�risons miraculeuses attire plus de 800 000 p�lerins par an .

Parmi les p�lerinages non-chr�tiens celui de la Mekke ( "hajj " ) offre toujours le m�me attrait . Ce p�lerinage provoque aussi une des plus importantes migrations touristiques du Monde par ses dimensions et par son caract�re stable. Dans le courant des si�cles des millions de musulmans sont venus en p�lerins � la Ville Sainte arrivant de tous les pays d'Islam. En Afrique le voyage vers La Mekke et son retour duraient tr�s longtemps, parfois jusqu'� 8 ans. Le musulman d'Afrique Centrale, le participant de "hajj", voyageait commun�ment de 1 � 3 ans, celui d'Afrique Occidentale jusqu'� 7-8 ans. Il y avait toujours de dizaines de milliers de p�lerins sur les routes vers La Mekke . La Mekke est visit�e aujourd'hui par plus de 800 000 p�lerins �trangers et par 1 million d'habitants de l'Arabie saoudite.


 

La Mekke ( Arabie Saoudite )

 

Dans l'Islam les p�lerinages vers les tombeaux des saints sont aussi tr�s populaires Quelques uns d'entre eux r�p�t�es plusieurs fois sont consid�r�s comme l'�quivalent d'un p�lerinage � La Mekke et ont un rayonnement qui d�passe leur r�gion.

Mais la majorit� de ces p�lerinages a un caract�re r�gional ou local et ils sont g�n�ralement limit�s aux fid�les d'une secte particuli�re de l'Islam, comme c'est le cas pour les p�lerinages vers les lieux saints des Chiites .Ces p�lerinages locaux sont les plus fr�quent�s dans les pays d'Islam o� la majorit� de la population n'a pas les moyens financiers d'effectuer le p�lerinage � La Mekke . Les "voyages saints " sont alors limit�s aux "ziyarah ".Cette situation est typique de l'Afrique et le Maroc est un exemple de pays o� sont tr�s nombreux les p�lerinages vers les " marabouts " . Des p�lerinages du m�me type mais � une �chelle moindre, existent aussi en Indon�sie , surtout � Java et Sumatra ainsi qu'en Inde .


 

B�nar�s ( Inde ) . Bain rituel dans le Gange

 

Dans l'hindouisme les p�lerins vont vers des lieux saints ( "thirthas" ) et les p�lerinages sont une des formes de la vie religieuse parmi les plus pratiqu�es par les habitants de l'Inde. Les " thirthas " sont situ�s sur les rivi�res saintes ( Gange, Sindhu, Saravasti, Yamuna , Narmada, Godavari, Kaveri) .Dans la majorit� des lieux saints la divinit� principale est Civa ( 53 localit�s sur 142 ) ou Vishnu ( 43 ). L'Inde est sillonn�e par 12 grandes routes de p�lerinages traversant tout le pays .

Les principaux centres de p�lerinages sont les "Sept Villes" (Saptapuri, Varanasi, Ayodhya, Math�ra, Harvar, Kanci, Ujjain, Dv�rak�). Celle de Varanasi est la plus importante avec ses 1500 temples hindouistes , bouddhistes et islamiques qui re�oivent 2 � 3 millions de p�lerins chaque ann�e .Le nombre annuel des p�lerins � Hardvar se monte � 2 millions environ .Un centre important de p�lerinage est aussi Allahabad , visit� par 1 million de p�lerins en p�riode normale mais pendant la grande f�te du Kumbh-M�la c�l�br�e tous les 12 ans la fr�quentation peut atteindre 10 millions de p�lerins ( chiffres de 1977 ).

Dans le bouddhisme les p�lerinages se font vers les localit�s li�es � la vie et � l'activit� du Bouddha.Ce sont : Lumbini (aujourd'hui Rummindei pr�s de Kapilavastu ), le lieu de sa naissance ; Bodh-Gaya pr�s de Gaya le lieu de l' " illumination "; Sarnath pr�s de Varanasi , le lieu de son premier sermon ; Ku�ingara au nord de Varanasi le lieu de sa mort. Parmi les autres lieux saints du bouddhisme il faut citer : Kandi ( Sri-Lanka ) o� l'on conserve la fameuse dent du Bouddha , le N�pal , le Tibet (Lhassa ) et plus de 110 sanctuaires au Japon dans l'�le de Shikoku et dans les provinces occidentales ( Saikoku ).

A l'�chelle mondiale et pour l'ensemble des grandes religions on distingue 4 grands sites de p�lerinages : 1-les grands centres sp�cialis�s, villes-sanctuaires, cit�s de temples avec un rayonnement le plus souvent international et une fonction religieuse de p�lerinage sp�cialis� qui constitue la fonction socio-�conomique dominante (Lourdes, Fatima, La Mekke, Varanasi , etc� ) . Souvent toute l'infrastructure sociale de ces localit�s est en relation avec les services destin�s aux p�lerins, alors ces lieux sont souvent aussi appel�s "villes-h�tels " (ex. Lourdes avec 18 000 habitants, 420 h�tels avec 18000 chambres et 30000 lits, 15000 villas � louer ). 2- les grands centres de p�lerinage toujours de rayonnement international et o la fonction religieuse est au moins �quivalente aux autres qu'il s'agisse de l'administration ou de l'industrie ( ex. : Czestochowa, Le Puy-en-Velay, Mariazell, Mont- Saint - Michel , etc � ). 3- Les centres de p�lerinage avec des zones d'influence le plus souvent nationale et o� la fonction religieuse de p�lerinage constitue une fonction parmi d'autres. 4- Les petits centres de p�lerinage dont le rayonnement est d'ordinaire r�gional ou local et dont la fonction religieuse de p�lerinage est secondaire ou compl�mentaire. Quelques unes d'entre eux peuvent avoir un caract�re saisonnier, surtout en Afrique et en Am�rique du Sud.

 

II - LE TOURISME RELIGIEUX EN FRANCE AUJOURD'HUI

Pour les acteurs de l'industrie touristique le tourisme religieux est une nouvelle d�nomination des "p�lerinages" puisque ceux-ci entra�nent des flux �conomiques au m�me titre que le tourisme baln�aire , le tourisme d'affaires ou le tourisme thermal. Pour d'autres la religion ne peut �tre tourisme puisqu'il s'agit d'un engagement religieux et non d'un voyeurisme tel celui des premiers touristes aristocrates anglais effectuant le "Grand Tour". Pour certains auteurs tourisme et p�lerinage sont deux conceptions oppos�es du Monde : " le p�lerinage est un chemin vers le Moi profond, vers quelque chose , vers quelque lieu,vers quelqu'un qui nous aide � retrouver le sens de notre exp�rience vitale, � en retrouver le sens (�) Pour qu'une visite puisse �tre consid�r�e comme p�lerinage, il faut qu'elle soit faite dans une intention d�votieuse. Une simple halte de curiosit� , une excursion touristique n'y suffisent point. Le p�lerinage requiert une volont� de v�n�ration qui est la marque essentielle de l'effusion spirituelle (�) " ( ROUSSEL , 1992 )

Diff�rent le tourisme est une �vasion hors de soi , c'est une chemin � la recherche du pittoresque , du curieux , des moyens de se distraire et qui par d�finition n'a rien de d�cisif � annoncer et rien de vraiment important � enseigner. L'image du touriste est li�e aux notions de banalit� , de frivolit� , de consommation tandis que celle du p�lerin est li�e � celle de s�rieux et d'engagement. Cette dichotomie tranch�e et d�finitive a cependant suscit� chez les chercheurs de multiples r�serves ainsi pour Mac Cannel : " Le touriste est le p�lerin qui doit voir les lieux o� s'incarnent les puissances extraordinaires en lesquelles il croit; S'il va en Europe il doit voir Paris ,et s'il voit Paris il doit voir Notre- Dame, la Tour Eiffel et le Louvre; Ces m�mes attraction sont rituelles dans la mesure o� elles sont bas�es sur des formules ou des mod�les qui transportent les individus en dehors d'eux-m�mes et de la vie quotidienne subjective " Mac Cannel d�finit la continuit� des r�les du p�lerin et du touriste en introduisant le concept d'authenticit� entendu comme l'�quivalent moderne de l'exp�rience traditionnelle du Sacr�.

De multiples travaux ont tent� d'�tablir une typologie des conceptions se rapportant au tourisme religieux . M. BAUER (1993 ) distingue : a - le p�lerin qui se situe totalement en dehors du tourisme .Pour lui " le p�lerinage n'est pas une excursion touristique , mais une retraite spirituelle qui demande un sacrifice et des motivations profond�ment religieuses " (J.PACH, 1992).Il s'agit dans ce cas d'une exp�rience religieuse purement transcendantale qui n'a plus rien � faire avec les loisirs ou avec la jouissance de l'oeuvre d'art . Ce comportement , tr�s �loign� du tourisme, rel�ve du domaine originel du p�lerinage et il y a certainement un abus de langage � parler dans ce cas pr�cis de tourisme religieux. B- Le religieux traditionaliste et pros�lyte .Il accompagne le touriste, explique et fournit des informations et pr�side �ventuellement aux c�l�brations liturgiques. Ce religieux peut intervenir pour prendre en charge un individu isol� ou sa famille ou il peut accompagn� un groupe de croyants dans ses visites. Dans ce cas " Le tourisme religieux est un moment d'�vang�lisation .La nature, l'histoire, l'architecture, les f�tes et les c�l�brations, les th�mes et les moyens premiers du tourisme religieux doivent toujours et de toute fa�on devenir un v�hicule de Foi , de cat�ch�se, de pri�re et de remerciement au Seigneur , un moyen d'apostolat et de rencontre de la communaut� chr�tienne " Nous sommes ici dans une vision unidimensionnelle et totalitaire de la vie sociale donnant le monopole de la parole aux religieux au sein d'un espace religieux et interdisant toute expression la�que dans un " temple " C-Le religieux lib�ral et t�moin de sa foi. Cette cat�gorie est bien r�sum�e par les objectifs que s'assignent le groupe Ars et Fides : "aider le visiteur � recueillir la signification profonde d'un �difice religieux et ceci dans toutes les dimensions qu'il pr�sentera : non seulement la dimension historique ou artistique , mis aussi religieuse . Le monument devient ainsi pour le visiteur le premier t�moignage d'une �glise vivante " ( D. WALTER , Ars et Fides , 1992 ).Cet objectif traduit un t�moignage de foi teint� d'un " pros�lytisme doux " dont l'objectif est de rapprocher deux mondes �loign�s l'un de l'autre : les touristes et les chr�tiens qui se retrouvent � prier dans une �glise ." Transformer le touriste en visiteur , c'est � dire une personne dot�e d'un minimum d'approfondissement culturel, d'attention respectueuse et de jouissance spirituelle (�) rendre la vitalit� religieuse et l'importance spirituelle aux cath�drales r�duites � des temps de l'art inexpressifs et la�ques , vid�s de tout contenu li� � la Foi, aujourd'hui simples lieux de visites et d'attroupements pour des foules de touristes " ( B. BRIVIO , 1990 ).

D- Le professionnel du tourisme .Il propose de rajouter d'autres motivations � celles purement religieuses du p�lerinage . "Les exigences changent . Le p�lerin porte un int�r�t croissant � d'autres contenus .Beaucoup de gens veulent visiter aussi des curiosit�s traditionnelles .Le d�veloppement se fera plus en direction des voyages d'�tudes avec un point fort dans le domaine religieux " ( O. SCHNEIDER , 1992 ) .Tr�s nombreux sont les chercheurs qui insistent sur l'aspect �conomique du tourisme religieux ( emplois , flux mon�taires , constructions , alimentation , etc�).E- L'ap�tre de la culture, de l'art ou de l'ethnologie qui consid�re les cath�drales et autres lieux de culte comme des temples de l'art c'est � dire comme des mus�es . " Ce n'est pas leur destination originelle qui conf�re � ces �uvres la signification des monuments, c'est nous sujets modernes qui la leur attribuons (�) Un crucifix roman n'�tait pas d'abord une sculpture , la madone de Cimabue n'�tait pas d'abord un tableau , m�me la Pallas Ath�n�e de Phidias n'�tait pas d'abord une statue ( les mus�es ) ont impos� une relation nouvelle avec l'oeuvre d'art .Ils ont contribu� � d�livrer de leurs fonctions les �uvres d'art qu'ils r�unissaient � m�tamorphoser en tableaux jusqu'aux portraits " (A .MALRAUX , 1957 ).

 A- LE TOURISME RELIGIEUX ET L'�GLISE CATHOLIQUE

L'�glise catholique en France est dans une situation de post- chr�tient� .Son visage se transforme .On assiste � l'effondrement de pas entiers des activit�s traditionnelles de l'�glise tandis que d'autres naissent ou se d�veloppent. Ainsi les rassemblements qui se sont multipli�s ces derni�res ann�es. Les jeunes en particulier ressentent le besoin de se retrouver .En ao�t 1991 � Czestochowa en Pologne plus de 1 million de jeunes venus de toute l'Europe se sont retrouv�s pour une f�te de la jeunesse autour de Jean-Paul II. Depuis une vingtaine d'ann�es on assiste �galement � une demande spirituelle plus directe qui se traduit en particulier dans le mouvement appel� " Renouveau Charismatique " .De nombreux groupes de pri�re ( 1755 en 1993 ) sont n�s et manifestent leurs pri�res et leur foi de fa�on plus directe et plus claire que jadis.

Dans chaque dioc�se existe une direction dioc�saine des p�lerinages qui propose pour les membres du dioc�se des p�lerinages .ces p�lerinages se veulent un moment privil�gi� de formation spirituelle et de pri�re ( un ressourcement dans la foi , une d�marche de conversion individuelle ou collective, un temps de p�nitence, une vie fraternelle ).Ces p�lerinages sont propos�s sur le dioc�se lui-m�me � l'occasion de f�tes. Les pardons bretons sont les plus connus . Certains ont lieu aussi vers l'ext�rieur. Les principales destinations sont Lourdes, La Terre Sainte , les Pas de Saint Paul (Turquie , Gr�ce ou croisi�res en M�diterran�e ) mais aussi vers des sanctuaires fran�ais d'audience plus r�gionale comme Lisieux ou Pontmain. Ces directeurs dioc�sains de p�lerinages se retrouvent au sein de l ' A.N.D.D.P ( Association Nationale des Directeurs Dioc�sains de P�lerinages ). Cette association regroupe 95 directions dioc�saines et 17 directions de p�lerinages nationaux

Un certain d'agences et d'associations travaillent en lien �troit avec les directions dioc�saines de p�lerinages .On peut citer SIP Voyages , Routes Bibliques, La Procure- Terre Enti�re, Notre Dame du salut, etc�Elles sont sp�cialis�es dans le p�lerinage et offrent souvent une large gamme de produits. Ces voyages p�lerinages sont g�n�ralement accompagn�s par un pr�tre .

Ces p�lerinages passent obligatoirement par des sanctuaires ou des hauts- lieux spirituels tr�s variables par leurs dimensions, leur rayonnement ou leur histoire .Ces sanctuaires sont sous la responsabilit� d'un recteur nomm� par l'�v�que .Ces recteurs se regroupent au sein de l ' A. R. S : l'association des recteurs de sanctuaires qui permet une concertation et une r�flexion sur l'accueil et le d�veloppement de leurs sanctuaires .Un certain nombre d'associations se sont aussi constitu�es au sein des �glises pour r�pondre � la demande des visiteurs, elles sont sp�cialis�es dans l'accueil qui va parfois, jusqu'� la visite guid�e. Ces associations sont regroup�es au sein d'une association europ�enne appel�e : " Ars et Fides " dont le but principal est de " faire d�couvrir les lieux de pri�re , pas uniquement comme des mus�es religieux, mais comme des centres d'une communaut� chr�tienne vivante et comme des maisons de Dieu" . On peut citer pour la France : C.A.S.A ( Communaut� d'Accueil dans les Sites Artistiques ), S.P.R.E.V ( Sauvegarde du patrimoine Religieux en Vie ) , etc�

Toutes ces associations et ces groupes sont en lien avec la Pastorale du Tourisme et des Loisirs qui est l'organisme officiel , le service de l'�glise de France charg� de prendre en compte toute la dimension " tourisme et loisirs " .Dans chaque dioc�se une �quipe pastorale du tourisme et des loisirs autour d'un d�l�gue dioc�sain est charg� de cette mission.

 B- LE TOURISME RELIGIEUX ET LE PROTESTANTISME

Minoritaire en France le protestantisme compte environ 950000 fid�les regroup�s au sein de plusieurs �glises de sensibilit�s th�ologiques diff�rentes. Les �glises dites " r�form�es " sont les plus nombreuses et se r�clament en partie de la tradition calviniste ( Jean Calvin , n� en 1509 � Noyon en Picardie ). Les �glises r�form�es sont davantage repr�sent�es dans certaines r�gions comme les C�vennes , la Dr�me , le Poitou et aussi dans les grandes villes . Les �glises luth�riennes sont surtout implant�es en Alsace , dans le pays de Montb�liard et � Paris. Elles restent tr�s attach�es aux id�es de Luther , moine allemand du XVI e si�cle. A cot� de ces " �glises historiques " appel�es ainsi car les plus anciennes sont n�es � l ' �poque de la Grande R�forme du XVI e si�cle , les �glises �vang�listes et pentec�tistes forment le troisi�me p�le du protestantisme .

Les protestants ont toujours refus� l'id�e de lieux sacr�s mais il existe de nombreux lieux de m�moire et donc des " d�placements religieux " vers des " lieux de m�moire " . Un lieu de m�moire �voque un souvenir et fait revivre le pass� en faisant appel � la M�moire et surtout � l'imagination. Un " lieu de culte " peut �tre un " lieu de m�moire " mais dans le protestantisme le lieu de culte , le temple , n'est qu'un abri o� l'on rassemble les gens pour �couter la parole de Dieu et �ventuellement pour c�l�brer les deux sacrements . Le lieu de culte protestant est parfaitement neutre alors que le lieu de culte catholique a une connotation sacr�e . Ces lieux de m�moire (parfois mais plus rarement lieux de culte ) sont nombreux surtout dans les C�vennes et dans la Dr�me o� ils sont �troitement associ�s � l'histoire huguenote . Les plus connus sont les lieux d'assembl�es " au D�sert " qui restent inscrits dans la m�moire collective comme des lieux de rencontre . Beaucoup sont associ�s � des cols :Col de la Croix : Qeyras-Pi�mont - Vaudois ; col de La Men�e : Tri�ves , Dr�me ; Bois de vache : Bourdeaux-Dieulefit ; Bouschet de Pranles .

Certaines paroisses initient des voyages avec pour but le Mus�e du D�sert; La Force , le Lub�ron vaudois, � Le recours aux agences est tr�s limit�. Les institutions, organisations, " recruteurs " en mati�re de voyages n'existent qu'au niveau des paroisses." Pour un protestant fran�ais quelque peu conscient, le tourisme "religieux" � proprement parler n'existe pas , mais des occasions de se d�placer vers des " lieux de m�moire " lui sont offertes " ( P. GROJEANNE , 1993 ).

Il existe aussi de nombreux mus�es protestants qui jouent le r�le de lieux de m�moire : le mus�e de Bois-Tiffrais non loin de Pouzaugues en Vend�e , le mus�e protestant de La Rochelle , le mus�e du Vivarais Protestant au Bouschet de Pransles dans l'Ard�che, le Mus�e du protestantisme dauphinois � Poet-Laval non loin de Mont�limar, le Mus�e du d�sert � Mialet, �
 

Le D�me du Rocher ( J�rusalem )


 

3- LE TOURISME RELIGIEUX ET L'ISLAM

Chaque ann�e � date fixe du calendrier lunaire , des masses immenses de musulmans ( plus de 1,5 millions de fid�les en 1990 ) se rassemblent � La Mekke et aux environs pour accomplir le grand p�lerinage ou hajj. Venues du Monde entier ces foules ob�issent � l'un des 5 principaux commandements de la Loi musulmane ( les 5 piliers ) . L'obligation du grand p�lerinage concerne tout musulman adulte, libre, sain d'esprit, ayant les ressources n�cessaires pour le voyage et l'entretien des siens durant son absence .La musulmane n'y est tenue que si elle est accompagn�e par un homme de sa famille proche. Les c�r�monies des environs de La Mekke se font en masse � des dates pr�cises. Le 9 du mois du p�lerinage (dhul-hijja, le douzi�me de l'ann�e musulmane ). Concernant la France ce p�lerinage annuel est l'occasion de d�parts dont le nombre est estim� � 15000 environ par an. La plupart des p�lerins voyagent par avion mais certains, parmi les plus endurants empruntent parfois la route. Depuis quelques ann�es les p�lerins doivent verser au consulat saoudien , en m�me temps qu'une demande de visa d'entr�e en Arabie saoudite , un forfait d'environ 1600 f r�put� compenser les " prestations terrestres " repr�sentant le co�t des transports terrestres et la location des tentes � la station d' Arafat . Cela fait tourner le co�t global du p�lerinage autour de 14500 F : 5600F le prix du billet aller-retour Paris-Djeddah, pr�s de 7 000 F le co�t du s�jour d'environ 1 mois � La Mekke et � M�dine .On compte environ parmi les p�lerins 30% de jeunes de moins de 35 ans et parmi eux beaucoup de " beurs " ne comprenant pas l'arabe. L'organisation des d�parts au p�lerinage sont en g�n�ral le fait des mosqu�es et des grandes associations. Le mois du Ramadan est la p�riode pr�f�r�e pour l'accomplissement de la Oumra ou petit p�lerinage � La Mekke pour ceux qui connaissent le hadith dans lequel le proph�te assimile les m�rites de la Oumra du mois du ramadan � ceux des compagnons qui l'on accompagn� lors du p�lerinage cons�cutif � la reconqu�te de La Mekke en 630. Le Mouloud, f�te c�l�brant la naissance du proph�te, le 12 Rabi'a 1er de l'ann�e h�girienne est aussi une date appr�ci�e pour l'accomplissement du petit p�lerinage. On estime � 1400 le nombre de musulmans fran�ais qui se rendent annuellement � La Mekke pour la Oumra.

Des d�placements � caract�re religieux peuvent aussi �tre organis�s vers d'autres r�gions que l'Arabie saoudite. Des groupes organisent des voyages vers le Maghreb � l'occasion de c�r�monies religieuses c�l�br�es � Mostaganem ( Alg�rie) , Sidi Bou Said et Sidi Mehrez (Tunisie) , F�s ( Maroc). Les r�unions annuelles ( Moussem ) de certaines zaouias du Rif marocain ou du Haut- Atlas attirent encore de nombreux musulmans de France En fin de puis quelques ann�es beaucoup de membres de la communaut� musulmane ont pris l'habitude d'aller passer le dernier tiers du mois de Ramadan � J�rusalem pour se recueillir � la mosqu�e El- Aqsa .


 

Le Mur des Lamentations ( J�rusalem )


 

IV- LE TOURISME RELIGIEUX ET LE JUDA�SME

Dans la religion juive le concept de p�lerinage au sens o� on l'entend dans les religions catholiques ou musulmanes n'existe pas. On ne peut donc parler de tourisme religieux juif au sens strict du terme. Pourtant il existe un tourisme juif li� � l'identit� juive .Il n'est pas li� � la pratique de la religion mais � la religion elle-m�me. Il se traduit d'abord par la qu�te de l'histoire du peuple juif , la visite des lieux qui ont marqu� l'histoire de ce peuple et qui jouent un r�le symbolique tr�s important .Parmi les lieux de M�moire on peut citer " le Mur des Lamentations" � J�rusalem (qui rappelle aux juifs le temple �rig� par H�rode en 20 avant J.C et d�truit par les romains en 70 apr�s J.C ), la forteresse de Massada , dernier bastion de la r�sistance juive o� furent massacr�s en 73 apr�s J.C pr�s d'un millier de juifs. Les camps de concentration nazis, le V�l' d'Hiv sont aussi des lieux autrement symboliques pour la communaut� juive .Un autre aspect du tourisme juif est li� au retour � la terre Promise , lieu de fondation de l 'identit� juive , un attachement qui s'est encore renforc� avec la cr�ation en 1948 de l'�tat d ' Isra�l. Ce s�jour touristique peut se traduire par un engagement militant plus ou moins fort : du s�jour chez des amis au volontariat pendant plusieurs semaines dans un kibboutz en passant par le s�jour de d�couverte culturelle. Enfin le "ressourcement religieux " est bien pr�sent , en particulier pour les S�farades .Parmi ces lieux de " ressourcement " ( plut�t que de p�lerinage ) on peut citer M�ron et safed. Chaque ann�e 110 000 passager partent de France vers Isra�l dont environ 90 000 sont des touristes de nationalit� fran�aise , les non- juifs repr�sentent environ 20 % des partants .


 

Le stupa de Santchi ( pr�s de Bhopal, Inde )


 

-LE TOURISME RELIGIEUX ET LE BOUDDHISME

Il existe aussi en France et en Europe des lieux de culte qui ont �t� consacr�s et reconnus par diverses traditions bouddhiques. Leur pr�sence s'explique par la n�cessit� d'apporter un soutien culturel aux nombreux r�fugi�s du sud-est asiatique et elle r�pond aussi � la n�cessit� de r�pondre � la demande de nombreux occidentaux sensibilis�s par la pens�e bouddhiste. On assiste en effet depuis une trentaine d'ann�e sa une propagation rapide du bouddhisme en France et en Europe .Il existe au total une soixantaine de centres en France .Certains offrent la possibilit� d'effectuer des retraites de trois ans, trois mois ou trois jours .afin de mieux p�n�trer le Dharma en approfondissant les textes et la pens�e religieuse . 

Parmi ces grands centres on peut citer : la congr�gation monastique de Dhagp� Kagyu Ling ( Saint L�on sur V�z�re en Dordogne ), le centre Kagyu Ling � Ch�teau de Plaige � Toulon sur Arroux en Bourgogne, le centre Karma Ling dans l'ancienne chartreuse de Saint Hugon en Savoie, le centre Gelugpa Geupele Tchantchoup Ling pr�s de Paris, etc� On estime aujourd'hui � 550 000 personnes le nombre de pratiquants bouddhistes en France . Mais le Tourisme religieux demeure dans ce domaine un secteur relativement marginal et plus tourn� vers des retraites spirituelles que vers des p�lerinages.

CONCLUSION

Le ph�nom�ne religieux occupe depuis quelques ann�es la sc�ne publique en d�frayant r�guli�rement la chronique. Il semble que le champ de ces manifestation soit tr�s vaste et le Tourisme n'�chappe pas � ce vaste mouvement sociologique. En ces temps de d�clin du consum�risme on semble se diriger vers un tourisme plus propice au voyage vers l'�tre int�rieur , un tourisme � connotation spirituelle qui permettrait de pallier le manque de sens apparent de la vie quotidienne. Il semble que nous soyons en cours d'invention d'une nouvelle approche du sacr� "un nouveau march� est en train de se former, compos� de nouveaux acteurs et de nouveaux consommateurs : un march� spirituel anim� par le besoin d'une connaissance exigeante, en dehors des syst�mes religieux r�glement�s " ( E. JAFFRAIN, 1993 ).

En France on observe les pr�mices de ce changement dans les pratiques culturelles et touristiques.La motivation religieuse intervient de mani�re directe dans les p�lerinages et les s�jours � caract�re spirituel qui font se d�placer en France 8 � 9 millions de personnes par an. Outre l'essor des p�lerinages le Tourisme a favoris� �galement l'essor des retraites et autres sessions religieuses, moins directives en encadr�es que dans le pass� et qui permettent aux int�ress�s de se retrouver dans un endroit calme et favorable � la r�flexion. La vogue monastique devient une donn�e importante dans l'appr�ciation du tourisme de court- s�jour. Parall�lement � ce tourisme " � vocation religieuse " appara�t un tourisme " de curiosit� religieuse. Le fran�ais de la fin du XXe si�cle qui ne poss�de presque plus de culture religieuse appara�t de plus en plus attir� par les visites patrimoniales qui lui permettent de lui apporter une connaissance dans ce domaine ou de lui faire �prouver la transcendance. Ainsi le patrimoine religieux b�n�fice d'un int�r�t croissant de la part du grand public. En 1987 49% des fran�ais avaient visit� au moins une fois dans l'ann�e une �glise ou une cath�drale . Ce chiffre situe la visite d'un �difice religieux � la troisi�me place des visites effectu�es par les fran�ais derri�re la visite d'un vieux quartier ( 51% ) et apr�s la sortie au cin�ma (51% ). 75% des fran�ais se d�clarent amateurs du patrimoine religieux contre 68% en 1980. Le Minist�re de la Culture �valuait � 100 millions le nombre de visites dans les cath�drales fran�aises en 1989 .

 Il est encore trop t�t pour �valuer si cette forme de tourisme � tendance spiritualiste a un avenir durable devant elle , mais les collectivit�s propri�taires d'un patrimoine religieux ont d�sormais � l'esprit que cultuel et culturel peuvent se conjuguer harmonieusement pour r�pondre � une soif d'absolu et g�n�rer ainsi une nouvelle r�gle touristique. Ainsi d�s 1992 Cluny s'est lanc� dans un projet de r�organisation de son tourisme dans le cadre de sa nomination au titre de " grand site culturel et touristique ": cr�ation d'un centre d'accueil et d'information pour l'ensemble du site, expositions permanentes et temporaires , r��valuation du mus�e de l'�uvre de l'Abbaye, programmation d'animations �v�nementielles et permanentes, etc� A Marmoutier, ancien bourg- abbaye qui tient une grande place dans l'histoire de l'Alsace, on r�fl�chit sur la cr�ation " ex-nihilo " d'un produit touristique bas� sur la pr�sentation du fonctionnement d'une abbaye dans sa ville au XVII e si�cle. Un exemple particuli�rement d�monstratif est celui du "cath�draloscope" de la ville de Dol-de- Bretagne .Ce centre d'interpr�tation des cath�drales est un parcours mus�al qui tente de transcrire la probl�matique de l'architecte dont le but est de produire sur terre une J�rusalem c�leste mat�rialis�e dans la pierre ce qui implique d e franchir de multiples barri�res technologiques. La mus�ographie imagin�e doit permettre de pallier la complexit� des informations par une pr�sentation attractive , p�dagogique et interactive. Plus de 800 000 visiteurs sont attendus d�s la premi�re ann�e de fonctionnement .

 

QUELQUES GRANDS SITES DE P�LERINAGE EN FRANCE

 

FICHES

 

 

1- UN P�LERINAGE DE DIMENSION INTERNATIONALE : LOURDES

Lourdes n'�tait qu'un petit bourg de 4.000 habitants blotti autour de son ch�teau- fort, lorsque le 11 f�vrier 1858, la Vierge apparut � Bernadette Soubirous. Aujourd'hui, ce centre de p�lerinages connu dans le monde entier accueille chaque ann�e 5 � 6 millions de p�lerins, touristes et visiteurs. L'�volution de la fr�quentation et l'origine des visiteurs sont li�es � l'�volution des modes de transport.

La Vierge Marie apparut � 18 reprises � Bernadette Soubirous entre le 11 f�vrier et le 8 juillet 1858 dans la grotte de Massabielle sur les bords du gave de Pau. Les Pyr�n�es �taient "habitu�s " au ph�nom�ne. Rien que dans la r�gion de Lourdes selon D. Lawlord ( 1870 ) on comptait d�s cette �poque 14 centres de p�lerinage. Les plus connus �tant B�tharam o� la Vierge �tait apparue en 1475 et Garaison en 1510 . Au lendemain des apparitions une commission d'enqu�te fut nomm�e qui n'authentifia le ph�nom�ne qu'en 1862. Le premier p�lerinage eut lieu le 6 octobre 1872 et rassembla 200 pr�tres et 500 p�lerins . D�s 1873 on d�nombre 213 trains sp�ciaux et 140000 visiteurs .

Le nombre de visiteurs du sanctuaire est estim� � 5 millions ( 1985 : 4,4 millions de visiteurs ( dont 500000 p�lerins officiels ; 1991 : 5, 2 millions de visiteurs ( dont 693000 p�lerins officiels soit des augmentations annuelles de 2,4% toutes client�les confondues et de 3,3% pour les seuls p�lerins officiels ) , ce qui conf�re � Lourdes une position unique en Europe et une �conomie qui g�n�re un chiffre d'affaires sup�rieure � 2,5 milliards de francs .En 2004 Lourdes a accueilli 5 millions de visiteurs dont 2 millions de touristes .

En 2010, les sanctuaires de Lourdes ont comptabilis� 6 094 215 p�lerins, soit un nombre de visiteurs relativement stable par rapport � 2009. Les p�lerinages organis�s repr�sentent 825 868 personnes (13,55 %) qui restent en moyenne quatre jours dans la cit� mariale. Par nationalit�s, les Fran�ais (43 %) et les Italiens (30 %) forment la grande majorit� des 790 000 p�lerins europ�ens venus en 2010 dans le cadre de p�lerinages organis�s tandis que 35 000 sont venus des autres continents dont la moiti� d'Asie du Sud-Est. Le chiffre d'affaires global des sanctuaires avoisine les 30 millions d'euros.

A la fin des ann�es 1990 pr�s de 400 000 p�lerins �taient v�hicul�s � Lourdes par le train. En 1995 412 trains sp�ciaux avaient �t� affr�t�s, 219 en France et 323 venant de l'�tranger dont 202 pour la seule Italie .La tendance g�n�rale �tait pourtant � venir de moins en moins en p�lerinage organis�. En 1994 ils �taient 721202 � venir dans le cadre d'un p�lerinage organis� contre 692 443 en 1995 et 624 357 en 1996.Les p�lerins pr�f�rent venir seuls , en voiture ou en train de leur c�t�En 2004 les visiteurs arrivaient � Lourdes � parts �gales en voiture ( 36%) et en train (30%).Le reste arrivant en autocar (16% ) et en avion(16%).

Par ailleurs, le nombre de visiteurs fr�quentant l'a�roport international de Tarbes-Lourdes Pyr�n�es, cro�t r�guli�rement. Il re�oit chaque ann�e 400.000 passagers gr�ce � un trafic charter tr�s important, principalement li� aux p�lerinages qui repr�sente � ce jour pr�s de 82 % de son activit�. Plus de 50 compagnies a�riennes fr�quentent en effet la plate-forme et assurent des liaisons avec 130 villes, essentiellement europ�ennes.

 

La fr�quentation du p�lerinage lourdais des origines � nos jours

Lourdes comptait en 1996 304 h�tels homologu�s repr�sentant 21000 chambres et 35 000 lits (70% de la capacit� h�teli�re du d�partement des Hautes-Pyr�n�es et 30% de la capacit� h�teli�re de la r�gion Midi-Pyr�n�es). En 2004 lourdes comptait 241 h�tels  offrant 14000 chambres. Aujourd�hui Lourdes demeure la deuxi�me ville h�teli�re de France juste apr�s Paris. Selon une enqu�te de conjoncture r�alis�e aupr�s des h�tels et des campings lourdais de mai � septembre 1992 70% du total des nuit�es sont dues � des vacanciers ou des p�lerins �trangers. Cette h�tellerie traverse une crise comme le note le rapport INSEE Midi-Pyr�n�es de 1995 o� la baisse de fr�quentation a �t� de 2,5% pour l'ensemble de l'h�tellerie lourdaise. Il y avait 410 h�tels en 1980, 304 en 1996 et 241 en 2004. L'installation de gros h�tels franchis�s ( Mercure, Ibis, Campanile , etc� ) et la concurrence qui en est r�sult� pour l'h�tellerie locale explique en partie ces mauvais r�sultats. A l�heure actuelle les h�tels lourdais demeurent majoritairement des h�tels 2-3 �toiles .

Pr�s de 50% des �trangers viennent d'Italie ( 800000 nuit�es, 27% des nuit�es h�teli�res en 2004), ensuite viennent les Belges , les irlandais (13% pour chaque nationalit� ), les espagnols (8%), les allemands (7% ). La notori�t� de Lourdes d�passe largement les fronti�res des pays limitrophes. On assiste depuis 1990 � l'arriv�e encore marginale de visiteurs venus d'Europe Centrale mais aussi depuis de nombreuses ann�es � la visite de touristes am�ricains (Etats-Unis, Canada, Am�rique du Sud) et asiatiques (Japon en particulier ).

On estimait en 2008 que pr�s de 2 millions de visiteurs s�journaient chaque ann�e � Lourdes, g�n�rant pr�s de 6 millions de nuit�es (soit 7 % des nuit�es de la R�gion Midi-Pyr�n�es et 33 % de la fr�quentation h�teli�re r�gionale). 58 % des �trangers s�journant dans les h�tels de la R�gion �taient � Lourdes : ils �taient majoritairement italiens, mais aussi anglais, irlandais, espagnols, belges, n�erlandais et allemands. On assiste par ailleurs � une forte progression des client�les lointaines (Am�rique, Asie, Oc�anie) et des pays d'Europe Centrale. La cit� est la deuxi�me ville h�teli�re de France, derri�re Paris, gr�ce � 233 h�tels class�s tourisme.

La saisonnalit� de la fr�quentation touristique est tr�s marqu�e � Lourdes. 95% des 3 millions de nuit�es touristiques ont lieu sur la p�riode avril octobre avec une pointe autour du 15 ao�t (f�te de l�Assomption). Un deuxi�me pic de fr�quentation est attest� vers le 11 f�vrier, date anniversaire des premi�res apparition.

Des enqu�tes r�centes r�v�lent que la d�marche religieuse est de loin la premi�re des motivations (81% des p�lerins, 96% chez les p�lerins officiels et 70% chez les touristes). Ce besoin religieux se traduit de trois fa�ons diff�rentes : trouver tous les ans un rendez-vous " profond ", r�gulier, o� se " ressourcer ", fortifier une foi un peu n�glig�e ou demander la protection de la Vierge Marie. Selon une enqu�te r�alis�e en 1981 (M. CHADEFAUD ) le p�lerin- type est une femme ( 70% dans les p�lerinages fran�ais , 58 � 78% dans les p�lerinages �trangers ) , de milieu modeste souvent rural et � 60% de plus de 50 ans ; En 1981 28% des p�lerins �taient sans profession ( m�res de famille et retrait�s ) , 19% ouvriers et 15% employ�s; les 3/4 reviennent r�guli�rement et 50% viennent souvent . 50% ne pratiquent pas le reste de l'ann�e. Un accueil sp�cifique est organis� dans le sanctuaire depuis 1967." P�lerins d'un jour " a �t� cr�� pour venir aux isol�s les moyens d'effectuer un mini-p�lerinage, tentative missionnaire la plus aboutie � ce jour pour r�cup�rer ces quelques 4 millions de visiteurs qui �chappent aux institutions officielles. En 1993 plus de 150 000 personnes ont utilis� cette formule .

2- UN PELERINAGE DE DIMENSION NATIONALE : PARAY-LE-MONIAL

Paray- Le - Monial est devenu la ville du Sacr�-C�ur depuis qu'� la fin du XVII e si�cle le Christ y est apparu � une religieuse de l'ordre de la Visitation , Marguerite- Marie Alacoque ( 1647-1690 ) lui faisant � travers le signe de son c�ur la r�v�lation de son amour pour tous les hommes. Ces apparitions eurent lieu entre 1673 et 1675. Elles s'inscrivaient dans une tradition de l'�glise qui prenait son origine dans l'�pisode johannique de la mort de j�sus sur la croix : ce que l'on appel� � partir du XVII e si�cle la spiritualit� du Sacr� - C�ur , pus � partir du XIX e si�cle le " message de Paray " .Les p�lerinages proprement dit ont pris naissance � la fin du XIX e si�cle. Le plus c�l�bre fut le rassemblement de 1873 qui r�unit plus de 30 000 personnes. Marguerite- Marie fut canonis�e en 1920 et le sanctuaire re�ut la visite du pape Jean-Paul II en 1986 .

L'histoire des p�lerinages a �t� marqu� ces derni�res ann�es par l'organisation des sessions d'�t� par la communaut� de l'Emmanuel ce qui a favoris� l'internationalisation de la fr�quentation du sanctuaire (35 nationalit�s diff�rentes en 1992 ) et une organisation nouvelle de l'accueil et de l'animation des p�lerinages confi�s � la communaut� de l'Emmanuel en 1985.On distingue diff�rents types de p�lerinages. Les grands p�lerinages classiques ont g�n�ralement lieu le dimanche entrer P�ques et la Toussaint (p�lerinages dioc�sains, Familles du Sacr�-C�ur, P�lerins de Notre- Dame, Corpus Christi, etc�). Ils rassemblent un  millier de personnes parfois davantage pour les f�tes traditionnelles du Sacr�-C�ur et de sainte Marguerite- Marie o� on peut atteindre le chiffre de 3 000 participants. L'immense majorit� des p�lerinages est de taille plus modeste (de 1 � 10 cars) � l'initiative d'�glises , de paroisses et d'�coles . Les p�lerins restent entre 1/2 journ�e et 4 jours . Les retraitants sont des p�lerins individuels qui s'inscrivent pour une retraite propos�e � l'avance d'une dur�e moyenne de 5 jours .Plusieurs communaut�s religieuses en organisent et il y a environ 30 retraites par an en moyenne .Enfin beaucoup de p�lerins viennent dans le cadre de rassemblements organis�s par la Communaut� de l'Emmanuel ( 30000 p�lerins pour les sessions d'�t� entre le 1er juillet et le 15 ao�t ) ainsi que des rassemblements organis�s de 2, 3, 4 jours organis�s depuis 1990 (week-end Amour et V�rit� (couples et familles), week-end FIDESCO (coop�ration et d�veloppement), rencontres sacerdotales d'octobre ( 500 pr�tres en 1993 ), etc �

La fr�quentation touristique depuis la venue du pape Jean-Paul II en 1986 se situe aux environs de 1 million de visiteurs par an. 1/3 des visiteurs vient pour un motif religieux (p�lerinage au Sacr�-C�ur, sessions ou retraites organis�s par des groupements religieux, etc�), 1/3 aime l'architecture romane et int�gre souvent le site dans des circuits � th�mes : le circuit des �glises romanes, " Sur les pas de Saint Hugues avec Cluny et S�mur-en-Brionnais ". 1/3 passe au gr� de sa curiosit� de quelques minutes � quelques heures dans la ville attir� par la renomm�e des lieux . La dur�e de s�jour moyen (INSEE: " la conjoncture en Bourgogne, 1992") se situe autour de 1,26 jours. Le chiffre d'affaires g�n�r� par l'activit� touristique pourrait se situer autour de 15 millions de francs. La saison touristique (avril-mai jusqu'� octobre) conna�t une pointe de fr�quentation en juillet-ao�t. La capacit� h�teli�re de la ville se monte � 11 �tablissements soit 436 chambres dont 20 en 3 �toiles et 286 en 2 �toiles.

3 - UN P�LERINAGE DE DIMENSION REGIONALE : SAINTE-ANNE-D'AURAY

La commune de Sainte- Anne d'Auray se situe dans le Morbihan � 15 kilom�tres de Vannes et de Carnac. Dans le sanctuaire on v�n�re Sainte-Anne , m�re de la Vierge Marie .Le culte de Sainte-Anne fut implant� en Bretagne aux VIIe-VIIIe si�cles au d�but de l'�vang�lisation de l' Armorique . Le p�lerinage commen�a en 1625 sous le r�gne de Louis XIII dans le village de Ker-Anna Sainte- Anne apparut � un laboureur Yves Nicolazic. On compte une vingtaine d'apparitions environ . la plus importante eut lieu dans la nuit du 25 au 26 juillet 1624.La sainte demanda au voyant de lui b�tir une chapelle . La derni�re apparition eut lieu le 8 mars 1625. Yves Nicolazic et 5 autres habitants du hameau furent conduits par un cierge myst�rieux � d�couvrir dans le champ du Bocenno l'antique statue qui ornait au Moyen-�ge une chapelle d�di�e � la sainte et tomb�e en ruines au XVIe si�cle.

Une enqu�te officielle fut men�e qui aboutit � l'authentification des apparitions d�s 1625. La premi�re pierre de la nouvelle chapelle fut pos�e et le p�lerinage reconnu. Cette premi�re chapelle fut remplac�e par la grande basilique actuelle en 1865. Cette derni�re fut ouverte aux p�lerins en 1872. La manifestation la plus spectaculaire du p�lerinage a lieu entre le 25 et le 26 juillet de chaque ann�e. On accueille en cette occasion jusqu' � 40 000 p�lerins (chiffres de 1992) . Mais le p�lerinage dure toute l'ann�e . L'ouverture officielle se fait le 7 mars anniversaire de la d�couverte de l'antique statue de la sainte. La cl�ture se fait le premier dimanche d'octobre. La fr�quentation s'�l�ve � 800000-90000 p�lerins et visiteurs chaque ann�e. Beaucoup de p�lerins viennent � pied. Le 1er janvier, p�lerinage pour la Paix, 150 personnes marchent d�s 6 heures du matin venant de 15,30 ou 50 kilom�tres. Les lieux d'origine des p�lerins sont vari�s . Les r�sultats d'une enqu�te effectu�e les 25 - 26 juillet 1992 r�v�le que sur 40 000 p�lerins plus de 19000 (41,7% ) sont originaires du Morbihan, 2588 (6,3% ) sont originaires du Finist�re voisin, 1749 (4,3 % ) viennent de la r�gion parisienne, les autres se r�partissant sur les d�partements limitrophes ou voisins ( Loire-Atlantique , Ille et Vilaine, C�tes d'Armor, Maine et Loire ). Environ 2500 personnes viennent d'autres pays europ�ens dont 1,6 % d'allemands, 1,4 d'anglais et 1,3% de belges

 

Le tourisme religieux sur le Net

 

Tourisme et religions. Une contribution au dialogue des religions, cultures et des civilisations. UNWTO, R�sum� du rapport, 2007, 11 p. Le pr�sent document est le r�sum� du rapport pr�par� dans le contexte de la Conf�rence de Cordoue (29-31 octobre 2007). Les objectifs dudit rapport sont les suivants d�une part, �tudier les relations entre le tourisme et les religions avec et leurs rassemblements pour aider � exploiter le potentiel qu�a le tourisme de stimuler et de faciliter le dialogue entre les diff�rentes civilisations ; ainsi qu�analyser les tendances que l�on observe � c�t� d�un tourisme proprement religieux, tel qu�un tourisme plus ludique et spirituel, qui concerne en particulier les jeunes, avec souvent une dimension �cum�nique pour rencontrer et conna�tre l�Autre. Le tourisme religieux peut �tre aussi un formidable instrument pour faire prendre conscience de l�importance de sauvegarder son patrimoine et celui de l�humanit酅

Religious Tourism in Asia and the Pacific , World Tourism Organization (UNWTO), 2012, 29 p. Pilgrimages and the growing interest for pilgrimage routes in Asia and the Pacific can benefit from Western experiences, especially from that of the most famous in the world, �Camino de Santiago�. Finally, sustainable development of religious tourism with education and training given their rightful place is the key to safeguarding the vast cultural heritage of Asia Pacific tourism�.

TURISMO RELIGIOSO EN ESPA�A: �LA GALLINA DE LOS HUEVOS DE ORO? UNA VIEJA TRADICI�N, VERSUS UN TURISMO EMERGENTE by Gemma C�noves Valiente y Asunci�n Blanco Romero, Cuadernos de Turismo, n� 27, (2011); pp. 115-131. El art�culo muestra c�mo el turismo religioso es una expresi�n m�s de la comercializaci�n de la cultura y de la religi�n. En base a esta hip�tesis, los casos del Monasterio de Montserrat, el camino de Santiago y la semana Santa de Granada son ejemplo de las sinergias entre patrimonio religioso y turismo. El art�culo se estructura en cuatro apartados. En el primero, se definen los t�rminos y estado de la cuesti�n. El segundo, analiza los escasos datos sobre el turismo religioso y finalmente se explican los casos de estudio, las conclusiones y las l�neas futuras para este viejo-nuevo turismo��

RELIGION AND GEOGRAPHY by Chris Park, Chapter 17 in Hinnells, J. (ed) Routledge Companion to the Study of Religion. London: Routledge, 29 p.

Spirituality as a hidden tourist attraction by Laura Paraszthy, Tourism and Hotel Management Full time training, 2015, 83 p. In our modern world the travelers are more experienced than before. With the help of the internet they could easily reach the necessary information or they could organize their holiday on their own. These changes transformed the traveling habits of the people as well as their preferences and the process of decision-making. Those who turn to professionals have extremely high expectations related to the quality of their trip. To gain satisfied and loyal customers we have to fulfill both their conscious and unconscious needs while we are providing added values. According to the present situation we have enormous data about how to satisfy the conscious needs of the travelers. Many surveys and questionnaires are dealing with the research of the preferred locations, accommodation types, catering facilities and programs of the tourists�..

Le tourisme religieux: portrait, profil du voyageur et potentiel de d�veloppement. Rapport R�alis� par Le R�seau de veille en tourisme Chaire de tourisme Transat, ESG UQAM, Mars 2011, 35 p.

Le tourisme religieux et le patrimoine par Luc Noppen et Lucie K. Morisset, Teoros , 22-2 (2003), Les routes � th�mes, 6 p. Depuis la fin de la Seconde Guerre, l�industrie touristique s�est m�tamorphos�e, tant par l�explosion des client�les (Bauer, 1993) et des destinations que par le d�veloppement de nouveaux cr�neaux, dont les cr�neaux th�matiques. Parmi ceux-l�, le tourisme religieux � mise en march� syst�matis�e des s�culaires p�lerinages � vise une client�le s�lectionn�e attir�e dans des � lieux saints � en vertu des pratiques de la tradition religieuse � laquelle elle adh�re. Ce tourisme se fonde d�abord sur une d�votion � la m�moire � anim�e par exemple par la s�pulture d�un saint, le berceau du Proph�te, le lieu d��closion d�une tradition religieuse ou d�apparition d�une figure l�gendaire � sans toutefois s�arrimer conceptuellement au site ou � l�objet qui ne sont que l��crin de la d�votion : c�est pourquoi de tels si�ges / objets d��v�nements sanctifi�s font r�guli�rement place � des ensembles nouveaux, plus adapt�s � la c�l�bration mise en march� du tourisme religieux ( la basilique de la Nativit�, la mosqu�e de la Mecque, par exemple )�..

PILGRIMS AND PILGRIMAGES: FATIMA, SANTIAGO DE COMPOSTELA AND TAIZ� by Helena Vila�a, Nordic Journal of Religion and Society (2010), 23 (2): 137�155. This article explores pilgrimage as a phenomenon of contemporary religious rituality. Paradoxically, pilgrimages have contributed to the reinforcement of traditional churches and the  reproduction of their members� practices on the one hand, and, on the other, to the expression of individual and privatised religiosity, close to the new conceptual perspectives on spirituality. The article analyzes three cases, namely Catholic central destiny places for pilgrims, such as Fatima, Santiago de Compostela and Taiz�. The data consist of documental and statistical research as well as pre-existing surveys. The article argues that there are different levels of Catholic socioreligious differentiation in each place of pilgrimage, where Fatima comes at the top and Taiz� at the bottom, with Santiago in the middle�..

SPIRITUAL TOURISM: RELIGION AND SPIRITUALITY IN CONTEMPORARY TRAVEL by ALEX NORMAN, 2004,  thesis, University of Sydney, 61 p. Tourism and pilgrimage have been said to be closely related1. However, the relationship between tourists and the religions and religious contexts they visit has been neglected. Why tourists travel to places of religious significance and how they conceive of their travels are important questions to both the study of tourism and of religion. This thesis is particularly concerned with those tourists who engage in religious practice or have some form of spiritual experience in a religious context�..

MARKETING MYSTICISM AND THE PURCHASE OF PILGRIMAGE THE RISE OF SPIRITUAL TOURISM IN CUSCO AND IQUITOS, PERU By Bonnie Jean (Gigi) Owen, 2006, Thesis, DEPARTMENT OF LATIN AMERICAN STUDIES, THE UNIVERSITY OF ARIZONA, 124 p. This thesis presents my findings on the Peruvian spiritual tourism industry in both Cusco and Iquitos, based on six weeks of fieldwork during Summer 2005. New Age and Peruvian spiritual belief systems have converged to form current Andean mystical and Amazonian shamanic practices. Increasing numbers of foreign tourists, whether believers in the New Age or not, are coming to gain a deeper understanding of these spiritual belief systems through participation in sacred rituals and ceremonies. The effects of such tourism are similar to other cultural tourism industries, such as increased competition, matters of authenticity, and performance of culture�..

From Pilgrim to Tourist � or a short History of Identity by Z. Bauman, 10 p.

SOCIO-ECONOMIC IMPACTS IN PILGRIMAGE TOURISM  by S.VIJAYANAND, International Journal of Multidisciplinary Research Vol.2 Issue 1, January 2012, 15 p. Pilgrimage, whether religious or secular, is experiencing resurgence around the world. This includes the motives for pilgrimage, activities during the pilgrimage, and the influence of tourism on it.The findings show that the visitor population ranged widely from very religious orthodox pilgrims, through "traditional" pilgrim-tourists to secular tourists. The features of present-day pilgrims can be represented on a scale that may be described as secular versus spiritual, and tourism versus pilgrimage. This typology also offers a model for the development of the pilgrimage sites. The findings highlight the increasing convergence of old-fashioned pilgrimage and current tourism, which have much in common. Additionally, this research emphasizes the expanding nexus of holy sites, society, politics, ideology, and culture.This article explains and supports the idea that the economic impacts of religious tourism should not be neglected or underestimated, although religious institutions have traditionally attempted to downplay this in the past�..

Le tourisme spirituel et religieux contemporain, Conf�renci�re Madame Anne Godbout Directrice-fondatrice de Spiritours, 17 avril 2011, 10 p. Le tourisme spirituel et religieux est en pleine croissance, c'est une tendance internationale. L'Organisation Mondiale du Tourisme estime � 300 millions le nombre de voyageurs �religieux� � travers le monde, dont plus de 50% de confessions catholiques. Les m�dias sont fascin�s par le sujet et en parlent de plus en plus. Le tourisme s�ouvre plus que jamais � la spiritualit�, � la qu�te de sens, au besoin de comprendre d�autres cultures, de prendre un temps d�arr�t, vu le train de vie effr�n� des temps modernes, et on remarque aussi un nouvel engouement pour les p�lerinages traditionnels tels que Saint-Jacques de Compostelle et la Terre Sainte�.

Religions et tourisme en Terre Sainte� Le tourisme peut contribuer au dialogue entre cultures et religions, en tant que facteur de connaissance, de compr�hension et de rapprochement entre les peuples par Taleb Rifa�, AFKAR/IDEES, PRINTEMPS 2010, 3 p.  Image de la Terre Sainte, c�est d�abord plusieurs mill�naires de p�lerinages et de voyages spirituels. Son tourisme religieux plonge dans un riche pass� de traditions et un immense patrimoine historique et monumental. S�y croisent cultures et civilisations autour des trois grandes religions monoth�istes. Les barri�res et l�instabilit� que la Terre Sainte conna�t aujourd�hui, n�arr�tent pas des millions de visiteurs de s�y rendre�..

Tourism: a Sacred Journey? The Case of Ashram Tourism, India BY Richard Sharpley & Priya Sundaram, INTERNATIONAL JOURNAL OF TOURISM RESEARCH 7, 161�171 (2005). Religious tourism� tourism that is motivated by faith or religious reasons�has been in evidence for centuries. In more recent times, however, it has been suggested that modern tourism has become the functional and symbolic equivalent of more traditional religious practices, such as festivals and pilgrimages. In other words, it is claimed by some that tourism is a sacred journey. To date, however, little work has been undertaken to explore this position; the purpose of this paper, therefore, is to contribute to this debate. Based on an exploratory study, it considers the motivations and experiences of Western tourists visiting the Sri Aurobindo Ashram and the nearby utopian township of Auroville in Pondicherry, south east India�..

Religious Tourism - a Finnish Perspective by Katri Nieminen, Thesis, Masters of Hospitality Management, 2012. This thesis deals with religious tourism. The objectives of this study are firstly to understand what religious tourism is, who the tourists attracted to religious tourism are, what the destinations and motives for religious holidays are and what the future of religious tourism looks like. This study is limited to dealing with Christian religious tourism�.69 p.

Pilgrimage Centres of Greece and Tourism Development. The Legal Framework of Protection. By Dr. Mylonopoulos Dimitrios et alii ,  Religious sites, either as places of pilgrimage or as cultural resources, have always attracted the tourists� interest. The tourist value of religious areas is enhanced when these are combined with a special natural beauty. These choices are identified in many regions both in Greece and abroad and concern different religions and doctrines. The monasteries of Meteora, Mount Athos, St John the Theologian in Patmos etc. are indicative examples in Greece. The protection of the sacred areas has drawn the attention of the Greek State which has adopted a special legal framework to protect the sacred sites, the monuments, the heirlooms and the treasures. This regulatory framework is composed of laws concerning specific regions, both continental and insular. There is similar legal protection in other countries as well�..14 p.

Turismo religioso no Brasil by Erick Carvalho PINTO, 7 p. O presente artigo tem como finalidade discutir o turismo religioso no Brasil, mostrando suas particularidades e a import�ncia social e econ�mica do fen�meno para a sociedade brasileira. Apresenta n�meros e cifras com os quais a atividade trabalha dentro de seu universo. E discute a necessidade de uma nova interpreta��o para o turismo religioso, principalmente no aspecto de melhorias dos atrativos tur�sticos, dos equipamentos e da infra-estrutura urbana nas localidades envolvidas com o processo�..

Emergence of Spiritual Tourism in India by Himadri Phukan, Z. Rahman & P. Devdutt, IJMT Volume 2, Issue 4, April 2012, 18 p. Spirituality, in general, has recently become an important subject of research in social and business areas. This has added a new dimension to the tourism industry, called ‗spiritual tourism�. Consequently, there has been an increase in the awareness and research interest in the thematic field of spiritual tourism. Tourism is an age old activity associated with civilized nations. Thus, tourism literature too has a long history. However, there are few areas in tourism which have come to the domain of scientific investigation only recently. Spiritual tourism is one such area in which only a few researchers have started their work in a systematic way. This paper emphasizes on the emergence of spiritual tourism oriented research activities and explores the potentials for future work in tourism research. A model depicting a general Classification of tourism literature in the context of increasing research interests in the spiritual tourism has been presented in the form of a model�..

A HANDBOOK OF HAJJ AND UMRAH - An English Version- of Masai'l-o-Ma'lumat-e-Hajj-o-Umrah (THE RULES AND CEREMONIES OF HAJJ & UMRAH), What to do? What not to do? Where to do? How to do? Compiled by Late Muhammad Moinuddin Ahmad. Translated by Prof. Jalil Ahmad, 89 p.

Hindu Pilgrimage, Routledge Hindu Studies Series, Series Editor: Gavin Flood, Oxford Centre for Hindu Studies, 2014, 24 p.

Imaginaire touristique et sociabilit�s du voyage de Rachid AMIROU, 1995, 252 p. La r�flexion sur le tourisme, ph�nom�ne �conomique et interculturel d'importance croissante, n'a pas encore acquis ses lettres de noblesse dans les sciences sociales. Soit on le traite comme objet futile, soit on convoque une vision moralisatrice et d�nonciatrice pour en souligner les m�faits. Or, nous sommes ou nous serons tous touristes un jour. Que faisons-nous en r�alit� quand nous pensons voyager ? De quelle nature sont ces sir�nes qui nous appellent au d�part ?....

 

 

 

 

Page en plein �cran
( appuyez sur Alt + F4 pour sortir de la fen�tre  ) 

 

 


 

Accueil  |  Pourquoi un site ?  |  Le Tourisme en France  |  Le Tourisme dans le Monde | Le dictionnaire du Tourisme   | La bibliographie | L'examen


 


 
 
Cette page a �t� mise � jour le 19/07/15

 

 

 Copyright © 2007 by KEROURIO