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Le tourisme de sant�
Thermalisme et thalassoth�rapie en France et dans le Monde

   COURS
 

1�re partie : LE THERMALISME

1-Quelques d�finitions � :

Initialement les eaux thermales sont des eaux chaudes qui sont utilis�es � des fins th�rapeutiques , d'o� le nom de thermalisme donn� � cette pratique. C'est aussi la raison pour laquelle les �tablissements o� sont dispens�s les soins sont appel�s �tablissements thermaux ou thermes. Les eaux utilis�es sont couramment nomm�es : "min�rales" ou "thermo min�rales ". Ces deux termes regroupent cependant des eaux tr�s diff�rentes. Par exemple certaines eaux sont riches en sels min�raux et d'autres en sont presque d�pourvues ( 300 g/l � Salies de Salat contre 0,1 g/l � Volvic ). Par ailleurs certaines eaux sont chaudes (83�C � Chaudes-Aigues ) alors que d'autres ont une temp�rature analogue � celle de la nappe phr�atique (11� C � Enghien) . Selon la l�gislation en vigueur une eau min�rale, thermale ou thermo min�rale se diff�rencie des autres eaux par des propri�t�s favorables � la Sant� constat�es par l'Acad�mie nationale de M�decine et dont la th�rapeutique thermale peut tirer profit . La temp�rature de l'eau et la nature des sels dissous n'entent pas en ligne de compte dans cette d�finition qui est essentiellement qualitative. Dans la d�finition anglo-saxonne une min�ralisation de l'eau sup�rieure � 1 g/l suffit � lui conf�rer l'appellation d'eau thermale. Les eaux conditionn�es (improprement appel�es eaux min�rales dans le grand public) peuvent �tre des eaux min�rales (ou thermales) mais aussi des " eaux de source " ou des " eaux rendus potables par traitement ". Selon l'article 13 du d�cret du 6 juin 1989 une eau de source est une eau souterraine rendue microbiologiquement saine et prot�g�e contre les risques de pollution, apte � la consommation humaine sans traitement ni adjonction autre que d�cantation, filtration et adjonction de CO2. Les eaux min�rales embouteill�es le sont comme simples boissons et non pour des propri�t�s particuli�res .

 2- Aspects r�glementaires

Toute exploitation d'eau thermale doit faire l'objet d'une autorisation d�livr�e par le Ministre charg� de la sant� apr�s avis de l'Acad�mie nationale de M�decine (d�cret du 28 mars 1957). L'eau thermale telle qu'elle se pr�sente � l'�mergence ne peut faire l'objet d'aucun traitement autres que ceux autoris�s par l'arr�t� minist�riel et relatifs � : - la s�paration des �l�ments instables par d�cantation ou filtration sans modification de la composition de l'eau dan ses constituants essentiels, - l'�limination ou l'incorporation de CO 2.

Les autorisations d'exploitation �taient donn�es sans limitation de dur�e jusque vers 1900. Puis elles sont devenues trentenaires . Beaucoup de sources prestigieuses poss�dent des d�clarations d'int�r�t public et des autorisations sans limitation de dur�e ( ex. - : Les C�lestins, Grande Grille, H�pital et Chomel � Vichy ou grande Source et H�par � Vittel ) .

Chaque captage d'eau min�rale se fait sous la surveillance �troite et conjointe de la Direction R�gionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement et de la Direction d�partementale des Affaires sanitaires et Sociales (D.D.A.S.S) (arr�t� du 14 octobre 1937 ).

Une surveillance r�glementaire est effectu�e par des laboratoires agr��s pour le contr�le des eaux min�rales par le Minist�re de la sant�.

Pour qu ' une eau min�rale soit embouteill�e une autorisation est d�livr�e par le minist�re charg� de la sant� ( d�cret du 11 d�cembre 1964 ).

 3 - La composition des eaux min�rales

La composition chimique est un des crit�res sur lesquels repose la notion d'eau min�rale .Elles se distinguent des eaux de distribution publique par la quantit� et la qualit� de leurs composants.

Les diff�rents �l�ments de cette min�ralisation appartiennent � deux cat�gories :- des compos�s pr�sents dans toutes les eaux mais dont la concentration est plus �lev�e dans les eaux min�rales. Ce sont les �l�ments majeurs .,- des compos�s inconnus dans les eaux banales et pr�sents dans les eaux min�rales en quantit�s infinit�simales. Selon leur concentration ce sont des �l�ments - mineurs ou des �l�ments - traces .

Les �l�ments majeurs

Les substances min�rales sont des sels appartenant aux acides d�riv�s des �l�ments carbone , soufre et chlore. Les bicarbonates sont pr�sents dans toutes les eaux . Ils sont issu de la d�composition des roches calcaires ou du d�gazage du magma profond. Les sulfates sont les principaux repr�sentants des d�riv�s oxyg�n�s du soufre .Leur concentration est �lev�e si le trajet souterrain de l'eau s'est sold� par un lessivage de g�tes salif�res sulfat�s .L'ion chlorure est aussi tr�s r�pandu dans les eaux min�rales. Il peut �tre d'origine s�dimentaire ou magmatique .Les chlorures d'origine s�dimentaire proviennent du lessivage d'anciens d�p�ts �vaporitiques ( sel gemme ). Dans les r�gions volcaniques les chlorures peuvent avoir des origines plus profondes .

Parmi les gaz le CO2 est le plus fr�quent et il peut atteindre des concentrations �lev�es . La plupart du temps il est d'origine magmatique, mais il est aussi pr�sent dans les min�ralisations riches en bicarbonates.

Les �l�ments mineurs ou les �l�ments traces

Leur concentration des �l�ments mineurs est de l'ordre du mg/l et celle des �l�ments traces est 100 � 1000 fois moins importante . Dans le groupe des sels on trouve des bromures , des iodures et des fluorures. On rencontre aussi des substances alcalines comme le lithium, le strontium, le baryum et le b�ryllium ainsi que des d�riv�s du soufre comme les sulfhydrates et l'hydrog�ne sulfur�. Les oligo-�l�ments ne sont pas rares : fer, mangan�se et cuivre mais aussi des �l�ments plus rares comme le vanadium, l'arsenic et le s�l�nium. On peut enfin rencontrer des �l�ments radioactifs.

Les boues

La composition et la temp�rature des eaux thermales sont favorables � la vie des bact�ries et des algues. L'ensemble complexe min�raux/algues/bact�ries donnent des boues qui sont parties int�grantes du patrimoine des stations.

4 - La classification des eaux

La classification chimique est la plus utilis�e. On distingue cinq grands groupes d'eau qui se distinguent par la pr�sence d'un �l�ment remarquable : - eaux sulfur�es ( pr�sence de sulfures et d'hydrog�ne sulfur�), - eaux sulfat�es , chlorur�es et bicarbonat�es, - eaux oligo- min�rales ( faiblement min�ralis�es , moins de 1g/l ). La temp�rature des eaux peut aussi �tre un �l�ment de classification. Elle es tr�s variable (100�C � Soffioni en Toscane, 83� C � Chaudes- Aigues, 62 / 71�C � Plombi�res, 52�C � Plombi�res, 45� C � Aix- les- Bains, 43� C � Vichy , 37� C � Gr�oux , 11� C � Evian et Contrex�ville ).

5 - Les origines des eaux min�rales

Il faut consid�rer les trois phases qui les constituent : sels dissous, gaz et eau.

Les sels dissous

Certains sels proviennent du lessivage des terrains travers�s : sulfates, chlorures carbonates des eaux qui ont percol� dans diverses roches : des dolomies, des calcaires, des sels gemmes ou des gypses. D'autres �l�ments proviennent d'eaux retenues dans les roches depuis leur formation ( eaux conn�es ) .C'est par exemple le brome et l'iode li�s aux gisements de p�trole comme celui de Pechelbronn en Alsace. Enfin d'autres �l�ments proviennent des couches profondes de l'�corce o� ils se sont form�s � la suite de ph�nom�nes magmatiques (chlore et fluor des eaux min�rales du Massif Central ( La Bourboule, Royat, Saint Nectaire ).

Les gaz

Les principaux gaz associ�s aux eaux sont le CO2, l'azote, l'h�lium et le radon. Ce sont g�n�ralement des gaz volcaniques d'origine profonde surtout dans les terrains disloqu�s.

L'eau

Elle peut avoir trois origines : - volcanique (elle sera dite juv�nile), - m�t�orique ( elle sera dite vadose ), ce sont des r�surgences d'eaux issues de pr�cipitations infiltr�es dans le sous-sol, - fossile. L'origine m�t�orique est la principale provenance de la plupart des eaux min�rales. Les eaux de pluie descendent par gravit� soit dans des terrains perm�ables ( sables , gr�s ) soit dans des roches form�es ( granites ) soit dans des roches comportant des vides importants ( grottes et avens ). La descente des eaux de pluie est g�n�ralement stopp�e par une couche imperm�able ( argile ou roche non fissur�e ) . Ces eaux sont appel�es vadoses. L'origine juv�nile . Dans les profondeurs de l'�corce sous l'effet de la pression et de la temp�rature les roches se transforment , c'est le m�tamophisme qui provoque l'expulsion de l'eau constitutive de certains min�raux. On la d�signe par l'appellation " eau juv�nile" car contrairement aux eaux m�t�oriques elle appara�t pour la premi�re fois � la surface de la terre. Enfin l'eau peut avoir une origine fossile, ce sont des eaux et des sels pi�g�s dans des s�diments marins ou lacustres. On les d�signera par l'appellation " eaux conn�es " .

les hypoth�ses actuelles sur la formation des eaux min�rales

On utilise des m�thodes consistant � doser dans ces eaux les isotopes de plusieurs �l�ments comme l'O18, le deut�rium (D ou 2H ), le Carbone (14C ) et le tritium ( 3H ).On constate ainsi que la teneur en O18 des eaux min�rales est comparable � celle des eaux de pluie. La datation des eaux est bas�e sur le dosage en tritium , le plus lourd des isotopes de l'hydrog�ne. Depuis 1952 la teneur des eaux thermales en tritium est pass�e de 1 atome par tritium pour 10 puissance 8 atomes d'hydrog�ne � 2500 atomes de tritium pour 10 puissance 8 atomes d'hydrog�ne. Or beaucoup d'eau min�rale ont �t� marqu�es par le tritium preuves qu'elles contiennent des eaux infiltr�es depuis 1952. Aujourd'hui les sp�cialistes admettent que la quasi-totalit� des eaux min�rales provient d'eau d'infiltration cheminant pendant plusieurs ann�es dans le sous-sol.

6 - Quelques notions d'Hydrog�ologie �

Pour qu'un terrain soit aquif�re il faut qu'il comporte de vides o� l'eau peut s'accumuler. On distingue les aquif�res de porosit� ( sables, gr�s, graviers, � ) , ce sont des ensembles meubles form�s d'�l�ments libres les uns par rapport aux autres et les aquif�res de fissure dans des roches massives ne comportant pas de cavit� mais fractur�es ou dissoutes (karstifi�es ) .

Il existe des roches tr�s poreuses qui ne peuvent pas constituer d'aquif�res parce que les cavit�s de ces roches de communiquent pas entre elles, donc le liquide ne peut s'�couler de la roche et �tre extrait (ex.- les argiles ) .

A -La circulation des eaux dans le sous-sol

La circulation des eaux dans le sous- sol est essentiellement soumise aux lois de la gravit� .Les eaux de pluie descendent vers le bas tant qu'elles ne rencontrent pas de roches imperm�ables. La couche imperm�able une fois atteinte elles s'�coulent comme elles le feraient en surface dans le sens de la pente . Le cheminement se poursuit jusqu'� ce qu'elles rencontrent un exutoire qui peut �tre une fissure ou un ouvrage de captage .

b-Comment les eaux parviennent-elles en surface?

La gravit� joue un r�le essentiel pour les parcours brefs ou les eaux n'ont pas suivi de p�riple profond. Dans certains cas l'eau chaude plus l�g�re que l'eau froide peut remonter vers la surface en repoussant des masses d'eau froide (c'est le principe du thermosiphon). La remont�e des eaux peut aussi �tre favoris� par un d�gagement de gaz provenant des couches profondes de l'�corce .Ce cas est fr�quent dans les r�gions volcaniques. Dans ce cas ce n'est plus la pression qui fait remonter l'eau mais un ph�nom�ne de gravit�. L'eau charg�e en CO2 forme une �mulsion plus l�g�re que l'eau normale et qui remonte facilement en surface. Dans la plupart des cas les venues d'eau en surface sont li�es � des failles. On appelle griffon l'�mergence naturelle d'une eau min�rale. Les �mergences se font � la faveur de zones fissur�es ou faill�es ou parcourues de vides de dissolution. Elles peuvent �tre contraintes � l'�mergence quand elles rencontrent un terrain imperm�able.

c- Comment trouver de l'eau thermale ?

L'�tude de l'environnement g�ologique et le pr�alable indispensable. Les photographies a�riennes et la t�l�d�tection fournissent des donn�es sur les failles , les fractures et les diaclases. On utilise aussi les infrarouges thermiques pour v�rifier les variations de temp�rature dans les zones couvertes de v�g�tation .Ce type de prospection peut s'effectuer � partir de prises de vue satellitaires. On peut aussi utiliser la d�tection g�ochimique ( prospection par d�tection de radon dans le sous-sol), la d�tection g�ophysique ( la gravim�trie qui peut d�celer les vides dans le calcaire ou les m�thodes �lectriques et �lectromagn�tiques qui d�finissent des zones de circulation des eaux min�rales qui sont plus conductrices que les eaux non min�rales ).

d- Comment capter l'eau thermale ?

Quand le griffon est franc et accessible le point d'�mergence doit �tre d�gag� et coiff� d'un puis �tanche au centre duquel l'eau peut se rassembler. Quand les venues sont multiples et diffuses et se m�langent � des eaux superficielles et non min�ralis�es on am�ne l'eau � sourdre l� o� l'on d�sire en lui appliquant une surcharge qui l'oblige � jaillir dans une zone de moindre r�sistance .Cette surcharge peut �tre un barrage et une chape en b�ton ( ex. - : Plombi�res ) ou une surcharge hydraulique d'eau douce pour cr�er un barrage hydraulique comme � Ussat dans l'Ari�ge . Si l'aquif�re est profond et captif des sondages peuvent �tre entrepris .L'eau jaillit ou elle est pomp�e � l'int�rieur du sondage .

e- Protection et contr�le de la source

Elle a pour but essentiel d'�viter la pollution dans tout le bassin d'alimentation, l� o� toute goutte d'eau de pluie qui s'infiltre dans le sous-sol rejoint le stock d'eau min�rale. Toutes les activit�s humaines sont sources de nuisances (habitats (�gouts et fosses septiques), activit�s agricoles ( production de lisier et utilisation massive d'engrais azot�s), activit�s industrielles (stockages dangereux ).

Deux textes en France r�gissent la protection des gisements : - la loi de 1856 d�finit les conditions requises pour l'attribution d'un p�rim�tre de protection , - une circulaire minist�rielle de 1937 qui institue des p�rim�tres sanitaires d'�mergence. A l'int�rieur de ce p�rim�tre tout travail souterrain est soumis � une autorisation pr�alable. Il est pr�vu pour le p�titionnaire ( qui demande l'autorisation ) l'obligation de poss�de les terrains dans un certain rayon autour de la source ou d'acqu�rir sur eux des droits lui permettant d'interdire l'�pandage des eaux us�es, des engrais et des ordures .Quant au contr�le de la qualit� de l'eau il est assur� en France par les arr�t�s du 21 d�cembre 1964 et du 16 mai 1989.Il est plac� sous l'�gide de la Direction d�partementale � l' Action sanitaire et Sociale assist�e par la Direction d�partementale de l' Industrie et de la recherche.

-Les applications th�rapeutiques du Thermalisme

La Cr�noth�rapie est compl�mentaire du m�dicament pharmaceutique. Au cours de l'�volution d'un certain nombre d'affections chroniques il est courant que le recours aux m�dicaments chimiques soit de plus en plus difficilement support�. La cure thermale repr�sente lors une th�rapeutique relais permettant de diminuer, d'espacer voire de supprimer la chimioth�rapie. C'est le cas par exemple des affections anti- inflammatoires et anti-algiques dans les formes douloureuses des rhumatismes chroniques ,des antibiotiques dans les infections respiratoires chroniques. A l'inverse la cure thermale peut redonner toute son efficacit� � une chimioth�rapie devenue moins active ou permettre d'�liminer les cons�quences d'un traitement prolong�. La cr�noth�rapie agit � plusieurs stades des maladies . Outre son action curative au cours ou au d�cours des maladies constitu�es , elle est aussi pr�ventive au stade pr�- clinique de certaines affections et elle est surtout pr�ventive des rechutes et des aggravation au cours de certaines maladies chroniques. Elle contribue aussi � l'adaptation ou � la r�adaptation du sujet en vue de lui permettre de maintenir une vie normale compte tenu de son handicap.

Dans ces d�marches la sp�cialisation des stations est un des principaux crit�res de la m�decine thermale fran�aise. La richesse et la vari�t� du potentiel thermal fran�ais permet d'utiliser chacune des sources dans les indications o� elle a fait la preuve de son efficacit� la meilleure. Par ailleurs la sp�cialisation des stations permet d'�quiper les thermes avec les techniques de cure appropri�es et de les am�nager en fonction des maladies trait�es. La sp�cialisation a pour corollaire la pr�sence de m�decins eux-m�mes sp�cialis�s. La sp�cialisation des stations fran�aises porte sur plusieurs orientations th�rapeutiques : -rhumatologie, - neurologie, -affections psycho- somatiques, -maladies cardio-art�rielles, -phl�bologie, -gyn�cologie, - maladies des voies respiratoires, - dermatologie et stomatologie .

Par exemple en Rhumatologie l'action de la cure sur les organes profonds est surtout le fait de l'hydroth�rapie externe . Aussi les caract�res physiques de l'eau ont - ils une importance majeure : temp�ratures , d�bit , boues naturelles , radio - activit� . Les sources utilis�es sont : - des sources sulfur�es ( Aix -les- Bains, Gr�oux, Am�lie, Ax- les- Thermes , � ), - des sources chlorur�es sodiques radio- actives ( Bourbonne - les - Bains , Bourbon l ' Archambault , �) , - des sources oligo-m�talliques radioactives ( Lamalou, N�ris, Evaux, � ),- des sources bicarbonat�es ( Vichy, Le Mont- Dore � ).

8 - Historique du Thermalisme

a-l'Antiquit�

D�s la plus haute antiquit� le fait hydrothermal se confond avec le fait religieux. Les dieux , d�esses et demi-dieux sont les premiers protecteurs des sources et leurs pr�tres les premiers hydrologues. Chez les grecs de nombreux auteurs s'int�ressent � la nature et aux vertus th�rapeutiques des eaux thermales. Aristote proclame la vertu des vapeurs �man�es des sources thermales. Plutarque discute de l'origine des eaux thermales. Galien (grec venu d'Asie ) proclame sa confiance dans les eaux thermales et les bains de boue. La vie thermale s'organise avec les romains . H�rodote pose les principes de la cr�noth�rapie ( dur�e des cures , choix de la saison , technique des bains , etc� ). Il est imit� par Antyllus, Aetius , Paul d'Egine, �A l'�poque romaine les thermes publics sont un des lieux majeurs de la cit� . Les thermes de Caracalla sur l'Aventin � Rome couvrent 12 ha et forment un bloc de 350 m�tres de c�t� ; ils pouvaient accueillir plus de 1600 personnes . Quant aux thermes de Diocl�tien sur le Quirinal, leurs dimensions imposantes (420 X 380 m�tres ) leur permettaient de recevoir plus de 3000 personnes . Les th�rapeutiques utilis�es sont diverses : immersions en piscines, bains individuels et applications locales . Pour conna�tre les maladies soign�es il suffit souvent de se reporter aux offrandes et aux ex-voto d�couverts pr�s des points d'�mergence. Certains des ex-voto sont des fragments d'organes sculpt�s ( bras, mains, yeux, organes g�nitaux ) et des diagnostic "a posteriori" des pathologies sont parfois possibles. C'est ainsi que la source des Roches � Chamali�res a livr� � partir de 19689 1500 sculptures et 8500 fragments d'ex- voto du I er si�cle apr�s J.C .

Parmi les stations thermales romaines importantes on peut citer : Aix-en-Provence ( Aquae Sextiae) , Aix-les-Bains ( Aquae Gratianae) , Bourbon-Lancy ( Aquis Nisincii), Dax ( Aquae Tarbellicae), etc�Les romains n'apport�rent pas le Thermalisme en Gaule. Cette pratique �tait d�j� connue des populations celtiques qui s'int�ressaient aux vertus th�rapeutique des nombreuses sources bien avant l'arriv�e des romains. Le thermalisme gaulois conna�t un d�veloppement d�cisif sous la p�riode gallo- romaine. Borvo est le protecteur des sources , dieu thermal par excellence car son nom signifie celte "Berw " signifie "le bouillonnant". Au fil du temps l'appellation se transforme en Bormo ou Bormanus, deux termes qui seront � l'origine du nom de plusieurs localit�s thermales : Bourbon- Lancy, Bourbon l 'Archambault, La Bourboule , etc�

 b-Le Moyen Age

La p�riode m�di�vale est celle d'un long d�clin du thermalisme .Trois ph�nom�nes se conjuguent pour expliquer cette phase de d�cadence relative : - le d�clin moral et politique de la soci�t� romaine, - les Grandes Invasions , - les pr�jug�s anti-thermaux des chr�tiens qui s'accompagne de la christianisation de nombreuses divinit�s pa�ennes des sources . Ainsi en diff�rents points de la Gaule on substitue au culte des Nymphae et des d�esses -m�res celui de la Vierge. Le Christianisme triomphant s'implante sur les lieux de sources pour mieux les contr�ler et les assimiler. Il faut cependant noter une timide renaissance du thermalisme sous le r�gne de Charlemagne, �poque durant laquelle Aix-la-Chapelle devient une grande ville thermale . Par ailleurs d'autres stations vont b�n�ficier indirectement des grandes migrations europ�ens des XIIe-XIIIe si�cles en raison des maladies import�es d'Orient par les Crois�es ( 1100 -1270). Des maladreries sont cr�es � Cauterets, Luchon, Vernet.

 c-La Renaissance

La Renaissance marque un nouveau recul dans l'usage des �tuves et des bains car la R�forme n'y est pas plus favorable que l' Eglise mais les guerres d'Italie et surtout les Guerres de Religion vont favoriser le red�marrage du traitement thermal des blessures de guerre. Par ailleurs des personnages c�l�bres mettent le thermalisme � la mode dans les couches aristocratiques de la soci�t� . Montaigne � l'�ge de 45 ans est atteint de la Gravelle. Il ne se fie pas � la M�decine et il confie son corps aux eaux thermales. Henri IV cr�� le 26 mars 1605 la Surintendance G�n�rale des bains et des Fontaines du Royaume et en confie la direction � son premier m�decin : La Rivi�re. Le r�le de cet organisme est de d�couvrir les sources , les analyser , les entretenir et les faire conna�tre . C'est le point de d�part de l'hydrologie scientifique . Des savants commencent en effet � s'int�resser aux stations : Jean Pidoux, Nicolas de Nicolay, Paracelse (qui �crit un " Discours sur les eaux thermales ") et Amboise Par� , ardent d�fenseur du thermalisme. On voit grossir la foule des curistes et parmi eux des personnages connus : Marguerite d'Angoul�me , Fran�ois Ier , Catherine de M�dicis, Henri II, Henri III et Henri IV .

d-Les XVIIe - XVIIIe si�cles

A vogue des stations thermales s'accentue surtout celle de Vichy et de Bourbon l' Archambault fr�quent�es par Louis XIII, Anne d'Autriche, Richelieu, Louis XIV, Madame de Montespan, Le Grand Cond�, Fouquet, etc�Parmi les curistes on notera la pr�sence de la marquise de S�vign� qui se rend en 1687 � Vichy et � Bourbon l'Archambault et qui laissera de ses s�jours de cure des relations d�taill�es dans sa c�l�bre correspondance �pistolaire. En 1772 une Commission Royale de M�decine compos�e d'inspecteurs g�n�raux des eaux Min�rales est cr��e dans le but de contr�ler et de d�livrer des permis d'exploitation des sources . La Facult� de M�decine et l'Acad�mie des Sciences s'int�ressent aussi aux eaux , elles chargent le m�decin Carr�re de publier un catalogue raisonn� accompagn� d'une notice sur les eaux min�rales du Royaume. La connaissance chimique des eaux thermales fait aussi des progr�s notables avec les travaux de Geoffroy L ' Ain�, Claude Perrault et surtout ceux de Lavoisier. Ce d�veloppement du thermalisme sera compromis par le d�clenchement de la r�volution fran�aise, beaucoup de stations seront appauvries par les troubles et les guerres et par le d�part de leur client�le riche r�fugi�e � l' Etranger.

e-L' essor du Thermalisme au XIX e si�cle

Les causes de cet essor sont multiples : - cr�ation de stations nouvelles , - progr�s notables r�alis�s dans la d�couverte du mode d'action des eaux min�rales, - essor du Romantisme et naissance du Tourisme , - d�veloppement des moyens de communication. Le courant litt�raire romantique met � la mode de nombreuse stations. Les R�veries d 'un promeneur solitaire de J. J Rousseau ont r�concili� l ' Homme avec la Nature . Les �crits de Byron , Shelley, � restaureront d�finitivement ce go�t de la Nature chez l' Homme occidental. Or beaucoup de stations sont entour�es d'un jardin romantique qui s'est d�velopp� autour du griffon . Chateaubriand s�journe � Cauterets en 1829 . Il est imit� par Georges Sand , A. De Vigny et V. Hugo . Lamartine s�journe en 1816 � Aix-les - Bains pour y soigner une insuffisance h�patique. Il y rencontre Madame Charles qui mourra en 1817. Par ailleurs on assiste � un essor du Tourisme dans les stations qui se trouvent au c�ur de r�gions pittoresques . Ce d�veloppement touristique est renforc� et amplifi� par l'arriv�e du chemin de fer ( Dax est atteint en 1854, Vichy en 1860, Am�lie les Bains en 1870 , �) . Sous le Second Empire c'est aussi la personnalit� du couple imp�rial qui assure le renouveau du thermalisme fran�ais . L'empereur se fait le d�fenseur des petites stations thermales. C'est Vichy , modeste village de 3000 habitants sur les berges de l'Allier , qui doit le plus � Napol�on III. En 1861 Larrey, Conneaud et Alquier, les trois m�decins de la Cour, conseillent une cure � l'empereur. Morny l'incite � aller � Vichy. Napol�on III y arrive le 4 juillet 1861.Il y reviendra en 1864 , 1865 et 1866. La pr�sence de napol�on III � Vichy incite toute une couche sociale � y s�journer pour y prendre les eaux. La ville s'�quipe de boulevards , d'avenues et d'h�tels de classe internationale. D'autres stations se d�veloppement sous le Second Empire : Eaux- Bonnes, Luchon, Royat, Plombi�res , �

f-La premi�re moiti� du XX e si�cle

Sous la Troisi�me R�publique beaucoup de stations anciennes s'agrandissent ( Vichy , Aix-les-Bains , Dax, Bourbon l ' Archambault , Le Mont Dore , Enghien , � ). De nouvelles villes thermales apparaissent ou d'anciennes stations connaissent une p�riode de renouveau : Vittel, Evian, la Bourboule, Chatelguyon, � L'importance des bless�s cons�cutifs � la premi�re Guerre Mondiale d�veloppe le thermalisme. Dans les stations fran�aises des ann�es 20 nombreux parmi les curistes sont les bless�s et les pensionn�s de guerre.

Durant l'Entre Deux Guerres l'usage du Thermalisme se r�pand dans les classes moyennes ..Apr�s une p�riode de sommeil li�e � la Seconde Guerre Mondiale le thermalisme social est cr�� en France en 1947 par la S�curit� Sociale. Cette derni�re re�oit 50722 demandes de cure pour la seule ann�e 1948 et 80194 en 1951. Tout fran�ais quelque soit sa condition sociale a le droit de b�n�ficier d'une cure thermale si son �tat de sant� l ' exige. Cet apport de curistes sociaux compense la disparition de la riche client�le provenant de l'empire colonial et trait�e pour des maladies tropicales ( amibiases, colites amibiennes, h�patites, � ) � Chatelguyon, Vichy, Vals, etc�

g-La station thermale aujourd'hui

La th�rapeutique thermale ne peut �tre mise en �uvre qu'� proximit� des sources. Elle n�cessite donc le s�jour du malade dans un lieu diff�rent de son domicile habituel durant un temps limit� (fix� empiriquement � trois semaines ). Pendant ce s�jour le curiste doit trouver toutes les conditions n�cessaires au r�tablissement de sa sant� .A la notion d�su�te de " ville d'eau " on a substitu� celle plus moderne de station thermale ( "haut lieu de sant� int�grale ", P. DELORE ) o� tout est organis� et mis en �uvre en fonction d'une m�me finalit� : la gu�rison du curiste, ce qui doit "obliger les stations thermales � �voluer vers une plus haute technologie et une plus haute intelligence des probl�mes m�dicaux " (P. ROYER). Ainsi s'explique l'obligation de classement des stations cr��e par la loi du 21 septembre 1919.Tel est aussi le but de la Charte de la F�d�ration Internationale de Thermalisme et de Climatisme (1973  qui d�finit les principes modernes de traitement dans les stations thermales et climatiques et les conditions minimales de leur classement au plan international.

L'�tablissement thermal et les buvettes constituent le p�le d'attraction de la station. Les installations varient en fonction de la sp�cialisation m�dicale depuis la simple buvette jusqu'aux am�nagements techniques les plus �labor�s. L'�tablissement thermal doit r�pondre � diverses exigences ( hygi�ne rigoureuse , appareillage et �quipements adapt�s, personnel de soins en nombre suffisant, qualit� de l'accueil, confort, pr�sence d'un parc thermal donnant acc�s � la Nature environnante, etc� ). L'h�bergement offre un �ventail de possibilit�s selon l'�ge et la sant� du curiste. L'h�tellerie constitue la structure d'h�bergement de base .Outre l'agr�ment et le confort, elle doit tenir compte de la sp�cificit� sanitaire et thermale. Le meubl� (villa, appartement, studio) repr�sente un mode d'h�bergement recherch� par un pourcentage notable de la client�le thermale. Lorsque le curiste vient en famille, c'est pour lui un mode d'h�bergement plus �conomique , offrant une plus grande souplesse dans les horaires et offrant la possibilit� d'une poursuite de la di�t�tique familiale. Une charte nationale des meubl�s a �t� accept�e par les pouvoirs publics et adopt�e par la f�d�ration Fran�aise de location en meubl�s . Elle impose des conditions d�finies pour chaque cat�gorie de meubl�s et offre de s�rieuses garanties aux curistes. Parmi les autres formes d'h�bergement offertes on peut citer : le Thermotel ou motel thermal ( service d'h�bergement int�ressant permettant la mise � la disposition du curiste d'une ou plusieurs chambres avec kitchenette. L'ensemble des locataires pouvant b�n�ficier de services communs : restaurant di�t�tique , jeux , t�l�vision , etc� ), l'h�bergement en ferme-h�tel, le camping caravaning, les maisons familiales, etc� Le secteur de l'h�bergement est affect� par une triple �volution : a- la r�novation de l'h�tellerie ( fr�quent regroupement sous un label) . Celui-ci peut �tre propre aux stations thermales quand la soci�t� qui poss�de des h�tels participe aussi � une structure comme la Cha�ne Thermale du Soleil, Promothermes , etc� Il peut �tre aussi non sp�cifique et d�velopp� ailleurs ( Logis et Auberges de France ), b-la rationalisation et la modernisation de l'offre en meubl�s avec l'intervention de promoteurs priv�s au moyen de propositions de logements en nouvelle propri�t� (Pierre et Vacances par ex. -) , c- le d�veloppement d'h�bergements l�gers (un secteur jusque la assez marginal dans les stations thermales mais adapt� � la fr�quentation estivale et � des client�les aux motivations diverses mais qui ont en commun le d�sir d'autonomie ( caravanes, parcs r�sidentiels de loisirs, � ).

Sur stations affili�es en 1992 au Syndicat national des Etablissements Thermaux , 50 se situent dans une ville ( d�finition INSEE ) et 12 sont proches du seuil minimum ou le d�passent si l'on inclut dans le volume de la population d'accueil l'�quivalent annuel de la fr�quentation (nombre de curistes X 21 jours/365 ).Cette constatation confirme l'affirmation de JAMOT : " � Le thermalisme a la chance d'�tre un tourisme en milieu urbain � La ville offre un cadre de vie essentiel , d'un int�r�t touristique sans cesse renouvel�, et cet attrait est �vident et direct�Il proc�de du m�me type que celui qui s'exprime dans les grandes villes ..En plus pour une client�le �g�e le fait urbain est un caract�re ind�niable de s�curit�" ( p. 25 ).

On distingue plusieurs types de stations thermales. La classification la plus souvent �voqu�e est celle de JAMOT :

-Les " villes thermales mono-fonctionnelles "qui petites, " constituent par leur unit� un mod�le pur de ville touristique ". Elles sont 19 dans ce cas en France.

-Les " villes pluri-fonctionnelles au thermalisme dominant ". La fonction thermale a jou� un r�le d'entra�nement pour des activit�s secondaires ( embouteillage en particulier) et surtout des services. Ce type regroupe 16 stations.

-26 sont " des villes pluri-fonctionnelles ou le thermalisme n'est qu'un �l�ment secondaire ", voire mineur.

-Il faudrait ajouter les stations villages o� le centre thermal prend place dans une collectivit� r�duite et diffuse. Le centre thermal y fonctionne sans effet d'animation sur l'environnement.

 8-Le thermalisme fran�ais aujourd'hui

Avec plus de 6 milliards de francs de chiffres d'affaires, pr�s de 700000 curistes, 106 stations et une expansion relativement continue au rythme variable de 1 � 5% par an , le thermalisme fran�ais en apparence se porte bien. Mais son �volution qualitative tr�s particuli�re � la France se fait selon un axe de plus en plus �troit et peu porteur d'avenir : celui d'un thermalisme uniquement m�dical et social, tr�s �troitement accroch� aux remboursements de la S�curit� Sociale.

 L'essentiel des cures se prend en �t� et g�n�ralement sur le temps des vacances ( la fr�quentation des stations thermales est concentr�e sur 5 mois , de mai � septembre. Mais les mois de juin, juillet et ao�t attirent 64,7% des curistes. Les villes d'eau et la belle client�le qui ont fait depuis le Second Empire et pendant des d�cennies le renom du thermalisme fran�ais ont rapidement d�clin� apr�s la Seconde Guerre Mondiale et ont pratiquement disparu au seuil des ann�es 60. Le nombre des curistes est pass� de 633546 en 1989 � 608887 en 1994 soit une baisse de 3,9% au cours des cinq derni�res ann�es ( 358000 en 1965 , 493000 en 1975 , 620000 en 1985).Le nombre d'accompagnants a tendance � diminuer . La plupart des curistes fran�ais ne peuvent �tre consid�r�s comme de simples malades ( ils ne sont ni grabataires ni impotents ) mais victimes de maladies chroniques ou de troubles alt�rant leur genre de vie sans le rendre, pour autant, impossible. Ces curistes choisissent librement le lieu de leur cure. Souvent le curiste potentiel propose lui-m�me � son m�decin traitant d'effectuer une cure dans une station dont il a entendu vanter les bienfaits ( ouie - dire ou publicit� ). La S�curit� Sociale ( qui dispose th�oriquement du droit d'imposer la station la plus proche du domicile ) ent�rine g�n�ralement ce choix ce qui place les stations en �tat de forte concurrence et en situation d'�mulation r�ciproque pour attirer le maximum de client�le . La concurrence entre stations est rude pour atteindre un seuil de rentabilit� en se partageant une client�le au total assez limit�e .En 1992 l'ensemble des �tablissements dacquois enregistre 56203 curistes, Aix - les- Bains 45321 mais au total 19 stations en ont re�u plus de 10000 , 15 entre 5000 et 10000 contre 43 de 1000 � 5000 et 17 au dessous � Les choix individuels se d�terminent aussi par des diff�rences d'environnement m�dical : la prise en charge psychologique et mat�rielle du patient, l'architecture et la fonctionnalit� des lieux, la qualit� des services annexes, l'animation interne �Cela est encore plus vrai lorsque la m�me ville recense plusieurs �tablissements thermaux dot�s de la m�me fonction. Ainsi � Dax 17 �tablissements se font concurrence en rhumatologie alors que seule la compagnie thermale dispose d'un cr�neau annexe ( en gyn�cologie ).Ce sont les � - cot�s, les activit�s annexes offertes au curiste qui vont d�terminer et p�renniser le choix du curiste .

Les flux de touristes se concentrent dans les stations thermales les plus importantes (ou du moins celles capables de consentir l'investissement marketing le plus performant) . En 1993 les quinze premi�res stations fran�aises concentraient plus de 53% du total des curistes . Traditionnellement la cure dure 21 jours ( 15 jours en Italie et 4 semaines en Allemagne ) pour les 9 / 10 des curistes fran�ais .Pour les stations c'est un avantage �norme ( en station de sports d'hiver la dur�e moyenne de s�jour est d'1 semaine et en station baln�aire elle ne d�passe pas 15 jours !! ). Aujourd'hui � l'exception des stations pour enfants ( la population enfantine diminue, 15 % en 1968 et 11, 6 % en 1990 )) , 60 % des curistes ont plus de 60 ans ( la client�le des plus de 65 ans repr�sentent plus de 25 % des curistes alors que ces derniers ne constituent que 16 % de la population totale ), 80 % sont constitu�s de retrait�s , les 2 / 3 sont des femmes Les femmes du 3�me Age repr�sentent 15 % du total des curistes ) , 95 % sont assur�s sociaux dont un tiers est dispens� du ticket mod�rateur. Il en r�sulte quasi- automatiquement que les stations sont pour la plupart des villes tristes, peu anim�es , d�sertes hors - saison et fortement typ�es 3�me �ge/faibles ressources. La longueur du s�jour incite la client�le � rechercher un confort maximum mais la relative faiblesse de ses revenus explique que l'h�tellerie d�passe rarement les deux �toiles et que l'essentiel des curistes vit en meubl� ou chez l'habitant n'utilisant que peu les restaurants et les lieux distractifs possibles (les meubl�s repr�sentent 41 % de l'h�bergement en stations thermales ( 34 % pour la France enti�re tous secteurs touristiques confondus ) et les h�tels 31 % ( contre 25 % pour la France enti�re ).

Enfin les espoirs fond�s sur la client�le de remise en forme ont �t� largement d��us, moins de 50000 forfaits annuels vendus au cours des dix derni�res ann�es. Dans les ann�es 70-80 parall�lement au recentrage de la cr�noth�rapie, de nouveaux produits avaient �merg� qui ne s'apparentaient plus � la cure de trois semaines rembours�e par la S�curit� Sociale: c'�taient les produits " remise en forme". Les facteurs de d�part reposaient sur une triple constatation : - les fran�ais face � la maladie avaient de plus en plus recours � des modes de traitement multiples (34% utilisent la phytoth�rapie , l'hom�opathie et les m�decines douces ), - Au niveau des mentalit�s collectives on notait un refus de l'�rosion du corps, - Enfin sous des influences diverses les fran�ais recherchaient de plus en plus des vacances moins longues et pas tr�s on�reuses .

 Le s�jour de remise en forme dure de 1 � 2 semaines. Plusieurs options sont possibles : - une remise en forme globale de l'organisme physique et psychique, - une action plus sp�cialis�e qui favorise la r�g�n�ration de l'individu (soins de beaut� , lutte efficace contre l'ob�sit� ou l'embonpoint ), - certains clients associent aussi l'action purificatrice de l'eau d'une cure � la pratique d'un sport afin de restaurer leur �quilibre . La d�connection de la S�curit� Sociale oblige � un calcul s�rieux des co�ts et � un ciblage pr�cis de la client�le. Ces nouvelles approches se sont d�velopp�es autour de plusieurs th�mes : forfait ligne � Contrex�ville , passeport pour la forme � Vittel , cure anti-tabac � Marlioz �Ce sont toujours des produits complets, vari�s, vendus en package et incluant l ' h�bergement. Ils permettent d'allonger la saison , de valoriser l'environnement (climat , paysages et �quipements ) et ils peuvent compl�tement changer l'image de la station comme le " club M�d " l'a fait pour Vittel . Ils obligent aussi � changer certaines mentalit�s ou attitudes : la client�le ne vient plus envoy�e par le corps m�dical , elle doit �tre prospect�e et attir�e � Cependant au terme de deux d�cennies il semble que le march� de la "Remise en Forme " connaisse , sinon une phase de r�cession, durant une p�riode durable de stagnation marqu� par un essoufflement certain . Une partie de ces difficult�s �tant li�e � la concurrence exerc�e dans le domaine de la "Remise en Forme" par la Thalassoth�rapie.

 cet appauvrissement de la client�le correspond celui du champ m�dical. L ' effort de promotion et de modernisation technologique portant essentiellement sur les m�dicaments soutenu par les laboratoires, l'appareil hospitalier et le corps m�dical, le thermalisme souffre en retour d'une discr�dit croissant : le nombre d'orientations th�rapeutiques porteuses d'avenir diminue, tandis qu'augmentent les modes de traitement concurrents. Des sondages r�cents sont r�v�lateurs du manque de cr�dibilit� du thermalisme fran�ais, ou plut�t de la connaissance imparfaite que peuvent en avoir aussi bien le corps m�dical que le public. 90% des m�decins sont persuad�s de l'efficacit� des cures thermales mais seulement 25% en prescrivent r�guli�rement � leurs patients. Cette situation ne pourrait �tre am�lior�e que par un d�veloppement de l'enseignement de la cr�noth�rapie dans les facult�s de m�decine. Quant au monde scientifique il se caract�rise par une attitude d'attentisme ou de prudent scepticisme. Pour certains scientifiques la cr�noth�rapie n'est pas adapt�e aux progr�s r�cents de la m�decine. Ils estiment , probablement � raison, d'�tablir de nouvelles bases � cette discipline et donc de multiplier les exp�rimentations de mani�re � pouvoir juger de l'efficacit� du traitement thermal sur des preuves objectives . Quant au public il est , en g�n�ral, peu inform� m�me si sa faveur spontan�e se porte vers les th�rapeutiques naturelles . Cette tendance, renforc�e par la vogue �cologique, demeure tr�s insuffisante .

Le Thermalisme soit devient alors le " traitement de la derni�re chance " soit s'engouffre dans la voie royale de la rhumatologie quelles que soient d'ailleurs les qualit�s initiales de l'eau. Les m�decins sp�cialistes ont quitt� les stations et l'enseignement proprement thermal a quasiment disparu des facult�s.

Contrastant avec ce tableau la plupart des �tablissements ne sont pas v�tustes, mais ont proc�d� au contraire � d'importants travaux de modernisation voire d'extension. Cet effort d'investissement qui semble du � la concurrence pour capter la client�le et aux exigences nouvelles des r�gles d'hygi�ne, se traduit pour les �tablissements par des bilans extr�mement charg�s en amortissements. L'insuffisance des tarifs a abouti, pour la plupart d'entre eux, � un lourd endettement .

 L 'Etat propose son aide technique et financi�re par les contrats de plan. Les offres ont port� sur la restructuration des �tablissements thermaux afin de les rendre plus fonctionnels, plus anim�s et plus conviviaux, sur la modernisation des soins et des pratiques m�dicales et param�dicales, sur la r�organisation du cadre urbain , sur l'animation, etc � 38 stations ont b�n�fici� pour le IXe Plan d'une aide globale de 102,2 MF, trois autres ont �marg� au Xe Plan : Bagnols de l'Orne, Luxeuil et le bassin thermal de l'Est. La situation financi�re d�licate de beaucoup de stations a conduit �galement � une implication financi�re croissante des collectivit�s locales qui pr�tent, subventionnent, voire prennent en charge les �tablissements. Cela cr�� d'ailleurs une in�galit� grave parmi les �tablissements entre ceux qui sont oblig�s de se limiter aux circuits priv�s de financement et ceux qui peuvent recourir � des deniers public.

9-Les entreprises fran�aises de thermalisme et leur positionnement sur le march�

France compte six cha�nes thermales : La cha�ne thermale du Soleil, Eurothermes, Promothermes, Thermafrance, La Compagnie Europ�enne des Bains et Thermalliance.

Ce concept de cha�ne thermale recouvre des r�alit�s juridiques, financi�res et commerciales tr�s diverses .Dans certains cas il s'agit de groupes int�gr�s poss�dant tout ou partie de leurs �tablissements en pleine propri�t� et dans d'autres il s'agit de concessions, de mandats de gestion ou encore de labels professionnels ou commerciaux.

Les deux principaux groupes thermaux fran�ais : la Cha�ne Thermale du Soleil et Eurothermes ont accueilli 182300 curistes en 1994 dans 22 stations et r�alis�s un chiffre d'affaires de l'ordre de 400 MF. Premier groupe fran�ais la Cha�ne Thermale du Soleil (107000 curistes en 1994) a tout juste r�ussi � retenir ses parts de march� depuis le d�but des ann�es 90. Ce groupe est confront� � de fortes turbulences li�es � une s�rie d'accidents ( Barbotan-les-Thermes , Gr�oux-les-Bains ) et � une politique mal ma�tris�e de surinvestissement qui a boulevers� son �quilibre financier .

La station de Gr�oux-les-Bains 26424 curistes en 1994) n'a jamais pu retrouver sa fr�quentation ant�rieure � l'accident de 1988 ( soit 36393 en 1983 ). L'autre station phare du groupe Am�lie-les-Bains dans les Pyr�n�es - Orientales est confront�e � une stagnation de sa fr�quentation depuis plusieurs ann�es ( 31265 curistes en 1994 ).

L'autre g�ant du thermalisme fran�ais le groupe Eurothermes qui a accueilli 75400 curistes dans 9 stations en 1994 a enregistr� une chute de sa fr�quentation de 12,3% depuis 5 ans et cela malgr� la reprise de nouvelles stations : Bagn�res-de-Bigorre ( Hautes-Pyr�n�es ), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rh�ne ) et Digne-les-Bains ( Alpes de haute Provence ). Ce groupe a du se retirer r�cemment de la station thermale d'Aix-en-Provence en raison de la capacit� insuffisante du gisement thermal.

Les groupes Promothermes et Thermafrance ont enregistr� sur la p�riode 1990-1995 une chute significative de leur fr�quentation respectivement de - 12,2% et - 5,2% .

Seule la Compagnie Europ�enne des Bains conna�t une croissance tr�s forte de sa fr�quentation , soit + 20 % de 1989 � 1995 avec un nouveau concept de d�veloppement de stations petites et moyennes orient�es vers le march� de la remise en forme.

En conclusion on peut affirmer qu'en 1997 le thermalisme fran�ais pr�sente de nombreux atouts mais souffre aussi de nombreux handicaps structurels.

1-Des atouts ind�niables :

-Un potentiel hydrothermal important : 106 stations en 1995, -un syst�me de prise en charge et de remboursement de cures encore relativement attractif, -une client�le fid�le plut�t relativement satisfaite de l'offre actuelle, -l'existence de perspectives d'�largissement du march� au niveau curatif mis aussi pr�ventif , -une dynamique cr��e par l'�mergence grands op�rateurs thermaux, -le succ�s du partenariat public/priv� au niveau de certaines r�gions thermales (Thermauvergne par exemple), -un potentiel touristique encore insuffisamment exploit�

2-Mais aussi des handicaps multiples :

-une inad�quation de l'offre et de la demande qui cr�� u probl�me de cr�dibilit� et de positionnement ,-une offre de soins et d'h�bergements qui ne permettra que difficilement une ouverture vers d'autres client�les,-une forte d�pendance vis � vis de la S�curit� Sociale , -une client�le �g�e trop fid�le qui se renouvelle difficilement , -une image n�gative , souvent d�su�te et trop proche de l'h�pital, -un corps m�dical prescripteur mais toujours insuffisamment inform�, -un professionnalisme in�gal, -une profession trop �clat�e et mal organis�e .

L'environnement du thermalisme social est assez paradoxal, il rend particuli�rement ardue une pr�vision objective de l'avenir de ce secteur . Divers �l�ments doivent �tre pris en compte : - la progression des d�penses de sant� des m�nages malgr� les incitations � la mod�ration des pouvoirs publics en direction des m�decins en particulier le r�cent plan de r�forme de la S�curit� Sociale, - la stagnation du pouvoir d'achat des m�nages , - l ' �volution pr�visible de la sant� publique � l'horizon des ann�es 2006 - 2016, - le d�veloppement des pr�ventions et du " business pr�vention ", - la transformation des mentalit�s et des modes de vie (avec une importance accrue accord�e au corps, � la forme, � l'apparence ; l'allongement de la dur�e de la vie et le vieillissement de la population et la sortie de plus en plus pr�coce de la vie professionnelle ) .

Il existe encore des possibilit�s de d�veloppement du march� thermal, la preuve en est la faible internationalisation actuelle du thermalisme fran�ais ( 1 % de curistes �trangers contre 20% en Italie), l'existence d'un potentiel important de rhumatisants repr�sentant pr�s de 15 millions de personnes . Il importe donc : - de faire partir plus ceux qui partent d�j� par exemple dans le cadre de s�jours d'entretien et de pr�vention, de mini-cures .Ces nouvelles cures seraient soit financ�es totalement par le consommateur soit partiellement par de nouvelles formules de prise en charge publiques ou priv�es (par exemple sur le mod�le allemand, (voir ci-dessous : le Thermalisme � l' Etranger ) , - conqu�rir des client�les sur des cures libres plus courtes et sur des cures de qualit� ( selon des enqu�tes r�centes 70% de la client�le exige des cures de 12 � 14 jours ) , - accueillir de nouvelles client�les �trang�res . A terme , � l'horizon du premier quart du XXIe si�cle , on envisage un remodelage de la physionomie du thermalisme fran�ais : 70% de curistes assur�s sociaux, 20% de curistes libres et 10% de curistes �trangers .

 Dans ce contexte il est indispensable d'envisager une transformation des produits thermaux : -d�veloppement de stations thermales p�ri-urbaines, - renforcement du dynamisme des stations "sudistes " ( Dax dans les Landes et Balaruc dans l'H�rault connaissent un fort d�veloppement depuis quelques ann�es � ) , - sp�cialisation des stations sur des cr�neaux porteurs ( ex. - : rhumatologie ) qui pourraient repr�senter 80% de la client�le d'ici l'an 2000.

10 - Thermalisme et Tourisme pur

Les stations thermales sont souvent des plaques tournantes, centres de diffusion des touristes vers les sites touristiques proches et vers d'autres lieux de s�jour. Elles prennent souvent la direction de l'am�nagement touristique r�gional, contr�lant les investissements (h�tels et �quipements divers ) ainsi que le commerce de gros et proposant leurs services . Aucune forme de tourisme n'�chappe aux stations thermales

Chronologiquement le tourisme lacustre s'est d�velopp� le premier sous forme " spontan�e " � Aix - les- Bains ou Evian sur les rives du lac du Bourget ou du L�man . Parfois la station s'�quipe volontairement dans ce domaine . C'est le cas de Vichy avec son lac sur l'Allier. A la fin du XIX e si�cle le tourisme lacustre g�n�r� par le thermalisme avait donn� naissance � de grands am�nagements � une �poque o� le capitalisme conqu�rant cherchait � �tendre son action � tous les domaines du Tourisme. Des quais - promenades furent am�nag�s ( quai Baron de Blonay � Evian-les-Bains), des ports furent construits � Aix-les-Bains et Evian-les-Bains. Ces structures furent confront�es � une phase de vieillissement dans les ann�es 30 sous l'effet de la concurrence des stations baln�aires . Ces stations thermales lacustres connurent une phase de relance dans les ann�es 60. De nouveaux complexes de loisirs fond�s sur des �quipements lourds se d�velopp�rent ( ports de plaisance, plages et campings ) ( ex.- : am�nagement des rives du lac du Bourget � Aix-les-Bains ). Ce mouvement d'urbanisation en " front de lac " s'inscrit dans la strat�gie de diversification des activit�s touristiques adopt�e par beaucoup de stations thermales . Il s'est traduit par de nombreux am�nagements : base du lac de l ' Uby � Barbotan-les-Thermes, plan d'eau de Divonne-les-Bains, petits lacs �quip�s � Forges-les-Eaux et Enghien-les-Bains , prise en compte des plans d'eau du Verdon dans la strat�gie de d�veloppement touristique de Gr�oux-les- Bains .

Le thermalisme est indirectement � l'origine de la d�couverte de la haute - montagne ( au d�but du XX e si�cle et dans l ' Entre- Deux- Guerres ) et de l'essor concomitant de l'alpinisme en particulier dans les Pyr�n�es o� dans beaucoup de stations le lien historique thermalisme / " pyr�n�isme " est �vident ( Bar�ges , Luchon , Cauterets ) . Ces m�mes stations thermales peuvent �tre � l'origine de la cr�ation d'�quipements pour la pratique des sports d'hiver .Beaucoup de stations thermales sont aussi des stations de sports d'hiver dites de premi�re g�n�ration. Apr�s 1945 les stations thermales ont relanc� la pratique des sports d'eau ( ex. : Barbotan ). D'autres se sont tourn�es vers le tourisme vert d�velopp� quasi - spontan�ment au contact du Monde rural ( Chaudes Aigues et Saint Nectaire ) . Aujourd'hui la plupart des stations ont adopt� une strat�gie de d�veloppement touristique polyvalente ( tourisme sportif (golf ) ) , tourisme de congr�s , tourisme culturel ( festival et op�ras ) , tourisme de jeux ( casinos ) , tourisme en milieu urbain ( visites de monuments et de mus�es ) .

- Les conceptions thermales � l ' Etranger

La pratique des eaux thermales n'est pas uniforme et on accorde plus ou moins de cr�dit � ces techniques selon les pays.

A -Le Thermalisme en Europe occidentale

1-Un exemple � m�diter : la mort du thermalisme britannique

En 1990 le Royaume-Uni ne disposait que d 'une seule station thermale en activit� : Leamington ( 5500 curistes ). Bath, ville thermale mod�le du XVII e / XVIII e si�cles avait ferm� les portes de son �tablissements de bains en 1976. Cette situation est d'autant plus aberrante que le pays dispose de ressources thermales importantes et que les eaux ont �t� largement valoris�es aux si�cles pass�s.

Jusqu'en 1914 le pays comptait une trentaine de stations thermales dont certaines avaient une renomm�e internationale. En 1885 Bath recevait 80000 curistes . En 1890/1900 Llandrindod Wells ( Pays de Galles ) accueillait 80000 curistes par an. Une stagnation est survenue � partir des ann�es 20.Harrogate assurait 100000 traitements en 1900, 120000 en 1927 et seulement 90000 en 1938. La crise fatale est intervenue apr�s 1945. La cause principale est probablement l'engouement des m�decins anglais pour la chimioth�rapie et leur combat contre les techniques curatives anciennes � caract�re jug� trop manich�en. L'�tablissement thermal �tait d�s lors consid�r� comme une simple annexe de l'h�pital.

2 -Les conceptions �tendues germaniques et italiennes

L'Allemagne

Les pays de civilisation germanique (Allemagne, Autriche et Suisse) forment un bloc homog�ne sur le plan de la conception du thermalisme .

 La protection sociale a �t� pr�coce en Allemagne . La S�curit� Sociale existait depuis la fin du XIXe si�cle. Les diff�rentes caisses admettaient la cure thermale comme une cure climatique . Le thermalisme entre dans un vaste syst�me de sant� qui reconna�t la validit� et l'efficacit� de ses m�thodes. Cependant la cure thermale y est en concurrence avec divers autres types de cures hydriques : les cures par boues non min�ralis�es, les cures par tourbes , les cures par sable, les cures d'air et jamais une formule de soins n'est exclusive dans une station.

En 1952 100 000 cures �taient prises en charge en Allemagne . Les curistes sociaux repr�sentaient 60 � 80 % de la client�le et le potentiel d'accueil des stations allemandes d�passait 185 000 lits. La prise en charge des cures est plus �clat�e qu'en France . Diff�rentes caisses soutiennent le thermalisme. En France les cures sont rembours�es au titre de l'assurance - maladie alors qu ' en Allemagne elles le sont au titre de l'assurance sociale invalidit�, l'assistance aux infirmes de guerre, l 'assurance accidents. Il existe aussi des caisses maladies de syndicats et des caisses g�r�es par les corps de m�tiers. Les organismes sociaux germaniques ont une action sup�rieure � celle de l'assurance - maladie fran�aise . Ils assignent au thermalisme un champ large : comme en France les maladies chroniques et allergiques mais aussi la pr�vention de certaines maladies, l'accueil des personnes en post-cure , les cures de repos et de d�tente. Dans ces conditions la contingence saisonni�re s'estompe .

 Le s�jour combine la cure classique et des activit�s int�gr�es en France au para thermalisme : entretien complet du corps ( massage � sec, natation, sauna, bains aux essences de plantes, etc � ) . On accorde aussi beaucoup d'attention aux bienfaits procur�s par l'environnement .Ils sont consid�r�s comme des facteurs curatifs r�els . C'est ainsi que l'on a conserv� le cadre urbain qui faisait la grandeur de stations du XIX e si�cle : kiosque � musique , concours hippiques, op�ras, festivals musicaux, etc� On prend aussi en compte l'environnement naturel : la beaut� des paysages, la gastronomie locale, le folklore, � Au niveau de l'h�bergement l'accueil est de type para- hospitalier : on rencontre des h�pitaux thermaux et surtout des maisons de cure appartenant souvent aux organismes sociaux . Elles leur permettent de contr�ler les prises en charge accord�es. L'inconv�nient majeur de ce type d'h�bergement r�side dans la cr�ation de ghettos thermaux, spatialement isol�s , tristes et sans vie. Le quartier thermal �tant souvent une annexe marginale de la ville.

L'Italie

En Italie les conditions de d�veloppement du Thermalisme sont classiques. Avant 1939 la situation de ce secteur est brillante. En 1938 on compte 37 stations affili�es au Syndicat Autonome de Cure et de S�jour .Elles enregistrent 320000 arriv�es 4 millions de nuit�es. En 1945 une vigoureuse politique sociale draine une nouvelle client�le vers le Thermalisme. Le syst�me social italien reconna�t la valeur du thermalisme comme th�rapeutique. Le b�n�fice de l'assurance sociale lui est �tendu ( les 2/3 de la client�le b�n�ficient d'une assistance ). Pour le curiste la charge la plus �lev�e est l'h�bergement , d'o� le r�le important tenu dans ce domaine par les pensions de familles au d�triment des h�tels class�s. La conception italienne du thermalisme est proche de celle de l'Allemagne. Le Thermalisme a trois buts reconnus par le corps m�dical : - la pr�vention, - la cure de certaines conditions pathologiques, - le traitement en cours de convalescence. La cure comporte une partie importante de para- thermalisme ( massages et gymnastique ) .

b-L'Europe de l'est : le tourisme social de sant�

L'Europe de l'est poss�de un potentiel thermal impressionnant et en croissance surtout l'ex-URSS. Ce thermalisme dispose de moyens importants . La cl� de vo�te est l'importance donn�e � la recherche. La cr�noth�rapie fait partie int�grante de la recherche scientifique. Ainsi en Russie l'Institut central de Recherches M�dicales en Baln�oth�rapie et Physioth�rapie regroupe plus de 600 chercheurs. Il forme les cadres des stations et assure le recyclage des personnes m�dicaux.

Par ailleurs l' ex-URSS avait d�velopp�e une grosse infrastructure de d�pistage et de prescription thermale. Le thermalisme y �tait enseign� dans les facult�s de m�decine ( 9000 m�decins et 25000 auxiliaires m�dicaux sp�cialis�s dans ce domaine en 1990 ).Un syst�me d' h�pitaux thermaux tr�s complet avait �t� mis en place par les autorit�s sovi�tiques dans l'ex-URSS et ses �tats satellites . Le r�le assign� au thermalisme en Europe de l'Est est multiple : - soigner les maladies chroniques, - suppl�er les m�dicaments sophistiqu�s qui font souvent d�faut, - le thermalisme est utilis� syst�matiquement pour la pr�vention de nombreuses pathologies, - le thermalisme sert de cadre � de nombreuses convalescences. Les stations sont polyvalentes mais la cure elle-m�me reste tr�s traditionnelle. Il existe peu de techniques sophistiqu�es comme en Occident ( pulv�risations micronis�es , instillation , etc �). L'essentiel reste l'utilisation des bains, les applications de boues, l'ingestion de boissons. On assiste cependant � un fort d�veloppement du para - thermalisme : massages , gymnastique , solarium , piscine , etc � En Russie ( et dans l'ex- URSS ) ce n'est pas l' Etat qui g�re le secteur de la sant� mais les syndicats. L'adh�sion des travailleurs y est massive et presque obligatoire ( du moins sous le syst�me sovi�tique !! ). Concernant les structures thermales l'�tat finance le 1/3 , le reste est � la charge des syndicats . La prise en charge est aussi l'�uvre des syndicats .Ils assument les frais de cure ( soins et h�bergements dans une proportion de 80% ), le reste est � la charge du salari�. ce sont les syndicats qui trient les demandes de cure. Dans l'ex- URSS la s�lection se faisait sur deux crit�res : - les mal-portants, - les travailleurs m�ritants. Aucun probl�me de saisonnalit� ne se posait dans les stations thermales car la demande �tant sup�rieure � l'offre les syndicats proposaient des cures �tal�es sur l'ann�e enti�re. Les stations ne connaissaient donc aucun probl�me de remplissage (c�fficient de remplissage : 80 � 90% ) . Les conditions de d�roulement sont (et �taient) assez tristes. Les distractions sont m�diocres (minimum de commerces , amusements limit�s , pas de casinos , peu de cin�mas . Seules les activit�s sportives et les promenades sont bien d�velopp�es.

c- Ailleurs � : R�tro-thermalisme et N�o-thermalisme

Le r�tro- thermalisme am�ricain

Aux Etats - Unis se sont d�velopp�s une vingtaine de centres thermaux (1/3 dans les Appalaches et 1/3 dans les Rocheuses , le tiers restant se r�partissant � peu pr�s �galement entre la Floride et le Texas ). Il demeure beaucoup de ressources thermales inexploit�es . Le d�veloppement des stations est r�cent et pour l'essentiel s'est effectu� entre les deux guerres. La conception de la cure est une concr�tisation de l'image litt�raire du thermalisme des ann�es 20- 30. Les soins occupent peu de place dans la journ�e du curiste. L'essentiel c'est la d�tente dans l'environnement qu'apporte la station. Le logement se fait dans de grands palaces r�tro et le confort y est � l' am�ricaine. Des complexes de loisirs tr�s complets sont associ�s � l'h�bergement ( golf , tennis , �quitation , � ). La client�le y est ais�e et les prix sont souvent fort �lev�s. L'image donn�e par ce thermalisme est celle de clubs de luxe plut�t que celle de centres de soins. Parmi les stations les plus connues : Arlington ( Texas ), Palm Springs ( Californie ) , Saratago-Springs et Homestead dans les Appalaches .

Le n�o-thermalisme

C'est une forme de thermalisme qui s ' apparente au tourisme pur. Il est l' apanage des pays neufs et des P.V.D cherchant des devises . On le rencontre surtout dans le bassin m�diterran�en : Isra�l, Maroc, Alg�rie mais aussi en Afrique tropicale ( Gabon ) . Trois centres de cure existent en Isra�l : - Arad, - Mer Morte (on y pratique le soin du psoriasis par exposition aux rayons solaires et les soins aux rhumatismes par immersion ), - Tib�riade . Le syst�me d'accueil est tr�s r�duit. En g�n�ral on y trouve un tr�s bon h�tel thermal ultra- moderne qui assure aussi l'animation. La client�le recherch�e est toujours ais�e .Elle recherche le d�paysement et l'exotisme � bon compte et sa d�marche est avant tout dict�e par la recherche de la remise en forme. C' est un syst�me qui exclut tout malade handicap�

 

2�me PARTIE : LA THALASSOTHERAPIE


C'est � la fin du XIXe si�cle que l'utilisation de l'eau de mer fra�chement pr�lev�e et chauff�e a donn� naissance � une discipline nouvelle: la Thalassoth�rapie terme cr�� par le Dr. DE LA BONNARDIERE � Arcachon � la fin du XIXe si�cle. La Thalassoth�rapie moderne est l'utilisation th�rapeutique des bains de mer ( baln�oth�rapie ) en association avec l'influence b�n�fique des conditions bioclimatiques cr��es elles-m�mes par les relations entre les milieux marins et terrestres environnants. Il n ' y a de Thalassoth�rapie qu'au bord de la mer. Pour la Cour d'Appel de Paris : "la Thalassoth�rapie est l'exploitation � des fins curatives des propri�t�s combin�es de l'eau de mer, de l'air et du climat marin , cette th�rapeutique exige des installations au bord de la mer , sp�cialement �quip�es pour recueillir cette eau fra�chement puis�e, prot�g�e de toute pollution, et �difi�es en des lieux r�put�s pour leur microclimat ". La F�d�ration Mer et sant� a donn� de la Thalassoth�rapie une d�finition r�cente ( 1986 ) : "Dans un site marin privil�gi� la thalassoth�rapie est l'utilisation simultan�e , sous surveillance m�dicale, dans un but pr�ventif ou curatif , des bienfaits du milieu marin qui comprend le climat marin , l'eau de mer , les boues marines, les algues, les sables et autres substances extraites de la Mer ."

La Thalassoth�rapie n'est pas de la baln�oth�rapie. Il n'y a pas de Thalassoth�rapie possible en Montagne ou en milieu urbain car l'eau de mer , milieu tr�s vivant, n'a qu'une dur�e de vie de 24 heures et ne peut �tre reconstitu�e. En Ville ou � la Montagne la baln�oth�rapie dans des baignoires bouillonnantes n'a rien � voir avec la Thalassoth�rapie.

La Thalassoth�rapie n'est pas du Thermalisme. Il y a souvent confusion entre ces deux th�rapies car elles fonctionnent avec des soins d'eau souvent similaires : douches � jets, bains bouillonnants, cataplasmes, boues, etc�Mais � la diff�rence de l'eau thermale, l'eau de mer est une eau vivante.

1- HISTORIQUE

De tout temps la mer a �t� consid�r�e comme b�n�fique pour l'homme. D�j� Hom�re affirmait que ses h�ros puisaient leur �nergie dans les fonds marins . En 484 av .J.C selon H�rodote : " la cure de soleil et la cure de mer s'imposent dans la plupart des maladies et surtout dans les affections de la femme" .En 480 av. J.C Euripide dans Iphig�nie en Tauride : " la mer lave les maux de tous les hommes". En 420 av. J.C Hippocrate dans " les affections prurigineuses et mordicantes " conseillait l'eau de mer chaude en bains ou en fomentations .Il avait remarqu� que les plaies des mains des p�cheurs ne suppuraient jamais si elles restaient en contact avec l'eau de mer sans qu'on y touche. Les propri�t�s du milieu marin furent accept�es par de nombreux autres auteurs grecs : Galien, Platon et Aristote.

Les romains ( Caton l'Ancien, Cic�ron, Pline Le Jeune ) furent de fervents utilisateurs de l'eau de mer comme m�decine. Un m�decin romain Quintus Samonicus exaltait les propri�t�s curatives de l'eau de mer dans le traitement des affections articulaires .

En 1000 on retrouve des id�es identiques � celles des gr�co - romains chez divers auteurs parmi lesquels Avicenne . Au XVI e si�cle Amboise Par� recommande les bains d'eau de mer pour leurs propri�t�s � la fois r�chauffantes , astringentes, r�solutives , dessicantes et anti-ecchymotiques . Henri III prenait des bains de mer � Dieppe pour gu�rir de certaines " galles " dont il �tait atteint.

Au XVII e si�cle le m�decin anglais Floyer tente les premiers essais th�rapeutiques par l'eau de mer. Au XVIIIe si�cle un autre anglais Russel �crit et publie son ouvrage : " de table glandularium sine de usu aquae marinae in morbis glandularium ", ouvrage qui eut un fort retentissement: " Il faut boire d e l 'eau de mer , il faut s'y baigner et manger toutes les choses marines o� la vertu s'est concentr�e" . En 1778 Lepec de La Cloture ouvre le premier centre marin sur la plage de Dieppe.

En 1800 est ouvert � Boulogne un centre pour soigner les rhumatismes et les affections d�pressives ; En 1812 un m�decin de Dieppe publie une th�se : " Les effets de la mer prises par l'int�rieur et par l'ext�rieur sur les organes cutan�s " .En 1847 est cr�� � S�te le premier �tablissement associant le traitement par l'eau de mer � la cure h�lio- marine par Mlle Hisrch (la " Maison Kruger ") . En 1859 est fond� � Luc sur Mer un �tablissement marin. Le 2 juillet 1861 est fond� � Berck-sur-mer le premier h�pital marin par les Drs.Lhoste et Perrauchaud . la p�riode du second Empire conna�t un v�ritable engouement pour la mer et ses bienfaits . C'est en 1869 que le Dr. De La Bonnardi�re cr�� le terme de " thalassoth�rapie " .D�s cette �poque naissent un peu partout des centres ou des h�pitaux ( Nice, Hendaye, Zuidcoot en Belgique ). En 1899 le Dr. Bagot fonde � Roscoff le premier vrai centre de Thalassoth�rapie.

En 1904 Ren� Quinton publie son �uvre magistrale : " l'eau de mer , milieu organique " et �tablit l'hypoth�se que du milieu marin est sorti la premi�re cellule vivante. Il est le premier � comparer le plasma sanguin � l'eau de mer. Au XIIIe congr�s international de M�decine Quinton expose sa th�orie m�dicale par absorption d'eau de mer, soit par voie buccale soit par injection intra - musculaire : c'est le plasma Quinton qui sera utilis� par de multiples g�n�rations de m�decins . En 1913 est fond�e ne France la premi�re association internationale de Thalassoth�rapie dont le 1er congr�s se tient � cannes en 1914. Le 6 juin 1959 est fond�e l'association fran�aise de thalassoth�rapie et en 1959 le premier syndicat des �tablissements fran�ais de Thalassoth�rapie qui r�unit les centres r�pondant aux normes et aux obligations de cette nouvelle th�rapie.

Les ann�es 60 marquent le deuxi�me d�part de la thalassoth�rapie . En 1961 Louison Bobet , champion cycliste a un accident de voiture qui lui occasionne une mauvaise fracture du f�mur. Durant 1 mois il s�journe � Roscoff dans un centre de r��ducation fonctionnelle en milieu marin. Envisageant sa reconversion professionnelle Louison Bobet �labore durant son s�jour un grand projet d'institut de Thalassoth�rapie qui verra le jour en 1964 � Quiberon . Ce centre est devenu la r�f�rence en mati�re de thalassoth�rapie moderne . La th�rapie marine n'y vise plus des grands accident�s mais tout un chacun qui a le souci de pr�server son capital - sant� ou se remettre en forme.

2- L ' EAU DE MER : ELEMENT ESSENTIEL DE LA THALASSOTHERAPIE

 La Composition

La mer est le plus grand r�servoir d'eau min�rale de la Terre. Riche en �l�ments chimiques et biologiques c'est un milieu vivant . L'eau de mer est tr�s fortement min�ralis�e : elle est chlorur�e sodique mais �galement chlorur�e et sulfat�e magn�sienne. Comme l'on montr� les travaux du Dr . Quinton l'eau de mer est un v�ritable plasma sanguin naturel dont on aurait retir� les albumines et les corps figur�s . Quinton au cours de ses travaux dans son laboratoire du coll�ge de France fut le premier � transfuser des chiens � l'eau de mer isotonique. En quelques jours les chine avaient reconstitu� leur patrimoine sanguin propre ( h�moglobine et �l�ments figur�s ) et en peu de temps leur r�tablissement fut complet. De cette exp�rience est n� le " plasma Quinton " , v�ritable solut� d'eau de mer pure qui peut �tre utilis� par voie buccale ou en injection.

Tous les gaz atmosph�riques se retrouvent dans l'eau de mer : azote, oxyg�ne, gaz carbonique y compris les gaz rares .

On trouve aussi dans l'eau de mer du plancton ( terme d�riv� du grec " planctos" : " errant " (Hensen , 1886 ) ) qui d�signe l'ensemble des organismes qui flottent dans l'eau de mer. On distingue g�n�ralement le phytoplancton qui se nourrit de v�g�taux et le zooplancton qui se nourrit de proies animales. Les deux vari�t�s de plancton les plus connues sont les diatom�es et les p�rinidiens. Le phytoplancton surtout est la plus grande r�serve alimentaire de la plan�te . Le Dr.Bombard ,lors de sa travers�e de l'Atlantique , l'avait utilis� comme moyen de survie . Pour �tre de consommation inoffensive il doit �tre cependant trait� .

Enfin le milieu marin contient une grande vari�t� d'algues. Ce sont des �tres vivants appartenant au r�gne des Plantes , classe des Cryptogames, sous-classe des Thallophytes . Leur caract�ristique principale est d'emprunter � l'eau de mer tous les �l�ments n�cessaires � leur synth�se qu'elles stockent sous forme ionique: iode, soufre, potassium etc�Par ailleurs les cellules superficielles de certaines algues ont la propri�t� de d�composer par leurs thalles leurs propres iodures pour �mettre de l'iode volatil. Ce ph�nom�ne connu sous le nom de iodo - volatilisation est utilis� en thalassoth�rapie.

Les boues marines sont aussi utilis�es en thalassoth�rapie . On utilise non pas des boues naturelles ( peloses) mais des boues artificielles : les p�lo�des. C'est un m�lange artificiel d'eau de mer avec des mati�res organiques et inorganiques r�sultant de processus biologiques et g�ologiques . Les p�lo�des utilis�s en Thalassoth�rapie r�sultent du contact prolong�s avec des s�diments marins ( boues , vases , limons ) plastiques et d�pourvus de pollution . Le contact de maturation dure 6 mois . Les p�lo�des sont utilis�s pour leur qualit� de grande min�ralisation.

b- Propri�t�s

L'eau de mer pr�sente diverses propri�t�s physico-chimiques. Elle poss�de d'abord une densit� assez �lev�e.De fait elle s'�chauffe moins vite au contact d'un corps humain immerg� qui lui-m�me refroidit moins vite que dans l' eau douce.

L'eau de mer a un pouvoir antibiotique envers les bact�ries pathog�nes dont elle bloque et arr�te le d�veloppement. Les ions contenus dans l'eau de mer ont un pouvoir de p�n�tration dans l'organisme Diverses exp�riences ont d�montr� que la peau humaine fonctionnerait comme une membrane charg�e n�gativement qui absorbe plus ou moins les anions et en moindre quantit� les cations. " Nous pensons que les t�guments laissent passer un certain nombre de corps chimiques , mais en faible quantit� " ( DUBARRY, 1966 ). Dans certains centres de thalassoth�rapie il est conseill� de ne pas prendre de bains ou de douches d'eau douce apr�s les bains de mer et au contraire de laisser se d�poser et s�cher sur la peau les d�p�ts de sel, voire de prendre deux ou trois bains de mer par jour suivis chaque fois par un exposition au soleil. Cette m�thode favoriserait a p�n�tration cutan�e des ions.

La Thalassoth�rapie est un traitement qui repose sur des soins en eau de mer non trait�e mais r�chauff�es. L'eau de la mer est chimiquement int�ressante pour l'organisme car elle contient de nombreux min�raux et oligo-�l�ments n�cessaires au m�tabolisme humain. Pour �tre agissante il faut qu'elle arrive � la douche en ayant conserv� le maximum de ses qualit�s originelles. De plus elle doit �tre r�chauff�e et atteindre au moins 34� C car c'est au del� de cette temp�rature que les ions pr�sents dans l'eau traversent les parois cutan�es et p�n�trent dans le corps humain. La dur�e du bain chauff�e ne doit pas exc�der 15 � 20 minutes. L'eau de mer pr�sente aussi un int�r�t du point de vue physique. Dans l'eau on se sent l�ger et dans l'eau de mer encore plus. C'est l'application du principe d ' Archim�de qui veut que tout corps plong� dans un fluide subisse une pouss�e verticale, dirig�e de bas en haut et �gale au poids du fluide d�plac�. De plus la portance sp�cifique de l'eau de mer est beaucoup plus importante que celle de l'eau douce. Le poids d'une personne plong�e dans l'eau de mer est 2,5 fois plus faible qu'en eau douce. Le poids d'un individu moyen immerg� jusqu'� la t�te est ramen� dans l'eau de mer � 10% de son poids r�el ( 60 kg sur terre et 6 dans l'eau de mer ). Ces cons�quences sont importantes pour l'accident� en fracture r�cente , pour la personne �g�e atteinte d'arthrose, pour la femme trop forte, etc�

3 - LE CLIMAT MARIN : AUTRE ELEMENT INDISPENSABLE DE LA THALASSOTHERAPIE

La Climatoth�rapie a �t� d�couverte au XIXe si�cle . Elle consistait � exposer des malades atteints de tuberculose ou de rachitisme au climat marin. Les premi�res �tudes et exp�rimentations eurent lieu dans le centre h�lio - marin de Berck .

Les sp�cificit�s du Climat marin

Les sp�cificit�s du climat marin sont limit�s dans l'espace � quelques centaines de m�tres du rivage . Ses bienfaits d�coulent de plusieurs facteurs :

La pression barom�trique : au niveau de la mer elle est stable et tr�s �lev�e .Cette forte pression en oxyg�ne favorise la respiration.

-La temp�rature : elle est stable en bord de mer.

-L'humidit� : elle est tr�s importante .Le degr� d'hygrom�trie est tr�s �lev� et stable.

-L'ensoleillement : les rayons occasionnent de multiples bienfaits surtout pour le rachitisme (manque de vitamines D) et pour les troubles de l'humeur .Certains pathologies psycho - somatiques ( d�pression nerveuse par exemple) sont trait�es par phototh�rapie ( exposition des patients aux ultra- violets ).

-L'ionisation: l'air de la mer est tr�s riche en ions n�gatifs. Ils sont pr�sents dans les a�rosols ( gouttelettes minuscules issues de la surface de la mer ) d'o� l'importance pour le patient de s' oxyg�ner en bord de mer (promenades de sant� quotidiennes ).

-Les vents : ils renforce les qualit�s cardio-respiratoires.

Chaque littoral a ses sp�cificit�s marines et climatiques. Les rivages de la Manche sont riches en ions n�gatifs et en iode car les vagues y sont d�ferlantes. Le climat y est froid et vivifiant. Les rivages atlantiques ont un climat plus tonique. L'air marin y est bien charg� en ions n�gatifs et en iode mais moins que sur la Manche. Le climat est moins excitant. Quant aux rivages m�diterran�ens, le climat y est s�datif c'est � dire plus calmant qu'�nergique surtout en avril/mai ou en automne.

 Les diff�rents imp�ratifs �voqu�s ( qualit� de l'eau et sp�cificit�s du climat) expliquent que le choix du site soit soumis � des r�gles d'implantation rigoureuses concernant aussi bien la qualit� de l'eau de mer que les caract�ristiques climatiques . Ces r�gles ont �t� d�finies par le professeur D. LEROY de la Facult� de M�decine de Rennes en 1976. Ce dernier pr�conise une s�rie d'�tudes pr�liminaires � la cr�ation du centre :-�tude g�omorphologique du littoral, �tude �cologique, �tude de l'orientation g�ographique, �tude de l'orientation des vents dominants, �tude de l'insolation, �tude des courants de mar�e .

Un centre de Thalassoth�rapie est un mini - usine d'eau de mer. Il n�cessite une infrastructure complexe. Il doit puiser et utiliser de l'eau de mer bact�riologiquement saine et ne pas la stocker plus de 24 heures. Un contr�le permanent de la salubrit� de l'eau est indispensable. L'eau de mer est pomp�e hors des courants de pollution. Ce sont les Affaires maritimes et la D.D.A.S.S qui donnent les autorisations de pompage. La distance du point de pompage varie de 15 � 1000 m�tres. La profondeur minimale de pompage est de 1 m. 50 pour �viter les pollutions; g�n�ralement le pompage s'effectue � une profondeur moyenne de 4 -5 m�tres. Il est effectu� avec une tuyauterie souple et mobile qui peut �tre ais�ment d�plac�e en cas de pollution. L'eau est ensuite amen�e vers un puits de d�cantation pour �liminer le sable et les �l�ments impurs, puis elle est achemin�e vers des cuves de stockage. Une fois utilis�e cette eau est rejet�e ( � 32�C ) dans un autre circuit o� elle est rafra�chie � une temp�rature de 13�C avant d'�tre rejet�e en mer. Les calories sont r�cup�r�es et elles servent � r�chauffer la nouvelle eau. La quantit� d'eau de mer utilis�e est consid�rable : en moyenne 1 m3 d'eau de mer chaude par curiste et par jour. Le centre n�cessite de nombreux �quipements : baignoires, douches ,piscines ad�quates ainsi qu'un personnel m�dical ( 1 m�decin au moins est pr�sent en permanence dans le centre ). On y trouve aussi une �quipe de kin�sith�rapeutes et d ' hydroth�rapeutes et suivant les dimensions du centre des sp�cialistes divers (en rhumatologie, en m�decine du sport, en r��ducation fonctionnelle, en nutrition, � ). L'entretien est permanent car l'eau de mer est extr�mement corrosive et la maintenance du centre s'accompagne souvent d'une fermeture annuelle d'une dur�e de 1 mois. Concernant la qualit� de l'eau il n'y a pas de r�glement sp�cifique � la thalassoth�rapie, la D.D.A.S.S effectue simplement des contr�les sur la qualit� bact�riologique de l'eau comme pour les piscines.

 4- Quelle prise en charge pour le curiste ?

Les centres de r��ducation fonctionnelle en milieu marin sont des centres conventionn�s. Il suffit au patient de demander une prise en charge pour un certain nombre de jours d'hospitalisation. Les instituts de thalassoth�rapie au sens moderne du mot ne sont pas reconnus par le Minist�re de la sant� comme pratiquant une th�rapie � part enti�re. Ils ne sont donc pas conventionn�s par la S�curit� Sociale. Certains centres , les plus anciens, sont agr��s . On peut sur prescription m�dicale et apr�s entente pr�alable se faire rembourser des actes de kin�sith�rapie (soin sur 4 est effectu� par un kin�sith�rapeute ce qui repr�sente 30 % du prix de la journ�e soit environ 150 F). 40% des curistes obtiennent un remboursement.

5 - Les indications majeures de la Thalassoth�rapie

a -Les traumatismes et s�quelles d'accidents: la thalassoth�rapie peut g�rer des r��ducations sur de mauvaises fractures ou pr�venir des troubles li�s � l'immobilisation ( d�calcification , �d�me et affaiblissement g�n�ral).

b-Les rhumatismes: les rhumatisants forment le gros des troupes de la thalassoth�rapie. Cette pathologie se traduit par des affections douloureuses au niveau des articulations. Les rhumatismes peuvent �tre d�g�n�ratifs quand ils sont li�s � l'�ge. Les soins prodigu�s permettent de remobiliser les articulations ou les membres d�faillants par un travail en piscine et l'apport d'oligo-�l�ments aux cartilages us�s.

c-Les probl�mes circulatoires : ils sont souvent h�r�ditaires et aggrav�s par la s�dentarit�. Les soins contribuent � mobilier le syst�me lymphatique .

d-La cellulite :une cure peut am�liorer la circulation et par l�- m�me la ligne et la qualit� de la peau. On utilise des techniques diverses : le sauna combin� � la douche sous-marine et au massage sous-marin, le bain bouillonnant, les applications d'algues ( 300 g d'une " pur�e" (concentr� d'algues) chauff� � 38� C appliqu� sur le corps qui est ensuite recouvert d'une couverture chauffante ).

e-La fatigue : son traitement donne lieu � des forfaits sp�cifiques : cures " nouvelles m�res " (cures post- natales ) , "cures femmes de 50 ans" ( cure m�nopause ou cure " nouvelle vague " � Ol�ron ) , cures destin�s � des sportifs , cures destin�es � des insomniaques .Pour la fatigue/surmenage la cure cr�� une rupture avec le quotidien. L'immersion dans les baignoire et la passivit� des soins marins cr�� un �tat de bien-�tre absolu. Pour le traitement de la fatigue des 50-60 ans on redonne du tonus � des personnes qui , par leur comportement , anticipe leur vieillesse .On privil�gie des techniques en piscine qui permettent au patient de red�couvrir la l�g�ret� de son corps. Pour le traitement des fatigues post-natales , la patiente peut emmener son b�b�. Des solutions type nursery, baby-sitter personnelle ou gratuit� pour l'accompagnant ont �t� imagin�s par divers centres.

-Les soins marins

Ils sont donn�s par des hydroth�rapeutes. Les techniques utilis�es sont extr�mement vari�es . Les bains bouillonnants par immersion sont pratiqu�s dans des baignoires individuelles o� l'eau a �t� m�lang�e a de la poudre de concentr� d'algues. Les mouvements de l'eau son occasionn�s par les bulles d'air sortant de trous perc�s sur le fond et le long de la baignoire. Ce bain chaud entra�ne la vasodilatation d'ou une activation de la circulation g�n�rale . La douche- sous-marine est aussi tr�s utilis�e .Elle consiste en un massage manuel sous l'eau avec un jet tr�s puissant dans une baignoire individuelle. Ce massage profond et complet provoque une d�tente musculaire totale. On utilise aussi la douche au jet . On masse le patient � distance ( 4-5 m�tres ) en utilisant un jet tr�s puissant d'eau de mer. Ce soin tr�s tonique lib�re les tensions et masse fortement toutes les articulations. Le jet sous marin est un soin collectif en piscine d'eau de mer. Devant chaque curiste immerg� � une profondeur de 1m30 se trouve un jet orientable dont la direction et l'intensit� sont r�gl�s. Ce massage assouplit la musculature et lib�re les articulations .On utilise aussi les douches � affusion , les p�diluves, les manuluves  etc � La technique des enveloppements d'algues est propre � la thalassoth�rapie. Les algues marines sont charg�es en min�raux , oligo-�l�ments et en vitamines. Ce sont de v�ritables concentr�s d'eau de mer en particulier les algues brunes ( fucus et laminaires ) . Apr�s d�shydratation et/ou broyage on obtient une poudre � laquelle on ajoute de l'eau de mer. On r�chauffe le tout. L' hydroth�rapeute applique sur le cors du patient, allong� sur une table, un cataplasme d'algues � 40�C avec une spatule. Le patient est ensuite envelopp� dans une couverture chauffante. La sudation �limine les toxines et favorise l'apport d'iode et d'oligo-�l�ments. D'autres prestations sont plus ax�es sur la remise en Forme . Ce sont les massages, les drainages lymphatiques, la pressoth�rapie mais aussi le sauna, le hammam ainsi que le parcours marin . Les premiers centres � lancer cette formule ont �t� H�lianthal � Saint Jean de Luz et Saint Malo. Dans la formule " grand couloir ", le curiste s'avance le long de deux rives assez �troites et s'arr�te r�guli�rement pour se faire masser telle ou telle zone de son corps. Dans la formule " parcours bassin " , le patient peut nager librement entre diff�rentes secteurs de la piscine et aller des buses de massage aux bains bouillonnants et aux geysers. Les centres dispensent aussi des soins esth�tiques : des soins traditionnels ( �pilation, soins , corps-visage, massages, etc� ) mais aussi des forfaits-beaut�. Les soins esth�tiques sont donn�s sous contr�le m�dical. Beaucoup de centres dispensent aussi des stages de relaxation e utilisant la sophrologie, le shiatsu ou le Yoga.

6- L'offre actuelle

Il existe actuellement 43 centres de thalassoth�rapie en France ( compte non tenu des CRRF ( Centres de r��ducation et de R�adaptation Fonctionnelle ) . Ils repr�sentent une capacit� totale de 8000 personnes-jour.

Les principales caract�ristiques d'implantation de ces centres sont les suivantes:

a- Une implantation nettement atlantique avec une pr�dominance de la r�gion Bretagne ( 10 centres et une capacit� de pr�s de 3000 touristes-jour ) suivie de l'Aquitaine ( 6 centres ) , des Pays de Loire ( 5 centres ), Poitou-Charentes ( 4 centres ). Au total la fa�ade atlantique repr�sente 60% des centres ( 25 sur 43 ) et pr�s de 70% de la capacit� d'accueil touristes ( 5275 / 7750 ).La pr�sence de la thalassoth�rapie est moins affirm�e dans les r�gions Nord pas de calais et Normandie ( 7 centres pour une capacit� d'accueil de 800) et sur la fa�ade m�diterran�enne ( 9 centres pour une capacit� d'accueil de 960 ).

b- Un parc r�cent car 50% de sites ont moins de 5 ans .Peu nombreux jusque dans les ann�es 80 (une dizaine de centres et une capacit� d'accueil touristes de l'ordre de 3000) , les �quipements se sont multipli�s � la fin des ann�es 80 et au d�but des ann�es 90 ( plus de 20 centres de 1988 � 1990). En 7 ans le parc a �t� X 4 et la capacit� d'accueil X 2,5. Le mouvement de cr�ation semble d�sormais arr�t�.

c- Des �quipements de taille moyenne permettant l'accueil de 185 touristes- jour en moyenne. Peu de centres ont une capacit� sup�rieure � 300 ( Saint Malo : 450, Quiberon : 580, Biarritz : 300 et 350).On peut noter une tendance vers la cr�ation de centres de plus petite capacit� au d�but des ann�es 1990.

d- Une int�gration centre de thalassoth�rapie/�quipement h�telier syst�matique pour les centres r�cents. La quasi-totalit� des centres dispose d'un h�bergement reli� ou int�gr�, il s'agit en majorit� d'h�tels haut de gamme ( 3 ou 4 �toiles ) avec une �volution ces derni�res ann�es vers une h�tellerie plus modeste ( 2 et 3 �toiles ).

 e- Des prestations qui comprennent dans tous les centres de soins de base mais aussi un �ventail de prestations de plus en plus diversifi� et sp�cialis� ( cures anti-tabac , anti-stress, di�t�tique , � ) .

f- Des prix contrast�s en fonction des diff�rents niveaux de prestations h�teli�res avec notamment la pr�sence d'une h�tellerie de luxe ( le Normandy et le Royal ( 4 �toiles ) � Deauville, Le Miramar ( 4 �toiles ) au Crouesty, le Sofitel ( 4 �toiles ) � Quiberon, etc� ). Certains centres tr�s haut de gamme proposent des prestations six jours cure / h�bergement � partir de 7000 / 7500 F. Mais une �volution vers des propositions de prix plus resserr�s se dessine depuis quelques ann�es ( avec un tarif moyen de journ�e cure de 450/550 F et des tarifs forfait six jours avec h�bergement de l'ordre de 5000 � 6000 f ).

7 - La demande

Globalement on constate un fort accroissement de la client�le depuis 10 ans, p�riode au cours de laquelle le nombre de curistes a �t� multipli� par 10 pour atteindre 200000 curistes en 1993. On observe cependant apr�s la forte croissance des ann�es 80 (plus de 6% par an ), un tendance � un certain tassement notamment entre 1992 et 1995 , ann�es o� plusieurs centres ont rencontr� des difficult�s.Toutefois les chiffres r�cents semblent indiquer une �volution positive et une conjoncture favorable.

La client�le de la thalassoth�rapie se caract�rise par des revenus �lev�s et une structure d'�ge pr�sentant une majorit� de curistes de plus de 40/50 ans avec une pr�dominance de femmes. Toutefois on note une diversification avec le rajeunissement des curistes (plus de 10% ont moins de 40 ans) et une augmentation de la client�le masculine ( 30-35% ).

Malgr� le r�le leader de la France dans ce secteur la client�le �trang�re reste peu importante ( de l'ordre de 10%) avec la pr�sence de curistes belges , suisses et allemands.

Le taux de fid�lisation de la client�le est �lev� et malgr� une pointe estivale ( ao�t ) le taux de fr�quentation est important toute l'ann�e ( plus de 60% ) dans ces �tablissements qui fonctionnent pour la plupart 9 mois sur 12. On note cependant une tendance au raccourcissement des s�jours dont la dur�e moyenne s'�tablit d�sormais autour de 9 jours.

La demande semble s'orienter vers des produits plus "flexibles" , des s�jours plus courts dans le cadre de forfaits "remise en forme" ( cours de gymnastique, relaxation, aquagym , di�t�tique, etc� ).

Malgr� sa croissance r�cente la thalassoth�rapie demeure un micro - march� dont les marges de progression sont � examiner avec soin en sachant que les gains de client�le ne sont que de l'ordre actuellement de 8000 curistes par an.

8- Investissements

Sur le plan des investissements le centre de thalassoth�rapie requiert des fonds importants. Les contraintes sont fortes : exigences m�dicales, installations ch�res ( pompes, piscines, douches, cabines ), travaux importants ( lutte contre la corrosion et l'ensablement ) . Les co�ts sont de l'ordre de 80 MF pour un centre de 200-220 curistes avec �quipement h�telier int�gr� (90 MF pour le centre de Saint-Jean- de-Luz : 250 curistes  3500 m et h�tel de 100 chambres ). Les investisseurs sont pour une partie importante des investisseurs op�rateurs isol�s , souvent des m�decins, promoteurs de leur propre projet .Mais on note parfois la pr�sence d'op�rateurs plus importants tel que le groupe ACCOR qui avec Thalassa International est pr�sent dans 7 sites avec h�tellerie int�gr�e : Le Touquet, Dinard, Quiberon, Les sables d'Olonne, Ol�ron , Hy�res, Porticcio et le Pyla sur le bassin d'Arcachon ouverte en 1996. Le groupe Royal Monceau qui a rachet� la marque Louison Bobet, est pr�sent dans le haut de gamme � Biarritz et � Port Crouesty . Thalacap filiale du groupe Symbiose exploite les instituts du Cap-d'Agde , Des Saintes-Maries-de-la-Mer et de Banyuls-sur-Mer repr�sentant une capacit� d'accueil de plus de 600 curistes par jour et plus de 100 lits de r�sidents et d'h�tels. Thalacap est uniquement implant� en M�diterran�e. Enfin de nouveaux investisseurs comme des mutuelles (telle que la MACIF � Hendaye ) semblent s'int�resser au march� ainsi que des investisseurs connus dans le domaine de la cosm�tique : Yves Rochet qui a cr�� Oc�anthal � Pornichet en 1991 en y associant les produits Daniel Jouvance, L'Or�al qui a cr�� Biotherm-Deauville.

9- Organisation , commercialisation et promotion

Secteur jeune et en d�veloppement le monde de la thalassoth�rapie est encore � la recherche de son organisation. Deux organismes � vocation nationale interviennent dans ce secteur :

-Le plus ancien, la F�d�ration Mer et Sant�, r�unit une vingtaine de centres dont une partie des centres de r��ducation et de r�adaptation fonctionnelle. La f�d�ration s'inscrit r�solument dans le champ m�dical et assure avec vigilance un r�le de surveillance au niveau de la qualit� des prestations m�dicales.

-De cr�ation plus r�cente (1990) le Syndicat Professionnel de la Thalassoth�rapie r�unit 26 centres , des �tablissements de thalassoth�rapie exclusivement. Son action se place dans une perspective professionnelle de reconnaissance de la thalassoth�rapie dans sa double vocation m�dicale et touristique .

Si le bouche � oreille reste le meilleur vecteur marketing d'o� l'obligation de proposer un produit sans faille , les centres de thalassoth�rapie utilisent aussi beaucoup le marketing direct. La plupart prospectent les comit�s d'entreprise et commercialisent leurs s�jours par l'interm�diaire de catalogues tel celui d' Havas Remise en Forme. Les centres proposent de nombreuses remises importantes avec des tarifs pr�f�rentiels soit � l'occasion d'�v�nements, type salons ou de p�riodes de faible fr�quentation. Au point de vue commercial la Maison de la Thalassoth�rapie, soci�t� commerciale ind�pendante, qui �dite un guide destin� au grand public , assume un r�le d'antenne commerciale � Paris pour les 28 centres adh�rents pour lesquels elle assure l'accueil du public et effectue gratuitement les r�servations.

Au niveau r�gional un certain nombre de centres se sont r�unis en vue d'actions de promotion souvent avec l'aide ou � l'initiative des Comit�s r�gionaux du Tourisme. A titre d'exemple l'association Thalasso-Bretagne r�unit les 10 centres bretons (+ La Baule ) pour les actions de promotion � l' Etranger .

L'offre fran�aise en mati�re de Thalassoth�rapie constitue un produit de qualit� qui b�n�ficie du r�le leader de notre pays tant au niveau de l'avance technologique qu'au niveau de la vari�t� de ses propositions. Outres des destinations vari�es la thalassoth�rapie fran�aise constitue �galement une offre r�cente (ou modernis�e) au niveau de sa gamme d'h�bergements h�teliers qui s'�tend du tr�s haut de gamme � des propositions plus adapt�es � une client�le plus modeste .Quant aux �quipements m�dicaux et d'hydroth�rapie ils sont tr�s souvent innovants et manipul� par un personnel m�dical de tr�s haute technicit�. L'enjeu important de ce secteur reste de conqu�rir une partie de la client�le actuelle et potentielle, notamment �trang�re du march� de la remise en forme, tout en conservant sa sp�cificit� et ses atouts.

CONCLUSION

Le thermalisme proprement dit se situe dans une phase de vieillissement prononc� qui a pour cons�quence un appauvrissement g�n�rale du produit et des mentalit�s .La crispation de ses acteurs autour du seul aspect m�dical, alors qu'au m�me moment le monde m�dical ne semble plus accorder une grande valeur curative au thermalisme, cr�� un malaise et une perte de cr�dibilit� de cette pratique en tant que th�rapie curative. Par ailleurs la volont� de "socialisation" extr�me et quasi- exclusive du thermalisme l'a amen� � pratiquer des tarifications qui ont eu pour effet de paup�riser l'�conomie thermale notamment au niveau de toutes les prestations environnantes , r�duisant ainsi les marges et par le fait m�me leur capacit� � renouveler et moderniser leurs �quipements. Enfin la dur�e de la cure, soit 21 jours , rend le thermalisme inaccessible � la client�le active. Il en r�sulte une forte marginalisation de la client�le et une perte d'image et ce malgr� les efforts de nombreux centres pour faire �voluer le produit dans le bon sens. Le thermalisme comporte cependant des potentialit�s touristiques fortes . Il s'agit moins du thermalisme m�dical � la fran�aise que des autres aspects du thermalisme au titre de son environnement culturel, ludique et patrimonial. Les valeurs port�es par le thermalisme correspondent en tr�s grande partie aux attentes de la client�le touristique actuelle mais "Il importe de le r�habiliter au m�me titre que l'on r�habilite un vieux quartier historique � " P. MONTBRISON-FOUCHERE, 1993, Cahiers Espaces, 43 : 16 ). Ces derni�res ann�es et sous la menace permanente du " d�remboursement " de la S�curit� Sociale le thermalisme n'avait fait que de timides tentatives en mati�re de remise en forme. On craignait trop en sortant du cadre strictement m�dical de brouiller les images et de perdre toute cr�dibilit� en mati�re m�dicale et de s'attirer les foudres du Ministre de la Sant�.

La Thalassoth�rapie, pour sa part, a partiellement cannibalis� l'ancienne client�le du thermalisme. En revanche elle a acquise une image de produit de luxe qui �loigne une bonne partie de la client�le dite moyen de gamme .L� aussi malgr� de r�els efforts de tarification pour rendre cette pratique plus accessible. Il reste � la thalassoth�rapie a devenir un produit majeur ayant la capacit� de se d�cliner en plusieurs sous-produits correspondant � une meilleure segmentation de son march�. La Thalassoth�rapie constitue �galement un savoir-faire fran�ais capable de s'exporter.

Il est encore temps de cr�er en France un v�ritable secteur du Tourisme de sant� alliant thermalisme et thalassoth�rapie avec "� une continuit� totale entre le thermalisme curatif , les traitements r��ducatifs, la pr�vention, la remise en forme et m�me les plaisirs de l'eau � " ( extr . Rapport de la Mission Thermalisme, 1994, dit " Rapport Ebrard "). Le Tourisme de Sant� � la fran�aise est un concept qui demande qu ' � �merger �

 

 

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